Mercure de France

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Mercure Galant
Image illustrative de l'article Mercure de France

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité mensuel
Genre politique, mondain, littéraire
Date de fondation 1672
Ville d’édition Paris

Site web www.mercuredefrance.fr

Le Mercure de France est une revue française, fondée en 1672[1] sous le nom de Mercure Galant, qui a évolué en plusieurs étapes pour devenir une maison d'édition au XXe siècle. Dans l'esprit, ce nouveau mercure fait suite au Mercure françois fondé par Jean et Estienne Richer au début du XVIIe siècle siècle, et publié de 1611 à 1648.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Mercure Galant (1672-1724)[modifier | modifier le code]

Le Mercure Galant est fondé par Jean Donneau de Visé (1638-1710) et dirigé par lui seul jusqu à sa mort, en 1710. Il est d’abord publié sous la forme d’un trimestriel (puis d’un mensuel à partir de 1677), le Mercure Galant, dont le but est d’informer le public des sujets les plus divers et de publier des poèmes ou des historiettes. La première livraison date de 1672. Cette publication bénéficie d'un privilège royal[1]. Les premiers numéros du Mercure galant contenant plusieurs histoires véritables sont édités par Claude Barbin, entre 1672 et 1674 et forment six volumes au format in-12.

La publication reprend en janvier 1677 sous le titre de Nouveau Mercure galant, puis de Mercure galant entre février 1678 et avril 1714. De 1679 à mai 1710 il porte la dédicace « Dédié à Monseigneur le Dauphin ».

Entre 1680 et 1709, Jean Donneau de Visé s'est associé à Thomas Corneille (1625-1709). En juin 1710, la rédaction est reprise par Charles du Fresny (1648-1724).

De 1678 à 1685, un supplément trimestriel, l' Extraordinaire du Mercure galant[2] s'est ajouté aux périodiques mensuels. Ils relatent les évènements particuliers. Au total 488 volumes ont été publiés entre 1672 et 1710[3].

Le Mercure dont il est question est le dieu romain du commerce et des voleurs, le messager des dieux, que la tradition classique a fini par confondre avec le dieu grec Hermès, dieu protecteur.

Le premier Mercure de France (1724-1823)[modifier | modifier le code]

La revue continue à paraître après la mort de son fondateur, d'abord avec Charles Dufresny.

Sous Antoine de La Roque, elle change de titre en 1724 et devient le Mercure de France, dédié au roi. Jean-François de La Harpe en est le rédacteur pendant vingt ans, associé avec Jacques Mallet du Pan. Chateaubriand en est un moment propriétaire[4]. Elle cesse de paraître en 1825.

Le deuxième Mercure de France (1835-1882)[modifier | modifier le code]

En 1835 le Mercure de France ressuscite. Dirigé par M. Piquée, placé sous l'égide éditoriale de Samuel-Henry Berthoud et imprimé par Auguste Desrez, ce nouveau journal n'est à l'évidence qu'une annexe du Musée des familles[5], et l'histoire des deux revues reste finalement, durant la période 1835-1882, concomitante. Le nouveau Mercure de France paraît d'abord mensuellement de manière indépendante de février 1835 jusqu'en janvier 1837[6]. Il est ensuite directement intégré à la fin des numéros mensuels du Musée des familles dont il devient un simple supplément gratuit en novembre 1844[7]. En 1846, il est à nouveau externalisé, pour être cette fois imprimé dans les pages intérieures des chemises de livraisons du Musée des familles[8]. En 1882, après le rachat du Musée des familles par Charles Delagrave, la rubrique du Mercure de France persiste, mais elle se réduit alors à un simple court article banal et insignifiant.

Le troisième Mercure de France (depuis 1890)[modifier | modifier le code]

À la fin du XIXe siècle la revue littéraire du Mercure de France est fondée par Alfred Vallette avec un groupe d’amis dont les réunions ont lieu au café de la Mère Clarisse, rue Jacob : Jean Moréas, Ernest Raynaud, Jules Renard, Remy de Gourmont, Louis Dumur, Alfred Jarry, Albert Samain, Saint-Pol-Roux, George-Albert Aurier et Julien Leclercq : la génération symboliste.

La première livraison de la revue date du 1er janvier 1890. La revue accède progressivement à la reconnaissance. Mallarmé et Heredia y font paraître quelques textes inédits. Elle devient bimensuelle en 1905. Un tel succès, dans un secteur fortement concurrentiel, s’explique par un grand sérieux, une très grande liberté de ton et une capacité à se situer au-dessus des écoles. Philéas Lebesgue y tiendra par exemple une chronique régulière, traitant notamment des Lettres néo-grecques. Paul Léautaud, d'abord critique dramatique, en devient le secrétaire général et le restera durant trente-trois ans.

