Boko Haram

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Boko Haram
Image illustrative de l'article Boko Haram

Idéologie Islamisme, salafisme[1]
Objectifs Instauration de la charia au Nigeria
Statut Actif
Fondation
Date de formation 2002
Fondé par Mohamed Yusuf
Pays d'origine Drapeau du Nigeria Nigeria
Actions
Mode opératoire Lutte armée, guérilla, attentats-suicides, massacres, prises d'otages
Zone d'opération Nord du Nigeria
Nord du Cameroun
Organisation
Chefs principaux Mohamed Yusuf (tué en 2009)
Abubakar Shekau
Membres 30 000[2]
Rébellion islamiste au Nigeria

Boko Haram, de sa dénomination abrégée en haoussa, ou groupe sunnite pour la prédication et le djihad[3],[4] (arabe : جماعة اهل السنة للدعوة والجهاد, Jamāʿat ʾahl al-sunnah li-l-Daʿwah wa-al-Jihād), est un mouvement religieux du Nigeria classé comme organisation terroriste par les États-Unis[5] et fréquemment qualifiée de secte[6],[7]. Fondée par Mohamed Yusuf en 2002, l'organisation a pour objectif de faire appliquer strictement la charî'a dans tout le pays[8].

Le groupe, activement combattu par les forces armées nigérianes, s'est illustré par une série de violences à l'encontre du gouvernement, des chrétiens et de la population musulmane des régions où il est implanté. Prônant un islam radical et rigoriste, voire sectaire et hétérodoxe, l'idéologie du mouvement s'inspire lointainement des talibans d'Afghanistan[9], rejetant la modernité et visant à instaurer la charia dans les États du nord du Nigeria et à l'étendre à l'ensemble du pays. Il lui est reproché de multiples exactions et des actes qualifiables de crimes contre l'humanité[10].

Idéologie[modifier | modifier le code]

Le nom « Boko Haram » signifie « L'éducation occidentale est un péché »[11]. Boko (de book, « livre » en anglais, mais l'explication est contestée[12]) est un alphabet latin, créé par les autorités coloniales anglaises (principalement) et françaises, pour transcrire la langue haoussa et, par dérivation, il désigne l'école laïque. Haram est un mot arabe signifiant « interdit » ou « illicite » dans l'islam[13],[14],[15],[16].

Bien que revendiquant une filiation avec l'islamisme salafiste et les Talibans afghans, Boko Haram est fréquemment qualifié de secte. Selon Marc-Antoine Pérouse de Montclos, spécialiste du Nigeria chargé de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD) « le groupe tient à la fois de la secte et du mouvement social. Dès ses débuts, il est sectaire de par son intransigeance religieuse, son culte du chef, ses techniques d’endoctrinement, son intolérance à l’égard des autres musulmans et son fonctionnement en vase clos »[17]. D'après lui, son discours est également très hétérodoxe : « la doctrine de Boko Haram ne correspond pas vraiment au modèle wahhabite : c'est une secte qui endoctrine et a recours à la magie. Certains fidèles de Boko Haram portent des grigris, cela ne ressemble pas vraiment à Al-Qaeda[6]. »

Cependant pour Mathieu Guidère, professeur d'islamologie à l'Université Toulouse - Jean Jaurès, « Boko Haram n'est pas une secte, c'est un mouvement insurrectionnel islamiste »[2].

Dénonçant la Constitution nigériane comme calquée sur les valeurs occidentales, Boko Haram déclare vouloir instaurer la Charia et un État islamique, sur l'ensemble du Nigeria[18]. Mais, le gouverneur Aliyu estime que la plupart des activités du groupe, sont en fait anti-islamiques et contraires à la charî'a[19].

Selon l'avis d'experts[Qui ?], en réponse à des rumeurs[Lesquelles ?] prêtant à la secte des liens avec Al-Qaeda, les deux groupuscules poursuivent des objectifs différents[20]. Bien que tous deux opposés à la modernité et aux valeurs occidentales, Boko Haram se distingue par des attaques essentiellement anti-gouvernementales et non contre des intérêts occidentaux. De plus, ses membres se réclament des Talibans afghans, sans pour autant entretenir de liens directs avec eux.

