Al-Karak

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Al-Karak
الكرك
Château fort et ville d'Al-Karak.
Château fort et ville d'Al-Karak.
Administration
Pays Drapeau de la Jordanie Jordanie
Province Karak
Démographie
Population 23 094 hab. (2009)
Géographie
Coordonnées 31° 10′ 50″ N 35° 42′ 05″ E / 31.180479, 35.701253 ()31° 10′ 50″ Nord 35° 42′ 05″ Est / 31.180479, 35.701253 ()  
Altitude 1 000 m
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Jordanie (administrative)

Voir sur la carte Jordanie administrative
City locator 12.svg
Al-Karak
Sources
« Jordan Department of Statistics »
« Index Mundi »
La cour supérieure du château

Al-Karak écrit aussi Karak ou Kerak[1] est une ville de Jordanie situé à quelques kilomètres à l'est de la Mer Morte et sur le territoire de laquelle a été édifié un célèbre château fort croisé au XIIe siècle. Il s'agit de la capitale du gouvernorat de Karak.

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville Al-Karak, comprise autrefois au sein du Royaume de Jérusalem, se situe dans le sud d'Amman sur l'ancienne Route du Roi. La ville est construite sur un plateau triangulaire à environ 1 000 mètres d'altitude avec l'ancienne place forte des Croisés dans sa pointe sud. Du plateau, Al-Karak jouit d'une vue dégagée sur la mer Morte. Autour du château fort s'est édifiée une ville d'environ 20 000 habitants dans laquelle se trouvent aujourd'hui de nombreux bâtiments du XIXe siècle ottoman restaurés.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le site d'Al-Karak est habité depuis l'âge du fer, et devient une ville importante à l'époque des Moabites qui appellent l'endroit Qir of Moab. Dans la Bible il est appelé Qer Harreseth et semble avoir été soumis à l'empire assyrien. Le lieu tombe sous la coupe des Nabatéens, puis l'empire romain le conquiert en 105.

Au cours de la période hellénistique tardive, Al-Karak devient une ville importante dénommée Kharkha.

Sous l'Empire byzantin la ville devient un archevêché avec sa très vénérée « église de Nazareth » et reste à dominante chrétienne sous le joug arabe.

La ville devient un centre urbain important au moment des Croisades et de la dynastie ayyoubide auxquelles on doit les plus importants vestiges architecturaux.

Les Ghassanides (Al-Ghassasneh) sont considérés comme étant la première tribu à habiter la ville de Karak. La tribu, nombreuse, se compose de plusieurs familles : Suheimat, Dmour, Mbaydeen, Adaileh, Soub, Karakiyeen.

Krak des Moabites[modifier | modifier le code]

La construction de cette imposante forteresse croisée commence autour de 1140, sous la direction de Payen le Bouteiller, le majordome de Foulque V d'Anjou. Les Croisés l'ont appelé le krak des Moabites ou Kerak de Moab[2], comme cela est indiqué dans les livres d'histoire (voir krak des Chevaliers, autre forteresse avec laquelle il est souvent confondu). Le château fort se situe au sud d'un plateau rocheux. C'est un bel exemple d'architecture des Croisés, un mélange de style européen, byzantin et arabe.

Payen était à la tête de la Seigneurie d'Outre-Jourdain en transjordanie, et Karak était devenu son fief, en remplacement de celui de Montréal moins bien protégé et plus au sud.

Le krak de Moab est connu pour avoir abrité Renaud de Châtillon. Ce krak est le plus proche de Jérusalem des trois châteaux connus (krak des chevaliers, krak de Moab, krak de Montréal). Il est construit sur une montagne rocheuse et comporte des douves allant jusqu’à 20 m de haut. Comme chaque krak, il était conçu pour résister à de longs sièges, autant par ses approvisionnements que par ses défenses. Il est encore debout.

C'est de là que Renaud de Châtillon organisa des attaques de caravanes sarrasines escortées de marchands se déplaçant du Caire à Damas et de pèlerins allant à La Mecque. Il fit emprisonner des marchands dans Kérak, ce qui déclencha le siège du krak par Saladin en 1183. Assiégé, Renaud fit allumer un grand brasier en haut du donjon de la citadelle, celui-ci visible de plusieurs kilomètres, permit d'alerter l’ost royal de Jérusalem, alors encore commandé par le roi lépreux Baudouin IV. Baudouin vint au secours de Kérak et Saladin décida de lever le siège. Mais ce siège eut pour effet de rompre la trêve qui existait alors entre Saladin et Raymond III de Tripoli et cela déclencha la guerre sainte, la bataille de Hattin et la prise de Jérusalem par Saladin, dernier échec qui engendra en partie la 3e croisade.

Après la bataille de Hattin en 1187, Saladin fait à nouveau le siège de Karak et finit par le prendre en 1189. La légende raconte qu'au cours du siège les assiégés durent vendre femmes et enfants pour acheter de la nourriture.[réf. nécessaire]

En 1263, le mamelouk Baybars agrandit le krak et construit une tour au coin nord-ouest du château.

En 1840, Ibrahim Pacha prend possession de la place et détruit la quasi-totalité de ses fortifications.

Le musée archéologique de Karak est situé dans la cour basse du château. Il a été entièrement rénové et a rouvert ses portes en 2004. Il présente l'histoire locale et l'archéologie de la région depuis la période préhistorique jusqu'à l'ère islamique. Il se concentre particulièrement sur l'histoire des croisés au sein de leur forteresse d'Al-Karak.

Cuisine[modifier | modifier le code]

Al Karak est connue pour être la capitale du plat national jordanien, le mansaf.

Jumelage[modifier | modifier le code]

Le 9 novembre 2005, Karak s'est jumelée à Birmingham aux États-Unis. Le jumelage a été cosigné à Birmingham par les deux maires respectifs, Mohammed Ma'aita et Bernard Kincaid.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. en arabe : al-karak, الكرك
  2. Kerak de Moab mais aussi en latin : Petra Deserti, Pierre du Désert (cf. Maxime Goepp, Les forteresses de Jordanie, Kerak de Moab)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]