Bondage et discipline, domination et soumission, sado-masochisme

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis BDSM)
Aller à : navigation, rechercher
Gravure de John Willie.

Le sigle BDSM (pour « Bondage, Discipline, Domination, Soumission, Sadomasochisme ») désigne une forme d'échange contractuel utilisant la douleur, la contrainte, l'humiliation ou la mise en scène de divers fantasmes dans un but érogène. Au centre des pratiques sadomasochistes et fondé sur un contrat entre deux parties (pôle dominant et pôle dominé), le BDSM fait l'objet de pratiques très variées.

Sadomasochisme[modifier | modifier le code]

Tomba della Fustigazione (Tombe de la flagellation), VIe siècle av. J.-C..

Krafft-Ebing, l'eugéniste Havelock Ellis ont utilisé le terme sadomasochisme. D'après Gilles Deleuze, Charles Féré l'aurait aussi utilisé. À la même époque Friedrich Nietzsche écrit :

« Si la souffrance, si même la douleur a un sens, il faut bien qu’elle fasse plaisir à quelqu’un. Dans cette voie, il n’y a que trois hypothèses possibles. L’hypothèse normale, morale ou sublime ; nos douleurs font plaisir aux dieux qui nous contemplent et nous surveillent. Et deux hypothèses perverses : la douleur fait plaisir à celui qui l’inflige, ou à celui qui la subit. Il est évident que la réponse normale est la plus fantastique et la plus psychotique des trois[1]… »

Krafft-Ebing estime que le masochiste est le contraire du sadique[2]. Il est, cependant, très dubitatif puisqu'il écrit :

« L’instinct de conservation agit contre les suites extrêmes du masochisme, et c’est pourquoi le meurtre et la lésion grave, qui peuvent être commis dans la passion sadique, n’ont autant que je sache, aucun pendant passif dans la réalité. Mais dans les rêveries, les désirs pervers d’individus masochistes peuvent fort bien aller jusqu’à ces conséquences extrêmes[2]… »

Krafft Ebing dans son livre traite le masochisme et le sadisme séparément. Gilles Deleuze nie l’unité sado-masochiste.

Pour Freud, il s’agit d’une :

  1. Rencontre intérieure, dans la même personne, entre instinct et pulsion. « Celui qui, dans les rapports sexuels prend plaisir à infliger une douleur est capable aussi de jouir de la douleur qu’il peut ressentir. Un sadique est toujours en même temps un masochiste, ce qui n’empêche pas que le côté actif ou le côté passif de la perversion puisse prédominer et caractériser l’activité sexuelle qui prévaut[3] »
  1. L'argument d'une identité d'expérience, le sadique ne pourrait prendre du plaisir à la douleur d’autrui s’il n’avait d’abord éprouvé « masochistement » le lien de sa douleur et de son plaisir[4]. Gilles Deleuze trouve cet argument curieux, car Freud « l’énonce dans la perspective de sa première thèse, où le sadisme précède le masochisme. Mais il distingue deux sortes de sadisme : l’un de pure agressivité, qui cherche seulement le triomphe ; l’autre hédoniste qui cherche la douleur d’autrui[5]. »
  1. Le transformisme, les pulsions sexuelles sont susceptibles de passer les unes dans les autres. « (retournement en son contraire, retournement contre soi) ». Gilles Deleuze s’étonne car Freud dit-il « a vis-à-vis du transformisme en général une attitude extrêmement réservée[6]. »

Si Sigmund Freud a confirmé le terme sadomasochisme cité par Krafft-Ebing, il se retrouve, vers la fin de sa vie, devant une énigme. Il avoue qu'« il est d'ailleurs rare que les tortures masochistes produisent la même impression de sérieux que les cruautés — fantasmées ou mises en scène — du sadisme[7]. »

Monstre sémiologique[modifier | modifier le code]

Freud pose ainsi une première pierre à la pensée de Gilles Deleuze[8], pour qui l'association par Freud des deux termes, sadique et masochiste, provoque « monstre sémiologique » dans le sens où le sadique, celui qui fait souffrir dans l’œuvre de Sade, n'est pas une personne qui pourrait faire partie de l'univers mental du masochiste chez Leopold von Sacher-Masoch. En effet, le sadique (chez Sade) se complaît dans la souffrance de l'autre à condition qu'elle ne soit pas consensuelle « et en jouit d'autant plus que la victime n'est pas consentante[8] », alors que le masochiste (de Leopold von Sacher-Masoch) aime à régler, dans des contrats, les modalités diverses de sa « soumission. » De ce fait, Gilles Deleuze l’écrit « sado-masochisme », considérant que sadisme et masochisme sont deux univers différents et qu'ils ne peuvent être de parfaits contraires, ni une parfaite complémentarité. Le sadisme étant un univers de crimes, de ce fait hors consentement ; et, le masochisme, l'univers du contrat où tout est accepté par le sujet qui éduque son bourreau. Là où le sadique cherche une « possession instituée », le masochiste veut établir une « alliance contractée. » Il précise qu'en cas de rencontre : « chacun fuit ou périt[8]. »

Pour Gilles Deleuze : « À la base de la croyance en l’unité sado-masochiste, n’y a-t-il pas d’abord des équivoques et des facilités déplorables ? » Gilles Deleuze considère qu’il y a deux couples, l’un masochiste et son bourreau ; un masochiste pédagogue, faisant tous deux, masochiste et bourreau, partie intégrante du masochisme : « Si la femme bourreau dans le masochisme ne peut pas être sadique, c’est précisément parce qu’elle est dans le masochisme, parce qu’elle est partie intégrante de la situation masochiste, élément réalisé du phantasme masochiste en se faisant masochisante dans cette situation ». L’autre, la victime et le sadique. Une victime qui « appartient entièrement au sadisme. Elle est partie intégrante du sadisme[9]. »

Jacques Lacan, juge comme suit l'analyse de Gilles Deleuze dans la présentation de Leopold von Sacher-Masoch.

« Incontestablement, le meilleur texte qui ait jamais été écrit. J'entends, le meilleur texte comparé à tout ce qui a été écrit sur ce thème dans la psychanalyse[10]… »

Pour Jacques Lacan, ce que vise le masochiste c'est provoquer l'angoisse de l'Autre. Le masochiste ne se projette nullement dans le sadique dont il cherche au contraire la capitulation en touchant son point d'angoisse[11]. Selon Julie Mazaleigue-Labaste : il devient donc impossible « de maintenir l'affirmation Freudienne selon laquelle il existerait une réciprocité entre sadisme et masochisme » [12].

Jean-Paul Sartre, lui aussi, évoque le sadisme et le masochiste séparément. Il écrit que le masochiste pour satisfaire sa pulsion fait appel à une femme qu’il paye. Ou alors, il exploite l’amour des femmes, comme le faisait Leopold von Sacher-Masoch. Dans les deux cas la femme « s’éprouve » comme un objet sexuel. Ainsi Jean-Paul Sartre démontre que le masochiste ne s'adresse pas au sadique, mais qu'il éduque un bras armé pour tenir le rôle de dominant dans le monde masochiste.

