Bondage

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Démonstration de bondage à la foire Eros & Amore de Munich (mars 2013).

Le bondage est une pratique sadomasochiste qui consiste à attacher son partenaire dans le cadre d'une relation érotique ou sexuelle. Selon Sacha Nacht, parmi les premières apparitions de pratiques du bondage, Josephus Flavius racontait que le frère d'Hérode, Phérosas, se faisait, lui, enchaîner par ses esclaves[1]. Le bondage s'appuie sur un certain nombre de fantasmes qu'il met en scène, et qui peuvent se référer à des supplices anciens, tels que les techniques de ligotage utilisées au Japon (hojōjutsu), ou tels que les différentes formes de crucifiement.

Outre les cordes permettant de ligoter son partenaire, le bondage fait appel à toutes sortes de moyens de contrainte. On peut notamment citer les corsets, les sacs d'enfermement, les combinaisons de latex, les camisoles, minerves et autres carcans... Certaines précautions dans leur mise en œuvre sont à respecter pour éviter des risques d'accident.

Le bondage compte un certain nombre de personnalités reconnues pour leur art, notamment en Europe, aux États-Unis et au Japon.

Le bondage a fait l'objet d'analyses philosophiques et psychanalytiques, qui se réfère à des fantasmes originaires qui ont pu être mis en scène par des créations artistiques.

Sémantique, étymologie, traductions[modifier | modifier le code]

Définition en français[modifier | modifier le code]

Cette définition en français du bondage comme « une pratique sadomasochiste qui consiste à attacher son partenaire dans le cadre d'une relation érotique ou sexuelle » est donnée par quelques dictionnaires, dont le Petit Robert 2012[2]. Cependant, l'Académie française et le Larousse n'ont pas fait figurer le terme dans leur dictionnaire.

Les pratiquants de l’enfermement, (français ou étrangers), de l’usage des camisoles, et toutes autres sortes d’accessoires de contrainte, ont aussi nommé leurs pratiques : « bondage ». Les fabricants internationaux (français ou étrangers), usent du terme « bondage ».

Dans son acceptation de pratique sexuelle sado-masochiste, le bondage est d'origine récente puisque cette signification ne figure pas dans le Webster de 1913[3].

Traductions de l'anglais, et interprétations de certains auteurs[modifier | modifier le code]

  • Un chercheur du CNRS donne, sur le Dictionnaire du CNRS, dix-sept mots susceptibles de traduire le mot anglais bondage, d'où est tiré le terme français. Il fournit notamment comme équivalence en français les mots « esclavage », « servage », « captivité », « chaînes », « servitude », « dépendance », etc.[4].
  • La plupart des dictionnaires anglais/français traduisent « bondage » par « esclavage » ou « servitude ».
  • J.-P. Briand, le traducteur d'Howard S. Becker, traduit « bondage » par « captivité[5] ».
  • Les traducteurs d'auteurs étrangers utilisent le mot « bondage » en français pour parler des techniques ancestrales d'asservissement, au Japon, qui ont, éventuellement, suscité un fantasme originaire. C'est le cas du livre de Midori[6].
  • Agnès Giard, auteure française vivant à mi-temps au Japon, utilise également le mot bondage en français pour parler aussi bien des pratiques ancestrales et répressives au Japon que la pratique érotique sadomasochiste d'aujourd'hui[7].

Aspects historiques des pratiques et des représentations[modifier | modifier le code]

Selon Sacha Nacht, parmi les premières apparitions de pratiques du bondage avant la lettre, Josephus Flavius racontait que le frère d'Hérode, Phérosas, se faisait, lui, enchaîner par ses esclaves[1].

Selon Agnès Giard, « au XXe siècle, les techniques d’immobilisation par corde [au Japon], qui sont encore de nos jours enseignées aux policiers (sous le nom de taihojutsu), laissent progressivement la place à un art plus « déviant » : on l’appelle shibari (« lié ») ou encore kinbaku (« ligotage »). C’est l’art d’attacher de façon érotique[7] ».

Naissance du fantasme originaire[modifier | modifier le code]

John Willie, Revue Bizzare.

Les images, gravées en mémoire, qu'elles soient picturales ou cinématographiques, les lectures, et le vécu de l'Homme durant l'enfance, peuvent être à l'origine d'un fantasme originaire[8] . La représentation des supplices de tout temps a marqué l'humanité, laissant des traces indélébiles dans l'inconscient collectif.

Selon Roland Villeneuve, durant l'Inquisition, les procès en sorcellerie, « le recours à d'étonnants procédés de recherche de preuves mêle l'érotisme le plus morbide au sadisme le plus raffiné[9],[10] »

Selon Mo, « ce n'est pas un hasard si le fantasme de l'Inquisition et du bûcher est si répandu chez les soumises[11]. » Mo étant un homme dominateur pratiquant des jeux BDSM, il n'a pas spécifié que les hommes dominés partageaient, aussi, les mêmes fantasmes.

C'est bien l'érotisme morbide, sous-jacent et le sadisme le plus raffiné dont parle Roland Villeneuve qui a donné naissance à un fantasme originaire. Dans son livre le « musée des supplices »[12], Roland Villeneuve publie de nombreuses gravures anciennes. Il démontre comment les artistes ont transcendé les supplices en œuvre d'art. Dans la majorité de ces supplices, les victimes sont immobilisées, attachées, crucifiées, étirées. Certaines sont seulement attachées et meurent d'épuisement, d'autres sont attachées et torturées.

Toujours selon Roland Villeneuve, lors des exécutions, aussi paradoxal que cela puisse paraître, « certains couraient débordant d'enthousiasme, au-devant de la mort[9]. » Car, parfois, la douleur, le châtiment annoncé, la peur transformaient comme par magie l'horreur en extase, la douleur devenant extatique et sexuelle.

