Abbaye Notre-Dame-des-Neiges

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Abbaye Notre-Dame-des-Neiges
Diocèse Diocèse de Viviers
Fondation 1850
Abbaye-mère Abbaye Notre-Dame d'Aiguebelle
Congrégation Ordre cistercien de la stricte observance
Période ou style

Coordonnées 44° 36′ 01″ N 3° 56′ 00″ E / 44.600355, 3.933279 ()44° 36′ 01″ Nord 3° 56′ 00″ Est / 44.600355, 3.933279 ()  [1].
Pays Drapeau de la France France
Département Ardèche
Commune Saint-Laurent-les-Bains

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L'Abbaye de Notre-Dame des Neiges est une abbaye de moines cisterciens-trappistes située à Saint-Laurent-les-Bains en Ardèche, fondée en 1850, selon la Règle de saint Benoît (XLVIII): "Ils seront véritablement moines, quand ils vivront du travail de leurs mains, selon l'exemple des Apôtres et de nos pères."

Blason de l'abbaye Notre-Dame des Neiges

Visites[modifier | modifier le code]

Les offices (culte catholique) sont ouverts au public :

L'abbaye offre aussi la possibilité de retraites en silence.

Un audiovisuel présente la vie des moines. Le « Mémorial » retrace la vie du Père Charles de Foucauld qui commença ici sa vie religieuse. Abbaye Notre Dame des Neiges

Retraites[modifier | modifier le code]

L'abbaye eut un pensionnaire célèbre en la personne de Robert Louis Stevenson puisque l'encore jeune écrivain écossais – il n'avait alors que 28 ans – y séjourna le 26 septembre 1878 dans le cadre de la fameuse randonnée qu'il relate dans son Voyage avec un âne dans les Cévennes. Son séjour parmi les moines y est également rapporté et constitue d'ailleurs une importante partie du livre[2].

Le 16 janvier 1890, un civil, le Vicomte Charles de Foucauld, entre au monastère, avec prise d'habit, le 26 du même mois, sous le nom de Frère Marie-Albéric, qu'il quitte le 26 juin 1890 pour rejoindre la Trappe d’Akbès et dom Polycarpe.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Robert Schuman vint se réfugier au monastère.

Historique[modifier | modifier le code]

Préambule[modifier | modifier le code]

Huitième fils d'un honnête commerçant en soie lyonnais, Henri Louis Marie Marthoud, seul enfant mâle survivant avec ses trois sœurs, fut baptisé en 1827 en l'église de Saint-Polycarpe. Plus tard, une des filles, Marie, mourut, et d'autres enfants naquirent : Marie, puis Louis. Placé à l'institution des Chartreux en 1835, élève timide et réservé, il eut une révélation, le dimanche 29 mars 1846 : il serait trappiste.

Le 31 mars, départ pour Aiguebelle, arrivée officialisée le 4 avril, à 19 ans, sous le nom de frère Marie Polycarpe. Novice, prononçant les vœux simples, après 12 mois, le 15 août 1847, et ordonné prêtre le 10 août 1857, puis sous-prieur. Parti à La Grande Trappe pour travailler sur le nouveau cérémonial cistercien, il reçoit pour mission de fonder Notre-Dame-des-Neiges.

La Felgère[modifier | modifier le code]

Casimir Chalbos, prêtre de la société de Saint-Sulpice, missionnaire depuis 15 ans aux Amériques, et son frère, l'abbé Théodore Chalbos, curé d'une paroisse du diocèse de Viviers, font part à Dom Orsise, de l'Abbaye Notre-Dame d'Aiguebelle, de consacrer à la création d'une trappe leur héritage, constitué du Mas de La Felgère, une ancienne grange de l'Abbaye des Chambons, achetée en 1791 par Jean Chalbos, leur grand-père.

Après un premier refus, finalement le 5 août 1850, (jour de la fête de Notre-Dame des Neiges, titre de Sainte-Marie Majeure à Rome), 7 religieux (2 pères et 5 frères), partent (sous la conduite du Père Geniez), d'Aiguebelle, via Viviers, avec une charrette et un unique cheval, puis arrivent, le 25 août, à La Felgère, ferme de pierre et de chaume, qu'ils nomment Notre-Dame-des-Neiges. Ils vivent alors le quotidien des hauts plateaux ardéchois, avec la Burle et les Pagels, généreux, qui donnèrent les premiers matériaux nécessaires à la construction d'une chapelle, une salle de chapitre, un dortoir, une hostellerie, et un mur de clôture, car du côté de Trépalou, l'auditoire était parfois constitué de superbes loups, comme le raconta Dom Gabriel, alors Prieur.

Après divers aléas, plus administratifs que climatiques, Notre-Dame-des-Neiges était décrétée, le 29 septembre 1852, comme Prieuré titulaire : les religieux (10 Pères, 18 Frères, 18 novices) se fixent définitivement.

