Julien Green

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Julien Green

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Julien Green en 1933.

Nom de naissance Julian Hartridge Green
Activités écrivain
Naissance
Paris, Drapeau de la France France
Décès (à 97 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Langue d'écriture française
Genres roman
théâtre
essai
journal
autobiographie

Signature

Signature de Julien Green

Julien Green, né Julian Hartridge Green ( à Paris 17e - à Paris 7e)[1], est un écrivain américain de langue française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Julien Green est né à Paris, de parents américains, descendant du côté de sa mère du sénateur et représentant démocrate de la Géorgie au congrès américain Julian Hartridge (en) (1829-1879) et dont Julien Green porte le nom (Green a été baptisé « Julian » ; l'orthographe a été changée en « Julien » par son éditeur français dans les années 1920). Il grandit en France.

Après la mort de sa mère, une protestante pieuse, il se convertit au catholicisme en 1916, à la suite de son père et de toutes ses sœurs, ainsi qu'il le raconte dans Ce qu'il faut d'amour à l'homme, son autobiographie spirituelle. Alors âgé de seulement 17 ans, Julian Green réussit cependant à rejoindre les rangs de la Croix-Rouge américaine puis est détaché dans l’artillerie française en 1918 en tant que sous-lieutenant. Démobilisé en mars 1919, il se rend pour la première fois aux États-Unis en septembre de la même année et effectue trois ans d'études à l’université de Virginie, où il écrit son premier livre en anglais, avant de revenir vivre en France.

Sa carrière, qui fit de lui un écrivain majeur de la littérature française du XXe siècle, débuta peu après ce premier retour des États-Unis.

En juillet 1940, après la défaite de la France, il retourne en Amérique. En 1942, il est mobilisé et envoyé à New York pour servir au Bureau Américain de l'information de guerre. De là, cinq fois par semaine, il s'adressait à la France dans l'émission de radio Voice of America, travaillant entre autres avec André Breton. Green revint en France juste après la Seconde Guerre Mondiale.

La plupart des livres de ce catholique pratiquant traitent des problèmes de la foi et de la religion ainsi que de l'hypocrisie qui leur est liée. Plusieurs de ses livres ont traité des États-Unis du Sud, l'auteur se caractérisant dans ses écrits comme un « Sudiste ». Il a hérité ce patriotisme de sa mère, qui venait d'une famille distinguée du Sud. Quelques années avant la naissance de Julien, un choix de postes en Allemagne ou en France fut proposé au père de Julien (qui était banquier). La mère de Julien appuya le choix de la France en raison du fait que les Français étaient « aussi un peuple fier, récemment vaincus dans la guerre et nous nous comprendrons mutuellement » (référence à la défaite française de 1871 dans la guerre franco-prussienne).

En France, de son vivant et encore aujourd'hui, la célébrité de Julien Green repose non seulement sur ses romans, mais aussi sur son journal, publié en dix-neuf volumes qui couvrent la période de 1919 à 1998[2] . Ce Journal offre une chronique de sa vie littéraire et religieuse, et surtout un panorama unique de la scène artistique et littéraire à Paris sur près de 80 ans. Le style de Green, austère et résolument attaché à l'emploi du passé simple – quasiment abandonné par les auteurs qui lui sont contemporains –, trouvera la faveur de l'Académie française dont il sera membre.

Il fut en effet le premier non français élu à l'Académie française le 3 juin 1971, au fauteuil 22, succédant à François Mauriac. Sa réception officielle eut lieu le 16 novembre 1972. Il se déclara démissionnaire de l'Académie en 1996 mais celle-ci ne lui choisit aucun successeur avant sa disparition en 1998.

Toute l'œuvre de Green, qui fut profondément marquée tant par son homosexualité que par sa foi catholique, est dominée par la question de la sexualité et celle du bien et du mal.

Son roman Si j'étais vous a inspiré la psychanalyste Mélanie Klein.

Même si Green écrivait principalement en français, il a aussi écrit quelques ouvrages en anglais puisqu'il était parfaitement bilingue. Il a aussi traduit certaines de ses propres œuvres en anglais. Quelques-unes de ses traductions sont publiées dans Le langage et son double, en édition bilingue présentant le texte anglais en regard du texte français, ce qui facilite grandement la comparaison directe. Cependant, l'écrivain reste largement inconnu dans le monde anglo-saxon.

Il n'a jamais possédé la nationalité française : Georges Pompidou la lui avait proposée en 1972 après son élection à l'Académie, mais il l'a déclinée.

Il fait partie de ces rares auteurs à avoir été publié dans la Bibliothèque de la Pléiade de son vivant[3].

Jusqu'à présent, trois de ses ouvrages ont été adaptés au cinéma : Léviathan (1962), dont il a écrit lui-même le script, en est le plus connu ; Adrienne Mesurat (1953) et La Dame de pique (1965) sont également tirés de son œuvre.