« En particulier le masochiste qui paye une femme pour qu'elle le fouette, la traite en instrument et, de ce fait, se pose en transcendance par rapport à elle. Ainsi le masochiste finit par traiter l'autre en objet et par le transcender vers sa propre objectivité. On rappelle, par exemple, les tribulations de Leopold von Sacher-Masoch qui, pour se faire mépriser, insulter, réduire à une position humiliante, était contraint d'utiliser le grand amour que les femmes lui portaient, c'est-à-dire d'agir sur elles en tant qu'elles s'éprouvaient comme un objet pour lui[13]… »

Pour Michel de M'Uzan le masochiste pousse le tiers dans ses retranchement au point qu'il « se dégonfle ». Il confirme la transfiguration « classiquement invoquée » de l'esclave en maître[14]. Leopold von Sacher-Masoch lui-même se posait la question : « Qui est le marteau, qui est l'enclume ? » Selon Julie Mazaleigue-Labaste, M'Usan a décelé et souligné l'essentielle relation au tiers, bourreau ou dépositaire de témoignage masochiste, voué au mépris et à une instrumentalisation qui transparaissaient déjà chez Leopold von Sacher-Masoch[12].

Dans sa préface de la Vénus à la fourrure, Daniel Leuwers nous dit que dans la relation masochiste : « il s'agit de donner au dominant ou à la dominante, l'illusion d'un pouvoir alors qu'il se trouve sous l'emprise souterraine du dominé qui le force à le battre très précisément selon ses attentes et ses désirs »[15].

Selon Régis Michel, il confirme plus récemment :

« Exit le sadomasochisme, créature monstrueuse d’un Frankenstein sémiologue, qu’on n’a mis en cage que pour l’exhiber à des fins hygiénistes dans les foires à concept de la morale bourgeoise[16]… »

Et il précise :

« Bataille est deleuzien avant l'heure, il sait bien que les deux ne font pas la paire, fût-elle freudienne[16]… »

Selon Bernard Michel

« Je préfère renvoyer au livre de Gilles Deleuze qui a montré que sadisme et masochisme ne sont pas complémentaire mais totalement séparés. et il site : « En fait le génie de Sade et le génie de Masoch sont tout a fait différents, leur monde incommunicant; leur technique romanesque sans rapport.» Il conclut à « la différence radicale entre l'apathie sadique et le froid masochiste»[17] »

.

Quand Virginie Despentes parle de ses fantasmes de viol, elle est dans l’univers du fantasme masochiste, mais face au vrai viol qu’elle a subi. Elle dit qu’elle est face à la mort, victime non consentante dans l'univers du sadisme, plus de fantasme, mais la peur de la mort. Et ça change tout[18]. Si dans le fantasme masochiste, la rêverie, comme le dit Krafft- Ebing, le sadique à sa place. Il ne l’a pas dans le passage à l’acte avec le masochiste. Le masochiste cherche celui qui fait semblant et donc un bourreau sous contrat faisant intégralement partie de l’univers masochiste.

Leopold von Sacher-Masoch rêve d’être cocu. Cocu à sa manière en dirigeant, choisissant l’amant de Wanda. Mais quand il est hors course, hors contrat. Il devient furieux. Sa misogynie devient explicite. « J'ai été un âne et j'ai fait de moi l'esclave d'une femme comprends-tu ? D'où la morale de l'histoire : qui se laisse fouetter mérite d'être fouetté… Mais, comme tu vois j'ai bien supporté les coups, le brouillard rose suprasensuel de mon imagination s'est dissipé et personne ne pourra plus me faire prendre les guenons sacrées de Bénares[19] ou le coq de Platon[20] pour l'image de Dieu [21].

Selon Michel Foucault, « on peut dire que le S/M est l'érotisation du pouvoir, l'érotisation de rapports stratégiques » pour une source de plaisir physique, plutôt que la sexualisation de la souffrance et de la violence. Pour le philosophe « ce n'est pas la première fois que des gens utilisent les rapports stratégiques comme source de plaisir. Il y avait, au Moyen Âge, par exemple, la tradition de l'amour courtois, avec le troubadour, la manière dont s'instauraient les rapports amoureux entre la dame et son amant[22],[23],[24]. »

L'érotisation du pouvoir dont parle Foucault correspond à ce qu'exprime Theodor Reik en disant que le masochiste caricature la violence de la société[25]. Selon Larousse, « les sexologues ne voient qu'un intérêt relatif à vouloir guérir, au nom de la « normalité », un état de fait où le couple trouve son équilibre », et l'encyclopédie précise : « Il n'en va pas de même du sadisme pathologique (agression, viol, etc.), qui relève d'un désordre grave de la personnalité[26]. » « La croyance à une unité sado-masochiste repose, non pas sur une argumentation proprement psychanalytique, mais sur une tradition préfreudienne, faites d’assimilations hâtives et de mauvaises interprétations génétistes, que la psychanalyse, il est vrai, s’est contentée de rendre plus convaincantes au lieu de les mettre en question[27]. » Pour Gilles Deleuze la lecture de Leopold von Sacher-Masoch permet de comprendre.

Pour Élisabeth Lemirre et Jacques Cotin :

« On a cru longtemps que le masochisme n'était qu'un sadisme qui, se retournant contre soi, s'attaquait à son propre moi. Il n'est plus possible de le prétendre depuis l'analyse de Gilles Deleuze[28]… »

Enfin en novembre 2013 Les Éditions Robert Laffont rééditent une partie de l'œuvre de Leopold von Sacher-Masoch, dans un ouvrage intitulé « Œuvres Maîtresses. » Cécile Guilbert signe la préface. Elle confirme : « Gilles Deleuze publie sa décisive présentation de Sacher Masoch (...) qui brise enfin l'entité aussi floue que conceptuellement paresseuse de sadomasochisme, ce monstre sémiologique »[29].

Sacher-Masoch, écrivain autrichien propose des contrats dans le but d'être humilié ou de subir des sévices plus durs. Il met en scène son programme masochiste dans son roman La Vénus à la fourrure (masochisme de Leopold von Sacher-Masoch). Par la suite il ne cessera de manipuler ses compagnes et, plus précisément, Wanda son épouse pour qu'elles incarnent le rôle de la Vénus à la fourrure[8] La douleur psychologique (humiliations) ou physique peut devenir souffrance. Mais la douleur devient plaisir lorsque la charge d'endorphine couvre le choc de la douleur ce qui peut stimuler le désir ou amplifier les sensations.

Selon Maxime Rovère

« Dans Présentation de Sacher-Masoch. Le froid et le cruel[8] Gilles Deleuze oppose à la fois les propos littéraires de Sade et de Sacher Masoch et les enjeux de leurs pratiques, afin de rompre la fausse unité du « sado-masochisme » inventé par Krafft-Ebing. L’importance de la négociation dans le masochisme, totalement absente dans le sadisme, est l’une des étapes de la démonstration : elle démontre le total éloignement de Sacher-Masoch à l’égard de l’univers de Sade. et de Sacher Masoch[30] »

.

Contrat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Contrat masochiste.

