Abubakar Shekau

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Abubakar Shekau
Abubakar Shekau en 2014.
Abubakar Shekau en 2014.

Surnom Darul Tawhid
Abacha Abdullahi Geidam
Damasack
Naissance 1965, 1969 ou 1975
Niger ou
Shekau, État de Yobe, Nigeria
Origine Peuple Kanouri
Nigérien ou Nigérian
Allégeance ShababFlag.svg Boko Haram (depuis 2002)
Drapeau de l'État islamique État islamique (depuis 2015)
Grade Émir
Conflits Rébellion djihadiste au Nigeria
Commandement Chef de Boko Haram
Faits d'armes 1re Bataille de Maiduguri
3e Bataille de Damaturu
3e Bataille de Maiduguri
Bataille de Giwa

Abubakar Shekau, alias « Darul Tawhid », alias « Abacha Abdullahi Geidam », alias « Damasack »[1], né entre 1965 et 1975 au Nigeria[2] ou au Niger[3], est un chef djihadiste, leader du groupe nigérian Boko Haram[4],[5].

Biographie[modifier | modifier le code]

Abubakar Shekau naît soit au Niger soit dans le village de Shekau, dans l'État de Yobe au nord-est du Nigeria. Sa date de naissance n'est pas connue, il pourrait être né en 1965, 1969 ou 1975[6]. Il grandit dans un quartier défavorisé de Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria. Appartenant au peuple Kanouri, il parle l'haoussa, l'arabe et l'anglais. Après une jeunesse dissolue, il rencontre au début des années 2000 le prédicateur Mohamed Yusuf, qui fondera en 2002 le mouvement islamiste Boko Haram. Shekau s'engage alors dans la lutte armée et prend part à de nombreuses actions terroristes[4].

Après l'exécution de Mohamed Yusuf, lors d'un assaut gouvernemental d'envergure décidé par le président Umaru Yar'Adua, Shekau apparaît en juillet 2010 dans un enregistrement vidéo dans lequel il se proclame leader de Boko Haram et promet de continuer la lutte armée[2].

Sous l'influence de Shekau, Boko Haram, initialement considérée comme une secte, mue en un groupe islamiste insurrectionnel[7]. À partir d’avril 2011, le groupe multiplie les attentats à la bombe contre des églises chrétiennes, des gares, des hôtels, débits de boisson et des bâtiments officiels. Dans une vidéo mise en ligne en janvier 2012[8], Abubakar Shekau prône une guerre sans merci contre les politiques, les policiers et surtout les chrétiens, notamment le président nigérian Goodluck Jonathan. Le , la tête d'Abubakar Shekau est mise à prix par le Département d'État des États-Unis pour sept millions de dollars[6]. L'armée nigériane offre une récompense de 50 millions (soit environ 300 000 $) pour Shekau[9].

Le 19 août 2013, l'armée nigériane annonce qu'il « est très probable que Shekau soit mort entre le 25 juillet et le 3 août » mais précise qu'elle doit encore en obtenir confirmation[10]. Mais d'après une vidéo visionnée par l'Agence France-Presse le 25 septembre, Abubakar Shekau fait savoir qu'il est toujours vivant[11].

Boko Haram rend publiques, à plusieurs reprises, des vidéos dans lesquelles Abubakar Shekau revendique plusieurs attaques commises par ses hommes. Le 4 novembre 2013, il revendique ainsi l'attaque des postes de police de Damaturu. Celle-ci avait eu lieu le 24 octobre et les affrontements avaient fait des dizaines de morts[12]. Le 12 décembre 2013, il revendique l'attaque d'une caserne de l'armée nigériane à Maiduguri[13]. Selon un communiqué du ministère nigérian de la Défense, 24 assaillants sont tués, deux militaires blessés et trois avions militaires et hélicoptères sont détruits[14].

Le 24 mars 2014, il revendique l'attaque de la caserne de Giwa et la libération de 2 000 prisonniers qui y étaient détenus[15]. Cependant beaucoup sont repris par l'armée nigériane, et environ 600 sont massacrés par les militaires selon Amnesty International[16]. La bataille avait également fait 207 morts du côté des islamistes selon l'armée nigériane[17].

