Kenneth Kaunda

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Kenneth Kaunda
Kenneth Kaunda en 1983.
Kenneth Kaunda en 1983.
Fonctions
1er président de la République de Zambie
24 octobre 19642 novembre 1991
(27 ans et 8 jours)
Vice-président Reuben Kamanga
Simon Mwansa Kapwepwe
Mainza Chona
Premier ministre Mainza Chona
Elijah Mudenda
Mainza Chona
Daniel Lisulo
Nalumino Mundia
Kebby Musokotwane
Malimba Masheke
Prédécesseur Poste créé
Successeur Frederick Chiluba
1er Premier ministre de la Rhodésie du Nord
22 janvier24 octobre 1964
Monarque Élisabeth II
Gouverneur Sir Evelyn Hone
Prédécesseur Poste créé
Successeur Poste aboli
Mainza Chona
(indirectement)
Biographie
Nom de naissance Kenneth David Kaunda
Date de naissance 28 avril 1924
Lieu de naissance Chinsali (Rhodésie du Nord)
Nationalité zambienne
Parti politique Parti national uni de l'indépendance (UNIP)
Conjoint Elizabeth Banda (1928-2012)
Religion Presbytérianisme

Kenneth Kaunda
Premiers ministres zambiens
Présidents de la République de Zambie

Kenneth Kaunda, né le 28 avril 1924 à Lubwa, Chinsali en Rhodésie du Nord, actuelle Zambie, est un homme politique zambien. Surnommé « le Gandhi africain », il est le premier président de la République de Zambie indépendante du 24 octobre 1964 jusqu'au 2 novembre 1991, à la suite de sa défaite au scrutin présidentiel face au syndicaliste Frederick Chiluba.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et ascension politique[modifier | modifier le code]

Kaunda est le fils d'un pasteur émigré du Malawi. Sans attache clanique, il parvient à rassembler les différentes ethnies de Rhodésie du Nord afin de lutter contre la discrimination raciale et l'exploitation des ressources naturelles (cuivre notamment) par les Britanniques.

En tant que fils de pasteur, il est aussi l'un des rares noirs à bénéficier d'une éducation scolaire, car à l'époque toutes les écoles sont dirigées par les missionnaires, l'administration coloniale ne voulant pas développer l'instruction publique.

En Rhodésie du Nord, colonie d'exploitation britannique, Kaunda est très vite confronté à la ségrégation raciale en étant ainsi plusieurs fois expulsé de lieux réservés aux blancs, notamment d'une bibliothèque.

Faisait partie de l'élite dans son pays, Kaunda forme l'UNIP (United Party for Independence) au début des années 1960. Il attira vite l'attention en étant le seul politicien noir de Rhodésie du Nord croyant en son unité et parce qu'il est un disciple de Gandhi.

La Fédération de Rhodésie et du Nyassaland[modifier | modifier le code]

La Fédération de Rhodésie et du Nyassaland, mise en place par le Royaume-Uni, fonctionne de 1953 à 1963. Elle regroupe les colonies du Nyassaland, de Rhodésie du Nord et de Rhodésie du Sud. Dirigée par un gouvernement fédéral, elle assure l'octroi de certains droits politiques aux Africains. Ceux-ci sont associés aux décisions du gouvernement pour leur permettre d'acquérir l'expérience de la gestion des affaires et un jour la possibilité d'exercer la réalité du pouvoir.

Le but de la fédération permet cependant de maintenir la domination économique des blancs. Les noirs peuvent voter mais les conditions censitaires pour accéder au droit de vote sont tellement drastiques que moins de mille d'entre eux possèdent une carte d'électeur dans les années 1950.

À partir de 1958, Roy Welensky, chef du gouvernement fédéral et Edgar Whitehead, chef du gouvernement de Rhodésie du Sud, doivent faire face à une agitation politique grandissante des nationalistes africains qu'ils répriment violemment. En 1960, une révision de la Constitution provisoire de 1953 doit être négociée entre le gouvernement britannique, le gouvernement fédéral et les dirigeants noirs africains. Ces derniers quittent la conférence constitutionnelle pour protester contre l'intransigeance des colons blancs de Rhodésie du Sud, qui ne désirent pas partager le pouvoir et craignent d'être dominés du fait de leur infériorité numérique.

