Joseph Bech

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Joseph Bech
Image illustrative de l'article Joseph Bech
Fonctions
15e et 17e Président du gouvernement luxembourgeois
16 juillet 19265 novembre 1937
Monarque Charlotte de Luxembourg
Prédécesseur Pierre Prüm
Successeur Pierre Dupong
29 décembre 195329 mai 1958
Monarque Charlotte de Luxembourg
Prédécesseur Pierre Dupong
Successeur Pierre Frieden
Biographie
Date de naissance 17 février 1887
Lieu de naissance Diekirch
Date de décès 8 mars 1975 (à 88 ans)
Lieu de décès Luxembourg
Nationalité luxembourgeoise
Parti politique Parti populaire chrétien social
Profession avocat
Religion catholicisme

Joseph Bech
Présidents du gouvernement luxembourgeois

Joseph Bech, né à Diekirch le 17 février 1887 et décédé à Luxembourg le 8 mars 1975, était un homme politique et avocat luxembourgeois. Il est aussi considéré comme l'un des Pères de l'Europe.

Après des études en droit qu’il effectue à Fribourg et à Paris, il devient avocat au Luxembourg en 1912. Son entrée en politique, le jeune Bech la fait en remplaçant son oncle Philippe au poste de député et de président du Parti populaire chrétien social que ce dernier occupait, jusqu’à son décès, à quelques jours des élections législatives de 1914. En 1921, Bech devient directeur général de l’Instruction publique au sein du gouvernement d’Emile Reuter, lequel est contraint à la démission en 1925, suite aux tensions accumulées autour de l’Union économique belgo-luxembourgeoise, créée en 1921. Il revient aux affaires en 1926, propulsé au poste de chef du gouvernement et ministre des Affaires étrangères par le soutien des puissantes compagnies sidérurgiques qui voient en lui « un homme conciliant armé de la faculté de s’accommoder de solution transactionnelles »[1].

Bech reste tout au long de sa carrière marqué par le souvenir de la Grande Guerre et la crise annexionniste qui l’a suivie, lorsque le Luxembourg est la cible des impérialismes français et belge. Cette expérience de l’impuissance d’un petit Etat isolé, comme le Luxembourg, face à ses puissants voisins, débouche chez lui sur un fort internationalisme : insérer le Luxembourg dans le concert des nations, par la signature de traités multilatéraux notamment, permet au Grand Duché de défendre son indépendance politique et économique. C’est ainsi qu’il participe au nom du Luxembourg à toutes les négociations multilatérales qui se tiennent pendant et après la Seconde Guerre mondiale, et œuvre à l’intérieur de son pays pour faire accepter l’adhésion du Grand Duché aux organisations internationales nouvellement créées : Benelux en 1944, ONU en 1946, OTAN en 1949.

Proche du grand capital, notamment des patrons des compagnies sidérurgiques, il connaît l’importance vitale des exportations pour l’autonomie économique du pays et développe, durant toute sa carrière en tant que chef du gouvernement et ministre des Affaires étrangères, les relations commerciales avec les voisins du Luxembourg, en premier lieu la Belgique et la France. C’est dans cette optique d’élargir les débouchés de l’industrie sidérurgique luxembourgeoise qu’il négocie d’abord avec la Belgique le règlement des différends au sujet de l’UEBL, puis l’élargissement de l’union douanière aux Pays-Bas dans le cadre du Benelux.

Le 9 mai 1950, Bech est un ministre des Affaires étrangères luxembourgeois conscient de la nécessité pour son pays de se lier à ses voisins par des accords tant économiques que politiques, et c’est donc avec enthousiasme qu’il accueille la déclaration de son homologue français, Robert Schuman : la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) donnera enfin à l’industrie luxembourgeoise les débouchés dont elle a besoin, tout en donnant une place de choix au Luxembourg en Europe. Cette place sera encore renforcée par l’insistance du ministre à demander que soit fixé à Luxembourg le siège de la Haute Autorité de la CECA. Partisan de la Communauté européenne de défense, il défend le projet lors de son deuxième mandat de chef du gouvernement, puis, après son rejet par la France en 1954, il œuvre pour l’intégration de la RFA dans l’OTAN, avec l’idée que « la voie royale qui permet aux Grand-ducaux de tirer leur épingle du jeu mène par la restauration en Europe occidentale d’un contrepoids à la domination unilatérale de la France. »[2] En 1960, il est lauréat du Prix International Charlemagne.

