Noblesse de robe

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Dans la France de l'Ancien Régime, la noblesse de robe rassemble tous les nobles qui occupent des fonctions de gouvernement, principalement dans la justice et les finances. Ces personnes doivent, notamment dans le cas des juristes, avoir fait des études universitaires et donc revêtir la robe ou toge des diplômés de l'Université. Ils sont surnommés robins, hommes de robe, et le groupe noble qu'ils forment « noblesse de robe ».

L'expression de « noblesse de robe » s'oppose à celle de « noblesse d'épée », c'est-à-dire aux nobles occupant les traditionnelles fonctions militaires de leur groupe social. Souvent, on rattache la noblesse de robe à la noblesse créée depuis le XVIIe siècle, et la noblesse d'épée à la noblesse d'extraction (c'est-à-dire sans trace d'anoblissement connu), mais ce rattachement est parfois abusif.

Dans sa majeure partie, la noblesse de robe est constituée de descendants de personnes qui ont acquis à titre onéreux un office anoblissant dans les finances ou la justice. Ces offices, ou charges, sont en pratique transmissibles et vendables librement, même si cela n'a été officialisé qu'en 1604 par l'édit de la Paulette. Cette transmission des offices, souvent de père en fils, favorise une conscience de groupe très forte. Ainsi, l'élite de la noblesse de robe — les membres des parlements —, bien que souvent nobles de longue date, revendiquent hautement leur place dans l'État face à la noblesse d'épée.

Si à l'origine la noblesse de robe est assez accessible grâce à la vénalité des offices, elle a tendance à se fermer à partir du XVIIe siècle, les descendants d'anoblis refusant l'entrée de roturiers dans leur groupe. Les créations massives d'offices effectuées par la monarchie, toujours à la recherche de rentrées d'argent, ont fait naître des protestations du côté de la noblesse de robe.

L'opposition entre noblesse de robe et noblesse d'épée n'est pas toutefois tranchée et il n'est pas rare de voir le fils cadet d'un noble de robe entrer dans l'armée quand son frère aîné succède à l'office paternel. Certaines familles de robe se sont totalement agrégées à la noblesse d'épée et en ont adopté le comportement. Le comportement du maréchal de Belle-Île, descendant du célèbre Fouquet, est à cet égard particulièrement démonstratif.

Parmi les familles de noblesse de robe subsistant de nos jours, on peut citer les familles de Montesquieu, d'Ormesson, de Nicolaï, de Maupeou, de Francqueville, etc.

Remarque connexe[modifier | modifier le code]

La noblesse de robe ne doit pas être confondue avec la noblesse de cloche qui fait référence aux anoblis et aux nobles titulaires de fonctions municipales dans certaines villes du royaume — on songe ainsi aux capitouls de Toulouse ou aux échevins de Paris.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire historique de Dominique Vallaud

Voir aussi[modifier | modifier le code]