F. Scott Fitzgerald

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Fitzgerald.

F. Scott Fitzgerald

Description de cette image, également commentée ci-après

F. Scott Fitzgerald en 1937, photo de Carl van Vechten.

Nom de naissance Francis Scott Key Fitzgerald
Autres noms Paul Elgin (pour certaines nouvelles)
Activités Écrivain
Naissance 24 septembre 1896
Saint Paul, Minnesota, Drapeau des États-Unis États-Unis
Décès 21 décembre 1940 (à 44 ans)
Hollywood, Californie, Drapeau des États-Unis États-Unis
Langue d'écriture anglais
Mouvement Génération perdue
Genres Roman, nouvelle, poésie, scénario

Œuvres principales

Signature

Signature de F. Scott Fitzgerald

F. Scott Fitzgerald, de son nom complet Francis Scott Key Fitzgerald, né le 24 septembre 1896 à Saint Paul (Minnesota) et mort le 21 décembre 1940 à Hollywood, est un écrivain américain.

Chef de file de la Génération perdue et représentant de L'Ère du Jazz, il est aussi celui qui lance la carrière d'Ernest Hemingway.

Il se marie en 1920 avec Zelda Sayre, une jeune fille du Sud qui sera son égérie (et l'auteure d'un roman autobiographique : Accordez-moi cette valse, publié en 1932). Ils ont une fille, Frances Scott Fitzgerald, qu'ils surnomment « Scottie ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine et enfance[modifier | modifier le code]

Francis Scott Key Fitzgerald naît le 24 septembre 1896 dans une famille de la petite bourgeoisie de Saint Paul, capitale du Minnesota. Ses trois prénoms lui sont donnés en hommage à son lointain parent Francis Scott Key qui est le parolier de l'hymne national américain, The Star-Spangled Banner.

Son père, Edward Fitzgerald, est d'origine relativement modeste ; né dans une ferme du Maryland, il s'est installé à Saint Paul après son mariage. À la naissance de son fils, il y exerce comme directeur d'une manufacture de meubles qui fait faillite deux ans plus tard. Engagé ensuite par Procter & Gamble, il est un commis-voyageur sans ambition, vu comme un "raté" par Scott[réf. nécessaire]. Sa mère, Mary (Mollie) McQuillan, est l'une des trois filles d'un homme d'affaires d'origine irlandaise ayant fait fortune grâce à l'expansion économique qu'entraîne la Guerre de Sécession ; élevée au couvent de la Visitation de Saint-Paul puis à New York, elle parcourt également l'Europe pour parfaire une éducation soignée.

Dans les mois qui précédent la naissance de Scott, Edward et Mollie voient leurs deux filles, de un et trois ans, mourir prématurément. L'écrivain y fait allusion dans son registre, quarante ans plus tard :

« Eh bien, trois mois avant ma naissance, ma mère perdit ses deux autres enfants et je pense que ce double décès est la première chose qui m'advint, bien que je ne sache pas exactement comment. Je pense que c'est à partir de ce moment-là que je commençai à être un écrivain[1]. »

Une troisième fille meurt à la naissance en 1900, mais l'année suivante, Annabel voit le jour à New York. En 1908 la famille revient s'installer à Saint-Paul, sans parvenir à trouver une stabilité financière et sociale. Cependant, les déconvenues professionnelles d'Edward sont compensées par l'argent hérité par Mollie. Ainsi, le jeune Scott devient l'élève de l'école privée Saint-Paul Academy. Rapidement impopulaire, il rêve de gloire tout en se considérant comme différent des autres garçons. Lecteur éclectique et assidu, il commence à écrire des poèmes et des nouvelles qu'il publie dans le journal de l'établissement huppé où il est inscrit en 1911 : l'école Newman dans le New Jersey.

C'est là qu'il rêve d'entrer dans une des toutes meilleures universités du pays : Princeton, où le jeune Scott connaîtra ses premières grandes désillusions.

Ses années de formation à Princeton[modifier | modifier le code]

En effet, sa prétention et son immaturité l'excluent rapidement de l'impitoyable société estudiantine, alors que ses efforts pour intégrer l'équipe de football de l'université se révèlent vains : cet échec le marquera toute sa vie.

Ce n'est que lors de sa deuxième année dans le New Jersey que le futur écrivain parvient à se faire des amis, ainsi qu'une place dans les journaux de l'université. Accompagné de Edmund Wilson et John Peale Bishop, Scott participe ainsi à l'écriture d'une comédie musicale du Princeton Triangle Club et offre sa plume au magazine humoristique Princeton Tiger et au Nassau Literary Magazine... Reste que Butler, Byron, Coleridge et Keats deviennent vite trop envahissants. Scott néglige ses études au profit de la poésie. Bientôt, il quitte Princeton sans en être diplômé.

Vie et œuvre[modifier | modifier le code]

F. Scott Fitzgerald en 1921, par Gordon Bryant pour Shadowland magazine

À l'époque, c'est l'armée qui est la plus à même de réaliser ses rêves de gloire. Il s'y engage en 1917, à l'entrée en guerre des États-Unis lors de la Première Guerre mondiale et, en juin 1918, est envoyé à Camp Sheridan, près de Montgomery, en tant que sous-lieutenant.