Les relations BDSM se vivent entre adultes consentants. Elles dépendent d’un accord mutuel que l’on nomme le contrat. Le contrat dans l'univers masochiste dominant/dominé officialise les relations comme étant agréées par les parties. Contrairement au sadisme qui n'est pas, lui, consenti et de ce fait ne peut dépendre du contrat. D'après Gilles Deleuze, « il n'y a pas de masochisme sans contrat ou sans quasi-contrat. » On peut considérer que le contrat écrit est une pratique, une sorte de cérémonial de l’accord mutuel. Et que le contrat verbal est aussi la base de la relation acceptée par les deux parties et qui serait le quasi-contrat selon Gilles Deleuze. D'après Gilles Deleuze, « jamais un vrai sadique ne supportera une victime masochiste[8]. » « Ils veulent être certains que leurs crimes coûtent des pleurs, ils renverraient une fille qui se rendrait à eux volontairement » précise une des victimes des moines dans Justine ou les Malheurs de la vertu[31],[32].

Le contrat comme prélude à toute relation BDSM est confirmé par Damien Lagauzère : « Il nous paraît opportun de consacrer une partie de notre travail au caractère contractuel du SM. En effet, qu'il soit tacite, oral ou écrit, le contrat est le prélude nécessaire à toute relation SM, puisque c'est par lui que les partenaires vont se mettre d'accord quant aux modalités de leur relation, de même qu'il constitue un élément important de ce rituel[33]. » Sur un article de Philosophie Magazine, le maître dominateur Hieros prend la parole et dit : « Le dominateur est un narrateur qui prend le pouvoir avec les mots. » Il poursuit : « C'est sortir du profane pour entrer sur une scène sacrée. » Hieros cite Hegel : « Comme conscience refoulée en elle-même, la soumission s'intériorisera et se convertira en véritable indépendance[34]. Hieros poursuit : « Nous touchons là le cœur du sadomasochisme, érotisme fondé sur un contrat entre deux parties[35]. »

Les contrats de Sacher Masoch incluent :

  • Le contrat entre Sacher Masoch et Wanda[36]
  • Le contrat entre Mme Fanny de Pistor et Léopold de Sacher Masoch[37]
  • Récit d'un contrat de Sacher-Masoch[38]

« Le héros de La Vénus à la fourrure raconte comment, aux termes d'un contrat conclu avec sa maîtresse, il s'est engagé à être son esclave, contraint de subir toutes les humiliations qu'elle jugerait bon de lui infliger : le bonheur alterne sans fin avec la douleur, comme si l'un ne pouvait venir que de l'autre[39]. »

Sémiologie et polémiques[modifier | modifier le code]

À San Francisco, diverses polémiques, concernant les divers jeux de rôle et pratiques, émergèrent tendant à marginaliser le sadomasochisme par rapport au bondage et à la discipline (par exemple la fessée). Il semble que les termes originaux de sadisme et surtout masochisme aient été stigmatisés. La communauté sadomasochiste de San Francisco créa vers les années 1990 les termes top and bottom ou encore sub. Finalement le sigle BDSM fut adopté pour une seule et unique sexualité plurielle fusionnant ainsi bondage, discipline, D&S (domination et soumission), et SM (pour sadomasochisme), conciliant ainsi ces différentes pratiques en une seule[40].

Domination et soumission[modifier | modifier le code]

Selon les écrits populaires et sur les divers supports de communication, il existerait à travers les relations sadomasochistes des relations dites hard ou soft. Les relations hard seraient des relations masochistes de douleur physique. Et les relations soft évoqueraient les relations de douleur psychologiques : l’humiliation, les relations de service sans douleur corporelle. Et ces relations soft ne seraient pas, selon ces écrits, d’ordre masochiste. Cette interprétation dure depuis que le BDSM est sorti de l’obscurantisme[note 1]. On ne la retrouve pas dans les écrits universitaires déjà cités dans les articles dominatrice et masochisme.

Femmes dominées[modifier | modifier le code]

Si les femmes dominatrices sont exceptionnellement sadiques[43] et investies d'un contrat mis en place par l'homme masochiste, et que Krafft-Ebing écrit : « Je doute qu'il y ait des femmes à tendance sadiques, telles que les héroïnes de Sacher Masoch »[44], les hommes dominateurs, eux, font quelquefois preuve d’un sadisme contrôlé. Ils cherchent à initier leur partenaire. Le livre intitulé Le lien de Vanessa Duriès est dans ce type de rapport[45]. Le contrat n'est pas proposé par la victime, le bourreau n'est pas éduqué par la victime, c'est le contraire : le bourreau est celui qui propose. Il y a, certes, acceptation, mais une acceptation sous influence.

Mara, Journal d'une femme soumise Mara[46] - [47] femme soumise écrit sur ordre de son maître, de son amant, volonté de voyeurisme nous dit Gaétan Brulotte[48]. Il poursuit : « Ce serait donc le mâle qui dicte ce que la femme doit dire. » C'est pour cela que Mara n'est pas dans le contrat Mara c'est l’histoire d’une descente aux enfers, certes il y a consentement au début, mais Mara tombe dans une sorte de vertige mélangé d’un dégoût de soi et d’une histoire vécue dirigée par son amant, jusqu’au bout de l'abomination. Elle vit une soumission si dure, qu'elle mènera à la rébellion nous dit Bernard Noël[49].

Il y a ce type de femme soumise dont parle Louis Ferdinand Céline de femme victime d'un masochisme social :

« Les femmes sont faites pour souffrir. Masoch est leur Dieu. Si on ne les viole pas, bat pas, cocufie pas, déchire de mille façons elles n’arrêtent pas de pleurnicher(...) ». (A Marie Canavaggia [avril 1947].)[50]. »

Theodor Reik fini par s'élever nous dit :

« La passivité peut être plus aisément associée à la sexualité féminine[51]... »

Cependant Théodor Reik n'exclu pas l'autre masochisme, le masochisme érogène. Il pense qu'il y a une autre forme de masochisme chez la femme, c'est celui-là qui dépend du contrat. Le masochisme dit-il de la perversion, le masochisme où la femme éduque son bourreau et s'offre à lui :

« La souffrance, le désir d’être ligoté ou battu, humilié, n’appartiennent pas à la sexualité normale de la femme. (…) La question de savoir si la femme est plus ou moins masochiste que l’homme peut être décidée rapidement. Dans ce sens-là [celui de la perversion]. la femme est certainement moins masochiste[51] »

Ce cas de masochisme « dans le sens perversion » dont parle Reik se retrouve dans les témoignages d'Agathe et Margot sur l'article masochisme plus rare que le masochisme érogène de l'homme, ces femmes existent. Leur parole le prouve : Agathe[52]., drague virile qui se « tape » le maître qu'elle nomme « le baroudeur » : « Il a un physique de Maître ». Le maître veut lui emprunter trente mille francs. Par cette demande, il signe sa reddition. Et Agathe termine en disant : « Le maître voulait faire la putain, il avait enfilé son porte-jarretelles mité[53]. »

