Famille de Wendel

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Famille de Wendel
Allégeance Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Flag of Lorraine.svg Duché de Lorraine
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau français République française

La famille de Wendel est une dynastie industrielle de maîtres de forges, propriétaire des aciéries de Lorraine, présente dans l'industrie depuis trois siècles. Elle joua un rôle politique significatif de la Restauration jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Wendel est un prénom d'origine écossaise (saint Wendel ou Wendelin établi au VIe siècle dans la région de Trèves, mais aussi la ville allemande de Sankt-Wendel dans la Sarre).

Les premiers Wendel étaient des militaires[1]. Les premiers membres de la famille connus semblent avoir vécu à Bruges, avant leur installation à Coblence. Le premier acte d'état civil certain fut établi à Coblence en 1605 à l'occasion de la naissance de Jean-Georges, fils de Jean de Wendel et Marie de Wanderen.

Histoire de la famille de Wendel[modifier | modifier le code]

Château Wendel avec sa chapelle à Hayange, en ruines (état 2009).

Cette famille est issue d'officiers installés en Lorraine dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. Jean-Martin Wendel est le fils cadet de Christian, seigneur de Longlaville près de Longwy, lieutenant de cavalerie dans l'armée du duc Charles IV de Lorraine.

En 1704, Jean-Martin Wendel fait l'acquisition des forges de la Rodolphe à Hayange, au nord du duché devenant ainsi le premier maître de forges de la famille, qui développe considérablement les activités sidérurgiques au cours des générations. Contrairement à une légende bien ancrée, à aucun moment de leur histoire ils ne produisent de canons.

À la fin de l'Ancien Régime, Ignace de Wendel de Hayange, officier d'artillerie, fonde Le Creusot avec l'ingénieur anglais William Wilkinson. Toutefois, la Révolution contraint les Wendel à émigrer ; leurs biens, dont les forges de Hayange, sont vendus comme biens nationaux. C'est François de Wendel qui, de retour d'émigration, les rachète en 1804 et les développe sous l'Empire et la Restauration.

Au XIXe siècle, la sidérurgie lorraine dominée par les Wendel atteint un développement considérable, grâce en particulier à l'extension des chemins de fer. La famille de Wendel met en œuvre une politique sociale inspirée par ses convictions catholiques, souvent qualifiée de paternalisme.

La guerre de 1870 se termine par l'annexion d'une grande partie de la Lorraine et de la totalité de l'Alsace, et Hayange se trouve intégré à l'Empire allemand. Charles étant mort quelques mois plus tôt, c'est à sa mère âgée de quatre-vingt ans que revient la charge d'assurer l'intérim à la tête des usines en attendant que la transition se fasse avec les fils de Charles. Celle-ci va alors intégrer dans les statuts de la société une clause stipulant que seul un membre de la famille Wendel pourra en être actionnaire afin d'éviter l'éclatement du groupe. Le groupe Wendel est en effet à ce moment sollicité par un groupe allemand mais se refuse à vendre, afin de « maintenir la présence française en Lorraine annexée ». L'un des fils Wendel restera à Hayange (rester en territoire allemand impliquait la perte de la nationalité française). Deux d'entre eux seront élus au Reichstag par une population restée fidèle à la France, comme députés « protestataires ». Mais le reste de la famille de Charles de Wendel, refusant de devenir allemand, décide de s'établir à Jœuf qui se trouve à la frontière entre la France et l'Allemagne (côté français), où les Wendel fondent de nouvelles usines, aujourd'hui détruites.

Au XXe siècle, au lendemain de la Première Guerre mondiale, la Moselle redevient entièrement française entrainant ainsi la réunification de toutes les usines lorraines. Les industries de la famille de Wendel atteignent leur apogée. François de Wendel, député puis sénateur, président du Comité des Forges, régent de la Banque de France (et ainsi désigné comme faisant partie des « 200 familles »), est considéré comme un des principaux acteurs d'une politique conservatrice qui échoue avec l'avènement du Front populaire. En 1940, demeuré à Paris en geste de « discrète désapprobation » [2], il s'abstient de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Les usines de Moselle (annexée au Reich) sont confisquées par les Nazis.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la famille de Wendel contribue à la reconstitution d'un pôle sidérurgique français important (fusion d'entreprises pour former Sollac puis Sacilor). François de Wendel est ainsi épaulé par ses deux frères : Maurice et Humbert. C'est d'ailleurs ce dernier qui sera à l'origine de la création de Sollac. La mort des trois frères dans une période de treize années (François en 1949, Humbert en 1954 et Maurice en 1962) annonce la fin des grands maîtres des forges, dont le dernier sera Henri de Wendel, mort en 1982. Fragilisée par un strict contrôle des prix et par une croissance accélérée des capacités de production destinée à répondre aux exigences du Plan (usine de Fos-sur-Mer) édicté par l'État, la société Wendel et Cie, devenue Wendel-Sidelor puis Sacilor, passe en 1978 sous la coupe des banques d'État, avant d'être formellement nationalisée en 1981 pour se fondre dans Usinor-Sacilor puis Arcelor.