Michel Foucault cite le cas de François Billiard (1772), qui s'était poudré, frisé, s'était offert une paire d'escarpins neufs. « L'écriteau qu'il portait sur la poitrine s'étant dérangé, on a remarqué qu'il le rectifiait[13]. »

D'après Theodor Reik, « l'autopunition pour les premiers moines chrétiens et les acètes devient un moyen d'excitation sexuelle. L'augmentation de la souffrance produit l'extase. L'Église est amenée à défendre des pratiques expiatoires trop sévères parce qu'elles aboutissent fréquemment à la satisfaction sexuelle. […][14],[15] »

Selon Virginie Despentes : « Les saintes, attachées, brûlées vives, les martyrs ont été les premières images à provoquer chez moi des émotions érotiques[16]. »

Plusieurs scènes aperçues, vécues ont suscité la sexualité de Leopold von Sacher-Masoch :

« Déjà, enfant, j’avais, pour le genre cruel, une préférence marquée, accompagnée de frissons mystérieux et de volupté […]. Je dévorais les légendes des saints et la lecture des tourments endurés par les martyrs me jetait dans un état fiévreux… »

Leopold von Sacher-Masoch en parle pour la première fois dans la Revue bleue[17].

Les fabricants d'objets érotiques se sont adaptés à la demande des pratiquants du bondage et des sexualités plurielles : « ceintures de chasteté », « cage à forme humaine » (vierge de Nuremberg), « menottes de forçats, de galériens », « camisoles de force ». Tout ce que l'humanité a utilisé pour supplicier, contraindre l'homme est copié de façon caricaturale. Pour servir, non plus à l'asservissement social de l'individu, mais à des jeux sexuels ayant pour base le consentement des partenaires.

Les artistes Eric Stanton, John Willie et le photographe Charles-François Jeandel[18]-[19] se sont inspirés de l'Inquisition et représentent des suppliciés ludiques, attachés, emprisonnés par des accessoires copiés sur ceux des tortures ancestrales. Ces mêmes artistes ont suscité des fantasmes originaires aux aficionados des sexualités plurielles.

Les grands maîtres selon Gilles Deleuze : « Les amours de Leopold von Sacher-Masoch prennent leur source dans l'œuvre d'art », « C’est quand les sens ont pour objet des œuvres d’art qu’ils se sentent pour la première fois masochistes[20] ». On peut donc justifier du fait que la Vénus au miroir du Titien fut l’une de des images originaires de l’écrivain.

Selon le magazine des arts[21] « Le sexe n’entre pas au musée, il y était déjà... » article sur l’exposition « Posséder et détruire : stratégies sexuelles dans l'art d'Occident », organisée par Régis Michel. L'exposition est du même titre que son ouvrage et il a également écrit le catalogue[22]. Régis Michel est conservateur en chef des arts graphiques au musée du Louvre. Lorsque Régis Michel parle de l’enlèvement de Rebecca de Delacroix, il écrit : « La femme est liée. Et le graphisme a le soin de redoubler son garrot par un déluge de lignes : tourbillon de ligaments où son corps se dissout dans un halo ténébreux (on s'y perd). Esthétique du spasme. Ce kidnapping tourne au bondage. Or le...transport ne tient pas seulement à la jouissance des chaînes. Il lui faut encore la souffrance de l'enchaînée[23] ».

Pratiques japonaises ayant inspiré le bondage[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hojōjutsu.
Article détaillé : Bondage japonais.
Crucifiement au début de l'ère Meiji, Yokohama, Japon.

À l'époque Edo (1603 - 1868), le ligotage est utilisé, sous le nom de zainin shibari (« le shibari des coupables ») comme technique de répression policière ; les techniques utilisées visent « à ce que tous comprennent, en voyant le ligotage du prisonnier, qui il est, ce qu’il a fait et quand il a été arrêté »[24]. La corde, qui symbolise la loi, apparaît alors comme le châtiment le plus terrible qui puisse frapper un être humain[25],[26].

Parmi les techniques utilisées, l'une des plus douloureuses consiste à attacher les avant-bras du prisonnier par derrière, en reliant ses chevilles et ses coudes. Une autre position - suruga doi - consiste à poser une énorme pierre sur le dos d'un prisonnier suspendu jusqu'à ce qu'il [...] craque[26].

Ces techniques ont été reprises dans le kinbaku, un type de bondage sexuel japonais entrant dans le cadre de jeux sadomasochistes.

Dans un long passage, Midori[6]. nous explique que « les contraintes érotiques utilisant la corde » remontent à une époque sombre où l'on torturait, capturait, entravait des prisonniers : le « hobaku-jutsu ». Le « hojo-jutsu » permettait d'utiliser la corde sur un adversaire déjà capturé[27].

Dans l'imaginaire des pratiquants du bondage, un autre supplice pratiqué autrefois au Japon tient une place de choix : il s'agit des crucifiements pratiquées pendant la période troublées par des guerres civiles de l'époque Sengoku, du milieu du XVe siècle au début du XVIIe siècle[28].

Selon Charles Alexander Moore, c'est l’introduction du christianisme qui aurait influencé le Japon dans la pratique des crucifiements[28].

Transcendance dans l'art[modifier | modifier le code]

Andromède enchaînée aux rochers (1630).

Selon Midori, Seiu Eto fait ses premières photographies de femmes punies en 1919, il est, selon elle, le précurseur de la forme moderne du ligotage érotique japonais[6].