Elles sont l'image d'une partie des femmes d'aujourd'hui, femmes libérées, à leur tour, elles cherchent une « ligne de fuite. » La ligne de fuite dont parle Roland Jaccard « Chez Sacher-Masoch, l’esclave éduque le maître. Le contrat est d’abord un contrat d’apprentissage. La violence permet la rédemption et le vice y est, comme dirait Cioran, « une envolée de la chair hors de sa fatalité[54] » - La ligne de fuite c'est être outsider. C'est lorsque Pour en finir avec le jugement de dieu[55], le masochiste se construit un corps-sans-organes[56],[57]. »

Agathe et Satis représentent les femmes libres. Libres de vivre un masochisme festif, dont elles sont - à la manière de Sacher-Masoch, et des hommes masochistes festifs en général - seules instigatrices. Et à ce titre on les sent bien différentes de Mara, Journal d'une femme soumise et de la femme soumise dont parle Louis Ferdinand Céline

Historique populaire[modifier | modifier le code]

Au cours des années 1970, Gini Graham Scott (en), docteur en sociologie et anthropologue, s'est infiltrée dans les communautés sadomasochistes de San Francisco. Elle se serait même fait aider pour dominer et se soumettre elle-même, afin de mieux cerner son enquête. Dans son livre, La Domination féminine, elle parle des premiers dominants et masochistes qu'elle a rencontrés[58]. Gini Graham Scott relate ce qu'elle apprend de ces communautés sans y ajouter de réflexions personnelles. Les participants employaient les termes domi-soumission, bondage et discipline, sadomasochisme. De nombreuses polémiques naquirent. À savoir quelle pratique était plus ou moins anormale, tabou l'une par rapport à l'autre. Les termes Top et bottom/sub furent employés. D'un commun accord, les communautés décidèrent qu'il s'agissait de pratiques sœurs. Et, ils adoptèrent définitivement le terme BDSM. Lorsque Gini Graham Scott a fait cette enquête le sigle BDSM n'existait pas encore. Elle emploie dans la version originale (anglophone) les termes D&S pour l'expression dominance and submission, et D&Sers pour désigner ceux qui s'y adonnent[59] ».

Premiers groupes actifs selon Gini Graham Scott[modifier | modifier le code]

  1. La société de Janus (en) : Il s'agissait d'une organisation donnant des conseils et des informations.
  2. L'église S.M. : Organisation exclusivement consacrée à la domination Féminine.
  3. Samois : Fonction sociale et informative rassemblant environ 200 lesbiennes.
  4. La Gemini Society : Un groupe d'environ 50 hommes dominants et femmes soumises.
  5. Le club 15 : Des hommes gays, ils sont environ une centaine.

Organisation de l'Église S.M.[modifier | modifier le code]

À l’heure où Gini Graham Scott écrit, les responsables de l'Église S.M. sont : Lance, Harvey, Ken, Devora et Danielle. Les femmes projettent de travailler en tant que dominatrices professionnelles. Après une courte durée de confidentialité Diana et Drew intéressés par la sorcellerie rejoignent le groupe et enseignent aux autres l'adoration de la Déesse[note 2].

Activités religieuses[modifier | modifier le code]

Sectateurs et sectatrices de l'Église S.M. organisent des rituels calqués sur les cérémonies chrétiennes. Ils n'adorent pas Dieu le Père, mais la Déesse mère. Ils se prosternent aux pieds de la prêtresse qui les frappe légèrement avec une petite badine sur la tête et les épaules : « Acceptez-vous de souffrir pour apprendre ? » Ce n'est qu'après cette réinterprétation de la pénitence, dans la perspective de domi-soumission, que le communiant purifié peut recevoir le pain et le vin de la communion.

Ils chantent des cantiques :

« (…) Nous sommes maintenant réunis ici, tous ensemble
Pour adorer la Déesse
car elle est la Grande Mère
Et son amour se déverse sur l'univers (…) »

« Au cours d'une cérémonie, Lance expose les avantages des sociétés matriarcales dirigées par des femmes aussi puissantes qu'Élizabeth 1re, Cléopâtre ou Nefertiti. »

Toujours dans un rite, on attache les hommes sur le ventre. Les poignets sont liés aux chevilles afin de leur apprendre l'humilité. Pendant cette mise en scène, Gini Graham Scott relate la réflexion d'une sectatrice : « N'ont-ils pas l'air chou ? Ils nous donnent juste envie de les battre. » Enfin les scènes de flagellation, les suppliciés sont attachés, mains en l'air au-dessus de la tête. Dans son livre, Gini Graham Scott précise que le fouet utilisé est un chat à neuf queues. Toujours suivant l'auteure, l'Église S.M. intéressait essentiellement les hommes et la rareté de ses membres féminins a eu pour conséquence la démission rapide de nombreux hommes frustrés[58].

Psychanalyse et philosophie[modifier | modifier le code]

Theodor Reik écrit : « le masochisme est une tendance instinctive commune en tant que possibilité et réalisation à tous les êtres humains, et ne devient pathologique qu'en dépassant certaines limites et en adoptant une nature qui exclut presque toutes les autres directions de l'instinct[25]. » Jean Ristat écrit : « Le sadisme est universel et le masochisme est clandestin[60] ». Signifiant ainsi qu’il y aurait beaucoup moins de gêne à exhiber la douleur sociale. Alors que réclamer une douleur festive sous l'appellation masochiste a une connotation honteuse et de ce fait à cacher. Jean Paulhan était donc un visionnaire lorsqu'il a écrit : « (…) de ce bon romancier autrichien qui vint au monde cent ans après Sade, dont les héroïnes cruelles étaient vêtues d'une cravache, et parfois de manteau de vison. Je sais bien que tous les goûts sont dans la nature, et toutes les manies. Celle-ci n'est pas dangereuse ni plus déplaisante qu'une autre. Elle ne l'est pas moins non plus. Mais pour être mystérieuse, elle l'est ! Exactement, elle est la seule manie que l'on ne puisse châtier sans lui venir en aide, ni punir sans la récompenser. Parfaitement incompréhensible : absurde. Reste que de cette absurdité le critique peut se faire (comme on dit) une raison[61] ». Et malgré ces sources, pour certains écrits « blogestes » ou « forumesques »[style à revoir], le terme masochiste reste couvert d'opprobre et reste caché. Ils emploieront le mot soumis ou soumise pour parler du ou de la subordonné(e).

Il semble assez incompréhensible que l'on parle de soumission sans y ajouter le mot « volontaire » si l'on se prétend dans le librement consenti. Quant à la domination, lorsque l'on se réfère à la domination masculine, patriarcale, ou criminelle, il serait utile de préciser dans quel champ nous nous trouvons. Car un sadique criminel exerce aussi la domination dans le cas de Natascha Kampusch par exemple, qui se raconte dans son livre 3096 jours. L'homme qui la retenait captive la faisait déambuler à moitié nue dans la maison de Strasshof pour lui retirer tout espoir de fuite. Il lui répétait sans cesse, « je suis ton roi, tu es mon esclave[62] ». À propos d'humiliation, voilà ce qu'en pense Gilles Deleuze : « On remarque que le masochiste est comme tout le monde, qu'il trouve son plaisir là où les autres le trouvent, mais simplement qu'une douleur préalable, ou une punition, une humiliation servent chez lui de conditions indispensables à l'obtention du plaisir. » Donc, Deleuze inclut bien l'humiliation dans la relation masochiste. Bien que la fusion ait été décidée entre ces sexualités : Bondage, discipline, soumission volontaire, domination sexuelle, sadomasochisme. À nouveau, et sans doute pour les raisons évoquées ci-dessus, des communautés prétendent appartenir à un nouveau type de relations qu'ils nomment D/s.

