Littérature baroque
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La littérature baroque appartient à un grand mouvement européen, non seulement littéraire mais plus généralement artistique, le baroque.
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[modifier] Historique
Le mouvement baroque apparaît à la fin du XVIe siècle et se termine autour du milieu du XVIIe siècle.
En France, la littérature baroque peut se situer environ entre la mort de Pierre de Ronsard en 1580 et le début du règne de Louis XIV (avec l’avènement du classicisme).
On distingue d’un côté les écrivains protestants comme Théodore Agrippa d'Aubigné et les écrivains catholiques comme Pierre Corneille, ou encore ceux qui se reconvertirent tels Jean de Sponde ou Théophile de Viau.
Mais si le style baroque fut réputé de son temps, on ne le redécouvrit que vers la fin de la Seconde Guerre mondiale pour l’art, et dans les années 1930 pour la littérature, avec le livre Eugenio d'Ors, Du baroque, puis dans son sillage les travaux de nombreux historiens de la littérature[1] dans les années 1950[2].
Émergeant en période de crise, le baroque s’oppose au classicisme. On parle d’élan « dionysiaque » opposé au mouvement « apollinien ».
[modifier] Le baroque littéraire
Ce courant littéraire offre quelques lieux communs représentatifs : mêler les contraires (le vrai et l'illusion, le grotesque et le sublime) ; développer l’imaginaire ; exprimer des sentiments et des sensations; mais aussi l'abondance des détails et des couleurs, des formes et des parfums. La mort est souvent un thème récurrent dans les oeuvres baroques. L’esthétique baroque est le foisonnement de l’écriture de la surcharge, dominée par des personnages mystérieux « portant un masque » (ex : Dom Juan avec une duplicité acharnée.)
On a donc une récurrence de thèmes comme l’inconstance, l’illusion (pièce de théâtre l'Illusion comique de Corneille), les figures minérales, la métamorphose (avec les tableaux d’Arcimboldo), le rêve, le songe (la Vie est un songe de Calderòn de La Barca), le sommeil, le corps humain, la vanité des choses (« Vanité des vanités, tout n’est que vanité »).
En poésie, on assiste au développement du sonnet et des odes pindariques ou anacréontiques, avec des poètes extrêmement originaux qui s’illustrent grâce à leur esprit libertin comme, par exemple, Tristan L'Hermite ou Théophile de Viau, considérés comme des libres penseurs refusant les dogmes et les principes.
[modifier] Notes et références
- ↑ Citons Marcel Raymond, Pierre Kohler ou encore André Chastel.
- ↑ E. d'Ors, Du Baroque, trad. d'Agathe Rouardt-Valéry, Paris, Gallimard, 1935.
[modifier] Bibliographie
- Eugenio d'Ors, Du Baroque, trad. d'Agathe Rouardt-Valéry, Paris, Gallimard, 1935
- Jean Rousset, La Littérature de l'âge baroque en France. Circé et le Paon, Paris, José Corti, 1953, 2 vol. ; rééd. 1989
- Jean Rousset, Anthologie de la poésie baroque française, Paris, Armand Colin, 1961; rééd. José Corti, 1988
- Jean Rousset, Dernier regard sur le baroque, Paris, José Corti, 1998
- (it) Giovanni Getto, Il Barocco letterario in Italia, Milano, Mondadori, 2000 [essais écrits entre 1951 et 1968 ayant paru en volume en 1969 chez Rizzoli]
- Michel Jeanneret et Jean Starobinski, L'Aventure baroque, Carouge-Genève, Éditions Zoé, 2006 [avec plusieurs essais de Jean Rousset et ses traductions des poèmes de Andreas Gryphius et Angelus Silesius (éd. bilingue français-allemand)]