Cependant, à partir de 2010 et surtout des attentats de l'été 2011, il est possible que Boko Haram ait tissé des liens avec Al-Qaeda au Maghreb islamique (l'ancien Groupe salafiste pour la prédication et le combat algérien)[21]. Selon Athmane Tazaghart, essayiste et spécialiste de l'islam radical, Boko Hakam serait ainsi passé d'une secte salafiste réactionnaire, à une formation djihadiste pratiquant le terrorisme islamiste.

Mais pour Bertrand Monnet, directeur de la chaire Management des risques criminels de l'EDHEC, l'agenda de Boko Haram est « exclusivement nigérian » et « ne prône pas le djihad international », contrairement à sa branche dissidente Ansaru[22].

Dans une vidéo diffusée le 13 juillet 2014, Abubakar Shekau apporte son soutien à la fois à Abou Bakr al-Baghdadi, calife de l'État islamique, Ayman al-Zaouahiri, émir d'Al-Qaïda et au Mollah Omar, chef des Taliban[23].

Effectifs[modifier | modifier le code]

En mai 2014, Mathieu Guidère estime que Boko Haram dispose de près de 30 000 hommes[2].

La plupart de ses combattants sont issus de l'ethnie Kanouri[24].

Depuis la prise de commandement par Abubakar Shekau, Boko Haram serait dirigé par un Conseil de la Choura de trente membres. Selon un rapport du département de la sécurité intérieure des États-Unis « cette structure laisse place à la possibilité de divisions et ne fournit pas de garantie lorsque quelqu'un prétend parler au nom du groupe, qu'il représente l'ensemble des factions […], Shekau travaille avec quelques chefs de factions, et maintient très peu de contacts avec les combattants sur le terrain »[24].

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation et endoctrinement[modifier | modifier le code]

Boko Haram est fondé en 2002 par Mohamed Yusuf, prédicateur radical, à Maiduguri, capitale de l’État de Borno. C'est d'abord une mosquée dotée d'une école coranique où les familles pauvres peuvent envoyer leurs enfants[18]. L'organisation se politise et attire alors de jeunes étudiants en rupture de ban à l'université. Selon le journal Rationalist International, un mouvement connu sous le nom de « Disciples du Prophète » (Al Sunna Wal Jamma), se réclamant également des Talibans afghans, fut la source de violences au sein de Damaturu, capitale de l’État de Yobe, le 31 décembre 2003[25]. Durant l'attaque, le groupe manifeste son hostilité envers le régime de Umaru Yar'Adua en vandalisant des postes de police afin de se procurer des armes et des munitions. Il occupe temporairement la localité de Kanamma, proche de la frontière avec le Niger, entraînant l'exode de la moitié des habitants.

De 2004 à 2009, des heurts souvent violents opposent ses militants aux forces de sécurité. Le gouvernement sous-estime le danger et prend la secte pour un groupuscule d'illuminés sans soutien[18]. En 2006, Mohamed Yusuf fait l'objet d'une enquête pour activités supposées illégales, mais l'instruction est abandonnée[20]. Il est arrêté à plusieurs reprises, notamment le 13 novembre 2008, pour « rassemblements illégaux » et « troubles à l'ordre public », mais relaxé sur décision de la cour.

Conflit armé de 2009 et mort de Mohamed Yusuf[modifier | modifier le code]

Bauchi, Wudil, Potiskum et Maiduguri, les quatre villes les plus touchées par les combats de 2009

Le 26 juillet 2009, une nouvelle série de violences débute après une attaque simultanée des islamistes dans quatre États du nord du Nigeria (Bauchi, Borno, Yobe et Kano). Le gros des combats oppose les troupes gouvernementales aux membres de l'organisation à Maiduguri et dure cinq jours (l'armée n'est intervenue qu'au bout du quatrième jour après avoir constaté l'inefficacité de la police ; ainsi les combats contre l'armée n'ont pas duré plus d'une journée ; ce sont ceux contre la police qui ont duré cinq jours). Selon Umaru Yar'Adua, l'opération des forces armées nigérianes devait mener à la chute définitive du mouvement fondamentaliste. Le 30 juillet 2009, les forces de sécurité infligent une sérieuse défaite aux fondamentalistes et les chassent de la capitale de l'État de Borno. Le bilan des combats s'élève à plus de 700 morts, dont au moins 300 militants islamistes. Mohamed Yusuf, capturé par l'armée à Maiduguri, est exécuté par la police[26]. Les combats cessent en milieu de journée.

