Les Lettres françaises

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Les Lettres françaises
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Mensuel
Chaque premier jeudi du mois dans le quotidien L'Humanité.
Genre Littérature
Prix au numéro 1,40 €
Diffusion 80 000 ex. (2011)
Fondateur Jacques Decour
Jean Paulhan
Date de fondation 1941
Ville d’édition Paris

Propriétaire L'Humanité
Directeur de publication Jean Ristat
Directeur de la rédaction Jean Ristat
Rédacteur en chef Jean-Pierre Han
Site web les-lettres-francaises.fr

Les Lettres françaises sont une publication littéraire créée en France, en 1941, pendant l'Occupation par Jacques Decour et Jean Paulhan. C'est l'une des nombreuses publications du mouvement de résistance Front national. Il s'agit alors d'une publication clandestine qui bénéficie entre autres de la collaboration de Louis Aragon, François Mauriac, Claude Morgan, Edith Thomas, Georges Limbour, Raymond Queneau et Jean Lescure.

Après la Libération et jusqu'en 1972, Les Lettres françaises, dirigées par Louis Aragon, bénéficient du soutien financier du PCF.

Repères historiques[modifier | modifier le code]

L'affaire Kravtchenko[modifier | modifier le code]

En 1949, une polémique, puis un procès retentissant opposent le journal au dissident soviétique Victor Kravtchenko. Après la parution de son livre J'ai choisi la liberté, parlant des camps de prisonniers soviétiques et de leur exploitation, Les Lettres françaises l'accusent de désinformation et d'être un agent des États-Unis à partir de faux documents écrits par le journaliste André Ullmann qui travaillait pour les services de renseignement soviétiques; la vérité sur l'origine de ceux-ci ne sera connue qu'à la fin des années 1970.

Kravtchenko porte plainte en diffamation contre le journal qui est défendu par l'avocat Joë Nordmann.

Le procès, surnommé le « procès du siècle », a lieu en 1949 et regroupe une centaine de témoins. L'Union soviétique présente les anciens collègues de Kravtchenko et son ancienne femme pour le dénoncer. Les défenseurs de Kravtchenko amènent à la barre des survivants de camps de prisonniers soviétiques. Parmi eux Margarete Buber-Neumann, la veuve du leader communiste allemand Heinz Neumann, mort au Goulag. Au temps du pacte germano-soviétique, après avoir été, à son tour, emprisonnée au Goulag pendant deux ans, elle est remise par les autorités soviétiques à la Gestapo qui l'interne au camp de concentration de Ravensbrück, en Allemagne. Son expérience aide la défense à plaider l'étroite similarité entre le régime soviétique et le régime nazi. Le procès est remporté par Kravtchenko en avril 1949 et il reçoit une somme symbolique pour la diffamation.

Arrêt et reparution[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960, les Lettres françaises contribuent au débat littéraire et artistique, notamment par les chroniques sur le cinéma sous la plume de Michel Mardore et de Georges Sadoul.

L'URSS a cessé de souscrire ses nombreux abonnements au profit de ses universités, écoles, et bibliothèques, à cause de la prise de position du journal contre l'invasion de la Tchécoslovaquie en août 1968. Cette décision lui fut fatale : la parution du journal cesse en 1972, le soutien du PCF ne pouvant compenser cette perte des ventes dans les pays de l'Est de l'Europe.

Entre 1990 et 1993, cette revue est à nouveau publiée de manière mensuelle. Après une interruption, elle paraît sous la forme d'encart mensuel dans L'Humanité à partir de mars 2004[1]. À partir du mois d'avril 2011, Les Lettres françaises sont publiées chaque premier jeudi du mois.

Directeurs[modifier | modifier le code]

Chroniques[modifier | modifier le code]

Actuellement composé de seize pages mensuelles, Les Lettres françaises sont composées :

  • d'une une avec une œuvre d'art contemporaine ;
  • d'un éditorial de Jean Ristat ;
  • d'un dossier ;
  • des pages Arts, Lettres, Musique, Patrimoine, Savoir et Théâtre.
  • d'Inédits d'écrivains ou de poètes.

Collection « Les Lettres françaises »[modifier | modifier le code]

« Les Lettres françaises » sont aussi une collection littéraire publiée au départ par les éditions du Mercure de France. La collection est aujourd'hui publiée par les éditions du Temps des cerises.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Comment renaît un journal et pourquoi, Les Lettres françaises, 19 mars 2004. À lire sur le site Internet.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Pierre Daix, Les Lettres françaises, jalons pour l'histoire d'un journal, 1941-1972, Tallandier, 2004.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]