Il fut enterré le 21 août 1998 à Klagenfurt (Autriche) dans l'église Saint Egid. Ému par une statue ancienne de la Vierge Marie lors d'une visite en 1990, l'écrivain avait émis le désir d'être inhumé dans une des chapelles de cette église, l’Église de France ayant refusé son inhumation en l’église d'Andrésy (Yvelines)[4].

Julien Green est le père adoptif de l'écrivain Éric Jourdan qui lui resta filialement fidèle jusqu'à sa mort.

Selon Éric Jourdan, en 1994, Green avait décidé de déménager pour aller vivre à Forlì, en Italie, mais sa santé fragile ne lui permit pas de mettre ce projet à exécution.

L'ensemble de son œuvre a été récompensé par de multiples prix :

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Journal (en dix-neuf volumes, 1919-1998), Plon, Le Seuil, Fayard, Paris, 1938-2001.
  • Pamphlet contre les catholiques de France, (sous le pseudonyme de Théophile Delaporte), impr. de Darantière, Dijon, 1924.
  • Mont-Cinère (roman), Plon-Nourrit et Cie, Paris, 1926.
  • Adrienne Mesurat (roman), Plon, Paris, 1927.
  • Les Clefs de la mort, La Pléiade, Paris, 1927.
  • Suite anglaise, Les Cahiers de Paris, Paris, 1927.
  • Le Voyageur sur la terre, éditions de la Nouvelle Revue française, Paris, 1927.
  • Léviathan (roman), Plon, Paris, 1929.
  • L'autre sommeil (roman), Gallimard, Paris, 1931.
  • Épaves (roman), Plon, Paris, 1932.
  • Le Visionnaire (roman), Plon, Paris, 1934.
  • Minuit (roman), Plon, Paris, 1936.
  • Les Années faciles (1926-1934) (journal I), Plon, Paris, 1938.
  • Derniers beaux jours (1935-1939) (journal II), Plon, Paris, 1939.
  • Varouna (roman), Plon, Paris, 1940.
  • Memories of Happy Days ("Souvenirs des jours heureux"), en anglais, 1942
  • Devant la porte sombre (1940-1943) (journal III), Plon, Paris, 1946.
  • Si j'étais vous (roman), Plon, Paris, 1947.
  • L'Œil de l'ouragan (1943-1945) (journal IV), Plon, Paris, 1949.
  • Moïra (roman), Plon, Paris, 1950.
  • Le Revenant (1946-1950) (journal V), Plon, Paris, 1951.
  • Sud (théâtre), théâtre de l'Athénée, Paris, 1953.
  • L'Ennemi (théâtre), théâtre des Bouffes-Parisiens, Paris, 1954.
  • Le Miroir intérieur (1950-1954) (journal VI), Plon, Paris, 1955.
  • Le Malfaiteur (roman), Plon, Paris, 1956.
  • L'Ombre (théâtre), théâtre Antoine, Paris, 1956.
  • Le bel aujourd'hui (1955-1958) (journal VII), Plon, Paris, 1958.
  • Chaque Homme dans sa nuit (roman), Plon, Paris, 1960.
  • Partir avant le jour (autobiographie, 1900-1916), Grasset, Paris, 1963.
  • Mille Chemins ouverts (autobiographie, 1916-1919), Grasset, Paris, 1964.
  • Terre lointaine (autobiographie, 1919-1922), Grasset, Paris, 1966.
  • Vers l'invisible (1958-1967) (journal VIII), Plon, Paris, 1967.
  • L'Autre (roman), Plon, Paris, 1971.
  • Ce qui reste du jour (1966-1972) (journal IX), Plon, Paris, 1972.
  • Jeunesse (autobiographie), Plon, Paris, 1974.
  • La Nuit des fantômes, Plon, Paris, 1976.
  • La Bouteille à la mer (1972-1976) (journal X), Plon, Paris, 1976.
  • Le mauvais lieu (roman), Plon, Paris, 1977.
  • Ce qu'il faut d'amour à l'homme (essai), Plon, Paris, 1978.
  • Demain n'existe pas (théâtre), 1979.
  • L'automate (théâtre), 1979-1980.
  • La Terre est si belle… (1976-1978) (journal XI), Le Seuil, Paris, 1982.
  • Frère François, Le Seuil, Paris, 1983.
  • La Lumière du monde (1978-1981) (journal XII), Le Seuil, Paris, 1983.
  • Paris, Champ Vallon, Paris, 1984.
  • Le Langage et son double, Éditions de la Différence, Paris, 1985.
  • Villes, Éditions de la Différence, Paris, 1985.
  • Jeunes Années, autobiographie en 4 volumes, 1985.
  • Les Pays lointains (roman, Dixie I), Le Seuil, Paris, 1987.
  • L'Arc-en-ciel (1981-1984) (journal XIII), Le Seuil, Paris, 1988.
  • Les Étoiles du sud (roman, Dixie II), Le Seuil, Paris, 1989.
  • Liberté chérie, Le Seuil, Paris, 1989.
  • L'Expatrié (1984-1990) (journal XIV), Le Seuil, Paris, 1990.
  • L'Homme et son ombre, Le Seuil, Paris, 1991.
  • Ralph et la quatrième dimension, Flammarion, Paris, 1991.
  • L'Avenir n'est à personne (1990-1992) (journal XV), Fayard, Paris, 1993.
  • On est si sérieux quand on a 19 ans (journal 1919-1924), Fayard, Paris, 1993.
  • L'étudiant roux (théâtre), 1993.
  • Dixie (roman, Dixie III), Le Seuil, Paris, 1994.
  • Dionysos Édition originale, 7 eaux-fortes de Robert Clévier. 70 pages. Fayard-L’Atelier Contemporain, 1994.
  • Pourquoi suis-je moi ? (1993-1996) (journal XVI), Fayard, Paris, 1996.
  • Dionysos ou La chasse aventureuse : poème en prose, Fayard, Paris, 1997.
  • Jeunesse immortelle (essai), Gallimard, Paris, 1998.
  • En avant par-dessus les tombes (1996-1997) (journal XVII), Fayard, Paris, 2001.
  • Le grand large du soir (1997-1998) (journal XVIII), Flammarion, Paris, 2006.
  • Souvenirs des jours heureux, Flammarion, Paris, 2007.
  • L'Inconnu et autres récits, Fayard, Paris, 2008.

