Rançon (prix)

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La capture de Jean le Bon, à la bataille de Poitiers, donne lieu à l'une des plus grosses rançons du Moyen Âge.

Une rançon est la somme exigé en échange de la libération d'un captif ou victime d'enlèvement.

Historique[modifier | modifier le code]

Les rançons au Moyen Âge faisaient partie intégrante de l’économie d’un pays ou d’une région et constituaient une source importante de revenus pour la noblesse.

Au XXe siècle, des assurances et des fonds (tel le Fonds Terrorisme créé en 1986 en France) indemnisent a posteriori les victimes, tandis que des polices K&R (en) (« Kidnapping & Ransom » pour « Enlèvement et Rançon ») proposent aux entreprises de se prémunir financièrement contre les risques d’enlèvements de leurs salariés à l'étranger. Ces « assurances K&R » ont été créées en 1932 par la Lloyd's suite au kidnapping de Charles Augustus Lindbergh Jr., fils du célèbre aviateur Charles Lindbergh, la même année[1]. Ces contrats d'assurances se sont popularisés dans les années 1970 et se sont fortement développés depuis les attentats du 11 septembre 2001[2].

La rançon la plus élevée de l'histoire (60 millions de dollars de l'époque soit 300 millions d'aujourd'hui) a lieu pour la libération des frères Juan et Jorge Born (principaux actionnaires du conglomérat du Bunge et Born (en)), enlevés par un commando montonero en 1974[3]. Ce manque de professionnalisme dans ce type de négociation délicate incite Julian Radcliffe, directeur d'assurances au Lloyd's, à monter en 1975 la première société de consultants en kidnapping, la Control Risks Group (en)[4]. Depuis lors, les compagnies K&R couvrent la rançon fixée par les pirates, mais aussi tous les frais annexes (prise en charge psychologique, frais de transport de la rançon, etc.) et, plus largement, l'ensemble des frais de négociations avec les kidnappeurs[5].

Statistiques[modifier | modifier le code]

Selon le Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), entre 20 000 à 30 000 personnes seraient enlevées chaque année dans le monde (un nombre en hausse de 70 % depuis les années 1990), dont un quart d’Occidentaux, sans compter les cas de kidnapping non signalés par l’État ou les familles dans un souci de discrétion ou par crainte de représailles, ce qui est à l'origine d'un marché du kidnapping et de la rançon[2]. La journaliste à l'Agence France Presse Dorothée Moisan estime ce marché à un milliard d'euros, la moitié de l'argent étant versé aux rançonneurs, l'autre moitié pour les intermédiaires[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) James R. Marks, Bernard Kaapcke, Sharing the risk. How the nation's businesses, homes, and autos are insured, Insurance Information Institute,‎ 1989, p. 70
  2. a et b Agnès Bun, « La peur du risque terroriste, source de profits pour les assureurs », sur slate.fr,‎ 15 juin 2011
  3. François Gèze, Alain Labrousse, Argentine, révolution et contre-révolutions, Éditions du Seuil,‎ 1975, p. 243
  4. Dorothée Moisan, Rançons. Le business des otages, Fayard,‎ 2013, p. 89
  5. Pierre Conesa, « Une géopolitique du kidnapping », sur liberation.fr,‎ 27 décembre 2012
  6. « La prise d'otages, un business juteux pour beaucoup de monde », sur La Nouvelle République,‎ 31 octobre 2013

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]