Le 19 avril 2014, Abubakar Shekau, revendique le premier attentat de Nyanya ayant fait 75 morts et 141 blessés. Il déclare en s'adressant à Goodluck Jonathan : « Nous sommes ceux qui ont organisé l’attentat d’Abuja. […] Nous sommes dans votre ville mais vous ne savez pas où »[18]. Le 5 mai 2014, Boko Haram revendique l'enlèvement mi-avril de plus de 200 lycéennes dans le nord-est du Nigéria. Abubakar Shekau, dans une vidéo de 57 minutes obtenue par l'AFP, déclare : « J'ai enlevé vos filles. Je vais les vendre au marché, au nom d'Allah. » En date de la revendication, certaines des 200 lycéennes auraient déjà été vendues pour 12 $ chacune, afin d'être, selon les dires du leader islamiste, « traitées en esclaves » et « mariées de force ». D'après lui, « l’éducation occidentale doit cesser » et les filles « doivent quitter (l’école) et être mariées »[19].

Dans une vidéo diffusée le , Abubakar Shekau apporte son soutien à la fois à Abou Bakr al-Baghdadi, calife de l'État islamique, Ayman al-Zaouahiri, émir d'Al-Qaïda et au Mollah Omar, chef des Taliban[20].

Le Shekau annonce son intention de reconquérir les anciens territoires du Califat de Sokoto[21],[22]. Une dizaine de jours plus tard, dans une nouvelle vidéo, Abubakar Shekau expose sa doctrine idéologique et se réfère à Ibn Taymiyya et Mohammed ben Abdelwahhab. Selon Romain Caillet, chercheur à l'Institut français du Proche-Orient, au regard de cet exposé il apparaît que Boko Haram « n'est donc pas un groupe jihadiste foncièrement différent de ceux du Moyen-Orient »[23].

Le , Abubakar Shekau annonce prêter allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi, calife de l'État islamique[24],[25]. Le 12 mars, l'EI déclare accepter l'allégeance de Boko Haram[26].

Selon Idriss Déby, Abubakar Shekau est présent à Dikwa lors de la bataille du 2 mars 2015 et prend la fuite après la défaite de ses hommes. Le président tchadien déclare alors « Il a intérêt à se rendre, nous savons là où il est. S'il refuse de se rendre, il va subir le même sort que ses camarades »[27]. Le 15 mars, à Gwoza, les djihadistes massacrent leurs femmes avant d'abandonner la ville à l'armée nigériane, selon des témoins l'ordre aurait été donné par Abubakar Shekau lui-même, afin de « pouvoir les retrouver au paradis »[28].

Annonces de sa mort[modifier | modifier le code]

Abubakar Shekau, chef de Boko Haram, dans une vidéo rendue publique le 2 octobre 2014, où il dément l'annonce de sa mort.

Le 20 août 2013, l'armée nigériane affirme que Shekau est probablement mort de ses blessures reçues au cours d'affrontement avec les forces de sécurité du pays. D'après Sagir Musa, porte-parole de l'armée, citant des sources du renseignement, Abubakar Shekau est blessé le 30 juin dans un affrontement qui a lieu dans la forêt de Sambisa, au nord-est du Nigeria. Le communiqué affirme alors que : « Shekau a été mortellement blessé au cours de l'affrontement et il a été transporté à Amitchide, une ville frontalière au Cameroun, pour y être soigné. […] Shekau y est probablement mort entre le 25 juillet et le 3 août[29]. » L'information se révèle être fausse et Shekau apparaît dans une vidéo quelques semaines plus tard.

Le 19 septembre 2014, l'agence de renseignement nigériane affirme que Shekau a été tué au cours de combats autour de Konduga au nord-est du Nigeria. L'armée nigériane affirme sur Twitter que 60 membres de Boko Haram ont été tués et qu'un de ses dirigeants a été tué à Konduga[30].

Sa mort, qui avait déjà été annoncée deux fois depuis 2009 par des sources sécuritaires, est confirmée officiellement pour la première fois par l'armée nigériane par l'intermédiaire de son porte-parole, le major-général Chris Olukolade lors d'une conférence de presse à Abuja[1]. Ces preuves sont cependant jugées insuffisantes par les États-Unis qui ne croient pas à la mort de Shekau[31].