En 1889, Alfred Vallette épouse la romancière Rachilde dont l’œuvre et la personnalité feront beaucoup pour le rayonnement de la revue. Auteur du scandaleux Monsieur Vénus, qui lui vaudra une condamnation pour outrage aux bonnes mœurs, elle participe à la revue jusqu’en 1924 et tiendra salon tous les mardis, les fameux « mardis du Mercure », qui virent défiler bon nombre de futurs grands écrivains.

La maison d'édition[modifier | modifier le code]

Comme nombre de revues, le Mercure se met à éditer des livres. Outre les textes symboliques et les premières traductions de Nietzsche en français, l’éditeur publie les premiers textes de Georges Eekhoud, André Gide, Paul Claudel, Georges Duhamel (qui en devient directeur en 1935), Colette, et Guillaume Apollinaire, mais aussi des études, comme les ouvrages de musicologie d'Édouard Ganche. Plus tard, le Mercure publie des textes d'Henri Michaux, Pierre Reverdy, Pierre Jean Jouve, Louis-René des Forêts, Pierre Klossowski, Eugène Ionesco et Yves Bonnefoy ainsi que le Journal de Paul Léautaud.

En 1958, les éditions Gallimard rachètent le Mercure de France dont la direction est confiée à Simone Gallimard. C’est au Mercure de France, avec la complicité de Robert Gallimard, que Romain Gary publie les romans signés Émile Ajar, qui lui permettent d’obtenir deux fois le Prix Goncourt.

En 1995, Isabelle Gallimard prend la direction de la maison d’édition.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Le 5 mars 1683, Edme Boursault donna au théâtre la pièce le Mercure galant, ou la Comédie sans titre. Donneau de Visé s’étant plaint, pendant longtemps, cette comédie, imprimée sous le nom de Poisson, est intitulée la Comédie sans titre.
  • Le 17 mars 1916, Guillaume Apollinaire est blessé à la tête par un éclat d'obus dans sa tranchée alors qu'il est en train de lire un numéro du Mercure de France.

Volumes disponibles en ligne (1672-1791)[modifier | modifier le code]

Volumes disponibles en ligne (1835-1836)[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Moureau, Le Mercure galant de Dufresny (1710-1714) ou le Journalisme à la mode, Oxford, The Voltaire Foundation, 1982.
  • Jean Sgard, Dictionnaire des journaux (1600-1789), Paris, Universitas, 1992.
  • Édition de Corinne Thépaut-Cabasset, L'Esprit des modes au Grand Siècle, Cths (collection Format no 66), Paris, 2010 (ISBN 978-2-7355-0715-3) ; p. 253
  • Monique Vincent, Donneau de Visé et le Mercure galant, Atelier national de reproduction des thèses, 1987
  • Monique Vincent, Mercure Galant, Extraordinaire, Affaires du temps. Table analytique contenant l'inventaire de tous les articles publiés 1672-1710, Honoré Champion, Paris, 1998 (ISBN 978-2852038202) ; p. 1056
  • Monique Vincent, Le Mercure galant, présentation de la première presse féminine d'information et de culture, Honoré Champion, Paris, 2005 (ISBN 978-2745310408) ; p. 669
  • Mercure galant - Première période 1672-1674, Editeur Slatkine, Genève, 1982 ; p. 520

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Ivan Chupin, Nicolas Hubé et Nicolas Kaciaf, Histoire politique et économique des médias en France, La Découverte,‎ 2009, 126 p. (ISBN 978-2-7071-5465-1), p. 14
  2. Dictionnaire des journaux 1600-1789 : Extraordinaire du Mercure galant (1678-1685)
  3. Édition de Corinne Thépaut-Cabasset, L'Esprit des modes au Grand Siècle, p. 13-14
  4. annotation de Jean-Claude Berchet dans les mémoires d'outre tombe livre XVIII chapitre 5
  5. Revue de Paris, tome 15, 01/01/1835, p. 142
  6. Catalogue général de la BNF
  7. Mercure du 12 octobre au 12 novembre Musée des familles tome 12 (1844-1845, novembre 1844, p. 63
  8. Avis aux abonnés, Musée des familles, tome 13 (1845-846), août 1846, p. 352