Émirat du Caucase

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Émirat du Caucase
Имарат Кавказ (ce)
Кавказский эмират (ru)
Armoiries proposées
Armoiries proposées
Drapeau proposé
Drapeau proposé
Territoires revendiqués par l'Émirat du Caucase
Territoires revendiqués par l'Émirat du Caucase
Administration
Statut politique Territoire non-reconnu internationalement, en sécession de la Russie. État indépendant auto-proclamé.
Capitale Dƶovxar-Ġala (de jure)
Gouvernement
- Émir
Émirat
Dokou Oumarov  (2007-2014)
Ali Abou Muhammad al-Dagestani
Démographie
Population 6 315 744 hab. (2002)
Densité 59 hab./km2
Langue(s) Tchétchène
Russe (de facto)
Géographie
Coordonnées 44° N 43° E / 44, 43 ()44° Nord 43° Est / 44, 43 ()  
Superficie 106 400 km2
Divers
Monnaie Rouble russe (de facto)
Fuseau horaire UTC +3 (Heure de Moscou1
Sources
La superficie et le nombre d'habitants sont en fait ceux consacrés aux territoires revendiqués par l'Émirat.

L'Émirat du Caucase (en tchétchène : Имарат Кавказ, Imarat Kavkaz ; russe : Кавказский эмират, Kavkazskij emirat), aussi appelé Émirat caucasien, est un « État » autoproclamé, visant à installer la charia dans plusieurs régions du Caucase du Nord, lancé en [1] par le « président de la République tchétchène d'Itchkérie (CRI) », Dokou Oumarov.


Histoire[modifier | modifier le code]

La « République tchétchène d'Itchkérie » déclara son indépendance vis-à-vis de l'Union soviétique en octobre 1991. Son territoire correspondait à l'ancienne République socialiste soviétique autonome de Tchétchénie-Ingouchie, dont le leader Djokhar Doudaïev devint le premier président itchkère. Toutefois, aucune puissance étrangère n'accepta de nouer des liens diplomatiques avec le gouvernement séparatiste et seule la Géorgie de Zviad Gamsakhourdia reconnut son indépendance, fait qui ne dura guère longtemps car en janvier 1992, Gamsakhourdia lui-même fut renversé par un coup d'État et le Conseil militaire alors établi annula ensuite la reconnaissance. Toutefois, l'« Itchkérie » était de facto indépendante et la Russie ne pouvait supporter de voir une région sécessionniste sur son territoire. Cela mena à la première guerre de Tchétchénie le . Grozny, la capitale, fut prise par les Russes le , mais la guerre dura jusqu'en août 1996 et le départ des troupes fédérales. Ce conflit aurait fait entre 30 000 et 100 000 morts parmi les civils tchétchènes. En janvier 1997, Aslan Maskhadov fut élu président de la République en remplacement de Djokhar Doudaïev, qui avait été tué par l'aviation russe en avril 1996. Maskhadov ne put empêcher les provocations de certains de ses commandants, tels Chamil Bassaïev, ce qui entraina une nouvelle invasion des troupes de Moscou en 1999 et le déclenchement de la Seconde guerre de Tchétchénie; un an plus tard, son gouvernement partit en exil.

Toutefois, Maskhadov resta en Tchétchénie, même s'il n'avait pratiquement plus aucune autorité. À partir de ce moment, il entra en conflit juridique avec la Russie. Bientôt, il fut accusé d'être en rapport avec les commanditaires d'actes terroristes brutaux, tel que la Prise d'otages de Beslan en septembre 2004. Le gouvernement pro-russe d'Ossétie-du-Nord-Alanie le condamna par ailleurs comme terroriste. Il profita pourtant de son influence pour proclamer un cessez-le-feu provisoire en 2005 et, d'après certains, il abandonna ses prétentions séparatistes pour demander à Moscou de garantir l'existence de la nation tchétchène. Or, le gouvernement russe de Vladimir Poutine refusa le cessez-le-feu et, en mars 2005, Aslan Maskhadov fut tué lors d'un raid du FSB sur son fief de Tolstoï-Yourt. Il fut alors remplacé par le jeune Abdoul-Khalim Saïdoullaïev, qui promit d'établir une république démocratique une fois la guerre achevée. Condamnant les prises d'otage, il réussit toutefois à s'allier avec Chamil Bassaïev, le leader terroriste de la Confédération des Peuples du Nord-Caucase (CPNC). Il sera à son tour assassiné le et son vice-président Dokou Oumarov fut dès lors choisi pour lui succéder.

Oumarov décida de s'allier avec la CPNC dans le but de poser un ultimatum aux Russes. Mais la mort de Bassaïev lui apporta alors tous les pouvoirs et un contrôle total sur les islamistes de Ciscaucasie. Le , il abolit la République tchétchène d'Itchkérie dont il était président et proclama le grand « Émirat du Caucase », dont la Tchétchénie n'était qu'une simple province parmi bien d'autres. Toutefois, Akhmed Zakaïev, l'ancien chef du « gouvernement itchkère en exil » à Londres, déclara illégitime la proclamation, de même que l'abolition, et assuma la tête du gouvernement parlementaire par intérim. À partir de ce moment, un conflit constitutionnel entre les extrémistes musulmans et les républicains de Londres débuta, avec à l'appui propagandes et insultes, utilisés dans les médias de chacun des deux partis.

Géographie[modifier | modifier le code]

Division administrative[modifier | modifier le code]

L'« Émirat du Caucase » au moment de sa proclamation comprenait six divisions administratives, les wilayas :

Le 11 mai 2009, la wilaya d'Iriston était supprimée et insérée dans la composition de la wilaya Galga cho'[2].

Étendue de l'Émirat[modifier | modifier le code]

Politique[modifier | modifier le code]

Gouvernement[modifier | modifier le code]

Au moment de la proclamation (2007): Le chef de l'« Émirat du Caucase » est l'émir Dokka Abu Usman (Dokou Oumarov). Le premier adjoint (Naib) du chef de l'Émirat du Caucase est Soupian Abdoullaïev (décédé le 28 mars 2011).

En octobre 2011, un rapport d'études fourni par le Center for Strategic & International Studies révèle que le gouvernement de l'« Émirat du Caucase » est le suivant[3]:

En mars 2014, suite au décès d'Oumarov, le gouvernement devient le suivant :

Les émirs des wilayas sont choisis parmi les émirs des groupements locaux autonomes ethniques de combat (jamaat).

L'organe consultatif suprême de l'« émirat du Caucase » est une Majlis-ul-Choura, composé d'émirs supérieurs - les chefs et les dirigeants des jamaats des wilayas.

Relations étrangères[modifier | modifier le code]

L'« Émirat du Caucase » a aussi des représentants officiels à l'étranger - Vekalat - présidés par le représentant plénipotentiaire des mudjaheds et la direction de l'« Émirat du Caucase » - Wakil (en fin août 2009 ce poste est occupé par Chamsouddin Batoukaïev)[5].

Puissance militaire[modifier | modifier le code]

Les forces armées de L'« Émirat du Caucase » compteraient plusieurs milliers de "moudjahiddines", répartis en différents "djamaat" (groupuscules) et opérant du Daghestan à la République de Kabarda-Balkarie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Proclamation de l'Émirat du Caucase
  2. http://generalvekalat.org/content/view/37/30/
  3. (en) [1]
  4. (en)Ingush Insurgency Commander Affirms Support For Embattled Cleric RFE, 1er août 2013
  5. Le site officiel d'information de Vekalat (représentant) de l'Émirat Caucasien à l'étranger aujourd'hui disparu était http://generalvekalat.org/