C'est là qu'il tombe amoureux de l'excentrique Zelda Sayre, dix-huit ans mais déjà pleine d'esprit. C'est pour la conquérir qu'il écrit l'ébauche de ce qui sera son premier roman : Le Romantique Égotiste. Rejeté deux fois par Maxwell Perkins, il est finalement accepté en juillet 1919 sous le titre de L'Envers du paradis, et paraît en librairie le 26 mars 1920. Le roman connaît un énorme succès et fait de son auteur le représentant de toute une génération, celle de L'Ère du Jazz. Les retombées financières permettent à l'écrivain d'épouser Zelda.

Comme nombre de leurs compatriotes, Francis Scott Fitzgerald et sa femme décident de tirer profit du dollar fort et émigrent alors en France (à Paris et sur la Côte d'Azur où ils fréquentent l'hôtel du Cap et Eden Roc (été 1922), puis les villas "America", "Paquita" et Eilenroc avant la villa Saint-Louis.

Zelda Fitzgerald en 1922, par Gordon Bryant pour Shadowland magazine

Après Beaux et damnés qui est un roman déjà très représentatif de son auteur, Fitzgerald écrit sur la Côte d'Azur ce qui est considéré comme son chef d'œuvre, Gatsby le Magnifique, dont il fait lire le manuscrit à Ernest Hemingway à la terrasse de La Closerie des Lilas, une brasserie huppée de Montparnasse ; et le jeune journaliste d'alors est enthousiaste. Maxwell Perkins, des éditions Scribner (qui publient Fitzgerald depuis ses débuts), aussi, d'ailleurs : enchanté par le style de l'écrivain, il se met à rêver d'une grande destinée pour le roman.

À la parution de Gatsby le Magnifique, en avril 1925, malgré les bonnes critiques, les ventes ne décollent pas, même si elles lui rapportent la jolie somme de 28 000 dollars. Cela ne satisfait guère l'écrivain, qui est forcé de continuer à écrire des nouvelles, que le Saturday Evening Post et d'autres journaux lui achètent encore un bon prix.

Gatsby, ruiné, n'en devenait pour autant ni riche ni pauvre comme Nick : Fitzgerald le montre comme un riche par essence se trouvant pauvre plutôt par accident et de façon provisoire: la fortune lui reviendra vite tandis que Nick, lui, ne quitte jamais vraiment sa condition initiale malgré quelques gains momentanés. Une grande partie des nouvelles ultérieures portera en filigrane ce même message, à un point que mentionneront tous les commentateurs de Fitzgerald : Les riches sont différents. Même dans une nouvelle sentimentale comme Trois heures entre deux avions, le souci d'afficher comme d'évaluer un statut social est décrit sans complaisance.

Les dernières années[modifier | modifier le code]

La tombe de Zelda et Scott à Rockville, Maryland, avec la dernière phrase de Gatsby le Magnifique gravée dans la pierre : « Car c'est ainsi que nous allons, barques luttant contre un courant qui nous ramène sans cesse vers le passé. »

Trop d'excès amènent à une fin rapide. Après l'aventure de Zelda avec Édouard Jozan, aviateur français rencontré sur la Riviera, Francis Scott perd sa bonne humeur et devient invivable. Et son succès, quoique très relatif commercialement, relègue Zelda à un rôle secondaire en totale contradiction avec sa nature. Les tentatives de Zelda pour atteindre la célébrité - peinture, danse, littérature - sont méritoires mais se révèlent vaines, et sa schizophrénie apparaît.

Dès la fin de 1926 Scott est appelé à Hollywood et Zelda commence à perdre la tête : elle entend désormais parler les fleurs, ce qui oblige son mari à entamer une tournée des cliniques psychiatriques, une situation qui va rendre les dernières années de l'écrivain aussi coûteuses que déprimantes. Entre les visites à sa femme (Fitzgerald fait interner Zelda en Suisse, puis à Asheville ; toujours dans les meilleures cliniques), son propre alcoolisme, les dépressions et les soucis financiers (lire le recueil de nouvelles : La Fêlure ; et la déchirante nouvelle du même nom), Scott Fitzgerald parvient toutefois - au bout de neuf ans ! - à écrire Tendre est la nuit, aujourd'hui considéré comme son chef-d'œuvre. Les meilleurs livres de Fitzgerald sont ceux qui se vendent le moins bien, et celui-ci ne fait pas exception.

C'est dans la gêne que Scott Fitzgerald meurt à Hollywood en 1940, alors qu'il exerce la profession de scénariste, qu'il déteste. Il laisse le fort prometteur Dernier Nabab inachevé.

Sa femme mourra quelques années plus tard dans l'incendie qui ravage le sanatorium d'Asheville, où elle est internée. Le temps a fait de Fitzgerald l'émouvante incarnation du talent gâché et incompris.

De son vivant, les critiques n'ont souvent vu dans ses romans que le reflet de la vie insouciante de leur auteur, passant au travers de leur grande force tragique. La capacité de Scott Fitzgerald à capter l'instant, à définir les atmosphères, dans le style visuel et hautement lyrique qui lui est propre - en somme : son génie - est aujourd'hui pleinement reconnu.

