Organisation de coopération de Shanghai

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50° 52′ 34.16″ N 4° 25′ 19.24″ E / 50.8761556, 4.4220111 ()

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Carte de l’Organisation de coopération de Shanghai :
  •      États membres
  •      États observateurs
  •      Partenaires de discussion (Biélorussie, Turquie et Sri Lanka)

L'Organisation de coopération de Shanghai (OCS ; chinois : 上海合作组织, pinyin : shànghǎi hézuò zǔzhī, 上合组织 ; russe : Шанхайская Организация Сотрудничества, ШОС) (Shanghai cooperation organisation, fréquemment orthographié Shanghai cooperation organization) est une organisation intergouvernementale régionale asiatique qui regroupe la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan. Elle a été créée à Shanghai les 14 et 15 juin 2001 par les présidents de ces six pays.

Les États participant aux activités de l'OCS[modifier | modifier le code]

Les États membres
Les États observateurs
Les États partenaires de discussion

Histoire[modifier | modifier le code]

Les grandes alliances militaires

Elle succède avec l’adhésion de l'Ouzbékistan, à un groupe informel sans structure administrative permanente connue sous le nom des « 5 de Shanghai » (« Shanghai Five ») (dit aussi « Groupe de Shanghai »), qui avait été créé en 1996 lors de la signature d'un traité à Shanghai.

Il avait pour but d’améliorer les relations entre membres : régler les problèmes de frontière sur l’ancienne frontière sino-soviétique, faciliter la coopération économique[5].

Né dans la foulée du bouleversement géopolitique entraîné par la disparition de l'URSS et la création de républiques autonomes en Asie centrale, le Groupe de Shanghaï répondait notamment à l'inquiétude de la Chine de l'influence non contrôlée de pays comme le Kazakhstan et le Kirghizstan dans la province du Xinjiang[6].

L'OCS a permis la signature d’accords sur l’intangibilité de ces frontières, puis en 1997 sur la réduction des forces armées aux frontières, puis sur les mesures de confiance entre armées des États membres.

L’organisation est formalisée par le traité de 2001, concomitant à l'extension à un sixième pays, l'Ouzbékistan. Ses institutions sont créées en 2002 : Charte, fondation du RATS.

En 2004, la Mongolie est devenue membre observateur de l'OCS. En 2005, l'Inde, l'Iran et le Pakistan le sont également devenus. Ce statut a été refusé aux États-Unis[7] et au Japon. En 2009, la Biélorussie et le Sri Lanka deviennent des partenaires de discussion[3].

Ses buts revendiqués sont, par le biais de concertations entre les différents chefs d’État ou de gouvernement :

  • Renforcer la confiance mutuelle et des relations de bon voisinage entre les États membres ;
  • Faciliter la coopération entre ces États dans les domaines politiques, économiques et commerciaux, scientifiques et techniques, culturels et éducatifs, ainsi que dans les domaines de l’énergie, des transports, du tourisme et de l’environnement ;
  • Sauvegarder la paix, la sécurité et la stabilité régionales ;
  • Œuvrer à la création d’un nouvel ordre politique et économique international, plus juste et démocratique.

Le secrétariat de l’OCS est situé à Pékin. L’autre structure permanente de l’organisation, RATS (Structure anti-terroriste régionale), est installée à Tachkent.

Données chiffrées[modifier | modifier le code]

Population[modifier | modifier le code]

L'OCS rassemble le pays le plus vaste du monde (la Fédération de Russie) et le plus peuplé (la Chine).

La population des six pays membres permanents réunis représente 1 milliard 515 millions d'habitants ; celle des quatre États observateurs 1 milliard 240 millions d'habitants ; soit en tout, 2 milliards 755 millions d'habitants (40 % de la population mondiale).

Superficie[modifier | modifier le code]

La superficie des six pays membres représente 26 millions de km² .

La superficie des quatre États observateurs : 6,3 millions de km²

Soit 32,3 millions de km² au total.

Ressources énergétiques[modifier | modifier le code]

Les membres de l'OCS regroupent 20 % des ressources mondiales de pétrole, 38 % du gaz naturel, 40 % du charbon, et 50 % de l'uranium[8].

Forces militaires[modifier | modifier le code]

Parmi les différentes forces militaires mobilisables[9], on trouve notamment :

Pour l'année 2006, les dépenses militaires des pays membres de l'OTAN s'élèvent à 796,7 milliards de dollars contre officiellement 85 milliards pour l'OCS (dont 49,5 milliards pour la Chine et 34,7 milliards pour la Russie).

Réalisations[modifier | modifier le code]

Les chefs d'État de l'OCS lors de la Mission de paix 2007 : Hu Jintao, Vladimir Poutine, Nursultan Nazarbayev et Islom Karimov.

Les acquis de cette structure se placent essentiellement dans le domaine de la sécurité : manœuvres communes (sino-kazakhes, puis sino-russes[11] en 2005), instance commune de lutte contre le terrorisme...

