Marcel Paul

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Marcel Paul
Image illustrative de l'article Marcel Paul
Fonctions
Parlementaire français
Député 1945-1948
Gouvernement IVe république
Groupe politique PCF
Biographie
Date de naissance 12 juillet 1900
Date de décès 11 novembre 1982 (à 82 ans)
Résidence Haute-Vienne

Marcel Paul est un homme politique français, né le 12 juillet 1900 à Paris et mort le 11 novembre 1982 à l'Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfant trouvé le 12 juillet 1900 dans le XIVe arrondissement de Paris où il avait été abandonné, il commence à travailler à l'âge de 13 ans comme valet de ferme dans la Sarthe. Il milite à 15 ans dans les Jeunes Socialistes, contre la guerre. Mobilisé dans la marine, il participe à la révolte des équipages de Brest, puis à celle des marins qui refusent de faire fonctionner la centrale électrique de Saint-Nazaire contre les ouvriers en grève.

À sa démobilisation, il s'installe tout d'abord à Saint-Quentin, dans l'Aisne, où il travaille dans le bâtiment et commence à exercer une activité syndicale. Il est ensuite embauché comme électricien à la Société des transports en commun de la région parisienne. En 1923, il adhère au parti communiste.

De 1931 à 1936, il occupe le poste de secrétaire général de la Fédération des services publics, hospitaliers, éclairage et force motrice (CGTU). Il est nommé ensuite secrétaire général adjoint, puis secrétaire général (en 1937) de la Fédération réunifiée de l'éclairage[1]. En 1932, il est violemment agressé à la sortie d'une réunion syndicale du personnel soignant de l'Hôtel-Dieu de Marseille. Une infirmière qui l'accompagne, Edmée Dijoud, est tuée. Devenu proche de Maurice Thorez, il est présenté par le PCF aux élections municipales de 1935 dans le XIVe arrondissement de Paris, où il est élu, ainsi que Léon Mauvais.

En 1938, il se rend en Espagne et en Tchécoslovaquie au nom de la CGT.

Résistance[modifier | modifier le code]

En 1939, il est mobilisé dans l'infanterie, car la marine refuse son incorporation. Après la signature du pacte germano-soviétique, il est exclu, ainsi que les autres communistes, de la direction de la Fédération de l'éclairage (Clément Delsol le remplace à la tête de la fédération dite « légale »). Fait prisonnier, il s'évade deux fois. Il rejoint la Bretagne, où il occupe avec Auguste Havez la fonction de responsable inter-régional. Il s'occupe alors de ramasser des armes et des explosifs pour constituer des dépôts, puis, sur ordre de la direction du parti, revient à Paris en novembre 1940 tout en suivant les actions dans l'ouest jusqu'en janvier 1941. Très actif dans le milieu de l'éclairage et des services publics, il s'investit dans la mise sur pied de comités populaires dans la région parisienne. Investi également dans l'Organisation spéciale, il apprend, à partir de juillet 1941, le maniement des explosifs avec France Bloch-Sérazin et organise en août 1941, un attentat manqué contre un train officiel allemand[2].

Dénoncé, il est arrêté en novembre 1941. Détenu au commissariat, puis à l'hôpital de Saint-Denis où il tente de se suicider, il est ensuite transféré à la prison de la Santé. Jugé en février 1943 par la section spéciale, il est condamné à quatre ans de prison. À l'été 1943, il est transféré, avec d'autres détenus, à la centrale de Fontevrault. Livré en février 1944 aux Allemands, Marcel Paul tente une nouvelle fois de s'évader. Il est déporté le 27 avril 1944 à Auschwitz, où un matricule lui est tatoué. Le 14 mai, il est transféré à Buchenwald avec les hommes de son convoi.

Dans le camp, il devient l'un des chefs de la Résistance clandestine, au sein du « comité des intérêts français ». Il devient l'un des cinq membres du bureau et peut décider de l'affectation des détenus aux postes de travail. Il sauve ainsi de nombreux déportés français, dont Marcel Dassault. Rapatrié en priorité avec des personnalités, il reste peu de temps à Paris et repart pour Buchenwald pour s'occuper du retour des autres déportés. De retour à Paris, Marcel Paul entre au Comité central du PCF, élu lors du Xe congrès de juin 1945. Il reprend ses activités syndicales et est nommé membre de l'Assemblée consultative, où il intervient le 3 août en faveur de la nationalisation du gaz et de l'électricité.