Les nationalistes noirs ne tardent pas à engager des pourparlers avec le gouvernement britannique pour se retirer du processus de révision aboutissant ainsi à la faillite de la fédération. En juillet 1961, une nouvelle constitution n'en est pas moins proposée par référendum aux 80 000 électeurs sud-rhodésiens. Boycottés par les 4 000 électeurs africains, elle est approuvée par les électeurs blancs, satisfaits de voir le Royaume-Uni renoncer à ses pouvoirs réservés qui l'autorisait à intervenir pour défendre les intérêts africains.

La Constitution entre en vigueur le 6 décembre 1961, alors que les premiers troubles violents ont lieu en Rhodésie du Sud. En décembre 1962, un nouveau parti, le Front rhodésien (Rhodesian Front - RF) remporte les élections générales sud-rhodésiennes et forme un nouveau gouvernement dont le but est d'assurer la pérennité de la domination blanche. Au lendemain de ces élections, le Royaume-Uni prend acte de l'éclatement politique entre les blancs de Rhodésie du Sud et les nationalistes noirs. Il reconnaît alors le droit au Nyassaland, peuplé à 99 % de noirs, à quitter la fédération. Le 29 mars 1963, la même décision est prise pour la Rhodésie du Nord.

Lors des élections législatives en 1964, l'UNIP remporte 55 sièges sur 88 ; Kaunda devient Premier ministre d'une Rhodésie du Nord et décide de négocier l'indépendance qui est proclamé le 24 octobre 1964. Kenneth Kaunda devient le premier président de la République de Zambie.

L'indépendance et le soutien aux autres pays africains[modifier | modifier le code]

Kaunda instaure une dictature à parti unique dans les premières années de l'indépendance. Il fait de l'UNIP le seul parti politique autorisé au motif d'éviter l'éclatement du pays, chacune des 70 ethnies étant représentées par une formation politique. Le système de parti unique est lancé afin « d'intégrer toutes les tendances ». Le régime est d'obédience marxiste, les mines et le chemin de fer sont nationalisés et les fermes collectivisées, ce qui provoqua un déclin de la production agricole, la mentalité paysanne étant mal adaptée à la collectivisation.

L'ancienne Rhodésie du Nord était exploitée économiquement par le Royaume-Uni et la Rhodésie du Sud. Kaunda fait construire le barrage de la Kafue pour ne plus dépendre du charbon rhodésien : ne pouvant exporter son minerai par l'Angola en pleine guerre civile, ni par le Congo-Kinshasa, à l'infrastructure insuffisante, et boycottant la Rhodésie, le chemin de fer, appelé Tan-Zam, est étendu jusqu'à Dar es Salaam en Tanzanie grâce à des capitaux chinois.

Enfin la priorité est donnée à l'enseignement et le taux de scolarisation augmente rapidement.

La chute du despote[modifier | modifier le code]

Le système de parti unique et la nationalisation de l'industrie minière menèrent à une énorme corruption dans l'administration, entrainant l'inflation et plusieurs dévaluations monétaires. L'État prit des crédits faramineux auprès des banques étrangères, endettant les générations futures. Le pouvoir d'achat des Zambiens s 'effondra, entrainant grèves et manifestations dans tout le pays[réf. nécessaire].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Dominion status for Central Africa?, 1958
  • Zambia shall be free : an autobiography, 1962 (plusieurs rééd.)
  • Zambia, independence and beyond : the speeches of Kenneth Kaunda, 1966
  • The Rhodesian crisis, 1967 (en collab.)
  • Humanism in Zambia and a guide to its implementation, 1967
  • A humanist in Africa : letters to Colin M. Morris from Kenneth D. Kaunda, president of Zambia, 1969 (traduit en français sous le titre Une politique pour l'homme en Afrique, 1970)
  • The Riddle of violence, 1980

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (en) Stephen Chan, Zambia and the decline of Kaunda, 1984-1998, Edwin Mellen Press, Lewiston, N.Y, 2000, 188 p. (ISBN 0-88946-175-9)
  • (en) Tiyaonse Chisanga Kabwe (dir.), Kenneth David Kaunda : founder president of the Republic of Zambia : perspectives on his exit from office, SAPES Books, Harare, 1997, 189 p. (ISBN 1-7790-5064-X)
  • (en) Stephen Andrea Mpashi, Betty Kaunda, wife of the president of the Republic of Zambia: her story as told to and reproduced by Stephen A. Mpashi, Longmans of Zambia, 1969, 76 p.
  • (en) John M. Mwanakatwe, End of Kaunda era, Multimedia, Lusaka, 1994, 302 p. (ISBN 9982-30065-2)