Régine Deforges

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Régine Deforges

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Régine Deforges en 1996.

Activités écrivain, éditrice
Naissance 15 août 1935
Montmorillon (France)
Décès 3 avril 2014 (à 78 ans)
Paris (France)

Œuvres principales

Régine Deforges[note 1], née le 15 août 1935 à Montmorillon dans la Vienne et morte le 3 avril 2014 (à 78 ans) à Paris[1], est un écrivain et une éditrice française. D'un ton très libre, voire libertin, ses romans sont souvent des plaidoyers féministes défendant le droit des femmes à s'assumer seules, jusques et y compris dans leur sexualité, qui peut être le lesbianisme. Elle situe l'action de plusieurs de ses romans dans la campagne proche de Montmorillon, et sur les rives de la Gartempe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Régine Deforges est née à Montmorillon en Poitou où elle est élevée dans différentes institutions religieuses. À l'âge de 15 ans, on lui dérobe son journal intime, où elle consignait ses pensées et l'amour qu'elle éprouvait pour une fille de son âge. Cet épisode provoque un scandale local : renvoyée de son institution, elle est contrainte de brûler ses autres cahiers.

« J'ai obéi, jeté dans le poële ce qui me tenait le plus à cœur. Ma vie intime s'envolait en fumée. J'ai décidé que je me vengerais, sans savoir comment »[2]. Cet épisode lui inspire, bien plus tard, le livre Le Cahier volé[3]. Très tôt, les livres constituent son univers d’élection : elle devient tour à tour libraire, relieur, éditeur, scénariste, réalisateur et écrivain. Elle ouvre plusieurs librairies, tant à Paris qu’en province, et crée, en 1968, sa propre maison d’édition, L'Or du temps. Elle devient de ce fait la première éditrice française. Le premier livre qu’elle publie, Le Con d'Irène (sous le titre édulcoré « Irène »), attribué à Louis Aragon (1re éd. 1928), est saisi 48 heures après sa mise en vente, le 22 mars 1968. Elle sera, par la suite, condamnée pour « outrage aux bonnes mœurs » et privée de ses droits civiques.

Elle débat du « Festival du livre de Nice » avec Jean-Jacques Pauvert dans Italiques en 1972[4] avant d'avoir une fille, Camille, avec l'éditeur. Il n'a pas reconnu Camille Deforges et tente de s'en expliquer dans plusieurs pages de ses mémoires par le fait qu'il était déjà marié, déjà père : « J'avais déjà deux enfants (sans compter ma première fille) ». « Le grand responsable (enfin le grand déclencheur) de la décision de Jean-Jacques Pauvert de ne pas reconnaître Camille Deforges fut René Diatkine, le psychiatre »[5].

Elle publie ensuite un catalogue de livres écrits par des femmes (Les Femmes avant 1960). Elle publie une centaine d’ouvrages (notamment des livres d’Apollinaire, Gautier, Restif de la Bretonne et Mandiargues, entre autres), dont la plupart font l’objet d’interdictions diverses voire, pour certains, de poursuites pour outrage aux bonnes mœurs. Parmi les romans érotiques contemporains, L'Or du temps publie notamment La Nue, de Michel Bernard. De nombreux procès et de lourdes amendes obligent Régine Deforges à déposer son bilan.

Elle a été présidente de la Société des gens de lettres et membre du jury du prix Femina dont elle a démissionné en solidarité avec Madeleine Chapsal à la suite de son exclusion. Elle a également tenu une chronique à L'Humanité, dont des recueils ont été publiés. En novembre 2003, son indulgence pour la personnalité d'Israël Shamir, auteur du brûlot antisémite : L'autre visage d'Israël lui vaut le retrait de son article depuis le site web de L'Humanité après une tempête médiatique initiée par Didier Daeninckx (Michel Wieviorka décrit l'évènement dans son livre La tentation antisémite)[6],[7].