Le 14 août 2009, Sanni Umaru, membre de Boko Haram se présentant comme le successeur de Mohamed Yusuf, lance un appel au jihad au Nigeria dans une lettre datant du 9 août[27]. Il reconnaît la mort d'au moins 1 000 membres de la secte suite aux combats de juillet 2009.

Poursuite du mouvement et attentats[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rébellion islamiste au Nigeria.
Drapeau utilisé par Boko Haram[28].

Après l'échec de leur insurrection, d'août 2009 à août 2010, de nombreux membres de Boko Haram se sont enfuis au Niger et au Tchad, la secte reste discrète et se réorganise en secret à Maiduguri[29], dans la région de la forêt de Sambisa. En septembre, elle refait surface de façon spectaculaire en prenant d'assaut la prison de Bauchi réussissant à libérer 700 prisonniers dont 150 adeptes.

Noël 2010 est l'occasion d'intensifier la lutte contre les chrétiens, attaques, incendies et assassinats ciblés font plusieurs dizaines de morts[30], notamment un attentat à Jos faisant à lui seul quatre-vingts victimes[31].

À partir d'avril 2011, le groupe multiplie les attentats à la bombe contre des églises chrétiennes, des gares, des hôtels, débits de boisson et des bâtiments officiels[32]. L'élection présidentielle de mai et la victoire de Goodluck Jonathan sont l'occasion d'autres attentats qui font une dizaine de morts[33]. Le 21 juin, une dizaine d'hommes armés attaque la ville de Kankara, dans l'État de Katsina, incendie un poste de police, libère les détenus et pille une banque, tuant 7 personnes dont 5 policiers[34].

La volonté affichée du gouvernement à partir de juillet 2011 de négocier avec Boko Haram[35] n'empêche pas celle-ci de poursuivre la lutte armée[36] et de revendiquer l'attentat kamikaze contre la représentation des Nations unies à Abuja le 26 août 2011 au cours duquel 18 personnes trouvent la mort[37].

Le 4 novembre 2011, le quartier chrétien de Damaturu est pris pour cible par Boko Haram, faisant 130 morts chez les chrétiens, et détruisant dix églises. Après cet attentat, 100 personnes sont portées disparues. Avant d'assassiner les chrétiens, les membres de Boko Haram attaquent des postes de police, la préfecture de police et une base militaire. Leur but est de tuer quiconque ne veut pas adhérer à l'Islam[38].

Le 25 décembre 2011, jour de Noël, Boko Haram revendique un attentat contre une église à Madalla, en périphérie d'Abuja, la capitale fédérale du Nigeria (27 morts), alors qu'un second attentat vise une église évangélique de Jos, épicentre de violences intercommunautaires dans le centre du pays. Ces attentats succèdent à une série d'attaques dans le nord-est du pays (Damaturu et Potiskum dans l'État de Yobe, et Maiduguri, capitale de l'État voisin de Borno) les 22 et 23 décembre qui auraient fait près de cent morts[39].

Le 22 avril 2013, de violents combats entre l'armée et les rebelles islamistes de Boko Haram ont lieu à Baga, dans l'État de Borno.

Le 14 mai 2013, le Président du Nigéria Goodluck Jonathan proclame l'état d'urgence dans trois États du nord-est du pays : Borno, Yobe et Adamawa.

Le 18 septembre 2013, l'armée annonce avoir tué 150 membres de Boko Haram[40].

Le 13 novembre 2013, le prêtre Fidei donum français Georges Vandenbeusch est enlevé et pris en otage par l'organisation. Il est libéré le 31 décembre 2013.