Libération[modifier | modifier le code]

Pour apaiser les conflits déclenchés en Limousin par l'indiscipline de Georges Guingouin, le Parti présente en octobre 1945 sa candidature en Haute-Vienne à la première Assemblée nationale constituante. Il est élu avec Alphonse Lebas au quotient avec 33,95 % des voix, mais sa liste arrive derrière celle de la SFIO, que conduit Adrien Tixier et qui obtient 50,53 % des voix et trois sièges. Marcel Paul est nommé membre de la Commission de l'équipement national, de la production et des communications, de la Commission de l'intérieur et de la santé publique, de la Commission des prisonniers et déportés et des pensions et de la Commission permanente de coordination des affaires économiques et sociales. Le 3 août 1945, il prend part à la discussion des résolutions sur la nationalisation du gaz et de l'électricité.

Nommé ministre de la production industrielle le 21 novembre 1945, dans le gouvernement de Charles de Gaulle, succédant à Robert Lacoste, il reste à ce poste dans les gouvernements de Félix Gouin et de Georges Bidault, jusqu'en décembre 1946. Le 2 décembre 1945, il vote la nationalisation de la Banque de France et des organismes de crédit. Le 27 mars 1946, il propose la nationalisation de l'énergie et organise la création d'EDF-GDF, qui est votée le 8 avril 1946[3]. Il fait de la nouvelle entreprise publique un modèle social en organisant le statut du personnel. En tant que ministre de la Production industrielle, il dépose, le 15 janvier, un projet de loi relatif au personnel des exploitations minières et assimilées, plusieurs projets sur les élections aux Chambres de métiers et, le 20 avril, un projet portant réglementation des conditions d'accès à la profession de coiffeur. Le 19 avril 1946, il vote pour l'adoption de la Constitution et le 24 avril pour la nationalisation des sociétés d'assurance.

Aux élections de la seconde Assemblée nationale constituante de juin 1946, Marcel Paul est à nouveau candidat du PCF en Haute-Vienne. La liste communiste arrive cette fois en tête, avec 66 815 votes sur un total de 175 214 suffrages exprimés. Marcel Paul et Alphonse Lebas sont donc réélus. La SFIO, avec 63 942 n'obtient que deux sièges, ceux de Jean Le Bail et d'André Foussat. Le dernier siège est obtenu par Robert Schmidt, tête de la liste MRP qui recueille 36 977 voix.

En novembre 1946, il est élu à l'Assemblée nationale et nommé membre de la Commission de production industrielle. Il quitte le ministère en décembre 1946. Après un mois d'un gouvernement socialiste homogène, les ministres communistes sont rappelés en janvier 1947, mais pas Marcel Paul. À partir de janvier 1947, Marcel Paul reprend la tête de la fédération CGT de l'éclairage, fonction qu'il occupera jusqu'en 1966, de fait jusqu'en 1963.

En mai 1947, le gouvernement socialiste de Paul Ramadier écarte les ministres communistes. En février 1947, il devient président du Conseil central des œuvres sociales (CCOS) d'EDF-GDF, où il reste jusqu'à la dissolution de l'organisation par le gouvernement de René Pleven, le 17 février 1951. Le lendemain, la police envahit les locaux du CCOS, 22 rue de Calais, Paris 9e, et en chasse le personnel[4].

Syndicalisme[modifier | modifier le code]

Voulant se consacrer plus totalement à sa mission syndicale, il démissionne de son mandat de député le 20 avril 1948. Il n'est pas candidat aux élections de 1951. En 1952, il fonde avec le colonel Manhès la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes (FNDIRP), dont il est président jusqu'à sa mort.

En 1964, il n'est pas réélu au Comité central du Parti communiste, à la suite de divergences concernant la reprise des œuvres sociales d'EDF-GDF qu'il avait créées. Depuis 1951, la gestion en est devenue patronale et le gouvernement met comme condition à la reprise de l'activité par les syndicats l'éviction de Marcel Paul, ce que la direction fédérale se résout à accepter en 1962.

Il est nommé officier de la Légion d'honneur[5] en avril 1982. À l'issue de la cérémonie du 11 novembre 1982, place de l'Étoile à Paris, il est pris d'un malaise fatal. Il meurt chez lui quelques heures plus tard.

Deux ans plus tard, une polémique autour de sa mémoire est provoquée par quelques lignes publiées par Laurent Wetzel, conseiller municipal CDS de Sartrouville, dans un article du Courrier des Yvelines. L'auteur y explique pourquoi il refuse de s'associer à l'inauguration d'une rue Marcel-Paul dans sa municipalité. Il écrit : « Déporté à Buchenwald, Marcel Paul entra à la direction interne du camp. Il disposa alors du sort — c'est-à-dire de la vie et de la mort — de nombreux camarades. Dans ses fonctions, il tint compte essentiellement de l'intérêt de son parti. » L'Association Dora-Buchenwald et la FNDIRP portent plainte pour diffamation. Une telle accusation avait déjà été soulevée contre Marcel Paul en 1946. Le procès, devant le tribunal de Versailles, voit défiler de nombreux anciens déportés. Le 17 janvier 1985, Laurent Wetzel est relaxé, la cour refusant de statuer sur la vérité historique[6].

