Ibrahim

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Sur une enluminure ottomane, Gabriel arrête le bras d'Ibrahim prêt à sacrifier son fils que la tradition islamique apparente à Ismaël.

Ibrahim (إبراهيم) est le nom d'Abraham dans l'islam. Il porte le surnom de Hanifa, et est communément appelé Khalil Allah (l'ami de Dieu). Ibrahim est l'un des prophètes de l'islam, et il joue un rôle essentiel dans la foi musulmane, l'islam se percevant comme la continuité de la foi d'Ibrahim. Ibrahim est généralement présenté aux musulmans comme le modèle du croyant, par sa soumission à Allah, qui est commémorée annuellement par l'Aïd el-Kebir.

Sommaire

[modifier] Dans le coran

Ibrahim est cité plusieurs fois dans le Coran, et la sourate 14 porte traditionnellement son nom. La jeunesse d'Ibrahim y est évoquée, en particulier sa querelle avec son père, qui symbolise l'ancienne croyance polythéiste. Le coran évoque également sa découverte de la foi monothéiste, présentée comme une émanation de sa raison.

Dans le passage du Coran relatant cet épisode, Ibrahim se cherche un dieu et désigne tout d'abord une étoile comme son seigneur. Mais celle-ci disparaît, à sa grande déception. Par la suite, il fait de même pour la Lune, puis le Soleil. Mais ils finit par renier toutes les idoles adorées par son père et ses pairs, et se tourne vers « Celui qui a créé (à partir du néant) les cieux et la terre »[1].

Dans le coran, Ibrahim choisit un jour de ne pas participer à une fête solennelle, prétextant qu'il est malade, et profite de l'absence des autres pour détruire toutes les idoles de son village, à l'exception d'une d'entre elles. Accusé de cet acte de destruction sacrilège, il affirme que c'est l'idole restante, la plus grande d'entre elles, qui est responsable, et défit les autres villageois de la faire témoigner, cherchant ainsi à démontrer qu'il ne s'agit que d'une simple statue, et non d'un être divin. Pour ces actes, Ibrahim est condamné à être brûlé, mais Dieu le sauve.

Cet épisode est proche de la tradition hébraïque, notamment du midrash Abraham, les idoles et Nemrod. Selon le Coran, il inspire plus tard Mahomet, lorsqu'il revint d'exil, à la prise de la Mecque, où il détruisit des idoles.

Ibrahim est l'époux de Sarah, réputée pour sa beauté, et qu'il présente comme sa sœur. Celle-ci attire l'attention du pharaon, qui tente d'abuser d'elle. Dieu intervient et le Pharaon, paralysé, ne parvient pas à la toucher. Il rend à Ibrahim son épouse et lui offre de nombreux présents, que Ibrahim refuse d'accepter. Il propose à Sarah de prendre une servante parmi les quatre cents jeunes filles de son royaume. Elle choisit celle qui a un statut supérieur à toutes les autres, Agar, qu'elle apprécie dès sa première rencontre[2]. Ibrahim, suivant le conseil de Sarah qui est stérile, épouse ensuite Agar qui lui donne un fils : Ismaël.

Sarah fait chasser Agar et Ismaël. Ils errent dans le désert et seraient morts de soif si l'archange Gabriel n'était pas venu indiquer à Agar un puits plein d'eau. La tradition musulmane désigne généralement ce point d'eau comme le puits de Zamzam, en Arabie saoudite. La course d'Agar se lamentant de ne pas trouver d'eau à donner à son fils mourant est reproduite chaque année par les pèlerins musulmans lors du Hajj à La Mecque au cours d'une journée particulière entre Safâ et Marwah (saʿīy, سَعْيي, course; effort; recherche).

C'est alors que vient l'ordre divin de sacrifier Ismaël[3], ce fils unique qui a grande importance aux yeux d'Ibrahim. La tradition place cet évènement près de La Mecque, à l'emplacement nommé Mina. Le récit coranique ne nomme pas explicitement le fils sacrifié, mais le contexte suggère fortement que c'est Ismaël, jouant sur l'ambiguïté du « fils unique » (Genèse/Bereshit 22:2 ; Coran 37:99–111 cf. infra). Les Hadiths sont, par contre, plus explicites.

Trois anges, sous la forme d'hommes, lui annoncent la naissance d'un fils de Sarah (Isaac), malgré leur vieillesse et la stérilité de sa femme qui est également ménopausée. D'après Tabarî, il s'agit des trois archanges : Gabriel, Michel et Israfil. Les anges lui font savoir également qu'ils sont envoyés par Dieu pour détruire le peuple de son neveu, Loth, qui sera sauvé lui et sa famille, excepté sa femme qui fait partie des damnés.

Il reconstruit la Maison Sacrée du Très-Haut (la Ka'ba) avec l'aide d'Ismaël. Elle était originellement construite par Adam, mais fut détruite par le déluge au temps de Noé. Ainsi Dieu donna l'ordre à Ibrahim de la rebâtir à l'endroit où il avait laissé son fils aîné s'établir. Dieu lui aurait également montré comment il ressuscitera les morts le jour de la Résurrection. Selon les traditions musulmanes, Ibrahim est enterré à Hébron.

Les tribus arabes ismaélites, dont celle du prophète Mahomet, les Quraychites, se considèrent traditionnellement comme des descendants directs d'Ismaël, induisant une filiation entre Mahomet et Ibrahim.

[modifier] Le sacrifice demandé à Ibrahim

L'épisode du sacrifice demandé à Ibrahim par Dieu est d'un importance majeur dans l'islam. Selon le coran, Ibrahim accepte d'immoler son fils comme Dieu l'ordonne, se privant ainsi de toute descendance, lorsqu'un ange arrête son bras et qu'Ibrahim aperçoit un bélier qu'il sacrifie alors à la place de son fils. Ce geste est fondateur de l'acte de foi parfait demandé par Dieu à Ibrahim, auquel il vaut le fait d'être considéré comme le premier des musulmans, à cause de son acte de soumission totale à la volonté de Dieu. Cet épisode de la tradition coranique est célébré annuellement par les musulmans au cours de l'Aïd el-Kebir.

Le Coran et les Hadiths indiquent que le sacrifié était Ismaël, tandis que c'est Isaac pour le judaïsme et le christianisme. La tradition musulmane estime qu'Isaac ne fut jamais le fils unique d'Abraham, et que le texte original de la Tawrat portait selon toute vraisemblance Ismaël au lieu de Yitzhaq.

[modifier] Recueils des citations d'Ibrahim dans le Coran

Ces passages principaux ne sont pas les seuls à mentionner Ibrahim dans l'ensemble du Coran.

La Sourate 14 : Abraham (Ibrahim) qui porte son nom parle de lui aux versets 35 à 41 en rapportant sa prière.

[modifier] Notes et références

  1. Coran, 6 75-79
  2. Tabarî, La Chronique : Histoire des Prophètes et des rois. Un volume. Traduit du persan par Hermann Zotenberg. Édition : La Ruche. Pages 77-78
  3. Le sacrifice d'Isaac, ou d'Ismaël ?

[modifier] Articles connexes

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