Massacres et exactions[modifier | modifier le code]

Les islamistes de Boko Haram commettent de nombreux massacres, principalement contre des civils des villages où sont constituées des milices d'autodéfense, les élèves et les professeurs d'établissements scolaires et les chrétiens. En 2013, Bertrand Monnet, directeur de la chaire Management des risques criminels de l'EDHEC déclare :

« Il faut savoir qu'à côté de Boko Haram, AQMI, le MUJAO ou Ansar Eddine sont des agneaux. Les terroristes de Boko Haram sont des barbares : ils tuent des centaines de personnes toute l'année, mitraillent des églises, lancent des grenades pendant les offices et font des raids dans les villages chrétiens qu'ils transforment en Oradour-sur-Glane. Ce qui déclenche d'ailleurs des représailles contre des musulmans[41]. »

Les principaux massacres commis par Boko Haram sont ceux de Benisheik (161 morts le 18 septembre 2013), Izghe (environ 170 morts le 15 février 2014), Gamboru Ngala (336 morts le 5 mai 2014), Goshe, Attagara, Agapalwa et Aganjara (plusieurs centaines de morts le 3 juin 2014) et Damboa (plus de 100 morts la nuit du 17 au 18 juillet 2014).

Le nom officiel de Boko Haram est « Jamāʿat ʾahl al-sunnah li-l-Daʿwah wa-al-Jihād » qui signifie en arabe « Peuple engagé dans la propagation de l'enseignement du prophète Mahomet et du jihad ». Dans sa définition abrégée en haoussa, « Boko Haram » signifie « L'éducation occidentale est un péché »[11]. Boko Haram cible donc particulièrement les lycées et les écoles où sont dispensé un enseignement jugé trop occidental par les islamistes. À plusieurs reprises, ces derniers attaquent des établissement scolaires, massacrant professeurs et lycéens comme à Mamudo, Gujba ou Buni Yadi. Si les lycéennes ne sont pas tuées, elles sont souvent enlevées pour être mariées de force à des djihadistes, une vingtaine sont ainsi enlevées le 11 février 2014, lors du massacre de Konduga. Le rapt le plus important a lieu le 14 avril à Chibok, 276 lycéennes âgées de 12 à 17 ans sont capturées par des islamistes qui effectuent un raid sur la ville (53 d'entre elles parviennent à s'échapper dans les trois semaines qui suivent selon la police nigériane)[42],[43],[44],[45],[46]. Le 5 mai, le rapt des lycéennes de Chibok est revendiqué par Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram qui déclare : « J'ai enlevé les filles. Je vais les vendre sur le marché, au nom d'Allah. [...] J'ai dit que l'éducation occidentale devait cesser. Les filles, vous devez quitter (l'école) et vous marier »[47].

Selon le gouverneur de l'État de Borno, 176 enseignants ont été tués par Boko Haram dans cet État de 2011 à juillet 2014[48].

Des exactions sont également commises par Boko Haram, au nord du Cameroun. Le 11 mars, des hommes armés enlèvent Abakoura Ali, chef traditionnel du village de Ngoumouldi, après avoir également enlevé son fils, encore enfant, cinq jours plus tôt. Leurs deux corps sont retrouvés décapités le 13 mars, en territoire nigérian. Selon un policier de Kerawa, ville située à la frontière du Nigeria, une cinquantaine de Camerounais ont été assassinés dans les environs de la ville[49],[50].

Le 17 février 2014, Amnesty International qualifie les exactions commises par Boko Haram de crimes contre l'humanité[51].

Le 15 juillet 2014, Human Rights Watch déclare avoir comptabilisé 95 attaques commises Boko Haram lors des six premiers mois de l'année 2014, elles ont causé la mort d'au moins 2 053 civils, dont 1 446 dans l'État de Borno[52].

Otages étrangers[modifier | modifier le code]

Le premier enlèvement de ressortissants occidentaux revendiqué par Boko Haram a lieu le 19 février 2013. Ce jour-là une famille française est enlevée au parc national de Waza dans le nord du Cameroun, elle est ensuite conduite au Nigeria. Les otages sont ; Tanguy Moulin-Fournier, 40 ans, cadre de GDF Suez, son épouse Albane, 40 ans, leurs quatre fils âgés de 5 à 12 ans, et Cyril, le frère de Tanguy[53],[54]. L'enlèvement est revendiqué dans une vidéo publiée le 25 février par Boko Haram. Les islamistes réclament la libération de combattants, de femmes et d'enfants détenus par le Nigeria et le Cameroun[55],[56]. Le 21 mars, une seconde vidéo est rendue publique par Boko Haram, Abubakar Shekau, le chef du mouvement déclare : « Nous sommes fiers d'affirmer que nous retenons les sept otages français. Nous les retenons parce que les autorités nigérianes et camerounaises ont arrêté des membres de nos familles, qu'ils les brutalisent et que nous ne savons rien de leurs conditions d'emprisonnement. Nous affirmons au monde que nous ne libérerons pas les otages français tant que nos familles sont emprisonnées. La force ne servira pas à les libérer, nous sommes prêts à nous défendre avec force »[57]. Les négociations sont menées essentiellement par le gouvernement camerounais[58]. La famille est libérée le 19 avril 2013, lors d'un échange de prisonniers, 10 ou 12 personnes auraient été relâchées en contrepartie[59]. Selon iTélé, qui cite des sources opérationnelles locales, sept millions de dollars auraient été versés pour la libération des otages. Ils auraient pu être versés directement sur les fonds du président camerounais Paul Biya ou par le groupe GDF-Suez. Cette information est cependant démentie par le premier ministre français Jean-Marc Ayrault[60].