La Nouvelle Trappe[modifier | modifier le code]

Grâce à l'arrivée de très nombreux postulants locaux, notamment de Laval d'Aurelle, le domaine prospère rapidement, et les bâtiments deviennent insuffisants : un nouveau monastère, à la limite de La Felgère, sur l'ancien domaine de Compans, actuelle ferme Saint-Joseph, est érigé à partir de 1854.

À la mort de Dom Bonaventure, Dom Gabriel rejoint Aiguebelle, et le Révérend Père Emmanuel le remplace, pour continuer des travaux, extrêmement difficiles, puis quasiment impossibles : décision fut prise de quitter les lieux.

Mais le 20 juillet 1858, l'arrivée, du Père Polycarpe, prieur titulaire, imposa la reprise des travaux (20 juillet 1858), permit leur achèvement (bénédiction avec prise de possession, le 16 juillet 1861), et assura l'avenir matériel et spirituel.

Pour les ressources temporelles, il augmenta les revenus agricoles, en seigle, pomme de terre, plants de sapins, plante d'arnica (alcoolature d'arnica), avec la conservation de Saint Julien de Cassagnas, plantation de vignes, muriers, près d'Alais, alors en fort développement par la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM), fortement intéressée.

Pour les ressources spirituelles, il créa l'Alumnat, école de préparation des religieux prêtres, les Oblats, son meilleur contingent, comme l'a dit son voisin et ami, le Cardinal Bourret de Labro.

Ainsi, le 3 mars 1874, le prieuré de La Felgère fut élevé en Abbaye, au nom de Sa Sainté, le pape Pie IX, dont le premier Abbé mitré fut Dom Polycarpe.

Après les troubles des années 1879, où l'Alumnat fut supprimé, Dom Polycarpe et les occupants expulsés, une retraite est créée en Orient, à Cheikhlé, près d'Alexandrette, en Syrie. Après un bref retour en France, il y décéda le 25 octobre 1895…

En 1887, avec le Prieur Dom Goddard (Dom Martin Martin), c'est un refuge (jamais utilisé), à Cordemois en Belgique.

L'économie[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 27 au 28 janvier 1912, un incendie détruit le monastère, immédiatement reconstruit, à partir du 2 juillet 1912, et fini 2 ans plus tard.

La guerre de 1914-1918 laissa des traces, avec 7 religieux restés sur les champs de bataille, de même que celle de 1939-1945, avec ses prisonniers.

Mais dès 1949, avec Dom Toussaint Louche puis surtout avec Dom Claudius Valour, c'est un nouvel essor économique et culturel :

  • La cave, avec les Pères Marie et Francois-Régis,
  • Le mousseux, avec Père Louis,
  • La Buvette, avec le Père Martin et le Frère Jean,
  • L'hostellerie et Frère Luc,
  • Le magasin de souvenir, avec Père Dominique,
  • La ferme moderne, avec les Pères Zéphirin, Emile, Vincent,
  • La scierie, avec Père Eugène,

(sans oublier l'incontournable Frère Étienne, et bien d'autres qui participèrent à la reconstruction des nouveaux bâtiments).

Car c'est l'activité économique de la cave, avec l’ « œuvre du Vin de Messe », qui a commencé en 1900, à Saint Julien, pour se transporter à Bellegarde. Les raisins achetés aux viticulteurs, sont transformés en altitude :

  • vins de tables (rouge, rosé et blanc)
  • vins mousseux (Muscat, demi-sec et sec)
  • vins apéritifs (Muscat et Quineige)
  • digestifs (Reine des Neiges, jaune ou verte).

Avec différents autres produits, régionaux ou monacaux, ils constituent le gagne-pain de la communauté.

Liste des abbés[modifier | modifier le code]

Liste des révérends pères abbés de La Trappe de Notre-Dame-des-Neiges, après le précurseur Dom Gabriel (+1882) :

  1. Dom Marie Polycarpe (Henri Louis Marthoud), 5 avril 1827
  2. Dom Goddard (Dom Martin), octobre 1887
  3. Dom Martin Jouve, janvier 1909
  4. Dom Augustin Martin, octobre 1909
  5. Dom Jean-Marie Balmes, 1932
  6. Dom Toussaint Louche, 1949
  7. Dom Claudius Valour, 1959-1982
  8. Pierre-Marie Fayolle, 5 novembre 1982
  9. Père Hugues Chapelain de Seréville, 22 juillet 2003[3]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notre-Dame-des-Neiges », sur www.cistercensi.info, Ordre cistercien (consulté le 1er mai 2013)
  2. R. L. Stevenson, Voyage avec un âne dans les Cévennes, Flammarion,‎ 1991 (ISBN 2-08-070601-2), « Notre-Dame des Neiges »
  3. Un nouveau Père Abbé à Notre Dame des Neiges

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'Abbaye de Notre-Dame des Neiges, Le Puy ; Lyon, X Mappus,‎ 1965, 20 cm, 40 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]