Tripoli (Libye)

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Tripoli
طرابلس, Trābles
Haut : Tours That El Emad. Milieu : Place des Martyrs. Bas gauche : Arc de Marc Aurèle. Bas droite : Médina de Tripoli.
Haut : Tours That El Emad.
Milieu : Place des Martyrs.
Bas gauche : Arc de Marc Aurèle. Bas droite : Médina de Tripoli.
Administration
Pays Drapeau de la Libye Libye
Démographie
Population 1 682 000 hab.
Densité 4 205 hab./km2
Géographie
Coordonnées 32° 54′ 08″ N 13° 11′ 09″ E / 32.90222, 13.18583 ()32° 54′ 08″ Nord 13° 11′ 09″ Est / 32.90222, 13.18583 ()  
Altitude 81 m
Superficie 40 000 ha = 400 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Libye

Voir sur la carte Libye administrative
City locator 14.svg
Tripoli

Tripoli (en arabe : طرابلس Tarābulus ; en italien : Tripoli) est la capitale de la Libye et de la shabiyat homonyme. Elle doit son nom à la Tripolitaine (« les Trois Villes », à savoir Oea, Leptis Magna et Sabratha), région libyenne dans laquelle elle se trouve.

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville est située dans le nord-ouest du pays ; elle s'étend au bord du désert, sur un morceau de territoire rocheux qui s'avance dans la Méditerranée, formant une baie. Avec une population d’1,68 million d'habitants, Tripoli est la plus grande ville, le principal port, et le plus grand centre industriel et commercial de Libye. C'est aussi le siège du gouvernement et de l'université Tripoli. Vue la longue histoire de la cité, beaucoup de sites à Tripoli sont d'un grand intérêt archéologique.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est typiquement méditerranéen : étés chauds et secs, hivers frais, et quelques modestes précipitations.

Relevé météorologique de Tripoli (Libye)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 8 9 11 14 16 19 22 22 21 18 14 9 15,25
Température moyenne (°C) 12 13 15 18 20 23 25 26 25 23 19 13 19,33
Température maximale moyenne (°C) 16 17 19 22 24 27 29 30 29 27 23 18 23,42
Record de froid (°C) 1 3 4 6 7 10 16 17 15 10 6 2 1
Record de chaleur (°C) 28 33 38 41 43 44 47 45 46 41 36 30 47
Précipitations (mm) 81 46 28 10 5 3 0 0 10 41 66 94 384
Humidité relative (%) 63 65 61 59 60 64 63 71 67 62 59 60 62,83
Source : BBC Weather Forecast


Histoire[modifier | modifier le code]

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طرابلس (info)
Prononciation en arabe classique

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Trābles (info)
Prononciation en arabe dialectal

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Fondation[modifier | modifier le code]

La cité fut fondée au VIIe siècle av. J.-C. par les Phéniciens, qui l'appelèrent Oea. Puis Tripoli passa aux maîtres de la Cyrénaïque (Barca), qui s'en virent dépouillés par les Carthaginois. Elle appartint ensuite aux Romains, qui l'inclurent dans la province d'Afrique qu'ils nommèrent Regio Syrtica. Vers le début du IIIe siècle, elle s'appela Regio Tripolitana (à cause de ses trois cités principales : Oea, Sabrata, et Leptis, qui étaient liguées), et fut probablement élevée au rang de province séparée par Septime Sévère, qui venait de Leptis. Avec le reste de l'Afrique du Nord, elle fut conquise par les musulmans au début du VIIIe siècle.

La province ottomane (vilayet) de Tripoli (dont dépendait aussi le sanjak de Cyrénaïque) s'étendait au long du rivage méridional de la Méditerranée entre la Tunisie, à l'ouest, et l'Égypte, à l'est. Outre la ville, ce domaine incluait la Cyrénaïque (le plateau de Barca), la chaîne d'oasis de la dépression d'Aujila, le Fezzan, et les oasis de Ghadames et Ghat, séparées par des friches de sable et de pierre.

En 1510, elle fut prise par les Espagnols commandés par Don Pedro Navarro, comte d'Oliveto, et, en 1530, revint aux Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui venaient d'être chassés par les Ottomans de leur bastion de l'île de Rhodes. Les Chevaliers la défendirent difficilement jusqu'en 1551, où ils furent contraints de capituler devant l'amiral turc Sinan Pacha.

Article détaillé : Siège de Tripoli (1551).

La Régence de Tripoli, désormais État de l'Empire ottoman participa dès lors à la guerre de course généralisée qui faisait des Etats barbaresques la terreur de la marine chrétienne.

En 1714, le pacha en titre, Ahmed Karamanli, assuma le titre de bey, et revendiqua une demi-indépendance vis-à-vis du Sultan de Constantinople, et cette organisation se perpétua sous le règne de ses descendants, en même temps que la piraterie et le rançonnage les plus éhontés, jusqu'en 1835, où l'Empire ottoman ("la Sublime Porte") profita d'un conflit interne à Tripoli pour rasseoir son autorité. On nomma un nouveau pacha turc, investi des pouvoirs de vice-roi, et l'État devint vilayet de l'Empire ottoman.

