Aimé Doumenc

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Aimé Doumenc

alt=Description de l'image Aimé Doumenc 1932.jpg.
Nom de naissance Joseph Édouard Aimé Doumenc
Naissance 16 novembre 1880
Grenoble
Décès 21 juillet 1948 (à 67 ans)
Mont Pelvoux
Nationalité Français
Profession Général de l'armée française
Formation
Polytechnicien
Distinctions
Grand officier de la Légion d'honneur
Famille

Joseph Édouard Aimé Doumenc[1], né le 16 novembre 1880 à Grenoble et mort le 21 juillet 1948 (à 67 ans) dans le massif du Pelvoux, est un général français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils d'Ovide Doumenc, un officier d'origine ariégeoise sorti du rang ayant combattu en 1870 retiré en Isère. Élève à l'École polytechnique entre le 27 septembre 1898 et le 6 septembre 1900 comme élève boursier puis élève de l'École d'application de l'Artillerie et du Génie de Fontainebleau il rejoint les batteries alpines, Aimé Doumenc est admis parmi les plus jeunes à l'école Supérieure de Guerre en 1907 et s'y distingue par sa puissance de travail et la finesse de ses travaux : il est retenu pour une exceptionnelle troisième année de scolarité en 1909 car il fait partie des premiers de sa promotion. Il est alors l'un des quinze officiers à recevoir le cours du commandant Mordacq à qui le général Foch confia l'étude stratégique. Capitaine à l'état-major du 19e corps d'armée, il sert dans les confins algéro-marocains avant d'être affecté au 60e régiment d'artillerie à Troyes le 19 octobre 1911.

Durant la Première Guerre mondiale, adjoint au directeur du Service automobile puis directeur de ce service en 1917, il se signale comme l'organisateur des transports routiers qui assurent le ravitaillement et la relève au cours de la bataille de Verdun en 1916. Sur la Voie sacrée il conçoit le système logistique de la noria qui permet d'utiliser au mieux cette unique route qui relie Verdun aux lignes françaises. Par ailleurs, entre novembre 1916 et mars 1917, il participe, aux côtés du général Estienne, à la création des premiers chars d'assaut en tant qu'adjoint technique[2] et il est en faveur de la création de divisions blindées[3]. Il est nommé commandant en 1918. Il est alors choisi par le général Mordacq pour commander la nouvelle direction de l'automobile au ministère de la Guerre.

Après avoir fait campagne au Maroc en 1925, il prend le commandement de la 1re division d'infanterie puis celui de la 1re région militaire. En 1938, il est nommé au Conseil supérieur de la guerre. En 1939, promu général d'armée, il est envoyé à Moscou comme chef de la délégation française[4] chargée de négocier un accord militaire avec l'URSS mais la signature du pacte germano-soviétique met un terme à sa mission. À la déclaration de guerre, il prend la tête de la défense anti-aérienne du territoire avant d'occuper le poste de major général au Grand quartier général des forces terrestres françaises en janvier 1940 et tente notamment d'arrêter les Allemands dans les Ardennes jusqu'à la destruction totale de la 9e Armée. Nommé Commissaire général à la reconstruction nationale du 26 juin au 12 juillet 1940. Il quitte le service en 1942 suite à une demande, accordée à titre exceptionnelle, de passage de la situation d'activité à celle de disponibilité[5]. Il se tue accidentellement dans les Alpes en 1948.

La médaille de Grand officier de la Légion d'honneur a été remise au général Doumenc le 14 août 1940 des mains du général Weygand. Il était en outre titulaire, de la Croix de guerre 1914-1918 avec neuf étoiles de bronze, de la médaille militaire et de plusieurs décorations étrangères dont la Distinguished Service Order britannique.

Il est le grand-père de l'écrivain Philippe Doumenc (né en 1934) et de Jean François Doumenc.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Transports automobiles sur le front français 1914-1918, Plon, 1920
  • Le Mémorial de la terre de France. Contribution à l'histoire militaire de nos provinces, Arthaud, 1943
  • Histoire de la Neuvième armée, Arthaud, 1945
  • Dunkerque et la campagne de Flandre, Arthaud, 1947
  • 1944 et les destinées de la stratégie, Arthaud, 1948
  • Les papiers secrets du général Doumenc (1939-1940) de François Delpla, Olivier Orban, 1992

Liens externes[modifier | modifier le code]

Biographie du site de l'Assemblée Nationale

Un penseur militaire : le général d’armée DOUMENC, par le lieutenant-colonel R. PORTE, p. 7 Cahier n°19 - cesat - Ministère de la Défense

Doumenc, un Tullinois, à la tête du service automobile des armées Regards, juin 2002

Doumenc, apôtre du moteur Revue GBM (Guerre, Blindés et Matériel) n°105, juillet 2013

Joseph Doumenc, organisateur de la « Voie Sacrée » Verdun-meuse.fr

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Comme le voulait la tradition dauphinoise, le prénom usuel est placé en dernier. Il s'appelait donc Aimé et non Joseph comme il est écrit sur tous les papiers administratifs ou sur certains sites comme chemins de mémoire.gouv.
  2. Rémi Porte, Histoire de Guerre Thématique (Stratèges et stratégie), Hors Série N° 6 / 05-06-07 / 02
  3. Tanks: Over 250 of the World's Tanks and Armoured Fighting Vehicles, Christopher Chant, Summertime Publishing Ltd, 2004, p. 13.
  4. Il est accompagné du capitaine André Beaufre, futur général Beaufre Cahier n°20 - cesat - Ministère de la Défense.
  5. Dictionnaire des Parlementaires français 1889-1940, publié sous la direction de Jean Jolly, Presses Universitaires de France, 1960.