Depuis la conférence d’Astana, la coopération s’étend également à la lutte contre le séparatisme, le terrorisme et l’extrémisme islamiste, ainsi que contre l'impérialisme des États-Unis par une déclaration exigeant la fermeture des bases américaines dans la région.

Elle offre également un lieu de discussion entre les deux grandes puissances voisines de l’Asie centrale, qui se disputent l’influence sur cette région. Par des prises de position communes la Chine et la Russie font front face à l’influence des États-Unis dans la région.

Pour certaines sources[12], cette organisation constituerait une alternative à l’OTAN, susceptible de faire pencher de son côté l’Inde, dont les États-Unis recherchent l’alliance face à la Chine.

Pour d'autres[13], elle ne serait qu’un trompe-l’œil et n’aurait aucune action concrète, par exemple dans l’Afghanistan voisin.

En 2007, des manœuvres militaires conjointes sont organisées sous le nom Mission de paix 2007[14]. Elles regroupaient les six États membres pour des missions d'entraînement, du 6 au 17 août.

Liste des sommets[modifier | modifier le code]

Sommet de Bichkek (Kirghizistan) en 2007.

Sommets du Shanghai Five (1996-2000)[modifier | modifier le code]

  • à Shanghai (Chine)
    • signature du « Traité sur l'approfondissement de la confiance militaire dans les régions frontalières » (Соглашение об укреплении доверия в военной области в районе границы[15]/关于在边境地区加强军事领域信任的协定[16]).
  • à Moscou (Russie)
    • signature du « Traité pour la réduction des forces militaires dans les régions frontalières » (Соглашение о взаимном сокращении вооружённых сил в районе границы[15]/关于在边境地区相互裁减军事力量的协定[16]).
  • à Almaty (Kazakhstan)
  • à Bichkek (Kirghizistan)
  • à Douchanbé (Tadjikistan) : cinquième et dernier sommet des chefs d'État.

Sommets des chefs d'État[modifier | modifier le code]

Sommets des chefs de gouvernement[modifier | modifier le code]

Manœuvres communes[modifier | modifier le code]

Voir également Organisation du traité de sécurité collective#Manœuvres communes.

Cette liste reprend toutes les manœuvres des troupes de l'OCS :

  • Les manœuvres de l'OCS proprement dites ;
  • Les manœuvres nationales et multilatérales des États membres de l'OCS ;
  • Les manœuvres conjointes des forces de l'OTSC et de la CEI car, à l'exception de la Chine et des observateurs, les membres de l'OCS sont membres de l'OTSC et de la CEI.

Mobilité 2004 (« Mobilnost 2004 », manœuvres russes)[modifier | modifier le code]

Mission de paix 2005 (manœuvres OTSC-OCS)[modifier | modifier le code]

Centre 2006 (manœuvres russes)[modifier | modifier le code]

Bouclier de l'union 2006 (manœuvres russo-biélorusses)[modifier | modifier le code]

Mission de paix 2007(manœuvres OTSC-OCS)[modifier | modifier le code]

Rubezh 2008 (manœuvres de l'OTSC)[modifier | modifier le code]

Le premier exercice militaire de grande envergure de l'OTSC est l'exercice « Rubezh 2008 ». Cet exercice militaire a été accueilli sur le sol arménien. Il rassemblait un total de 4 000 soldats venant de l'ensemble des pays membres de l'OTSC. L'exercice avait pour but de tester les opérations, les stratégies et les tactiques avec un accent particulier sur l'enrichissement de l'efficacité du partenariat de la sécurité collective de l'OTSC[19].

Exercices conjoints de DCA 2009 (manœuvres de la CEI)[modifier | modifier le code]

« L'Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, la Russie et d'autres pays de la CEI y ont participé. Des manœuvres réciproques de Su-27 et de MiG-31 russes, biélorusses et kazakhs ont eu lieu dans le cadre de cet entraînement d'État-major. Des chasseurs MiG-31 et Su-27, des bombardiers tactiques Su-24, des avions d'assaut Su-25, des hélicoptères Mi-8 des avions de transport militaire, ainsi que des avions radar A-50 y ont pris part [...] L'entraînement qui s'est déroulée en vertu du Plan d'actions conjointes des pays membres de la DCA de la CEI, avait pour objectif d'améliorer la direction et la coordination des forces du Système unifié, notamment en ce qui concerne la lutte contre le détournement d'avions et l'assistance aux équipages des vaisseaux aériens en détresse », a expliqué le porte-parole de l'armée de l'Air russe, le lieutenant-colonel Vladimir Drik[20].

« West 2009 » (manœuvres russo-biélorusses)[modifier | modifier le code]

La Biélorussie et la Russie devraient mener en automne 2009 des exercices opérationnels et stratégiques qui engageront près de 13 000 militaires. Des unités terrestres, d'aviation et de DCA, ainsi que de reconnaissance radiotechnique prendront part aux exercices du côté russe. Les troupes des deux pays s'entraîneront dans le cadre du « Système unique de DCA[21] ». La doctrine stratégique fut nommée « West 2009 »[22].