Origine du mot soumission[modifier | modifier le code]

La soumission sociale n'est pas une relation douce. Lorsque l'on remonte l'histoire de notre civilisation la soumission dans divers domaines se rapproche du crime, de l'autorité sociale particulièrement sévère accompagnée de violences physiques. On rencontre la soumission à la question inquisition, la prostituée soumise, (soumise au proxénète), etc. Alors que le ou la masochiste sont libres ; et qu'il ou elle éduque le bourreau, ou la bourelle : il ou elle l'éduque pour une mise en scène que lui ou elle seul(e) décide. Daniel Leuwers a préfacé une Vénus à la Fourrure en livre de poche : « Le masochiste cherche à conditionner l'attitude de la femme en vue de la faire participer à un jeu dont il entend assumer seul la direction. Il s'agit de donner à la femme l'illusion du pouvoir alors qu'elle est sous le joug insidieux de l'homme qui la force à le battre'[63] ». Celui qui se ferait battre ou humilier sans accord explicite ponctué par le contrat, serait la victime du sadisme. Les psychanalystes, Sacha Nacht confirme la maîtrise du masochiste. À moins de parler de « soumission volontaire », l'amalgame peut être très vite vite effectué entre la soumission sociale et la soumission erogène. Alors, que le mot masochiste est, lui, beaucoup plus clair. La douleur, nous dit Sacha Nacht, « dans la plupart des cas, […] vient compléter et achever une mise en scène plus ou moins compliquée, imaginée, puis exigée par le masochiste[64] ».

Actuellement, quelques romans de gare enseignent des méthodes destinées aux femmes, pour l’éducation de leur mari. Mais ces thèses ne se retrouvent pas chez des auteurs reconnus et sérieux. Ces textes sont souvent écrits par des personnages inconnus de tout public. Qui, à l'image d'un gourou, tentent de former des disciples. Leopold von Sacher-Masoch, lui, écrivait son programme et harcelait ses compagnes pour qu'elles incarnent Masochisme de Leopold von Sacher-Masoch, mais il avait l'honnêteté de dire « Si une telle femme était dans ma vie, elle ne serait pas dans mes livres ».

Pratiquants[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dominatrice.

En dehors des professionnels, on note divers pratiquants.

  • Les couples : ils sont très rarement professionnels et exercent seuls ou établissent des relations avec d'autres couples et se rencontrent dans des soirées organisées ;
  • Les hommes seuls, en recherche d'un ou plusieurs partenaires ;
  • Le sadomasochisme est pratiqué dans le milieu gay, avec quelques professionnels gay ;
  • Dominatrices amatrices ;
  • Dominatrices professionnelles.

Elles sont fréquentées par des hommes qui ne veulent pas partager leurs fantaisies avec leur femme ou leur partenaire. Selon eux, leur compagne ne supporterait pas de rentrer dans leur fantasme et les quitteraient sûrement. Ou, pour la paix de leur famille, ils craignent de ternir l’image du Père. Ils vont voir une « professionnelle » car c'est plus pratique, rassurant et satisfaisant, que d'attendre des journées sur un chat, qu'une « non professionnelle » les convoque. Ils veulent en finir avec la pulsion et retourner à la vie civile. Là où, généralement, le maître, c'est eux.[réf. nécessaire]

Elles se divisent elles-mêmes en différentes catégories :

  • Celle qui renonce à son propre masochisme en devenant « masochisante[8]. » Elle n’est pas sadique et l’erreur serait de croire qu’elle l’est[65]. Cette dominatrice joint l’utile à l’agréable. Souvent d’excellentes techniciennes, lorsqu’elles sont appliquées. Lorsqu’elles ont assimilé leur rôle et sont attentives au moindre signe du sujet pour comprendre ce qu’elles doivent ordonner. Il existe également de par le monde des « Maisons de domination » comme à New York, Pandora Box[66] : autorisées en Allemagne, aux Pays-Bas, aux États-Unisetc., elles, sont interdites en France et sont passibles de condamnations pour proxénétisme[67]. Le film de fiction Maîtresse, avec Gérard Depardieu et Bulle Ogier, met en scène une dominatrice professionnelle[68].

Pratiques et jeux de rôles[modifier | modifier le code]

Certaines pratiques sont bisexes, d'autres concernent uniquement l'homme ou la femme. En voici une liste non exhaustive :

Article détaillé : Jeux de rôle et pratiques (BDSM).
Article détaillé : Bondage.

Santé et sécurité[modifier | modifier le code]

Démonstration d'une suspension partielle de bondage.

Certaines de ces pratiques peuvent, lorsqu'elles se font sans la connaissance des limites des participants, être hasardeuses. C'est là que le contrat intervient. Lorsque les partenaires ne se connaissent pas encore, il est indispensable de définir les limites avant le début du jeu. L'écoute, la progression et une attention particulière restant indispensables pendant le jeu. Afin de limiter tout risque de contamination, il est recommandé de ne jouer aux jeux d'aiguilles qu'avec son partenaire régulier, de façon à ne pas être piqué avec une aiguille avec laquelle le dominant se serait accidentellement piqué lui-même. De même, les objets de pénétration doivent être nettoyés après usage et protégés par un préservatif pendant l'usage. La cire chaude doit être versée d'une distance suffisante pour ne pas provoquer de vraies brûlures (une plus grande distance refroidit la cire).

Les professionnel(le)s - et tout dominant pratiquant avec un sujet soumis qu'il ne connaît que peu ou pas - devront vérifier, avant toute pratique un peu dure suggérée par leur sujet, que celui-ci ne présente pas de contre-indication médicale : problème cardiaque, insuffisance respiratoire de type asthme ou sinusite, etc. Le dominant devra dans ces cas précis refuser certaines pratiques telles que suspensions par les pieds, contrôle de la respiration, bâillon dur, masques, cagoules de contrainte, etc. Concernant le ligotage, il est indispensable de vérifier qu'a aucun endroit du corps la corde fait un effet garrot. Il convient de proposer un signe dès que le sujet ressent un quelconque malaise et, dans ce cas, de le libérer immédiatement. Il ne faut jamais laisser un sujet immobilisé sans surveillance.

Code de sécurité[modifier | modifier le code]

Le « code de sécurité » ou « mot d'alerte » qui sonne l'arrêt immédiat de la séance, au cas ou le dominant ne serait plus à l'écoute et de ce fait dépasserait les possibilités du dominé. Il est utilisé par le sujet dominé. Quant aux codes de sécurité non verbaux, rendus nécessaires par l’usage des bâillons, un signe de la tête peut indiquer l'état d'urgence.