Dans la nuit du 13 au 14 novembre 2013, Georges Vandenbeusch, un prêtre catholique français de 42 ans, est enlevé à Nguetchewé, au nord du Cameroun. Quelques jours plus tard, son enlèvement est revendiqué par Boko Haram. Il est libéré le 31 décembre 2013[61],[62],[63]. Boko haram déclare alors à l'AFP n'avoir reçu aucune rançon et affirme que : « La direction a décidé de libérer le prêtre par compassion. Le prêtre a offert ses services médicaux à des membres [du groupe] malades pendant sa période de captivité. La direction a senti qu'il n'y avait plus besoin de le garder. » Ces propos sont cependant contestés par Georges Vandenbeusch, qui déclare : « Je ne suis ni infirmier ni médecin. S'ils m'avaient amené quelqu'un à soigner avec une hémorragie, j'aurais fait ce que je pouvais, mais ils ne l'ont pas fait. Ils n'ont de compassion pour personne »[64].

Dans la nuit du 4 au 5 avril 2014, à Tchère, à environ 20 kilomètres de Maroua, située à l'extrême nord du Cameroun, deux prêtres italiens, Giampaolo Marta et Gianantonio Allegri, et une religieuse canadienne, Gilberte Bussière, sont enlevés par des hommes armés[65]. Boko Haram est soupçonnée mais ne revendique pas l'enlèvement. Les trois religieux sont finalement relâchés la nuit du 31 mai au 1er juin 2014[66].

