Boko Haram

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Boko Haram
Image illustrative de l'article Boko Haram

Idéologie Salafisme djihadiste[1], takfirisme[2], anti-occidentalisme
Objectifs Création d'un califat régi par la charia[3],[4]
Statut Actif
Fondation
Date de formation 2002
Fondé par Mohamed Yusuf
Pays d'origine Drapeau du Nigeria Nigeria
Actions
Mode opératoire Lutte armée, guérilla, attentats-suicides, massacres, prises d'otages
Zone d'opération Drapeau du Nigeria Nigeria
Drapeau du Cameroun Cameroun
Drapeau du Niger Niger
Drapeau du Tchad Tchad
Organisation
Chefs principaux Mohamed Yusuf (tué en 2009)
Abubakar Shekau
Membres 6 000 à 30 000[5],[6]
Rébellion djihadiste au Nigeria

Boko Haram, officiellement appelé Jama'atu Ahlis Sunna Lidda'Awati Wal-Jihad (arabe : جماعة اهل السنة للدعوة والجهاد, « groupe sunnite pour la prédication et le djihad »), est un mouvement salafiste djihadiste du nord-est du Nigeria ayant pour objectif d'appliquer la charia dans l'ensemble du pays. Fondé par Mohamed Yusuf en 2002 à Maiduguri, le mouvement est classé comme organisation terroriste par le Conseil de sécurité des Nations unies et parfois qualifié de secte. Prônant un islam radical et rigoriste, le mouvement a d'abord revendiqué une affiliation aux talibans afghans, avant de s'associer aux thèses djihadistes d'Al-Qaïda et de l'État islamique. Le mouvement est à l'origine de nombreux attentats et massacres à l'encontre de populations civiles de toutes confessions, au Nigeria mais aussi au Cameroun. Son leader actuel est Abubakar Shekau.

Idéologie[modifier | modifier le code]

Abubakar Shekau, chef de Boko Haram, dans une vidéo rendue publique le 2 octobre 2014.

L'idéologie du mouvement a largement évolué depuis sa création en 2002 par Mohamed Yusuf à Maiduguri, mais son objectif reste l'application de la charia au Nigeria[7]. Le nom officiel du mouvement, Jama'atu Ahlis Sunna Lidda'Awati Wal-Jihad, signifie « groupe sunnite pour la prédication et le djihad ». Boko Haram, de sa dénomination abrégée en haoussa, peut être traduit par « l'éducation occidentale est un péché »[8]. Le mot Boko (de book, « livre » en anglais, mais cette étymologie est contestée[9]) désigne un alphabet latin, créé par les autorités coloniales pour transcrire la langue orale haoussa, et désigne par extension l'école laïque. Le mot Haram signifie « interdit » ou « illicite » dans l'islam[10],[11],[12],[13].

Bien que revendiquant à son origine une filiation avec l'islamisme salafiste et les talibans afghans[14], Boko Haram est fréquemment qualifié de secte[15]. Selon Marc-Antoine Pérouse de Montclos de l'Institut de recherche pour le développement, « le groupe tient à la fois de la secte et du mouvement social. Dès ses débuts, il est sectaire de par son intransigeance religieuse, son culte du chef, ses techniques d’endoctrinement, son intolérance à l’égard des autres musulmans et son fonctionnement en vase clos »[16]. D'après lui, son discours est également très hétérodoxe : « la doctrine de Boko Haram ne correspond pas vraiment au modèle wahhabite : c'est une secte qui endoctrine et a recours à la magie. Certains fidèles de Boko Haram portent des grigris, ce qui ne ressemble pas vraiment à Al-Qaïda »[17]. Selon Mathieu Guidère, professeur à l'Université Toulouse - Jean Jaurès, Boko Haram fut une secte jusqu'en 2009 avant de devenir un mouvement insurrectionnel islamiste après la mort de son fondateur Mohamed Yusuf[18],[6].

Selon la BBC, l'affiliation du groupe à Al-Qaïda serait sujet à caution, car les deux groupuscules poursuivent des objectifs différents[19]. Bien que tous deux opposés à la modernité et aux valeurs occidentales, Boko Haram se distingue par des attaques contre des populations civiles et non seulement contre des intérêts occidentaux.

Cependant, à partir de 2010 et surtout des attentats de l'été 2011, il est possible que Boko Haram ait tissé des liens avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), ex-groupe salafiste pour la prédication et le combat algérien[20].

Cependant, pour Bertrand Monnet de l'EDHEC, l'agenda de Boko Haram est « exclusivement nigérian » et « ne prône pas le djihad international », contrairement à sa branche dissidente Ansaru[21].

Dans une vidéo diffusée le 13 juillet 2014, Abubakar Shekau apporte son soutien à la fois à Abou Bakr al-Baghdadi, calife de l'État islamique, Ayman al-Zaouahiri, émir d'Al-Qaïda et au Mollah Omar, chef des Taliban[22].

Le 5 janvier 2015 Shekau annonce son intention de reconquérir les anciens territoires du Califat de Sokoto[23],[24]. Une dizaine de jours plus tard, dans une nouvelle vidéo, Abubakar Shekau expose sa doctrine idéologique et se réfère à Ibn Taymiyya et Mohammed ben Abdelwahhab. Selon Romain Caillet, chercheur à l'Institut français du Proche-Orient, au regard de cet exposé il apparaît que Boko Haram « n'est donc pas un groupe jihadiste foncièrement différent de ceux du Moyen-Orient »[25].