Cérébralité[modifier | modifier le code]

Des dominants expérimentés estiment que le code de sécurité fait perdre une partie de la cérébralité du jeu. En effet ce qui provoque, souvent, l'excitation et le désir dans une relation dominant/dominé, c'est justement l'abandon du dominé qui s'en remet entièrement au dominant ou à la dominatrice. Le dominant doit alors communiquer par une clef invisible et doit comprendre, sans que le dominé l'énonce clairement, à quel moment il doit ralentir, voire s'arrêter. Il s'agit de savoir communiquer comme un médium talentueux pourrait le faire. Il s'agit de comprendre les non dits. Pour cela le dominant doit connaître son sujet et la dominatrice ou le dominateur doit être plus que jamais à l'écoute. Ce qui, évidemment, exclut les joueurs débutants qui doivent s'en tenir au code de sécurité.

Dans son livre La domination Féminine, Gini Graham Scott met en garde la pratique des relations avec une dominatrice débutante. Et le risque reste le même avec une dominatrice peu psychologue. « Quand Travis commença à réaliser les fantasmes qu'il avait depuis longtemps, il dit à une dominatrice professionnelle « qu'il pouvait tout supporter, y compris une douleur intense [note 3] ? ». Elle le fouette donc sévèrement et bien qu'il la suppliât d'arrêter, elle ignora ses plaintes comme s'il s'agissait de réplique d'une comédie, ce qui effectivement, est souvent le cas. Mais alors qu'une femme dominante expérimentée observe le langage corporel de l'homme pour différencier les plaintes authentiques, cette femme ne fit pas attention et continua à frapper. Pour Travis, la séance fut une expérience affreuse et il garda durant deux semaines de larges marques rouges. » Plus tard Travis s'exprima dans la communauté : « Elle ne s'est pas souciée de ce que je désirais vraiment, elle m'a simplement mis en bouillie[69]. »

Législations[modifier | modifier le code]

Les législations des principaux pays occidentaux n'interdisent plus les pratiques sexuelles BDSM. Toutefois, le Royaume-Uni définit un seuil de pratiques au-delà desquelles le BDSM tombe sous le coup de la loi. L'affaire Spanner (année 1991) qui a consisté en la criminalisation d'hommes consentants, alors qu'aucune plainte de quiconque n'avait été déposée, a jugé coupables des « dominants » sur la seule base des marques laissées sur les « soumis. » Une fessée un peu appuyée, un bondage serré sont donc illégaux (ce jugement a été validé par la Cour européenne en juin 1997[70]). Il faut s'en tenir au jugement. Les participants à ce que l'on a nommé l'affaire Spanner furent condamnés sur la possession d'images hard entre majeurs consentants. Ce qui est à noter c'est qu'à l'époque, la loi anglaise punissait ceux qui se faisaient violence à eux-mêmes, d'où l'interdiction de se suicider. Un rescapé du suicide en Angleterre était passible de prison pour tentative de meurtre envers lui-même. C'est ce qui amena la chambre des Lords à infliger des peines de prison aux « dominés. » Des peines inférieures d'environ 50 % par rapport aux dominants.

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a aussi statué dans l'affaire K.A. et A.D. c/Belgique (jeux sexuels entre plusieurs hommes et une femme) le 17 février 2005 contre une pratique du sadomasochisme si la personne « esclave » demandait de façon expresse mais aussi tacite l'arrêt de ces pratiques. En l'occurrence, la justice juge le manquement au consentement, mais pas la pratique en elle-même, ce qui était le cas dans l'affaire Spanner. Depuis 2002, la Suisse possède l'une des législations les plus répressives concernant la pornographie dite dure[71].

Associations[modifier | modifier le code]

Il existe dans chaque pays (ou région selon le besoin) des associations qui ont pour but (non lucratif) d'accueillir les curieux, les débutants, et les adeptes du BDSM. Ces associations offrent un milieu sain et stable pour découvrir ce monde en toute sécurité.

  • L'association qui milite pour l'annulation du jugement de l'affaire Spanner : ce groupe souhaite « défendre les droits de sadomasochistes de toutes orientations sexuelles et en particulier annuler le jugement […] qui rend certaines activités SM illégales même en cas de consentement de toutes les parties[72] ».
  • PariS-M : Association dont l'objet est de permettre à la communauté Fetish BDSM de s’exprimer, de créer des liens, de recueillir et diffuser des informations relatives aux pratiques sûres, saines et consensuelles[73].

Médias[modifier | modifier le code]

Films et téléfilms[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sadisme et masochisme au cinéma.

Certains films grand public contiennent des scènes de violence sociale, telles que des scènes de fouet, de fessée ou de bondage. De telles scènes peuvent susciter un fantasme originaire BDSM et susciter des interprétations chez le spectateur, sans que le thème du film soit le BDSM, implicitement ou explicitement. Certains films, comme Maîtresse de Barbet Schroeder, prennent le sadomasochisme, le bondage ou la discipline comme thème central, mais d'autres peuvent ne traiter le sujet que de manière très secondaire, sans que le thème général soit assimilable au BDSM. Le film Lunes de fiel inclut ainsi une brève scène de rapport sadomasochiste qui n'est qu'accessoire dans le récit, la relation perverse et cruelle entre les protagonistes allant bien au-delà du BDSM. On retrouve ce type de scènes dans certains films figurant dans la liste ci-dessous.

Photographes et artistes[modifier | modifier le code]

Jeux de Cordes

Documentaires radio[modifier | modifier le code]

Musiques[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Monique sur une croix de Saint-André

Sacher-Masoch[modifier | modifier le code]

  • Œuvres maîtresses, La Vénus à la fourrure - Le Cabinet noir de Lemberg - La Pêcheuse d'âmes - Les Batteuses d'hommes - La Pantoufle de Sapho et autres contes. Sortie prévue de 21 novembre 2013 - préface Cécile Guilbert éd Robert Laffont - 2013

Études[modifier | modifier le code]

  • Marie-Hélène Bourcier, Queer Zones, Politique des identités sexuelles, des représentations et des savoirs, Paris, Balland « modernes », 2001.
  • (en) Pat Califia et Robin Sweeney, The Second Coming : A Leatherdyke Reader, Los Angeles, Alyson, 1996.
  • Philippe Cousin, L’Encyclopédie du sadomasochisme, Paris, La Musardine, 2000.
  • Gilles Deleuze, « Le froid et le cruel - Présentation de Sacher Masoch » suivie de La Vénus à la fourrure, édition de Minuit
  • Chloë des Lysses, Sade revu et corrigé pour les filles, Scali, 2006
  • Hans-Jürgen Döpp, Le Sadomasochisme, Parkstone, 2002.
  • Pasteur Joseph Doucé, Le sadomasochisme en question, Lumière & Justice, 1989
  • Emmanuel Juste Duits, L'Autre désir : Du sadomasochisme à l'amour courtois, La Musardine, 2000
  • Michel Foucault, Dits et écrits 1954-1988, 4 t., Paris, Gallimard, 1994.
  • Lynda Hart, La performance sadomasochiste, entre chair et corps (Between the Body and the Flesh, Performing Sadomasochism), New York, Columbia University Press, 1997), Ed. EPEL, Paris, 2003.
  • Anne Larue, Le Masochisme, ou comment ne pas devenir un suicidé de la société, Éditions Talus d’approche, 2002.
  • Geoff Mains, Urban Aboriginals, Gay Sunshine, 1984.
  • Gabrielle Rubin, Le sadomasochisme ordinaire, L'Harmattan, 1999
  • Gayle Rubin, Surveiller et Jouir, anthropologie politique du sexe, Paris, EPEL, 2011.
  • (en) Samois (éd.), Coming to Power : Writings and Graphics on Lesbian S/M, Boston, Alyson, 1988.
  • Véronique Poutrain, Sexe et pouvoir, enquête sur le sadomasochisme, Ed. Belin, Paris, 2003
  • Mona Sammoun, Tendance SM : Essai sur la représentation sadomasochiste, La Musardine, 2004
  • Jean Streff, Les extravagances du désir, La Musardine, 2002
  • (en) Mark Thompson (dir.), Leatherfolk, Boston, Alyson, 1991, rééd. 2001.
  • Jean-Manuel Traimond, Dissection du sadomasochisme organisé : approches anarchistes, Ed. A.C.L., Lyon, 2005.
  • Eugènie Guillou religieuse et putain. Enquête de Daniel Grojnowski, édition Fayard collection Fonds Pauvert ISBN 9782720215322