Plus tard les grands maîtres, inspirés par les textes de la mythologie, pour exemple la thématique de la demoiselle en détresse, ladite demoiselle étant très souvent enchaînée ou ligotée, a connu une grande diffusion depuis l'Antiquité classique jusqu'à nos jours. Apparu avec plusieurs personnages féminins de la mythologie antique comme Andromède[29] et Hésione[30], enchaînées et exposées aux monstres marins ou encore la néréide Thétis qui ne se résout à convoler avec Pélée qu'après avoir été capturée et ligotée[31], le thème de la demoiselle liée se retrouve dans de nombreux poèmes et chansons de gestes médiévaux (telles que Le Roman de Tristan, de Béroul[32]) jusqu'aux romans d'aventures, avec force représentations depuis l'iconographie antique et médiévale jusqu'aux gravures et peintures de l'époque moderne. Pour évoquer des aspects plus directement sexuels, il convient de relater une anecdote de l'Histoire Auguste selon laquelle l'empereur romain Élagabal avait coutume d'atteler des femmes nues à son char et à se faire tirer dans cet équipage[33] (un camée conservé à la Bibliothèque nationale et datant de cette époque représente ce type de scène) ; cette pratique n'est pas sans rappeler le pony-play, pratique fétichiste.

Apparition dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Les super héros nés sur bande dessinée capturent, ligotent, bâillonnent leurs ennemis, et se font souvent capturer à leur tour.

Wonder Woman, est la force incarnée, dominatrice à souhait. Le père de Wonder Woman, reine des amazones, est William Moulton Marston :

« Même les filles ne voudront pas être des filles tant que nos archétypes féminins manqueront de force, de vigueur et de puissance. Comme elles ne veulent pas être des filles, elles ne veulent pas être tendres, soumises, pacifiques comme le sont les femmes bonnes. Les grandes qualités des femmes ont été méprisées à cause de leur faiblesse. Le remède logique est de créer un personnage féminin avec toute la force de Superman plus l'allure d'une femme bonne et belle[34]. »

En 1954, pour Wertham il y a quelque chose d'obscène dans les comics. Il pense que cela risque d'influencer les adolescents vers une sexualité que la morale réprouve. Il lance sa croisade anti comics : « Pour Wonder Woman, une amazone en corset moulant qui capture les hommes au lasso, le glas a sonné[35]. » Plus tard elle renaîtra de ses cendres sous les pinceaux de George Perez. Wonder Woman c'est aussi une série télévisée avec Linda Carter, « qui fit couler beaucoup d'encre et éveilla nombre d'adolescents à travers le monde aux choses de l'érotisme et du bondage[35],[35]. Wonder Woman, c'est aussi l'héroïne ligotée à son tour[36],[37] ».

Serleena, dans Men in Black 2, a le pouvoir de faire sortir des serpents du bout de ses doigts. C'est avec les serpents sortis de ses chairs qu'elle ligote et anéantit ses ennemis.

Jeux d'enfants[modifier | modifier le code]

Sur les plages, les enfants creusent des trous dans le sable s'allongent dans le trou et se font recouvrir de sable. Ils jouent aux indiens, aux gendarmes et aux voleurs. « Je les attache comme lorsqu'ils jouaient aux indiens[38]. »

« Enfant, j'aimais attacher mes camarades avec des cordes. Je savais que je pouvais me le permettre sans problème. Car la société accepte que les enfants jouent à ces jeux innocents : la guerre entre cow-boys et indiens. Plus tard, alors que je vivais un désir obsédant de bondage pour moi, et que je recherchais également la maîtrise, la mise en esclavage des femmes, à ce moment sans que personne ne me l'apprenne, j'ai compris que je ne pouvais être accepté par la société. Qu'il était dangereux de continuer. Le plus étrange, c'est que je me trouvais parfaitement normal. J'avais alors quinze ans. Et, j'ai arrêté, d'instinct et sans le conseil de personne. (...) Je trouvais la paix uniquement en écrivant. Personne ne me lisait, mais c'était pour moi une thérapie. J'étais hors norme, et, il fallait assumer. »[39].

Anne Larue nous parle de la littérature enfantine : Fantômette, série de livres publiés à la Bibliothèque rose à partir des années 1960[40].

« Le brigand des brigands s'appelle Le Furet : en face de Fantômette se dresse une autre bête de la nuit, qui passe son temps à la capturer. Délicieusement ligotée, kidnappée, menacée de mort par des méchants d'opérette. Elle triomphe toujours […]. »

Il n'y a pas que Fantômette précise Anne Larue, il y a Le Club des cinq, série de livres pour enfants parus dès le début des années 1940, et mettant en scène des filles et des garçons en pension, qui se retrouvent pour les vacances et vivent des aventures avec souterrains, baillons et ligotages.

« Au début était le ligotage d'Indiens en pyjama rouge couronnés de plumes de pigeon trempées dans l'encre et armées de manches de balayettes. C'était le temps du bateau ivre ; on était cloués nus aux poteaux de couleur. […] On allait au cirque. Ce n'était que cordes attachant de manière compliquée des trapézistes, équilibristes, suspension, liens autour du corps, balançoire la tête en bas. […] On jouait au ligotage […] à se déguiser à se masquer. […] on jouait à la guerre […] qu'est-ce qu'on peut aimer la guerre quand il n'y a pas de vrais morts[41]. »

Là, Anne Larue touche du doigt le bondage et discipline, domination et soumission et sado-masochisme : « C'est comme les jeux d'enfant, c'est se jouer de la guerre, pour ne pas la faire. Caricaturer les pires drames. La dérision qui rend impuissante toute cruauté. »

Aspects philosophiques et psychanalytiques[modifier | modifier le code]

Selon Howard Becker[modifier | modifier le code]

Howard Becker écrit dans son chapitre « Les carrières déviantes » :

« Le mot "bondage", par exemple, était utilisé avec insistance à propos de photos de femmes prisonnières de camisoles de force ou de menottes. On n'acquiert pas le goût pour les photos de type bondage sans avoir appris de quoi il s'agit et comment on peut y prendre du plaisir. »

En note en bas de page, le traducteur du livre précise : « Le terme anglais "bondage" (captivité) est utilisé dans la littérature spécialisée de langue française pour désigner le genre de scènes sado-masochiste évoqué par Becker[5] ».