Sous l'égide d'Ernest-Antoine Seillière, la maison de Wendel est depuis lors devenue une société d'investissement. Wendel Investissement a ainsi acheté au groupe Lagardère Editis (n° 2 français de l'édition) et détient des participations dans le fabricant de matériel électrique Legrand et la société internationale de certification Bureau Veritas. La société a revendu en mai 2008 la société Editis au groupe espagnol Planeta. Un an auparavant, elle avait acquis une minorité de contrôle (21,5 %) auprès de Saint-Gobain.

Membres notables[modifier | modifier le code]

  • Jean De Wendel dit originaire de Bruges (fin XVIe siècle), épouse Marie de Wanderen.
    • Jean Georges de Wendel, né le 8 octobre 1605 à Coblence (Allemagne), épouse Marguerite de Hammerstein.
      • Christian de Wendel, (1636- 1708), épouse Dorothée Agnès Jacobs puis Claire Saurfeld.
        • Jean-Martin Wendel, (1665-1737) épouse vers 1700 Anne Marguerite Meyer.
          • Jean François Wendel (1703-1718).
          • Anne Jeanne Wendel (1704-1792) (épouse en 1722 Pierre Thomas de Brandebourg de Léovillé).
          • Reine Françoise Wendel, née à Ottange le 28 mai 1706-1787 (épouse le 1er décembre 1722 à Metz Gabriel François Palteau de Weymerange), mort en 1794 à Paris.
          • Jean Charles de Wendel, né le 19 février 1708 à Ottange, mort le 4 septembre 1784 à Hayange. Marié le 11 mai 1739 à Sarreguemines avec Anne Marguerite d'Hausen, née le 20 octobre 1718, morte le 4 janvier 1802.
            • François Ignace de Wendel, né le 23 septembre 1741 à Thionville, mort le 2 mai 1795 à Ilmenau. Marié le 12 mai 1772 au Château de Tronville près de Bar-le-Duc, avec Françoise Cécile du Tertre, née en 1749, morte en 1783.
              • Charles Antoine de Wendel, né à Metz le 23 mars 1774, mort à Strasbourg le 8 novembre 1832.
              • Antoine Louis de Wendel né à Metz le 3 janvier 1776, mort en 1828 (épouse à Abbeville Clémentine de Cattey).
              • François de Wendel, né le 19 février 1778 à Charleville, mort le 11 mars 1825 à Metz. Marié à Metz le 6 février 1804 avec sa cousine Françoise Joséphine de Fischer de Dicourt, née en 1784.
                • Joséphine Marguerite de Wendel 1804-1851 (épouse Théodore de Gargan) qui suit.
                • Victor-François de Wendel 1807-1850 (épouse Octavie de Rosières).
                • Charles de Wendel né le 13 décembre 1809 à Metz, mort le 15 avril 1870 à Paris (en son hôtel de la rue de Clichy). Marié le 29 mai 1843 à Souhey (Côte d'Or), avec Jeanne Marie de Guitaut de Pechpeyrou Comminges (1825-1908).
                  • Henri de Wendel, né le 24 mars 1844 à Hayange, mort le 10 octobre 1906 au château de Vaugien, Saint Rémy les Chevreuses (Yvelines). Marié le 4 juillet 1872 à Paris, avec Berthe Henriette Hélène Marie de Corbel de Vaulserre (1849-1918).
                    • François de Wendel, né à Paris le 5 mai 1874, mort à Paris le 12 septembre 1949, marié à Paris le 7 décembre 1905 avec Marie Aline Odette Humann-Guilleminot (1884-1954).
                      • Marguerite de Wendel (1907-1976) épouse son cousin, Emmanuel de Mitry (1892-1983).
                      • Odile de Wendel (1908-1994).
                      • Henri de Wendel (1913-1982) épouse Galliane Haudry de Soucy, veuve du comte Charles de Choiseul-Praslin (1924-1993).
                        • François de Wendel, né en 1949. En octobre 2008, il devient président du conseil d'administration de la Société Lorraine de Participations Sidérurgiques (SLPS). Il a épousé Christine Taillandier.
                          • Ségolène de Wendel, Mme Guillaume Aubin
                          • Gabrielle de Wendel, Mme Guillaume de Lesquen du Plessis Casso
                          • Jean-Martin de Wendel, épouse Christine, comtesse von Seefried auf Buttenheim
                          • Jeanne de Wendel, Mme François Simon
                          • Madeleine de Wendel
                    • Maurice de Wendel (1879-1961), épouse Andrée des Monstiers-Mérinville (1886-1980).
                  • Robert de Wendel (1847-1903), épouse Marie de Gramedo (1850-1917).

Descendants célèbres[modifier | modifier le code]

Généalogie de la famille[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et Références[modifier | modifier le code]

  1. Nicolas Viton de Saint-Allais, Nobiliare universel de France, ou recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume, 1815, p. 205-206.
  2. Selon son biographe Jean-Noël Jeanneney, dans François de Wendel en République, Perrin, 2004 (ISBN 2262022526), p. 594
  3. Archives nationales
  4. Archives nationales