« Zapad » (manœuvres russo-biélorusses)[modifier | modifier le code]

Voir Exercices Zapad: renforcer la défense de l'Union russo-biélorusse (officier) et Exercices en Biélorussie: deux armées envoyées par Moscou (État-major) - 2.

« Caucase 2009 » (manœuvres russes)[modifier | modifier le code]

« Les bases militaires russes déployées en Ossétie du Sud et en Abkhazie participeront aux exercices Caucase 2009 qui seront menés par les troupes de la région militaire du Caucase du Nord à la fin de juin. Des exercices de commandement et d'état-major, ainsi que des épisodes de simulation d'opérations seront menés parallèlement », a expliqué le commandant en chef de l'armée de terre russe le général Vladimir Boldyrev[23].

On avait également annoncé que les exercices « Caucase 2009 » engageraient 8 500 hommes, près de 200 chars, 450 véhicules blindés de transport de troupe et jusqu'à 250 pièces d'artillerie. Les exercices seront dirigés par le chef d'État-major général, Nikolay Yegorovich Makarov (en) (Nikolaï Makarov)[23].

« Mission pacifique 2009 » (manœuvres sino-russes)[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'OCS soutient la politique chinoise envers Taïwan. En effet, la République populaire de Chine considère Taïwan comme une île rebelle faisant partie intégrante de son territoire.

Références[modifier | modifier le code]

  1. President Hu attends SCO Summit
  2. First SCO summit, 2001
  3. a, b et c (fr) OCS: la Biélorussie et le Sri Lanka deviendront partenaires de dialogue (Lavrov).
  4. (en) Africa-Union : Peace and Security Council.
  5. La Documentation française
  6. Complicité avec les Républiques d'Asie centrale, Martine Bulard, Le Monde diplomatique n°665, août 2009, page 13.
  7. (en) Shanghai surprise Guardian Unlimited
  8. Le président de l'OCS dans le documentaire d'Alexandre Dolgorouky Le monde selon Gazprom (2007).
  9. Courrier international, n° 874.
  10. Current World Nuclear Arsenals
  11. Courrier international n° 874 : Peace Mission 2005 : Plus grandes manœuvres menées dans le cadre de l'OCS. Elle se déroulent dans la péninsule de Shandong et près de Vladivostok
  12. « À l’Est, du nouveau », dedefensa.org, 7 juillet 2005.
  13. Mourat Laumouline, « L’Organisation de coopération de Shanghai vue d’Astana : un "coup de bluff" géopolitique ? », Russie.Nei.Visions, n° 12, Paris, IFRI, juillet 2006, p. 8 ; publié dans le cadre du programme de recherche Russie/NEI.
  14. Mission de paix 2007 : Vladimir Poutine et les autres dirigeants de l'OCS assistent à la clôture des exercices, Ria Novosti, 17 août 2007
  15. a et b (ru) История развития Шанхайской организации сотрудничества dans le site de l'OCS, russe
  16. a et b (zh) Le site officiel du sixième sommet de l'OCS avec un recit de l'histoire
  17. В Душанбе состоялось заседание Совета глав государств-членов ШОС
  18. 上海合作组织成员国元首理事会会议在杜尚别举行
  19. (en) « Rubezh 2008 » : The First Large-Scale CSTO Military Exercise.
  20. (fr) DCA de la CEI: plusieurs dizaines d'avions participent à un entraînement (Armée de l'air).
  21. (fr) Biélorussie-Russie: exercices conjoints à l'automne 2009.
  22. (en) Le président Alexander Lukashenko a approuvé le concept opérationnel stratégique « West 2009 ».
  23. a et b (fr) Exercices Caucase-2009: participation des bases russes en Ossétie du Sud et en Abkhazie prévue (général).

Sources[modifier | modifier le code]

  • Dossier : l'Organisation de coopération de Shanghai, Le Quotidien du peuple en ligne - En ligne : [1] (dernière mise à jour le 6 août 2003, consulté le 8 septembre 2006).
  • À l’Est, du nouveau, dedefensa.org - En ligne : [2] (consulté le 8 septembre 2006).
  • L’Organisation de coopération de Shanghai, vue d’Astana : un « coup de bluff » géopolitique ?, Mourat Lamouline, NEI, Russie - Visions n° 12, juillet 2006, IFRI, Paris (publié dans le cadre du programme de recherche Russie/NEI) - En ligne : [3] PDF (consulté le 8 septembre 2006).
  • (en) Assessing Eurasia's Powerhouse. An Inquiry into the Nature of the Shanghai Cooperation Organisation, Enrico Fels, Winkler Verlag, Bochum (Allemagne), 2009. ISBN 978-3-89911-107-1

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Autres organisations régionales :

Liens externes[modifier | modifier le code]