Soekarno

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Soekarno
Image illustrative de l'article Soekarno
Fonctions
1er président de la République d'Indonésie
Vice-président Mohammad Hatta
Premier ministre Sutan Sjahrir
Amir Sjarifuddin
Mohammad Hatta
Abdul Halim
Mohammad Natsir
Soekiman Wirjosandjojo
Wilopo
Ali Sastroamidjojo
Burhanuddin Harahap
Djuanda Kartawidjaja
Successeur Soeharto
Biographie
Nom de naissance Kusno Sosrodihardjo
Date de naissance
Lieu de naissance Surabaya, Java oriental, Indes orientales néerlandaises
Date de décès (à 69 ans)
Lieu de décès Jakarta, Indonésie
Nationalité indonésienne
Conjoint Dewi Sukarno
Enfant(s) Megawati Sukarnoputri, Kartika Sari Dewi Soekarno (id)
Religion Islam

Signature

Soekarno
Présidents de la République d'Indonésie

Soekarno ou Sukarno[1], né Koesno Sosrodihardjo[2] (), est le premier président de la République d'Indonésie (1945-1967) dont il a proclamé l'indépendance le avec Hatta, le premier vice-président.

Son père, Raden[3] Soekemi Sosrodihardjo, était maître d'école à Surabaya (Java oriental). Sa mère, Ida Ayu[4] Nyoman Rai, était originaire de Buleleng (nord de Bali).

Il est appelé familièrement et affectueusement Bung Karno en Indonésie, - frère, camarade Karno[5]- par les Indonésiens. Les Occidentaux lui attribuent parfois le prénom Ahmad[6]. En réalité, comme beaucoup de Javanais, Soekarno n'avait qu'un nom.

Soekarno est enterré non loin de la ville de Blitar dans la province de Java oriental à 113 km au sud-ouest de Surabaya, la capitale de la province.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son enfance et sa formation[modifier | modifier le code]

Soekarno en 1916

Fils d'un instituteur issu de la petite noblesse javanaise et d'une mère de l'aristocratie balinaise, la position sociale de ses parents lui permet d'entrer à l'école primaire – Europeesche Lagere School – et au lycée – Hoogere Burgerschool – pour Européens. Il entre à l'école d'ingénieur de Bandung dont il sort diplômé en 1926.

À Surabaya, Soekarno fait la connaissance de dirigeants politiques indigènes, dont H. O. S. Tjokroaminoto, dirigeant de l'organisation Sarekat Islam et aussi de Henk Sneevliet, un Néerlandais qui fondera le Parti Social-Démocrate des Indes, futur Parti communiste indonésien – PKI. Avec d'autres étudiants ingénieurs, il fonde le Partai Nasional Indonesia, « Parti National Indonésien » – PNI.

Soekarno à son procès en 1930

Il est arrêté en 1929 puis libéré en 1931. Il est de nouveau arrêté en 1933 puis exilé à Bengkulu dans le sud de Sumatra.

Occupation japonaise[modifier | modifier le code]

La maison où Soekarno fut kidnappé à Rengasdengklok
Intérieur de la maison

Le 10 janvier 1942, les Japonais débarquent aux Indes néerlandaises.

Les troupes néerlandaises se rendent le 8 mars 1942.

Libéré par les Japonais, Soekarno décide de faire le jeu du nouvel occupant, persuadé de pouvoir en tirer parti. Il participe ainsi à la création du « Centre du Pouvoir Populaire » – Pusat Tenaga Rakyat – dont l'acronyme PUTERA signifie « fils, enfant » en 1943.

En mars 1945 alors que les Américains reprennent progressivement contrôle du Pacifique, les Japonais encouragent la création d'un « comité d'enquête pour le travail préparatoire à l'indépendance de l'Indonésie ». Au sein de ce comité, Soekarno insiste sur la nécessité d'un État religieusement neutre.

En juin, il prononce un discours dans lequel il expose sa doctrine sur les bases d'une Indonésie indépendante : « les cinq piliers » – Pancasila.

Le Japon signe la capitulation le 15 août.

La nuit suivante, des jeunes nationalistes enlèvent Soekarno et Hatta, un autre dirigeant nationaliste, et les emmènent dans une maison à Rengasdengklok, à l'est de Jakarta.

L'indépendance[modifier | modifier le code]

Le au matin, Soekarno lit la proclamation de l'indépendance de l'Indonésie, dont il est nommé le premier président.

Suit une période de 4 années de conflit armé et diplomatique contre les néerlandais que les Indonésiens appellent Revolusi – « révolution indonésienne ».

Elle prendra fin avec le transfert formel de la souveraineté sur le territoire des Indes néerlandaises du Royaume des Pays-Bas à la République d'Indonésie le .