Guides[modifier | modifier le code]

  • Wendy Delorme, Pervers & Safe : petit guide de prévention pour le sexe BDSM, éditions Tabou, 2006.
  • Dossie Easton et Janet Hardy, L'art de dominer, trad. Eric Bertrand, éd. Tabou, 2005.
  • Dossie Easton et Janet Hardy, L'art de se soumettre, trad. Eric Bertrand, Tabou, 2007.
  • Gala Fur, Osez… tout savoir sur le SM, La Musardine, 2004.
  • Gala Fur, Osez… les jeux de soumission et domination, La Musardine, 2009.
  • Axterdam, Osez… le bondage, La Musardine, 2005.
  • Italo Baccardi, Osez… la fessée, La Musardine, 2005.
  • Chanta Rose, Bondage For Sex, BDSM Press, 2006.

Magazines[modifier | modifier le code]

  • (de) : Heavy Rubber, Marquis
  • (uk) Skin Two
  • (be) Secret
  • (fr) : BDSM, le revue des femmes soumises, Dressage sévère, Passion SM, Perversions françaises, Prestige SM, Soumissions SM

Fictions et témoignages[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Alain Marc, « Sexe et pouvoir », la Souffrance du monde, éditions du Zaporogue, 2011
  • Jean Philippe Beaudin, Les anges noirs, Éditions de l'étoile de mer, 2013.

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L’ancienne terminologie, allusivement associée au BDSM, porte un nom savant : algolagnie. Ce mot — tiré du grec άλγος, algos = souffrance + λαγνεία, lagnia = luxure — se réfère à la paraphilie alliant électivement le plaisir sexuel à une stimulation de la souffrance physique (essentiellement), voire (subsidiairement, alternativement et/ou conjointement) à un exhaussement sporadique (ou durable) de l’avilissement psychique, moral, psychologique, émotionnel, etc.[41],[42].
  2. Pour de nombreux chercheurs les cérémonies BDSM sont une relation à la grande Déesses représentée dans les cultes païens sous diverses appellations. Dans son livre Le Masochisme, Theodor Reik écrit : « Elles sont la personnification de la « Beauté » et de la « Terreur », pour le masochiste moderne, la femme qui tourmente a le même charme que ces idoles. Elle est l'Astarté des temps modernes ».
  3. Voir à ce sujet différence entre fantasme et programme masochisme

Références[modifier | modifier le code]

  1. Friedrich Nietzsche cité par Gilles Deleuze, Le froid et le cruel présentation de Sacher Masoch,ed de minuit
  2. a et b Richard von Krafft-Ebing, Psychopathia sexualis, op. cit., p. 35 et 236, ISBN 2-907563-26-2.
  3. Sigmund Freud, Les trois Essais, « Idées op. cit., p. 46, NRF
  4. Sigmund Freud, Les pulsions et leurs destins, (1915) tr.fr., Métappsychologie, op. cit., p. 46, NRF
  5. Gilles Deleuze Le froid et le cruel présentation de Sacher Masoch, op. cit. p. 38.
  6. Gilles Deleuze Le froid et le cruel présentation de Sacher Masoch, op. cit. p. 39.
  7. Sigmund Freud, Névrose, psychose et perversion, Paris, Presses universitaires de France,‎ 1894 (réimpr. 1999) (ISBN 2-130-45208-6)
    voir Le Problème économique du masochisme
  8. a, b, c, d, e, f et g Gilles Deleuze, Présentation de Sacher-Masoch, le froid et le cruel avec le texte intégral de La Vénus à la fourrure, Éditions de Minuit, collection « Arguments », 1967 (ISBN 2-707-30332-1).
  9. Deleuze Le froid et le cruel présentation de Sacher Masoch, op. cit. p. 38
  10. Jacques Lacan, La logique du fantasme séance du 19 avril 1967, transcription Afi(juillet 2004), op. cit., p. 320,
  11. Jacques Lacan, le Séminaire, Livre X. L'angoisse (1962-1963), Paris, Seuil, 2004
  12. a et b Julie Mazaleugue-Labaste Du Masochisme, préface du Masochisme « Un enfant est battu » Sigmund Freud petite bibliothèque Payot ISBN 9782228906753
  13. Jean-Paul Sartre, L’être et le néant Tel, Gallimard op. cit., p. 419, ISBN 2-07-029388-2.
  14. Michel de M'Uzan « Un cas de masochisme pervers. Esquisse d'une théorie »(1972), in De l'art à la mort, Paris, Gallimard, 1977, p. 125-150.
  15. Daniel Leuwers Préface de la Vénus à la fourrure suivi de l'ouvrage de Leopold von Sacher-Masoch éd poche Pocket
  16. a et b Régis Michel, « L'extase et l'agonie ou… le corps sans organes », Savoirs et clinique, 1/2007 (no 8), p. 95-103. DOI : 10.3917/sc.008.0095. Voir sur cairn.info</
  17. Bernard Michel Sacher Masoch Col Les hommes libres de l'histoire Éditions Robert Laffont
  18. Virginie Despentes, King Kong Théorie, éd. Grasset (ISBN 978-2-246-68611-8)
  19. C'est ainsi que Schopenhauer nommait les femmes
  20. Diogène jeta un coq plumé dans l'école de Platon et s'écrira : « Voilà l'homme de Platon »
  21. Sacher Masoch La Vénus à la fourrure
  22. Michel Foucault Dits et écrit tome IV texte n° 358
  23. Michel Foucault Le nouvel observateur notre époque
  24. Entretien destiné à la revue canadienne Body Politic -en ligne
  25. a et b Theodor Reik, Le masochisme, Paris, Payot,‎ 1953 (réimpr. 2000), 418 p. (ISBN 2-228-89359-5)
    un essai de psychanalyse sur la psychologie et le psychisme masochiste
  26. Voir sur larousse.fr.
  27. Deleuze Le froid et le cruel présentation de Sacher Masoch, op. cit. p. 113
  28. Élisabeth Lemirre et Jacques Cotin, Don Juan de Kolomea Éditions Philippe Piquier, op. cit.,
  29. Réédition d'une partie de l'œuvre de Sacher Masoch : La Vénus à la fourrure - Le Cabinet noir de Lemberg - La Pêcheuse d'âmes - Les Batteuses d'hommes - La Pantoufle de Sapho et autres contes. Sortie le 21 novembre 2013 - préface Cécile Guilbert éd Robert Laffont - 2013
  30. Maxime Rovère Éditions Payot & Rivages poche Petite Bibliothèque - préface Confession de ma vie ISBN 978-2-7436-2744- 7
  31. Marquis de Sade - Justine ou les Malheurs de la vertu
  32. Gilles Deleuze : op. cit. p. 36.
  33. Damien Lagauzère, Du masochisme au sacré, éditions L'Harmattan, collection Logiques sociales (ISBN 978-2-296-13203-0).
  34. Hegel, Phénoménologie de l’esprit, 1807.
  35. Philosophie Magazine, no 09521.
  36. Le contrat entre Leopold von Sacher-Masoch et Wanda. Le contrat sur wikisource.
  37. Le contrat entre Mme Fanny de Pistor et Léopold de Sacher Masoch.
  38. [vidéo] Ce qu'il y a d'intéressant dans ce texte, c'est la façon dont la victime dresse sa bourrelle. Il lui dicte ce qu'elle doit faire. Et, à la fin, il exige qu'elle porte des fourrures pour le châtier. Récit d'un contrat de Sacher-Masoch.
  39. Sacher von Masoch, La Venus à la fourrure (quatrième de couverture), Mille et une nuits,‎ 1999.
  40. (en) « The term BDSM was created on the Internet, in alt.sex.bondage, ca. 1990. It stands for B&D (Bondage and Discipline), D&S (Dominance and Submission) and SM (Sadomasochism). It was an attempt to unify as a community, instead of arguing over differences in style of play. » Gloria Brame, auteur de Different loving Villard Books, New York, 1993. ISBN 0-679-40873-8
  41. (en) Kathryn Kelley, Alternative Approaches to the Study of Sexual Behavior, 13–38 p. (ISBN 978-0-89859-677-9)
  42. (fr) [vidéo] Pardonnez-moi – Marc Bonnant : émission télévisée « Pardonnez-moi » du 7 juin 2009, avec interview, par Darius Rochebin, de l’avocat Marc Bonnant, le jour précédent le procès afférent au meurtre du banquier Edouard Stern. TSR, 7 juin 2009. Durée : 30:29 min. N. B. Le BDSM est évoqué à partir du minutage 14:02 : il est décrit plus en détail à partir de 16:20 ; le terme — algolagnie — est, lui, spécifiquement cité, à partir de 17:31.
  43. Sigmund Freud, Sexualité et psychologie de l'amour. :