Selon Theodor Reik[modifier | modifier le code]

Pour Theodor Reik, le dominé organise une situation dans laquelle il se trouve obligé d'accepter tout ce que son partenaire veut lui imposer, le sujet échappe, ainsi, à la culpabilité qu'il associe à ce qu'il considère comme une faute. Le sentiment d'impuissance lui permet de surmonter l'interdit. Il s'agit du plaisir sans responsabilité. C'est le dominant qui endosse la faute. Theodor Reik l'explique de façon lumineuse dans son livre sur le masochisme[14]. Selon Theodor Reik la personne ligotée se sent plus désirée qu'à l'ordinaire. Elle se dit que si elle s'est retrouvée dans cette situation, c'est que quelqu'un juge utile de la garder captive. Pour le psychanalyste Theodor Reik, le sentiment de culpabilité masochiste porte un coup au narcissisme du sujet[42],[14], dont les pratiques pourront ensuite témoigner de la recherche d'une mise en valeur personnelle[14].

« Mais en revenant à ces fantaisies elles-mêmes - par exemple le cycle de Moloch ou celui de la reine meurtrière - nous sommes toujours en face d’une énigme. Que disons-nous de la fantaisie d’un prisonnier ligoté et sexuellement manipulé par de belles vierges jusqu'à l’orgasme ? Et des autres fantaisies, si excitantes pour l’un de nos patients, de Laocoom dans l’étreinte mortelle des serpents, ou de Marsyas écorché par Apollon ? Pouvons nous espérer découvrir la nature de ce que le masochiste craint vraiment derrière ces distorsions ? Leur découvrir, malgré leur différences individuelles, un commun dénominateur ? Il y a du reste un moyen de se débrouiller dans toutes ces complications et de pénétrer au cœur de leur conception[43]. »

Selon Reik il est important de noter qu'il y a pathologie lorsque le patient qui vient le consulter n'a d'autres modes de sexualité que celle de vivre enfermé ou attaché.

« Le masochisme est une tendance instinctive commune en tant que possibilité et réalisation à tous les êtres humains, et ne devient pathologique qu'en dépassant certaines limites et en adoptant une nature qui exclut presque toutes les autres directions de l'instinct. »

Selon Karl Abraham[modifier | modifier le code]

C'est le cas de cette patiente et, plus loin, le cas du patient de Karl Abraham :

« J’ai parmi mes patientes une jeune veuve qui se protège contre l’envie de sortir de chez elle, c’est-à-dire de s’exposer inconsciemment aux tentations sexuelles, en verrouillant la porte et en en cachant la clé. Elle est ensuite obligée d’emporter cette clé dans une autre pièce. Le processus du déplacement se traduit dans un second temps par les démarches suivantes : elle attache la clé à quelque chose, par exemple à la porte; puis les nœuds sur la ficelle passée autour de la clé deviennent de plus en plus nombreux et compliqués. Plus tard la clé finit dans une boite qui est à son tour verrouillée et ligotée, et ainsi de suite, si bien que chaque fois que ma patiente doit ouvrir sa porte au facteur ou à un ami en visite elle se trouve dans une situation plutôt difficile. Enfin la clé est confiée à la vieille cuisinière qui reçoit en même temps l’ordre exprès de veiller à ce qu’elle ne tombe pas aux mains de sa maîtresse, laquelle est dévorée par le désir inconscient de sortir et de se faire "draguer" par un homme. On dirait vraiment à lire cette description que la malade purge une peine de prison. Ce type de processus met en lumière non seulement le déplacement qui se produit au niveau de la satisfaction substitutive et des mesures de protection, mais aussi l’intensité du besoin de punition, intensité qui correspond à la violence de la tentation et qui subit comme elle un déplacement. Nous constatons en outre que la gratification d’une pulsion interdite peut, en même temps, satisfaire le besoin de punition[44]. »

Le cas relaté par Karl Abraham : « Son intérêt sexuel prit une autre direction. À quatorze ans, il commença à se ligoter; il répétait cet acte chaque fois qu’il se trouvait seul chez lui. Il se complaisait à des lectures traitant de ligotage, en particulier à des histoires d’Indiens ou les prisonniers sont attachés et torturés mais il ne tenta jamais de ligoter quelqu’un d’autre; il n’était pas davantage tenté de subir ce procédé[45]. »

Selon Otto Rank[modifier | modifier le code]

Selon Otto Rank, le sujet cherche à retrouver au travers de son immobilisation la situation voluptueuse de l'immobilité intra-utérine ; « c'est ainsi qu'en se faisant ligoter, le masochiste essaie de rétablir, en partie tout au moins, la situation voluptueuse de l'immobilité intra-utérine[46]. » Toujours d'après ce même auteur, le bondage constitue un élément typique du masochisme.

C'est aussi de castration dont il s'agit : cas relaté plus haut par Theodor Reik, le cas Leopold von Sacher-Masoch et la Vénus de marbre[17]. Le cas Hans Bellmer expliqué par Jean-Tristant Richard[47] puis par Pascal Quignard dans Le sexe et l'effroi[48]. Quignard explique la fascination dans le sens attirance/répulsion, parce que « nous transportons avec nous le trouble de notre conception (...) Il n'est point d'image qui nous choque qu'elle ne nous rappelle les gestes qui nous firent (...) Or cette "chose regardée en même temps" nous ne pouvons en aucun cas la voir. Nous sommes venus d'une scène où nous n'étions pas. » pour Pascal Quignard le sexe de la femme représente, dans l'inconscient, le non être, la mort. En bondageant la femme l'homme la rend disponible (attirance) et immobile donc non dangereuse (répulsion).