La guerre tripolitaine[modifier | modifier le code]

Tripoli.

Au début du XIXe siècle, la régence de Tripoli dut à ses pratiques pirates d'être deux fois en guerre avec les États-Unis d'Amérique. En mai 1801, le pacha exigea des États-Unis une augmentation de l'impôt (83 000 $) que le gouvernement américain payait depuis 1796 pour protéger son commerce de la piraterie. Cette exigence fut repoussée et le dey avec ses alliés de la côte des Barbaresques déclarèrent la guerre aux États-Unis, une petite force navale de l'US Navy partit pour bloquer Tripoli. La guerre de Tripoli (1801-1805) traîna en longueur pendant quatre ans ; en 1803, les américains perdirent la frégate Philadelphia, dont le commandant (Captain William Bainbridge) et l'ensemble de l'équipage furent faits prisonniers. L'incident le plus pittoresque de ce conflit fut une expédition entreprise par William Eaton dans le but de remplacer le pacha par son frère aîné alors en exil, qui avait promis d'accéder à tous les souhaits des États-Unis. Eaton, à la tête d'une troupe bigarrée de 500 Marines et mercenaires musulmans partit d'Alexandrie en Egypte à travers le désert, et parvint à s'emparer de Derna avec l'aide de navires américains. La paix fut conclue peu de temps après (3 juin 1805) : le pacha régnant abandonnait ses exigences, mais recevait 60 000 $ de rançon pour les prisonniers du Philadelphia.

En 1815, à cause de nouvelles atteintes, les capitaines Bainbridge et Stephen Decatur, revinrent à Tripoli à la tête d'une escadre américaine, et contraignirent le pacha à observer les exigences des États-Unis.

En 1835, les Turcs profitèrent d'une guerre civile à Tripoli pour réaffirmer leur autorité directe, et dès cette date Tripoli fut sous le pouvoir direct de la Sublime Porte, malgré des tentatives de rébellions en 1842 et 1844. Après l'occupation de la Tunisie par les Français (1881), les Turcs accrurent considérablement leurs effectifs en garnison à Tripoli.

La cathédrale de Tripoli (1923) en 1960, transformée en 1970 en mosquée et reconstruite dans les années 2000

L'Italie avait longtemps affirmé que Tripoli tombait dans sa zone d'influence et que l'Italie avait le droit d'y maintenir l'ordre. Sous prétexte de protéger ses propres citoyens vivant à Tripoli, l'Italie déclara la guerre à l'Empire ottoman le 29 septembre 1911, et annonça son intention d'annexer Tripoli. Le 1er octobre 1911, une bataille navale fit rage à Prevesa, en Turquie d'Europe, et trois navires ottomans furent détruits. Par le traité de Lausanne, la Turquie reconnut la souveraineté italienne, tout en permettant au calife d'exercer l'autorité religieuse.

Article détaillé : République de Tripolitaine.
Vue satellite de Tripoli.
L'arc de Marc Aurèle.
Al Saaha Alkhadhraa (la place Verte), Tripoli.

État souverain sur les territoires de l'ouest de l'actuelle Libye, entre 1918 et 1922, la République de Tripolitaine est le premier État islamique au monde à disposer d'un gouvernement républicain et la première entité libyenne indépendante depuis la chute de l'Empire ottoman. En 1922, le pays repassera sous la tutelle italienne pour réintégrer l'Empire colonial italien.

Tripoli resta sous administration italienne jusqu'en 1943, puis fut occupée par les Britanniques jusqu'à son indépendance en 1951.

Depuis l'indépendance[modifier | modifier le code]

La ville a subi un bombardement américain en 1986 (opération El Dorado Canyon), en représailles du soutien présumé de la Libye au terrorisme. Les sanctions des Nations unies contre la Libye ont été levées en 2003, ce qui laisse prévoir une augmentation du trafic avec le port de Tripoli et un effet positif sur l'économie de la ville.

Article détaillé : Guerre civile libyenne de 2011.

Les manifestations de février 2011 qui ont débuté en Cyrénaïque à Benghazi contre le régime du colonel Mouammar Kadhafi, et se sont propagées à Tripoli à partir du 20 février[1], toutefois le fils du leader libyen Saïf al-Islam Kadhafi, s'exprime à la télévision de Tripoli le 20 février 2011, déclarant que le Guide de la révolution (son père) « mène la bataille et nous le soutenons ainsi que nos forces armées ». Au moins 71 personnes auraient trouvé la mort à Tripoli les 20 et 21 février[2]. Après une accalmie de quelques jours, la ville est de nouveau gagnée par les combats dès le 25 février, les opposants prennent même le contrôle de plusieurs quartiers de la capitale[3]. D'après la branche libyenne de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), 3 000 personnes ont été tuées à Tripoli depuis le début de la révolte. Selon Ali Zeidan, porte-parole de la FIDH, la ville fait l’objet d’une véritable épuration des opposants à Kadhafi.
À partir de mars 2011, la capitale devient cible privilégiée des bombardements aériens occidentaux déclenchés en soutien à la rébellion qui tueront de nombreux civils. Celle-ci reprend le contrôle de la région environnante dans le courant de l'été 2011. Le 20 août, la seconde bataille de Tripoli est déclenchée par les rebelles pour le contrôle de la ville. En quelques heures, des points stratégiques tombent entre leurs mains et au 1er septembre la grande majorité de la ville est aux mains des insurgés après la prise du quartier général de Mouammar Kadhafi.