    « L'homme a un instinct sadique, et la femme un instinct masochiste, lesquels sont inconscients, donc incontrôlables. »

  44. Dans sa préface à Leopold von Sacher-Masoch Jean-Jacques Pauvert cite Krafft-Ebing, Les Batteuses d'hommes Lecture amoureuse, éd La Musardine p. 12 observation 49
  45. Vanessa Duriès, Le lien
  46. Mara Journal d’une femme soumise -éd texte-flammarion Flammarion, 1979. ISBN 2-08-064144-1
  47. Et Mara journal d'une femme soumise sur Google book
  48. Gaétan Brulotte - Œuvres de chair figures du discours érotique - Pu Laval Presse Univers. (1er décembre 2004). Et sur ebook œuvres de chair: figures du… - Google Livres
  49. Bernard Noël quatrième de couverture Mara Journal d’une femme soumise -éd texte-flammarion Flammarion, 1979. ISBN 2-08-064144-1
  50. Louis Ferdinand Céline cité dans Dictionnaire Céline, Philippe Alméras, édition Plon 2004
  51. a et b Theodor Reik Le masochisme, Paris, Payot, 2000, op. cit. p. 195.
  52. Annick Foucault, Françoise Maîtresse, éditeur Gallimard, collection « Digraphe »
  53. Françoise Maîtresse, op. cit., p. 148
  54. Roland Jaccard, Le Monde, 13 décembre 1991
  55. Antonin Artaud -Œuvres complètes. XIII : Van Gogh, le suicidé de la société ; Pour en finir avec le jugement de dieu (suivi de) Le Théâtre de la cruauté ; Lettres à propos de « Pour en finir avec le jugement de dieu », Paris, Gallimard, 1974.
  56. Abrégé en CsO par les auteurs. Le « corps sans organe » est un concept développé par les philosophes français Gilles Deleuze et Félix Guattari dans leurs œuvres communes : L'Anti-Œdipe et Mille Plateaux. L'expression de « corps sans organe » a d'abord été formulée par le poète français Antonin Artaud.
  57. Gilles Deleuze et Claire Parnet - Dialogues collection Champs - Édition Flammarion 1995
  58. a et b Ginia Graham Scott - La domination Féminine - tome II du Pouvoir érotique éd Robert Mérodack
  59. Gini Graham Scott, La Domination Féminine version française op. cit. p. 8
  60. Jean Ristat La perruque du vieux Lénine éd Gallimard
  61. Jean Paulhan, 1959, La douteuse Justine, éd Jean Jacques Pauvert
  62. Natascha Kampusch,3096 jours 3 096, éd JC Lattes jours
  63. Daniel Leuwers, préface à Leopold Von Sacher Masoch, La Vénus à la Fourrure, Presses pocket.
  64. Sacha Nacht "Le Masochisme", éd Denoël -1938
  65. Gilles Deleuze, op. cit. p. 38
  66. Pandora Box
  67. Article 225_10
  68. (fr) Tzara, « Critique de Maîtresse » (consulté le 6 octobre 2013).
  69. Gini Graham Scott, La Domination Féminine version française op. cit. p. 159
  70. (en) Site officiel the Spanner Trust
  71. (fr) Article 197 du Code pénal suisse
  72. Association qui milite pour l'annulation du jugement de l'affaire Spanner, sur le site spannertrust.org
  73. PariS-M, sur le site PariS-M.org
  74. Fiche du film sur le site du distributeur.
  75. Fiche du film sur cinemovies.fr.
  76. Isabelle Danel Télérama n°2526 - 10 Juin 1998
  77. Cahiers du cinéma n°525 - Juin 1998
  78. Bob Flanagan MyTF1 [1]
  79. fiche du film sur le site toutlecine.fr.
  80. Efrat Tseëlon, Masquerade and Identities: Essays on Gender, Sexuality and Marginality, Routledge, 2004, page 74
  81. Arté
  82. (en) drmarkgriffiths, « The Velvet Revolution: Is ‘Venus in Furs’ the most radical song in popular music? » (consulté le 6 octobre 2013).
  83. (en) Becky Bain, « Rihanna Loves The Smell Of Sex On Her Naughty Dance Track “S&M” »,‎ 5 octobre 2010 (consulté le 6 octobre 2013).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]