L'exemple d'Ulysse selon Michel Foucault[modifier | modifier le code]

Odysseus and the Sirens de John William Waterhouse (1891).

Michel Foucault analyse l'épisode célèbre de l'Odyssée d'Homère lorsque Ulysse et ses compagnons entendent au large le chant des sirènes. Tous les compagnons d'Ulysse sont irrésistiblement attirés fascinés par la voix des sirènes en sachant que les sirènes sont les émanations de la mort. Mais leur voix provoque une telle fascination un tel embrasement pulsionnel que la raison c'est-à-dire la conscience de l'instinct de survie est annihilée par l'attrait sexuel du chant. Attrait absolu, ils se jettent par-dessus bord dans l'océan ou la Mer, et la Mère[49] sachant d'avance qu'ils ne survivront pas. L'impossibilité de résister à cette fascination du gouffre et de l'engloutissement dans le gouffre de la Mer et de la Mère. Épisode mystique parce que le gouffre, l'océan devient la métaphore d'un vagin, d'un ré-engloutissement, d'une naissance inversée naître à la mort. Le mourir c'est l'élan même la fascination extatique dans la fusion qui est l'indivisibilité du sexe et de la mort, le mourir devient cette extase dans la mort…

Les membres de l'équipage ne résistent pas, Ulysse est le seul, Ulysse, c'est un personnage caractéristique qui représente la ruse de la pensée. Ulysse lui-même sachant qu'on n'échappe pas a l'appel des sirènes et donc à la mort, va s'enchaîner au mat du navire, et donc en même temps, il pourra jouir du chant des sirènes, sans mourir. Dans la pensée du dehors, Michel Foucault l'explique ainsi :

« Elle ment puisque tous ceux qui se laisseront séduire et pointeront leur navire vers les plages ne rencontreront que la mort. Mais elle dit vrai puisque c'est à travers la mort que le chant pourra s'élever et raconter à l'infini l'aventure des héros. Et pourtant ce chant pur - si pur qu'il ne dit rien que son retrait dévorant - il faut renoncer à l'entendre, boucher ses oreilles, le traverser comme si on était sourd pour continuer à vivre et donc commencer à chanter ; ou plutôt pour que naisse le récit qui ne mourra pas, il faut être à l'écoute, mais demeurer au pied du mât, chevilles et poings liés, vaincre tout désir par la ruse qui se fait violence à elle-même, souffrir toute souffrance en demeurant au seuil de l'abîme attirant et se retrouver finalement au-delà du chant, comme si on avait traversé vivant la mort, mais pour la restituer dans un langage second[50]. »

Accessoires utilisés en bondage[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Accessoire de contrainte.
Monogant.

Les accessoires de contrainte utilisés dans le cadre du bondage sont nombreux et variés. Outre les cordes utilisées notamment par le kinbaku, le bondage japonais, d'autres accessoires sont également très présents. Sans chercher à être exhaustif, on peut citer les classiques corsets (qui peuvent être en fer dans ce contexte), les combinaisons de latex, les monogants, les camisoles (y compris les véritables camisoles psychiatriques de toile écrue), ou encore les minerves, monogants.

Indépendamment de ces accessoires qui permettent de réduire la mobilité du corps d'une personne, d'autres permettent de lui interdire de se déplacer, tels que les sacs d'enfermement, les vacuum beds, les suspensions, ou les cages.

Culture[modifier | modifier le code]

Dans toutes les sexualités plurielles on retrouve, presque toujours, la scène du fantasme originaire. Une scène photographiée, figée et restée en mémoire chez l'individu ; une scène érotisée et souvent revécue sur un mode onirique. Quelquefois, cette scène peut être rejouée, en partie, sur les planches d'un théâtre ludique. Il arrive que ces images proviennent d'un vécu dans la vie réelle, ainsi que, très souvent, de la grande scène de la vie, de notre culture : arts graphiques, littérature, cinéma, religion. Ces images trouvent parfois leur source dans notre inconscient collectif, mémoire du passé de notre civilisation.

Arts graphiques[modifier | modifier le code]

Quelques œuvres[modifier | modifier le code]

Johann Heinrich Füssli[modifier | modifier le code]

L'œuvre de Johann Heinrich Füssli évoque à plusieurs reprises la situation du ventre maternel dont parle Otto Rank[46]. Par exemple : le Cavalier attaqué par un serpent géant. La bête devient maternelle. Son corps enserre, ligote le cavalier, elle forme une protection quasi fœtale. Dans Le Silence, la jeune femme est en position fœtale. Enfin dans Brunehilde observant Gunther, Gunther est pieds et mains ligotés comme un paquet. Il est suspendu au plafond sous le regard dominant et inquisiteur de Brunehilde.

Régis Michel[52] évoque l'état fœtal de Gunther, soit le rapport masochiste au ventre maternel dont parlent Otto Rank[46] et Sándor Ferenczi[53].

Dans ce même catalogue, Régis Michel évoque L'Éros supensif de Gunther Scènes S/M à la cour de Worms. « Gunther est suspendu à son crochet comme un quart de viande. […] Le prince de rhénan, chevalier modèle, n'a plus guère de forme humaine. On dirait un œuf. » Régis Michel évoque l'état suspensif dont parle Gilles Deleuze, lorsqu'il analyse le masochisme. Trois pages après, toujours dans le même catalogue, Régis Michel évoque Brunehilde domina Brunehilde en « Phallique. Sadique (…) Voici Brunehilde en domina : vraie tortionnaire et fière de l’être ». 

Eugène Delacroix[modifier | modifier le code]

L'Enlèvement de Rebecca d'Eugène Delacroix.