Son roman La Bicyclette bleue, premier de trois tomes composant l'ouvrage, a connu un grand succès populaire (plus de dix millions d'exemplaires vendus), mais a valu à Régine Deforges quelques démêlés judiciaires avec les héritiers de Margaret Mitchell, auteur d'Autant en emporte le vent, qui ne sont pas parvenus cependant à convaincre les juges que Régine Deforges avait plagié l'Américaine.

À titre personnel, elle est membre du comité d'honneur de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité[8] et cosigne en 2009 un texte réclamant la dépénalisation de l'euthanasie[9].

Elle est l'épouse du dessinateur du Nouvel Observateur Pierre Wiazemski, dit Wiaz, petit-fils de François Mauriac, de qui elle a une fille. Elle a également un fils, Franck Spengler (éditeur de littérature érotique), d'un premier mariage avec Pierre Spengler, industriel.

Régine Deforges meurt le 3 avril 2014 à l’hôpital Cochin, dans le 14e arrondissement de Paris, des suites d'une crise cardiaque.

Entretiens[modifier | modifier le code]

  • 2013 : Les Filles du cahier volé, entretiens et photographies par Léonardo Marcos[10]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans et nouvelles[modifier | modifier le code]

  • 1976 : Blanche et Lucie, roman relatant l'histoire de ses deux grand-mères (Fayard) ;
  • 1978 : Le Cahier volé, roman (Fayard), inspiré en partie de l'enfance de l'auteure dans l'école Saint-Martial de Montmorillon ;
  • 1981 : La Révolte des nonnes (Fayard), adapté au petit écran sous le titre L'Enfant des Loups en 1991 ;
  • 1982 : Les Enfants de Blanche, la suite de Blanche et Lucie ;
  • 1985 : Sur les bords de la Gartempe, qui réunit Blanche et Lucie, Les Enfants de Blanche et Le Cahier volé ;
  • 1987 : Pour l'amour de Marie Salat, (Albin Michel) ;
  • 1989 : Sous le ciel de Novgorod, (Fayard) ;
  • 2001 : La petite fille au manteau rose, nouvelle publiée au sein de Chemin faisant, recueil de nouvelles situées dans les transports publics (éditions Le Serpent à plumes) ;
  • 2004 : La Hire, ou la colère de Jehanne, roman situé dans l'épopée de Jeanne d'Arc - Poche (ISBN 978-2-213-62497-6) ;
  • 2004 : Le collier de perles (Albin Michel) (ISBN 2226155104) / 2006 : Le Livre de Poche (LGF) (ISBN 2253117676) ;
  • 2008 : Deborah, la femme adultère (Fayard) ;
  • 2012 : Toutes les femmes s'appellent Marie (Hugo&Cie)

Érotisme[modifier | modifier le code]

Cycle La Bicyclette bleue[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

Anthologies[modifier | modifier le code]

  • 1980 : Les Cent plus beaux cris de femmes (Cherche-Midi Éditeur) ;
  • 1999 : La Chanson d’amour, petite anthologie (Éditions Mango-Images) ;
  • 1993 : Poèmes de femmes (Cherche-Midi Éditeur).

Contes[modifier | modifier le code]

Livre audio[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L’écrivaine Régine Desforges est décédée », sur le site lefigaro.fr, 3 avril 2014.
  2. Le Nouvel Observateur, Article Chez Régine, 3 octobre 2013, p. 104.
  3. Régine Deforges est morte, Libération, 3 avril 2014.
  4. Italiques, deuxième chaîne de l'ORTF, 25 mai 1972.
  5. Jean-Jacques Pauvert, La Traversée du livre, éd. Viviane Hamy, p. 423-427.
  6. http://www.phdn.org/antisem/antision/shamirdeforges.html.
  7. books.google.be/books?isbn=2221136144.
  8. Liste des membres du Comité de parrainage Site de l'ADMD.
  9. Un médecin plaide pour la liberté de choisir sa mort dans un livre Le Nouvel Observateur, 18 février 2009.
  10. http://www.ladifference.fr/

Note :

  1. et pas Dé, Dè, Des forges mais Deforges

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]