La ville d’aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Quartier central des affaires.
Grand Hôtel de Tripoli.

La Tripoli moderne[modifier | modifier le code]

Tripoli est le port principal du pays. Elle accueille la plupart des bâtiments administratifs libyens. La vieille ville garde de son atmosphère d'antan et c'est la cité du pays qui a le plus de caractère.

L’As-Saraya al-Hamra (le Château Rouge), vaste complexe palatial truffé de cours, domine l’horizon de la cité. On trouve des statues classiques et des fontaines ottomanes aux alentours du château. La place des Martyrs (ex-place Verte), cœur de la cité, marque la transition entre l’ancien quartier colonial italien et ses immeubles à arcades, le quartier des affaires et ses tours modernes (That El-Emad, Hotel Corinthia, Tour Al-Fateh) et la médina, aux rues tortueuses. Les mosquées Gurgi et Karamanli sont d’admirables exemples de l’habileté des artisans locaux, avec leurs décorations et leurs remarquables mosaïques.

La vieille ville fortifiée de Tripoli, la médina, est un des sites classiques de Méditerranée. Le premier plan des rues de la médina fut tracé à l'époque romaine, lorsqu'on construisit les murs pour la protéger des attaques venant de l'intérieur de la Tripolitaine. Au VIIIe siècle on ajouta un mur du côté de la ville qui fait face à la mer.

Trois portes permettent d'accéder à la ville : Bab Zanata à l'ouest, Bab Hawara au sud-est et Bab al-Bahr au nord. Les remparts de la vieille ville sont toujours debout, et l'on peut y grimper pour de beaux points de vue. Le Monument du port se dresse aux portes de la vieille ville et il y a beaucoup de maisons restaurées, des consulats et une synagogue dans ces ruelles étroites. On peut trouver dans la médina des marchandises traditionnelles, de la bijouterie et des vêtements. Le nouveau musée Jamahiriya y a également ouvert ses portes. L'unique monument romain de la ville encore debout, l'arc de Marc Aurèle, marque la limite nord de la médina.

La ville de Si Lhatchoune, se trouvant à Tripoli, a été récemment construite (en 2005) avec une population de 25 000 habitants.

Tripoli possède des archives et des musées intéressants : les Archives nationales, la Bibliothèque gouvernementale, le Musée ethnographique, le Musée archéologique, le Musée d'épigraphie et le Musée de l'islam.

Sports[modifier | modifier le code]

Le football est le sport le plus populaire à Tripoli. La ville abrite deux clubs de foots à la renommée internationale, le Al Ahly Tripoli et le Al Ittihad Tripoli.

Les principaux clubs de sport basés dans la capitale libyenne sont :

Enfin, la ville accueillit la Supercoupe d'Italie en 2002.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Cet article contient des extraits de la Collier's New Encyclopedia (1921).
  1. Le Monde, 22 février 2011, p. 4
  2. « EN DIRECT. Libye : plusieurs villes seraient aux mains des opposants »,le Parisien reprenant Al Jazeera, 21 février 2011, à 12h55 lien
  3. Article de « TF1 » du 26 février 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nora Lafi, Une ville du Maghreb entre Ancien régime et réformes ottomanes: genèse des institutions municipales à Tripoli de Barbarie (1795-1911), Paris, L'Harmattan, 2002, 305 p. (ISBN 978-2747526166)
  • (en) Joshua E. London, Victory in Tripoli : How America's War with the Barbary Pirates Established the U.S. Navy and Shaped a Nation (Victoire à Tripoli : Comment la guerre de l'Amérique contre les pirates barbaresques imposa l'U.S. Navy et façonna une nation), New Jersey : John Wiley & Sons, Inc., 2005. (ISBN 978-0471444152)
  • Anne-Charles Froment de Champlagarde, Histoire abrégée de Tripoly de Barbarie (1794), et Suite de l’histoire de la régence de Tripoly de Barbarie. Règne d’Aly Caramanly (1793), présentation et annotation des manuscrits par Alain Blondy, Paris, Bouchene, 2001.(ISBN 2-912946-34-4)
  • Stephen Cleveland Blyth, Histoire de la guerre entre les Etats-Unis,Tripoli et les autres Puissances barbaresques à laquelle sont jointes une géographie historique et une histoire politique et religieuse des Etats barbaresques en général, 1805, traduit de l’anglais, présenté et annoté par Alain Blondy (pp. 7-31), Paris, Bouchene, 2009.(ISBN 978-2-35676-010-4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]