Il quitte la vie politique en 1964 et s’éteint onze ans plus tard, le 8 mars 1975.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Charles Barthel, « Un aspect particulier de la culture politique luxembourgeoise : Joseph Bech et l’art de concilier les Affaires étrangères avec la diplomatie du grand capital sydérurgique » in Sylvain Schirmann (dir.), Robert Schuman et les Pères de l’Europe : Cultures politiques et années de formation, Publications de la Maison Robert Schuman, Bruxelles, P.I.E Peter Lang, 2008, p.240.
  2. Charles Barthel, op. cit., p.251.

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Gaston Thorn, Joseph Bech, Lausanne: Centre de recherches européennes, 1977. (OCLC 4168922)
  • Gilbert Trausch, Joseph Bech: un homme dans son siècle. Cinquante années d’histoire luxembourgeoise (1914-1964), Luxembourg: Imprimerie St-Paul, 1978. (OCLC 33424907)
  • Georges Heisbourg, Le Gouvernement luxembourgeois en exil. Luxembourg: Imprimerie St-Paul, 4 vol., 1986-1991.
  • Thierry Grosbois, L’idée européenne en temps de guerre dans le Benelux 1940-1944. Louvain-La-Neuve: Académia, 1994. (coll. Pédasup)
  • Charles Barthel, "Un aspect particulier de la culture politique luxembourgeoise : Joseph Bech et l’art de concilier les Affaires étrangères avec la diplomatie du grand capital sidérurgique" In Sylvain Schirmann (dir.), Robert Schuman et les Pères de l’Europe : Cultures politiques et années de formation. Bruxelles: Maison Robert Schuman; P.I.E Peter Lang, 2008.
  • Charles Barthel, « Joseph Bech » In Yves Bertoncini, Thierry Chopin, Anne Dulphy, Sylvain Kahn, Christine Manigand (dir.), Dictionnaire critique de l’Union européenne. Paris: Armand Colin, 2008.
  • Centre virtuel de la connaissance sur l'Europe. Passeport de Joseph Bech. Luxembourg: CVCE, [s.d.]. Consulté le 06 mars 2013

Biographie[modifier | modifier le code]

  • 1912: docteur en droit après avoir fait des études de droit aux universités de Fribourg et à Paris
  • 1914: Avocat avoué
  • 1914 (30 juin): élu député du canton de Grevenmacher
  • 1921-1925 (15 avril – 20 mars): directeur général de l’Intérieur et de l’Instruction publique
  • 1926-1937 (16 juillet – 5 nov.): ministre d’État, président du Gouvernement, directeur général des Affaires étrangères, de l’Instruction publique et de l’Agriculture
  • 1927-1975: membre effectif de la section historique de l’Institut grand-ducal
  • 1936 à partir du 24 mars: ministre des Affaires étrangères, de l’Instruction publique et de l’Agriculture
  • 1937-1938 (5 nov. – 7 février): ministre des Affaires étrangères, de la Viticulture, des Arts et Sciences
  • 1938-1940 (7 février – 10 mai): ministre des Affaires étrangères, de la Viticulture, des Arts et Sciences, ministre de l’Intérieur a.i.
  • 1940-1944 (10 mai – 23 nov.):1944 Exil à Londres, ministre des Affaires étrangères, de la Viticulture, des Arts et Sciences, ministre de l’Intérieur, et de l’Instruction publique a.i.
  • 1944-1945 (23 nov. – 23 février): ministre des Affaires étrangères, de la Viticulture, Ministre de l’Intérieur a.i.
  • 1945-1947 (23 février – 1er mars): ministre des Affaires étrangères et de la Viticulture
  • 1947-1951 (1er mars – 3 juillet): ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur, Ministre de la Viticulture
  • 1951-1953 (3 juillet – 29 déc.): ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur, Ministre de la Force armée, ministre de la Viticulture
  • 1953-1954 (29 déc. – 29 juin): ministre d’État, Président du gouvernement, ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur, de l’Agriculture et de la Viticulture
  • 1954-1958 (29 juin – 29 mars): ministre d’État, Président du gouvernement, ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur, ministre de la Viticulture
  • 1958-1959 (29 mars – 2 mars): ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur, ministre de la Viticulture
  • 1959-1964: président de la Chambre des députés