Bibliographie critique[modifier | modifier le code]

  • Carole Auroy, Julien Green : le miroir en éclats : étude sur l'autobiographie, Paris, Cerf, coll. « Litterature »,‎ 30 septembre 2000, 173 p. (ISBN 978-2-2040-6511-5).
  • Philippe Derivière, Julien Green : les chemins de l'errance, Le Roeulx, Talus d'approche,‎ 1994 (ISBN 978-2-8724-6025-0).
  • Marc Eigeldinger, Julien Green et la tentation de l'irréel, Éditions des Portes de France, Paris, 1947.
  • Jean-Laurent Prévost, Julien Green ou l'âme engagée, Vitte, 1960
  • Yves Floucat, Julien Green et Jacques Maritain. L'amour du vrai et la fidélité du cœur, Paris, Éditions Pierre Téqui, 1997.
  • Jean-Claude Joye, Julien Green et le monde de la fatalité, Arnaud Druck, Berne, 1964.
  • Mélanie Klein, "L'identification" (Sur un roman de Julien Green : Si j'étais vous). in "Envie et gratitude". Paris, Gallimard-Tel, 1978, (ISBN 2-07-029780-2).
  • (en) Michael Dwyer, Julien Green : a critical study, Dublin, Ireland Portland, OR, Four Courts Press,‎ 1997 (ISBN 1851822755).
  • Annette Tamuly, Julien Green à la recherche du réel : approche phénoménologique, Naaman, Sherbrooke (Canada), 1976.
  • Wolfgang Matz, Julien Green, le siècle et son ombre. Traduit de l'allemand. Gallimard-Arcades, 1998.
  • Louis-Henri Parias, Julien Green, corps et âme. Fayard, 1994
  • Valérie Catelain, Julien Green et la voie initiatique, Bruxelles, Le Cri Académie royale de langue et de littérature françaises,‎ 2005 (ISBN 978-2-8710-6388-9).
  • Anne Green, Mes jours évanouis, Paris, le Livre de poche,‎ 1974 (ISBN 978-2-2530-0259-8).
  • Noël Herpe, L’irrationnel chez François Mauriac et chez Julien Green, no 15 des "Cahiers Mauriac", Grasset, 1988. “François Mauriac et Julien Green, biographes de leur enfance”, no 17 des "Cahiers Mauriac", Grasset, 1990. “Moïra de Julien Green ou l’Enfer de la pureté”, no 20 de "La Licorne", Université de Poitiers, 1991. “Julien Green et le théâtre”, La Nouvelle Revue française, avril 1995.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Archives de l’état civil de Paris en ligne, acte de naissance no 17/2343/1900 ; avec mention marginale du décès
  2. Les cahiers manuscrits sur lesquels il tenait son journal ont été confiés à une fondation américaine dont le nom n'est pas connu. Ce texte non expurgé, au contraire du texte publié, ne sera accessible qu'en 2048.
  3. http://www.lexpress.fr/informations/julien-green-le-diable-ou-le-bon-dieu_629209.html
  4. « Les fidèles catholiques d’Andrésy n’avaient pu souffrir qu’on me donnât un tombeau dans la belle église, à cause de ce que j’ai appelé les déviations de ma jeunesse prolongée jusqu’en 1956 », Journal, 1991.

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