Le « comité des intérêts français »[modifier | modifier le code]

Ce « comité des intérêts français » parvint à épargner une fin tragique à beaucoup de déportés français. L'idée de Marcel Paul était de créer, à l'échelle du camp, un comité à l'image du Conseil national de la Résistance, sans discrimination et avec un double objectif : sauver le plus grand nombre de Français possible, quel que soit leur penchant politique, et poursuivre derrière les barbelés l’œuvre de la Résistance[7]. Le comité des intérêts français sauva néanmoins la vie à Marcel Dassault, dont les idées politiques étaient très éloignées de celles du PCF, mais Marcel Paul était conscient que la France libérée aurait besoin d'hommes tels que Marcel Dassault pour la reconstruction. Marcel Dassault sera toute sa vie reconnaissant envers Marcel Paul en soutenant financièrement la fédération des déportés FNDIRP. Tous les témoignages concordent pour affirmer que Marcel Paul joua un rôle essentiel dans l’insurrection du camp de Buchenwald, qui conduisit à sa libération.

Alors qu’il est en passe de faire nationaliser les Charbonnages de France, une campagne de calomnie est dirigée à son encontre par le journal Paroles françaises, hebdomadaire du Parti républicain de la liberté (PRL), la formation politique la plus à droite que connaisse alors la France) avec comme objectif de ne pas faire aboutir cette loi de nationalisation. Cette campagne, commencée le 27 avril 1946, dure cinq semaines. Le 29 mai 1946, en soutien à Marcel Paul, une soirée de solidarité est organisée à Paris. Plusieurs milliers de personnes sont présentes, parmi lesquelles de nombreux rescapés de Buchenwald, Marcel Dassault, G. Martin (ministère de l’Éducation), le général Alfred Heurteaux, le général Audibert, R. Allouche (représentant des israélites français internés à Buchenwald). Ces preuves de soutien ont été réunis dans un livre blanc qui fait plus de 450 pages[8].

Hommages[modifier | modifier le code]

Plaque de la place Marcel-Paul à Paris.

La grande salle de la Bourse du travail de Saint-Denis porte son nom, ainsi que de nombreuses rues, places, équipements sportifs, sociaux et culturels dans diverses villes de France, dont une place, dans le 14e arrondissement de Paris, dont il était conseiller municipal avant guerre.

Le terminus nord de la ligne 3 du trammay de Nantes porte son nom.

Le journal Fakir milite pour obtenir son entrée dans le dictionnaire Larousse[9].

À Valence, le parc Marcel Paul porte son nom en hommage dans le quartier Valensolles.

Au Mans, un parc porte son nom dans le quartier Vauguyon.

Une rue de Champagney (Haute-Saône) porte son nom.

Une rue de Blois (Loir-et-Cher) porte son nom.

Une avenue de Saint-Dizier (Haute-Marne) porte son nom.

Une rue à Marseille Rue de la Paix Marcel Paul dans le 1er

une rue dans la commune de Genlis en cote d'or

Une plaque commémorative au centre EDF GDF de Dijon

Citations[modifier | modifier le code]

  • Aux juristes de son ministère : « Je ne vous paie pas pour que vous m'indiquiez les articles du code m'interdisant de réformer, mais pour y trouver ceux qui vont me le permettre. »
  • « Je me suis accroché à la nationalisation de l'électricité et du gaz comme un chien qui n'a pas mangé depuis huit jours s'accroche à un os. » (cité dans Et la lumière fut nationalisée)
  • « Il y a en France un noyau révolutionnaire indestructible. » (cité dans Les porteurs d'énergie)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il exerce cette fonction jusqu'en 1939
  2. René Gaudy, article Marcel Paul, dans Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, CDROM, éditions de l'Atelier, 2000
  3. Légifrance
  4. CMCAS Paris
  5. Assemblée Nationale
  6. Extrait du jugement
  7. Marcel Paul, Vie d'un Pitau, p. 190
  8. Marcel Paul, Vie d'un Pitau, p. 230-240
  9. http://www.legrandsoir.info/fakir-refait-le-dico.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources sur le web[modifier | modifier le code]