Dans son catalogue pour l’exposition « Posséder et détruire. Stratégies sexuelles dans l’art d’occident », Régis Michel évoque les sexualités plurielles dans la peinture et oblige le visiteur à regarder d'un œil oblique l’œuvre d’art. C'est le cas pour L'Enlèvement de Rebecca où Régis Michel s'exprime comme suit :

« Esthétique du spasme. Ce kidnapping tourne au bondage. Or le...transport ne tient pas seulement à la jouissance des chaînes. Il lui faut encore la souffrance de l'enchaînée. De là cette volte-face : Rébecca ne me regarde pas (ses yeux se dérobent). Mais elle attire mon regard en m'offrant son visage. […] Rébecca n'est plus qu'une chose à la merci de ses tortionnaires »

— Extrait de l'ouvrage de Régis Michel[23]

Hans Bellmer[modifier | modifier le code]

Les dessins et les gravures de Hans Bellmer expriment des univers oniriques dans lesquels la conciliation des contraires est possible conformément au Manifeste du surréalisme de Breton. Bellmer illustrera aussi le Marquis de Sade, Georges Bataille, Lautréamont etc.

Selon le psychanalyste Jean-Tristant Richard, Hans Bellmer aurait été influencé dans le choix de la forme de son art par la lecture de lettres publiées d'Oskar Kokoschka (Der Fetish, 1925). Toujours selon Jean-Tristant Richard Hans Bellmer aurait été fasciné par la représentation d'un conte d'Offenbach, « L'homme au sable », fasciné par l'histoire de poupée Olympia. Freud lui-même fut sensible à ce conte d'Hoffman[54]. En fait Olympia n'est qu'un automate, auquel le professeur Spalanzani, plus alchimiste que physicien, a "donné vie". Bellmer décide alors de se créer une fille soumise à ses fantaisies. Ses poupées font alors scandales. Elles sont d'une beauté convulsive. Hans Bellmer aime à ligoter les poupées. Les corps des poupées sont ligotées, écartelées, violés, vidés. « Pour Bellmer Les corps doivent être soumis aux métamorphoses inavouables de la sexualité humaine la plus animale[47]. » Pour J-T Richard Bellmer semble avoir rencontré d'importantes difficulté à intégrer le complexe d'Œdipe. « On associera encore ces comportements et l'utilisation du ligotage aux pratiques du bondage des adeptes du sado-masochisme[47]. »

« Si l'on tient compte que Hans Bellmer a aussi photographié nue et ligotée Unica Zurn sa compagne, on peut avancer que les éléments pervers de sa personnalité ont contribué, pour défier l'irreprésentable de la castration féminine, à faire d'autrui un handicapé rejoignant ainsi les arts érotiques japonais ancestraux, d'essence fétichiste, du "hojojutsu", du "kinbaku" et du "shibari" ».

Hans Bellmer a vécu dix huit ans avec Unica Zurn. Étiqueté schizophrène, elle s'est défenestrée.

Le martyr des poupées de Hans Bellmer ressemble à l'utilisation que les Japonais du SM font de leurs poupées. Ils les ligotent, torturent, pénètrent, installent dans des positions obscènes. Ils griment leurs poupées en prostituées. Du reste une photo de Ryo Yoshida[55] d'une poupée désarticulée ressemble fort aux dessins de Hans Bellmer. Une autre poupée est immobilisée, il s'agit d'une poupée créée par Hiroko Ishima[56].

Musique[modifier | modifier le code]

  • Le Japonais Merzbow, musicien, est connu pour ses performances de bondage sur scène.

Photographie[modifier | modifier le code]

  • Charles-François Jeandel (1859-1942), France, le premier témoignage de bondage sont les cyanotypes (ancêtre de la photographie, de couleur bleue) de 1859-1942 d'un notable angoumoisin. Ces clichés sont conservés au musée d'Orsay[57]. Ils ont été identifiés grâces aux travaux d'Hélène Pinet dans les années 1990, qui a reconnu des portions d'une toile de Jeandel sur des clichés (Renversements de l'idole Sérapis, 1889, exposée à la mairie d'Angoulême).
  • Irving Klaw (1910-1966), photographe et réalisateur fétichiste, qui fut l'un des premiers photographes dans ce domaine, avec son modèle, Bettie Page.
  • Nobuyoshi Araki (né en 1940), photographe japonais, dont les thèmes sont Tokyo, le sexe et la mort, photographie beaucoup de femmes nues, à commencer par son épouse. Pour lui, la nudité est dans le portrait et non dans le corps. Artiste prolifique, il a décliné de nombreuses séries de photos et d'essais, rapidement auréolées d'une atmosphère sulfureuse et de la figure mythique de l'artiste. Après la mort de sa femme, de nombreuses photos de prostituées, de jeunes étudiantes nues, de scènes ouvertement sexuelles (en particulier de bondages) ponctuent ses travaux.
  • Peter Czernich (né en 1953) est un photographe, créateur d'évènements, designer et éditeur allemand, spécialisé dans le Fashion Fetish. Il est l'éditeur de Marquis, après avoir longtemps coédité la revue britannique Skin Two qui, toutes deux, sont spécialisées dans le fétichisme abordé sous l'angle « fashion ».
  • Romain Slocombe (né en 1953) photographie des jeunes filles accidentées et clouées au lit. Elles sont plâtrées. Elles portent des bandages, des corsets médicaux et des minerves. Bien que certaines légendes des photos soient intitulés fractures, luxations, accident ferroviaire..., les jeunes femmes, toutes japonaises, sont impeccablement maquillées et certaines sourient[58].
  • Gilles Berquet (né en 1956)[59] artiste photographe qui développa l'art du bondage avec une certaine dose d'humour, non sans rapport avec le travail de John Willie. Il est le créateur de la revue Maniac[59] qui se veut un hommage (ou une suite !) à la revue Bizarre de John Willie. Le premier numéro de Maniac (1994) est dédié à John Willie.
  • Bernard Corvaisier est écrivain et photographe. Il a publié en avril 1986 un collector. Les femmes sont ligotées avec des draps déchirés. Cela ressemble un peu au travail de Romain Slocombe, car, à certains moments, les têtes des femmes sont enveloppées dans des bandages de coton blanc qui pourraient ressembler à des pansements. Elles sont souvent couchées sur du coton blanc froissé[60].