De plus, le , Aboubakar Shekau apparaît dans une nouvelle vidéo diffusée par Boko Haram, et où il affirme être toujours en vie[32].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b M. K. avec AFP, Nigeria : l'armée affirme que le chef de Boko Haram est mort, 24 septembre 2014
  2. a et b Jeune Afrique : Nigeria : Abubakar Shekau, l'imam caché de Boko Haram
  3. Le chef du groupe Boko Haram, Abubakar Shekau est originaire du Niger (Sénat nigérian), ActuNiger Online, publié le 27 juin 2013
  4. a et b Camille Martin, « Portrait du chef de Boko Haram, Abubakar Shekau », Ouest-France,‎ (ISSN 0999-2138, lire en ligne)
  5. (en) Michelle Faul, « Nigerian Boko Haram Leader Abubakar Shekau Threatens Group Will Burn More Schools », The World Post,‎ (lire en ligne)
  6. a et b (en) « Abubakar Shekau Up to $7 Million Reward », sur rewardsforjustice.net, Département d'État des États-Unis (consulté le 29 mai 2014)
  7. Le Figaro : «Boko Haram n'est plus une secte, mais un groupe insurrectionnel islamiste»
  8. (en) [vidéo] Boko Haram leader "Imam Abubakar Shekau" Message to President Jonathan 1 sur YouTube
  9. (en) « Nigeria army offers $1.8 mln reward for Boko Haram leaders », Reuters,‎
  10. Nigeria : le chef de Boko Haram « serait mort », selon l'armée, La Libre Belgique en ligne, 19 août 2013
  11. Le Monde : Nigeria : un homme disant être le chef de Boko Haram, donné pour mort, apparaît dans une vidéo
  12. Koaci : Nigeria : Boko Haram revendique la mort des 35 policiers dans l’attaque de Damaturu
  13. Koaci : Nigeria : Boko Haram revendique l’attaque contre la base militaire de Maiduguri
  14. Cameroun info : Nigeria: Le Boko Haram lance une vaste attaque à Maiduguri
  15. Le Parisien : Nigeria: Boko Haram revendique l'attaque du 14 mars contre une caserne
  16. Amnesty International : Nigeria. Des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité sont commis tandis que la violence s’intensifie dans le nord-est
  17. Sahara Reporters : Boko Haram Claims Responsibility For Giwa Barracks Attacks
  18. AFP : Nigeria: Boko Haram revendique le sanglant attentat d’Abuja
  19. Le Soir Les 200 lycéennes enlevées au Nigéria seront « vendues et mariées de force » selon le chef de Boko Haram
  20. AFP et Le Monde : Boko Haram soutient l'EI, Al-Qaida et les talibans
  21. TF1 : Nigeria : "Boko Haram, une combinaison monstrueuse d'Al-Qaïda et de l'Etat islamique", par Fabrice Aubert.
  22. RFI : Le chef de Boko Haram menace le président camerounais Paul Biya
  23. Romain Caillet, twitter.
  24. RFI : Boko Haram fait allégeance au groupe Etat islamique
  25. Vidéo de annonçant l'allégeance à l'État islamique
  26. Le Monde : L'Etat islamique accepte l'allégeance de Boko Haram
  27. RFI : Tchad: Idriss Déby assure savoir où se cache le chef de Boko Haram
  28. AFP : Nigeria: le chef de Boko Haram avait ordonné de "tuer toutes les femmes" à Gwoza
  29. (en) Nigerian Says Boko Haram Leader Shekau Is Probably Dead bloomberg.com, 20 août 2013
  30. (en) Le Nigeria Said to Be Probing Whether Boko Haram’s Shekau Killed, bloomberg.com, 20 septembre 2014
  31. Slate : Faut-il croire à la mort annoncée du chef de Boko Haram?
  32. Le Monde.fr avec AFP et Reuters  : Le chef de Boko Haram toujours vivant

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Articles connexes[modifier | modifier le code]