On lui a prêté ce mot "La vie est une collection d'accidents".

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Recueils de nouvelles - Éditions en anglais[modifier | modifier le code]

  • Flappers and Philosophers (1920)
  • Tales of the Jazz Age (1922)
  • All the Sad Young Men (1926)
  • Taps at Reveille (1935)
  • Babylon Revisited and Other Stories (1960)
  • The Pat Hobby Stories (1962)
  • The Basil and Josephine Stories (1973)
  • The Short Stories of F. Scott Fitzgerald (1989)

Recueils de nouvelles - Éditions en français[modifier | modifier le code]

  • Un livre à soi et autres écrits personnels, traduction Pierre Guglielmina, Paris, Les Belles lettres, 2011, 320 p. ISBN 978-2-251-20010-1
  • Un diamant gros comme le Ritz, 27 nouvelles, Collection Pavillons Poche, Robert Laffont (2005)
  • Histoires de Pat Hobby, 10/18 (1981), La Découverte (2003)
  • Carnets (The notebooks) traduction Pierre Guglielmina, Paris, Fayard, 2002, 442 p. ISBN 2-2136-1418-0
  • Éclats du Paradis (1977) ou Fragments de Paradis , Hors Collection/Poche (1998)
  • La Ballade du rossignol roulant, Le livre de poche (1995)
  • Love Boat I (1979), Le livre de poche (1991)
  • Love Boat II : Entre trois et quatre (1979), Le livre de poche (1993)
  • Love Boat III : Fleurs interdites (1979), Le livre de poche (1994)
  • La Fêlure, 16 nouvelles et textes autobiographiques, Gallimard/Folio (1981)
  • Les Enfants du jazz, Gallimard/Folio (1978)

Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • 1920 : Head and Shoulders
  • 1920 : The Camel’s Back
  • 1920 : Bérénice se fait couper les cheveux (Bernice Bobs Her Hair)
  • 1920 : Le Palais de glace (The Ice Palace)
  • 1920 : Ceux qui sourient (The Smilers)
  • 1920 : Le Premier Mai (May Day)
  • 1920 : The Offshore Pirate
  • 1921 : L'Étrange Histoire de Benjamin Button (The Curious Case of Benjamin Button)
  • 1922 : Un diamant gros comme le Ritz (A Diamond as big as the Ritz)
  • 1922 : La Lie du bonheur (The lees of happiness)
  • 1922 : Rêves d'hiver (Winter Dreams)
  • 1923 : Dice, Brassknuckles & Guitar
  • 1924 : Absolution
  • 1925 : Un goûter d'enfants (The Baby Party)
  • 1925 : L'un de mes plus vieux amis (One of My Oldest Friend)
  • 1926 : Le Garçon riche (The Rich boy)
  • 1928 : Magnétisme (Magnetism)
  • 1928 : The Freshest Boy
  • 1929 : La Dernière Jolie Fille (The Last of The Belles)
  • 1930 : Le Mariage (The Bridal Party)
  • 1930 : Deux erreurs (Two Wrongs)
  • 1931 : A New Leaf
  • 1931 : Retour à Babylone (Babylon Revisited)
  • 1932 : Un dimanche de fous (Crazy Sunday)
  • 1935 : The Fiend
  • 1937 : La Longue Fuite (The Long Way Out)
  • 1938 : Les Finances de Finnegan (Financing Finnegan)
  • 1941 : Trois heures entre deux avions (Three Hours Between Planes)

Essais[modifier | modifier le code]

  • My Lost City,
  • 1945 : L'Effondrement (The Crack-up) publication 1934-1936 magazine Esquire

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • 1923 : Un légume (The Vegetable, or From President to Postman )

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Mille et un navires

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Lettres à Zelda et autres correspondances
  • Fitzgerald père et fille, Lots of love - lettres entre l'auteur et sa fille Scottie Fitzgerald Smith

Filmographie[modifier | modifier le code]

Adaptations de ses œuvres[modifier | modifier le code]

Participations en tant que scénariste[modifier | modifier le code]

Film où il est un personnage

Le vrai Scott Fitzgerald fait une apparition sous forme de film d'archive dans le faux documentaire autour de Leonard Zelig.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cité par Matthew Bruccoli dans F. Scott Fitzgerald …Sa vie, sa gloire, sa chute…, p. 37.

Biographies[modifier | modifier le code]

  • Si de nombreuses biographies de Francis Scott Fitzgerald existent, celle de Matthew Bruccoli fait référence. Elle est disponible en poche : Francis Scott Fitzgerald - Une certaine grandeur épique, Éditions de la Table ronde.

Œuvres inspirées par sa vie[modifier | modifier le code]

  • Francis Scott Fitzgerald a inspiré à Budd Schulberg le personnage principal de son roman : Le Désenchanté.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • L'université de Caroline du Sud dispose d'un très riche site internet (en anglais) consacré à Francis Scott Fitzgerald. On y trouve notamment de nombreuses photos, ainsi qu'une bibliographie exhaustive.