En 1955, Soekarno accueille en Indonésie la conférence de Bandung, dont il prononce le discours d'ouverture, qui fait de lui un des leaders du Tiers-Monde.

Politique étrangère avec les Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Après l'indépendance (1949), les tensions arrivent très vite avec l'ancienne puissance coloniale après la proclamation d'une République des Moluques du Sud (1950) qui est rapidement écrasée (des milliers de Moluquois se réfugient aux Pays-Bas).

En 1962, l'armée indonésienne envahit la Papouasie néerlandaise (seul territoire que les Hollandais avaient pu maintenir des Indes néerlandaises).

Arrivée de Soeharto[modifier | modifier le code]

Investiture de Soeharto
La tombe de Soekarno à Blitar

Le 1er octobre 1965 au matin un officier alors inconnu, le lieutenant-colonel Untung, commandant d’un bataillon de la garde présidentielle, annonce à la radio être à la tête d'un « conseil révolutionnaire », dénommé Mouvement du 30 Septembre - Gerakan September Tigapuluh ou G30S, qui a déjoué un complot contre le président Soekarno et arrêté six généraux. Un autre général, Soeharto, prend la tête de la répression et arrête les rebelles en moins de quarante-huit heures.

En mars 1966, alors qu'il est encore officiellement président, Soeharto contraint Soekarno à signer la Supersemar (acronyme de Surat Perintah Sebelas Maret, « ordonnance du 11 mars »), par laquelle il transfère formellement le pouvoir à Soeharto. Soeharto est ensuite élu président de la République le 12 mars 1967 par le Majelis Permusyawaratan Rakyat Sementara – MPRS – « Assemblée Délibérative Temporaire du Peuple ».

Selon une autre version rendue publique après la chute de Soeharto, le massacre des généraux aurait été orchestré par Soeharto lui-même avec l'appui des Etats-Unis afin de destabiliser le PKI (Partai Komunis Indonesia ou parti communiste indonésien) et instaurer un régime libéral en Indonésie.

Soekarno est mort en 1970. Il est enterré à Blitar, sa ville natale, dans la province de Java oriental.

Notes et références[modifier | modifier le code]

À son ouverture en 1985, le régime de Soeharto a baptisé l'aéroport international de Jakarta, « Soekarno-Hatta », en l'honneur des deux « proclamateurs de l'indépendance » : Soekarno et Hatta.

Sukarnopura fut le nom donné un temps à l'ancienne Hollandia (dans l'île de Nouvelle-Guinée), ville appelée maintenant Jayapura.

Le « pic Sukarno » (Puncak Sukarno) fut le nom donné un temps à la pyramide Carstensz (dans l'île de Nouvelle-Guinée), appellation rappelant celles du pic Lénine et du pic Staline ; c'est aujourd'hui le pic de la Victoire (Puncak Jaya).

Références[modifier | modifier le code]

  1. La graphie néerlandaise oe (à prononcer « ou » et à ne pas transformer en un « e dans l'o ») a été remplacée par « u » dans la réforme orthographique indonésienne de 1947 (orthographe Soewandi) : la ville de Bandoeng est ainsi devenue Bandung. Cette réforme ne s'impose évidemment pas pour les noms propres, dont la graphie appartient à leurs porteurs. Ainsi les Indonésiens, comme ailleurs dans le monde, continuent d'écrire leur nom avec l'orthographe initiale. En dehors de l'Indonésie on écrit généralement Sukarno — le Petit Mourre se singularisant avec… Soukarno.
  2. Dans la tradition javanaise, une personne peut changer de nom, en particulier à la suite d'un événement faste ou néfaste. Sosrodihardjo était vraisemblablement le nom personnel de son grand-père, puisque même son père, Soekemi Sosrodihardjo, le portait, alors que la notion de nom de famille n'existe pas chez les Javanais
  3. Titre indiquant l'appartenance à la noblesse de robe javanaise, les priyayi
  4. Titre indiquant l'appartenance à la wangsa des brahmana, la plus élevée dans la stratification sociale balinaise
  5. L'usage javanais veut qu'on ne prononce pas le préfixe sanscrit su- (qui est l'équivalent du eu- du grec ancien dans euphémisme, euphorie, etc.) en appellatif, sauf dans un contexte officiel et lorsque le nom est précédé d'un titre.
  6. Sukarno aurait répondu avec humour à une question d'un journaliste sur son prénom, déclarant s'appeler Ahmad.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cayrac-Blanchard, Françoise, Indonésie, l'armée et le pouvoir, L'Harmattan, 1991
  • Vittachi, Tarzie, La Chute de Sukarno, Gallimard (238 pages), 1967
  • Sukarno, An Autobiography as told to Cindy Adams, 1966