Jean-Marie Louvel

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Jean-Marie Louvel
Fonctions
Parlementaire français
Député 1945-1958
Sénateur 1959-1970
Gouvernement Quatrième République-Cinquième République
Groupe politique MRP (1945-1958)
RPCD (1959-1968)
UCDP (1968-1970)
Maire de Caen
20 mars 195913 juin 1970
Prédécesseur Yves Guillou
Successeur Jean-Marie Girault
Biographie
Date de naissance 1er juillet 1900
Lieu de naissance La Ferté-Macé
Date de décès 13 juin 1970 (à 69 ans)
Lieu de décès Caen
Résidence Calvados

Jean-Marie Louvel, né à La Ferté-Macé le 1er juillet 1900, mort à Caen le 13 juin 1970, est un homme politique et dirigeant d'entreprise français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une ancienne famille normande originaire de Saint-Georges-de-Rouelley, élève au lycée Malherbe de Caen, il suit les cours de l'École Polytechnique (Promotion X1920N) et de Supélec (École supérieure d'électricité). Ingénieur, il entre à la Société générale d'entreprises (SGE) pour laquelle il s'occupe de l'installation d'une centrale thermique en Sarre puis de la construction d'une centrale hydraulique au Maroc entre 1928 et 1930. En 1936, il prend la charge de directeurs des services électriques de l'entreprise. Mobilisé en 1939 comme officier d'artillerie, il reçoit la croix de guerre[1].

Membre du MRP dont il est un temps trésorier, il prend la tête de la liste de son parti dans le Calvados pour les deux assemblées constituantes, en octobre 1945 et juin 1946, obtenant 49 % puis 41,5 % des suffrages. Il est reconduit député MRP du Calvados pour la première législature de la Quatrième République en novembre 1946[1].

Président entre 1945 et janvier 1950 de la Commission de l'équipement national et de la production au Palais Bourbon, il dirige en 1946 la commission de la nationalisation et négocie à ce titre face au ministre Marcel Paul de fortes compensations négociations pour les actionnaires des compagnies d'électricité, parmi lesquels son ancien employeur, la SGE et son PDG Paul Huvelin. Il siège également à la Commission de la défense nationale ainsi qu'à celle de la presse de la radio et du cinéma.

Proche de Georges Bidault, il devient ministre de l’Industrie en février 1950, et conserve son portefeuille jusqu'en juin 1954, malgré la succession des cabinets Bidault, Queille, Pleven, Faure, Pinay, Mayer et Laniel. Favorable au libéralisme, il parvient à concilier les désirs du patronat avec les impératifs du Plan dans une phase de grande expansion économique. Très attentif au secteur de l'énergie, il engage la France dans la prospection pétrolière en Algérie et encourage les entreprises françaises, dont la SGE et la Compagnie générale d'électricité, à investir dans l'exploitation des gisements[2]. Il crée l'INPI en 1950, met en œuvre la Communauté européenne du charbon et de l'acier et constitue le fonds d'aide au cinéma français en 1952[1].

À la même époque, de 1945 à 1953, il est maire du Vésinet, où il s'est installé dans les années 1930. Il accompagne le renouveau de la commune après l'Occupation, en améliorant les équipements collectifs et la voirie. Il installe le groupe scolaire Pallu dans la propriété Saint-Rémy racheté en 1946, aménage plusieurs espaces verts, fait agrandir la gendarmerie en 1952[3]. Aux municipales de 1953, il abandonne Le Vésinet pour Caen, où il est élu conseiller municipal et exerce par la suite de fait les fonctions de maire à cause de la maladie d'Yves Guillou[4].

Favorable à l'arrivée au pouvoir de De Gaulle en juin 1958, il se prononce pour le oui à la Constitution de 1958, et se présente dans la première circonscription du Calvados en novembre. Battu par le candidat UNR, il trouve une place en avril suivant un siège au Sénat, devient maire de Caen, et est élu au 1er tour de scrutin, le 4 juin, au conseil général par le canton de Caen-Ouest. Il fut aussi membre du Sénat de la Communauté. Partisan de l'Algérie française, il prône l'abstention au référendum de 1961.

Comme maire de la capitale bas-normande, il s'oppose en 1968 au directeur du Théâtre de Caen, Jo Tréhard, qu'il juge trop militant et pas assez porté sur le théâtre classique, le limoge, et remunicipalise la salle qui avait obtenu le label de Maison de la Culture[2].

En janvier 1965, il succède à Émile Marterer en tant que PDG de la Compagnie générale d'électricité. Il engage l'absorption de la SGE.

Touché par une hémorragie cérébrale le 25 avril 1970, il meurt le 13 juin suivant[3]. Jean-Marie Girault, son 7e adjoint, lui succède à la mairie et au conseil général et Philippe de Bourgoing au Sénat.

Mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Mandats locaux[modifier | modifier le code]

Conseil général du Calvados
  • 4 juin 1961-13 juin 1970 : Membre (canton de Caen-Ouest), (réélu le 24 septembre 1967 au 1er tour).
Maire du Vésinet
  • 1945-1953 : Maire
Mairie de Caen
  • 1953-1970 : Conseiller municipal
  • 1959-1970 : Maire

Mandats parlementaires[modifier | modifier le code]

  • 21/10/1945 - 10/06/1946 : Député du Calvados - Mouvement républicain populaire
  • 02/06/1946 - 27/11/1946 : Député du Calvados - Mouvement républicain populaire
  • 10/11/1946 - 04/07/1951 : Député du Calvados - Mouvement républicain populaire
  • 17/06/1951 - 01/12/1955 : Député du Calvados - Mouvement républicain populaire
  • 02/01/1956 - 08/12/1958 : Député du Calvados - Mouvement républicain populaire
  • 26/04/1959 - 13/06/1970 : Sénateur du Calvados (réélu le 23 septembre 1962)

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Jean-Marie Louvel », Biographies des députés de la IVe République, Assemblée nationale
  2. a et b Christophe Mauboussin, Lexique des Normands
  3. a et b « Hommage à Jean-Marie Louvel, ancien maire du Vésinet (1945-1953) », Bulletin municipal du Vésinet no16, septembre 1970
  4. Jean-Paul Brunet (dir.), Les conseillers municipaux des villes de France au XXe siècle, Presses universitaires de Bordeaux, 2007, p. 113

Lien externe[modifier | modifier le code]