La nuit du 16 au 17 mai 2014, des islamistes transportés par cinq véhicules attaquent un camp de travailleurs du secteur routier, près de Waza, au nord du Cameroun. Un civil chinois est tué, et 10 autres sont enlevés par les assaillants[67].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Charlotte Bozonnet, « Au Nigeria, « Boko Haram élimine des villages entiers suspectés d'avoir collaboré avec le pouvoir » : Interview de Marc-Antoine Pérouse de Montclos », Le Monde,‎ 18 mars 2014 (ISSN 0395-2037, lire en ligne)
  2. a, b et c Le Figaro : Boko Haram : la mobilisation médiatique est-elle efficace ou contre-productive ?
  3. El Watan : Choses à savoir sur Boko Haram
  4. « Le Nigeria face au spectre d'une guerre de religion », Le Monde,‎ 2011-12-11 (consulté le 2012-01-02)
  5. « Homeland Security Committee Report Details Emerging Homeland Threat Posed by Africa-Based Terrorist Organization, Boko Haram », Committe on Homeland Security,‎ 2011-11-30 (consulté le 2012-01-02)
  6. a et b Le Nigeria est très loin de la guerre civile, interview par Quentin GIRARD, Libération, samedi 13 janvier 2012
  7. Cyril Bensimon, « Boko Haram, une secte islamiste radicale qui a basculé dans la folie meurtrière », Le Monde,‎ 7 mai 2014 (ISSN 0395-2037, lire en ligne)
  8. « Dozens killed in Nigeria clashes », AlJazeera,‎ 2011-12-24 (consulté le 2011-12-24)
  9. « Qui sont ces « talibans » du Nigeria », El Watan,‎ 29 juillet 2009 (lire en ligne)
  10. La Dépèche, 10 mai 2014
  11. a et b AFP, « Plus de 260 morts dans les combats entre police et "talibans" », Jeune Afrique,‎ 29 juillet 2011 (lire en ligne)
  12. (en)[1] 'Boko Haram' doesn't really mean 'Western education is a sin' Boko Haram gets lost in translation. Oh, and the word 'boko' isn't derived from the word 'book.'By Dan Murphy, Staff writer / May 6, 2014
  13. (en) « Nigeria's 'Taliban' enigma », BBC News,‎ 28 juillet 2009 (lire en ligne)
  14. (en) maguzawa.dyndns.ws (dictionnaire haoussa-anglais)
  15. (en) Florian Coulmas, The Blackwell encyclopedia of writing systems, Malden, Wiley-Blackwell,‎ 1999 (ISBN 978-0-631-21481-6), p. 196
  16. (en) Peter K. Austin, One Thousand Languages: Living, Endangered, and Lost, Berkeley, University of California Press,‎ 2008 (ISBN 978-0-520-25560-9), p. 64
  17. Libération : En quoi Boko Haram est-il une secte ?
  18. a, b et c Malika Groga-Bada, « Nigeria : Boko Haram, la secte des assassins », Jeune Afrique,‎ 27 juillet 2011
  19. Jimmoh, Abbas, « Boko Haram not representing Islam –Gov Aliyu », Sunday Trust,‎ 2011-06-13 (consulté le 2012-01-02)
  20. a et b (fr) Al-Qaïda et Boko Haram : même combat ? BBC Afrique.com, 6 août 2009
  21. Nicolas Champeaux, « Attentat au Nigeria : quels sont les liens entre Boko Haram et Aqmi ? », RFI,‎ 27 août 2011 (lire en ligne)
  22. L'Express : Nigeria: "Boko Haram n'avait sans doute pas rêvé une telle promotion"
  23. AFP et Le Monde : Boko Haram soutient l'EI, Al-Qaida et les talibans
  24. a et b Le Nouvel Observateur :NIGERIA. Comment Boko Haram déploie sa stratégie de chaos, par Sarah Diffalah.
  25. (fr) Les Talibans du Nigeria à la conquête du pouvoir Rationalist International.net, 22 janvier 2004
  26. Nigeria: le chef des "talibans" tué, 600 morts en cinq jours tv5.org, 30 juillet 2009
  27. (en) Boko Haram - We're Ready for Battle, New Leader SaysAllAfrica.com, 15 août 2009
  28. AFP : Attaque de Boko Haram contre un village: 38 morts
  29. Adrien Hart, « Nigeria : Boko Haram, ennemi public numéro 1 », Slate,‎ 23 juillet 2011 (lire en ligne)
  30. « Plusieurs attaques contre des églises au Nigeria, à la veille de Noël », Le Monde,‎ 25 décembre 2010 (lire en ligne)
  31. « Boko Haram, la secte islamiste qui sème la terreur au Nigeria », Le Figaro, 26 décembre 2011.
  32. AFP, « Nigeria : trois bombes pour un dimanche de Pâques », Jeune Afrique,‎ 25 avril 2011 (lire en ligne)
  33. « Nigeria : Goodluck Jonathan investi, les bombes continuent d'exploser », Jeune Afrique,‎ 30 mai 2011
  34. « Nigeria : Boko Haram multiplie les attentats », Jeune Afrique,‎ 21 juin 2011
  35. « Le Nigeria entame des négociations indirectes avec la secte Boko Haram », Le Monde,‎ 26 août 2011 (lire en ligne)
  36. « Le Nigéria va entamer des négociations avec une secte islamiste », Jeune Afrique,‎ 31 juillet 2011
  37. « La secte islamiste Boko Haram revendique l'attentat contre l'ONU au Nigeria », Le Monde,‎ 26 août 2011 (lire en ligne)
  38. http://www.portesouvertes.fr/informer/lettres-de-nouvelles/filrouge/2011/novembre/nigeria-un-quartier-chretien-devaste/
  39. « Enquête au Nigeria après les attentats de Noël attribués à des islamistes », Agence France-Presse et TV5 Monde,‎ 26 décembre 2011 (consulté le 26 décembre 2011)
  40. Le Nigeria annonce avoir tué 150 islamistes de Boko Haram, sur lemonde.fr.
  41. L'Express : Français enlevés au Cameroun: "A côté de Boko Haram, Aqmi et le Mujao sont des agneaux"En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/francais-enleves-au-cameroun-a-cote-de-boko-haram-l-aqmi-et-le-mujao-sont-des-agneaux_1222880.html#mKdHH3mIfQT1CeSe.99
  42. AFP : Plus de cent lycéennes enlevées au Nigeria
  43. RFI : Nigeria: 115 des 129 lycéennes enlevées par Boko Haram sont toujours disparues selon la directrice
  44. VOA : Nigéria: les lycéennes enlevées étaient 234 au total
  45. Le Figaro : Nigeria: les lycéennes enlevées seront traitées en "esclaves", "vendues" et "mariées"
  46. 20 Minutes : Boko Haram: Ce qu’on sait de l’enlèvement des jeunes Nigérianes
  47. AFP : Nigeria : les lycéennes enlevées seront traitées en "esclaves", selon Boko Haram
  48. Afrik : Nigeria : 176 enseignants tués depuis 2011 par Boko Haram
  49. AFP : Dans le nord du Cameroun, la peur de Boko Haram gagne du terrain
  50. CAMEROON Camer.be : Cameroun, Kerewa : un chef de village et son fils égorgés par Boko Haram :: Cameroon
  51. Amnesty International : Les tueries perpétrées dans le nord du Nigeria constituent des crimes contre l’humanité
  52. Human Rights Watch : Nigeria: Boko Haram Kills 2,053 Civilians in 6 Months
  53. Le Parisien : Les Moulin-Fournier, ex-otages au Cameroun, ne retourneront pas sur place
  54. Tf1 : Français enlevés au Cameroun : "Ce sont des gens bien"
  55. Le Figaro : Boko Haram exhibe les sept otages français
  56. Le Monde : La famille française enlevée au Cameroun apparaît sur une vidéo postée sur Internet
  57. Le Figaro : Boko Haram revendique l'enlèvement de la famille française
  58. RFI : Les ex-otages français libérés sont à Yaoundé, heureux, mais exténués
  59. RFI : Libération de la famille Moulin-Fournier: y a-t-il eu des contreparties?
  60. Le Nouvel Observateur : Otages Moulin-Fournier : une rançon de 7 millions de dollars ?
  61. RFI : Cameroun: libération du prêtre français Georges Vandenbeusch, enlevé dans le nord du pays
  62. RFI : Libération du père Georges Vandenbeusch: un soulagement pour ses paroissiens à Sceaux
  63. RFI : Le père Vandenbeusch de retour en France
  64. Le Monde : Le père Vandenbeusch libéré « par compassion », sans rançon, selon Boko Haram
  65. Libération : Deux prêtres italiens et une religieuse canadienne enlevés au Cameroun
  66. RFI : Cameroun: les trois religieux enlevés dans le nord sont libres
  67. AFP : CAMEROUN. Un Chinois tué, dix autres enlevés par Boko Haram