Cinéma[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

Acteurs, actrices[modifier | modifier le code]
  • Sakura Sakurada (桜田さくら connue sous le nom de Sakura Matsui), actrice japonaise

Publications illustrées[modifier | modifier le code]

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

  • Shibari, Master K - Éditions Secret Bruxelles (ISBN 978-9080770621)
  • Livre Bound, David Lawrence - Éditions Secret Bruxelles
  • The Best Of Stanton, volume 1, Le Cauchemar de Diana, Les Périls de Diana, L’Extraordinaire Aventure de Marie, traduction, préface R.Mérodack, Éditions Dominique Leroy, Paris 1979
  • The Best Of Stanton, volume 2, L’École de perfectionnement de Mrs Tyrant, Phyllis en péril, Madame Discipline, traduction, préface R. Mérodack, Éditions Dominique Leroy, Paris 1979
  • The Best Of Stanton, volume 3, Le Club de la botte de cuir, Obéir ou être battu, Ceux qui souffrent, etc., traduction, préface R.Mérodack, Éditions Dominique Leroy, Paris 1981
  • The Best Of Stanton, volume 4, Jill, Détective incognito, Priscilla, Reine de l’Évasion, traduction, préface R. Mérodack, Éditions Dominique Leroy, Paris 1982
  • The Best Of Stanton, volume 5, Un Voyage périlleux, Helga cherche des esclaves, traduction, préface R.Mérodack, Éditions Dominique Leroy, Paris 1983
  • (ja) Nihon KinbakuShashin Shi by Masami Akita, Nocturna Press, Tokyo, 1996.
  • (ja) The Tokyo Journal, Japanese S/M parts I (10/98) and III (2/99)
  • (ja) NawaYumio (1964) Studies in Jitte and Torinawa, Tokyo
  • (ja) Nawa Yumio (1985) An Illustrated Encyclopedia for historical studies, Tokyo.
  • (ja) Erotique Du Japon by Theo Lesoualc’h, édition Henri Veyrier, Paris, 1987
  • (en) The Adventures of Sweet Gwendoline by John Willie éditions Bizarre Publishing Company
  • (en) Japanese Cinema Encyclopedia, The Sex Films by Thomas and Yuko Weisser, Vital Books, Miami, 1998
  • (en) Bishop On Bondage (series of magazines) (House of Milan, 1984)
  • (en) Bishop: The Art of Bondage (series of magazines) (Lyndon Distributors Limited, 1993)

Personnalités contemporaines du bondage[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Personnalités du bondage.

Autres[modifier | modifier le code]

  • Kogure, Bondage corde et latex[72]
  • Don Sir[72]
  • Hikari Kesko[72]
  • Robert Bishop (en)[69]
  • Nawashi Murakawa[73]
  • Yürgen Boedt, créateur d'évènements et éditeur de Secret Magazine ainsi que de Shibari et l'Anthologie du bondage[68]
  • Max Drault[74] & Alpha