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Amzat Boukari Yabara, Nigéria, De Boeck, Bruxelles, 2013, collection Monde arabe / Monde musulman dirigée par Mathieu Guidère
  • Ahmed Apakéna Diémé, Projet d'article sur le conflit entre Boko Haram et autorités fédérales et locales du Nigeria. De la secte au mouvement politique (Seminar Paper), GRIN Verlag, 2011, 28 p. (ISBN 9783656077671)
  • (en) James J. F. Forest, Confronting the Terrorism of Boko Haram in Nigeria, Joint Special Operations University Press, 2012, 178 p. (ISBN 9781933749709).
  • (en) C. Jonathan Ishaku, Boko Haram: How Religious Intolerance Threatens Nigeria, Courier Communications, 2009, 243 p. (ISBN 9789789060788)
  • Moussa Youssouf Maiga, Causeries philosophiques avec le terrorisme : Al-Quaïda, Aqmi, Boko Haram : roman, Édilivre, 2012, 94 p. (ISBN 9782332493415)
  • (en) Chukwudi Oparaku, Implication of Boko Haram Activities for National Security in Nigeria, Lambert Academic Publishing, 2012, 76 p. (ISBN 9783659286728)
  • (en) Jacob Zenn, Boko Haram in West Africa: Al Qaeda's Next Frontier?, Brookings Institution Press, 2012, 47 p. (ISBN 9780983084259)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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