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b S. Nacht, Le Masochisme, éd Denoël -1938
  2. Petit Robert 2012 : Bondage, « pratique sexuelle sado-masochiste dans laquelle un des partenaires est attaché. »
  3. Webster's Revised Unabridged Dictionary, édition de 1913, sur machaut.uchicago.edu. Consulté le 27 mars 2012.
  4. Métadictionnaire de l'ISC/CNRS - En cliquant sur view, on a la représentation sémantique du mot anglais bondage, ou encore l'ensemble de mots constituant la traduction de bondage.
  5. a et b Howard S. Becker, Outsider, traduit par J.-P. Briand, p. 54, Éditions Métaillé, note en bas de page.
  6. a, b et c Les Sortilèges du bondage japonais en ligne- Midori
  7. a et b Agnès Giard, Les Objets du désir au Japon, éd. Glénat, 2009.
  8. Jean Laplanche, Jean-Bertrand Pontalis, Fantasme originaire, fantasmes des origines, origine du fantasme, dans Les Temps Modernes, 1964. Édité en 1985 chez Hachette Littératures dans la collection Textes du XXe siècle
  9. a et b Roland Villeneuve, Les Procès de sorcellerie, éditions Payot, 1979, (ISBN 2-228-12570-9)
  10. Quatrième de couverture.
  11. Hieros et Mo - Le Sexe fort - Éditions Léo Scheer (ISBN 9-782-756 102498).
  12. Roland Villeneuve, Le Musée des supplices, éditions Azur - Claude Offensttadt, collector tiré à 100 exemplaires 1968.
  13. Michel Foucault, Surveiller et punir, p. 55, Gallimard Tel.
  14. a, b, c et d Theodor Reik, Le masochisme, Paris, Payot,‎ 1953 (réimpr. 2000), 418 p. (ISBN 2-228-89359-5)
    un essai de psychanalyse sur la psychologie et le psychisme masochiste
  15. Theodor Reik, op. cit., p. 115, éd. 1971.
  16. Virginie Despentes, King Kong Théorie, éd. Grasset (ISBN 978-2-246-68611-8)
  17. a et b Sacher Masoch, Choses vécues, Revue bleue 1888, puis à nouveau cité par Gilles Deleuze dans Présentation de Sacher-Masoch, le froid et le cruel avec le texte intégral de La Vénus à la fourrure, éditions de Minuit, collection « arguments », 1967.
  18. Biographie et photos de Charles-François Jeandel.
  19. Libération Bondage-liaisons-debridées par Ange-Dominique BOUZET, cahier spécial[1]
  20. Gilles Deleuze, Présentation de Sacher-Masoch, Paris, Éditions de Minuit,‎ 1er février 1967, 276 p. (ISBN 2-707-30332-1)
    présentation de la Vénus à fourrure et essai sur le masochisme
  21. Le Journal des Arts - no 104 - 28 avril 2000[2]
  22. Libération Elisabeth Lebovici[3]
  23. a et b Régis Michel - Posséder et détruire, Stratégies sexuelles dans l'art d'Occident - Chapitre "Le journal d’un masochiste" p. 156[4]
  24. Yumio Nawa, (en)An Illustrated Encyclopédia for Historical Studies, citée par Agnès Giard.
  25. Extrait d'une interview de Denki Akechi.
  26. a et b Agnès Giard, L'Imaginaire érotique au Japon, éd. Albin Michel.
  27. Midori, op. cit. p. 24.
  28. a et b (en) Charles Alexander Moore et Aldyth V. Morris, The Japanese mind: essentials of Japanese philosophy and culture, University of Hawaii (Honolulu), University of Hawaii Press,‎ 1968, 7e éd., poche (ISBN 978-0-8248-0077-2, OCLC 10329518, LCCN 67016704, lire en ligne), p. 145
  29. Ovide, Les Métamorphoses livre IV vers 670-740
  30. Ovide, Les Métamorphoses livre XI vers 210-215.
  31. Ovide, Les Métamorphoses livre XI vers 252-264
  32. Tristan et Iseut, p. 60 à 76, Le Livre de Poche, 1989
  33. Histoire Auguste, Vie d'Antonin Élagabal, XXIX, 2
  34. (en) William Moulton Marston - 1943 de The American Scholar
  35. a, b et c Citation extraite du blog[5]
  36. Wonder Woman, ligotée à son tour, couverture de comics en ligne
  37. Wonder woman ligotée toujours
  38. Annick Foucault, Françoise Maîtresse, éd Gallimard, « collection Digraphe », 1994.
  39. Interview de JG-Leathers, Marquis Magazine no 23
  40. Georges Chaulet, né en 1931, série des Fantômette, publiée à la Bibliothèque rose, Hachette.
  41. Anne Larue, Le Masochisme ou comment ne pas devenir un suicidé de la société, éditions Talus d'approche ISBN 2-87246-091-8, p. 131
  42. Theodor Reik, « Sur la profondeur de la névrose », http://www.megapsy.com (consulté le 31 mai 2008)
  43. Selon Reik
  44. Theodor Reik, article en ligne
  45. Karl Abraham, article en ligne
  46. a, b et c Otto Rank, Le Traumatisme de la naissance, éd. Payot Petite bibliothèque p. 54 (ISBN 2-228-89551-2) : « C'est ainsi qu'en se faisant ligoter, le masochiste cherche à rétablir, en partie tout au moins, la situation voluptueuse de l'immobilité intra-utérine. »
  47. a, b et c Jean-Tristant Richard, psychanalyse et handicap, éd. l'Harmattan, p. 222-225
  48. Pascal Quignard Le sexe et l'effroi, éditions Gallimard
  49. La Mère, soit la grande Mère avec une majuscule, la grande déesse.
  50. Michel Foucault La pensée du dehors, éd. Fata Morgana, paru également dans Critique no 229 consacré à Maurice Blanchot
  51. Ayant découvert que Gunther avait utilisé la ruse pour l'épouser, Brunehilde se venge en le faisant attacher nu au plafond de la chambre nuptiale.
  52. Catalogue du Louvre « La peinture comme crime ou la part maudite de la modernité » ; auteur : Régis Michel, Éditions de la réunion des musées nationaux 2001 p. 99 (ISBN 2-7118-4308-4).
  53. Sándor Ferenczi, Le Développement de la réalité et ses stades.
  54. Freud « L'inquiétante étrangeté » (1919) dans essais de la psychanalyse appliqué, Éd Gallimard, Idées, 1971, p. 163-210
  55. Ryo Yoshida, photo présentée par Agnès Giard p. 155 chapitre « les poupées », in L'Imaginaire érotique au Japon, éd. Albin Michel.
  56. Hiroko Ishima, photo présentée par Agnès Giard p. 153 chapitre « les poupées » in L'imaginaire érotique au Japon, éd. Albin Michel
  57. Charles-François Jeandel - Musée d'Orsay en ligne en ligne Musée d'Orsay en ligne
  58. Romain Slocombe - Kowasareta Ningyô/Broken dolls, éd Jean Pierre Faure
  59. a et b Gilles Berquet ; lamauvaisereputation.free.
  60. Bernard Corvaisier, Pulsion, collection particulière no 1 éd. Pink Star 1986.
  61. Les Amants crucifiés.
  62. L'Enfer des tortures sur IMDB.
  63. The Chaser : un chasseur, un tueur : cantique de la rédemption, article d'Alexandre Martinazzo.
  64. Article en ligne sur le blog Bric à Brac.
  65. Diverses scène de bondage au cinéma, première partie
  66. Diverses scène de bondage au cinéma, deuxième partie.
  67. Portfolio Secret Magazine N° 33
  68. a et b (en) Master "K", Shibari: The Art of Japanese Bondage, Secret Publications, 2004 (ISBN 90-807706-2-0).
  69. a et b (en) Master "K", The Beauty of Kinbaku (Or everything you always wanted to know about Japanese erotic bondage when you suddenly realized you didn't speak Japanese.), éd. King Cat Ink, 2008 (ISBN 978-0-615-24876-9).
  70. (en) « David Lawrence's Shibari Art Photography ».
  71. Yoji Muku illustrateur - dessins en ligne
  72. a, b et c Portfolio Secret Magazine N° 34.
  73. Nawashi Murakawa
  74. Max Drault

Articles connexes[modifier | modifier le code]