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation en 2002 et endoctrinement[modifier | modifier le code]

Boko Haram est fondé en 2002 par Mohamed Yusuf, prédicateur radical, à Maiduguri, capitale de l'État de Borno. C'est d'abord une mosquée dotée d'une école coranique où les familles pauvres peuvent envoyer leurs enfants[26]. L'organisation se politise et attire alors de jeunes étudiants en rupture de ban à l'université. Selon le journal Rationalist International, un mouvement connu sous le nom de « Disciples du Prophète » (Al Sunna Wal Jamma), se réclamant également des Talibans afghans, fut la source de violences au sein de Damaturu, capitale de l’État de Yobe, le 31 décembre 2003[27]. Durant l'attaque, le groupe manifeste son hostilité envers le régime de Umaru Yar'Adua en vandalisant des postes de police afin de se procurer des armes et des munitions. Il occupe temporairement la localité de Kanamma, proche de la frontière avec le Niger, entraînant l'exode de la moitié des habitants.

De 2004 à 2009, des heurts souvent violents opposent ses militants aux forces de sécurité. Le gouvernement sous-estime le danger et prend la secte pour un groupuscule d'illuminés sans soutien[26]. En 2006, Mohamed Yusuf fait l'objet d'une enquête pour activités supposées illégales, mais l'instruction est abandonnée[19]. Il est arrêté à plusieurs reprises, notamment le 13 novembre 2008, pour « rassemblements illégaux » et « troubles à l'ordre public », mais relaxé sur décision de la cour.

Conflit armé de 2009 et mort de Mohamed Yusuf[modifier | modifier le code]

Bauchi, Wudil, Potiskum et Maiduguri, les quatre villes les plus touchées par les combats de 2009.
Article détaillé : Bataille de Maiduguri (2009).

Le 26 juillet 2009, Boko Haram lance une série d'attaques simultanées dans quatre États du nord du Nigeria (Bauchi, Borno, Yobe et Kano)[28]. Les combats les plus violents durent pendant cinq jours à Maiduguri, capitale de l'Etat de Borno[28]. L'armée mettra quatre jours à venir en aide à la police locale. Le 30 juillet 2009, les forces de sécurité infligent une sérieuse défaite aux fondamentalistes et les chassent de la capitale de l'État de Borno. Le bilan des combats s'élève à plus de 700 morts, dont au moins 300 militants islamistes[28]. Mohamed Yusuf, capturé par l'armée à Maiduguri, est abattu par la police dans des circonstances floues[28].

Le 14 août 2009, Sanni Umaru, membre de Boko Haram se présentant comme le successeur de Mohamed Yusuf, lance un appel au jihad au Nigeria dans une lettre datée du 9 août[29].

Poursuite des attaques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rébellion islamiste au Nigeria.
Drapeau utilisé par Boko Haram[30].

Après l'échec de leur insurrection, d'août 2009 à août 2010, de nombreux membres de Boko Haram prennent la fuite au Niger et au Tchad, la secte reste discrète et se réorganise en secret près de Maiduguri[31], dans la région de la forêt de Sambisa. En septembre, elle refait surface de façon spectaculaire en prenant d'assaut la prison de Bauchi réussissant à libérer 700 prisonniers dont 150 adeptes.

Après une période de luttes internes pour la succession de Mohamed Yusuf, c'est finalement Abubakar Shekau qui prend la tête de l'organisation[18]. Il apparaît en juillet 2010 dans un enregistrement vidéo dans lequel il se proclame leader de Boko Haram et promet de continuer la lutte armée[32].

Noël 2010 est l'occasion d'intensifier la lutte contre les chrétiens, attaques, incendies et assassinats ciblés font plusieurs dizaines de morts[33], notamment un attentat à Jos faisant à lui seul quatre-vingts victimes[34].

À partir d'avril 2011, le groupe multiplie les attentats à la bombe contre des églises chrétiennes, des gares, des hôtels, débits de boisson et des bâtiments officiels[35]. Cette année-là, le groupe commet ses premiers attentats-suicides[36]. L'élection présidentielle de mai et la victoire de Goodluck Jonathan sont l'occasion d'autres attentats qui font une dizaine de morts[37]. Le 21 juin, une dizaine d'hommes armés attaque la ville de Kankara, dans l'État de Katsina, incendie un poste de police, libère les détenus et pille une banque, tuant 7 personnes dont 5 policiers[38].

La volonté affichée du gouvernement à partir de juillet 2011 de négocier avec Boko Haram[39] n'empêche pas celle-ci de poursuivre la lutte armée[40] et de revendiquer l'attentat kamikaze contre la représentation des Nations unies à Abuja le 26 août 2011 au cours duquel 18 personnes trouvent la mort[41].

En 2012, lors de la guerre du Mali, des hommes de Boko Haram partent combattre dans le nord du Mali au côté du MUJAO, 100 à 200 combattants sont présents à Gao[42][43], peut-être 200 à 300 au total arrivent au Mali où ils sont formés par les djihadistes locaux[36]. En janvier 2013, des hommes de Boko Haram participent à la bataille de Konna contre les Maliens et les Français[44],[45],[36].

Intensification du conflit à partir de 2013[modifier | modifier le code]

Situation en décembre 2014 :
  •      Territoire contrôlé par le Nigeria
  •      Territoire contrôlé par Boko Haram
  • .

En mai 2013, à la suite d'un nombre important d'attaques, l'armée nigériane lance une grande offensive contre les jihadistes. Le président du Nigeria Goodluck Jonathan proclame alors l'état d'urgence dans trois États du nord-est du pays : Borno, Yobe et Adamawa.

L'armée nigériane remporte d'abord quelques succès. Le 9 août 2013, elle affirme avoir fait 1 000 prisonniers[46] et le 12 septembre, elle prend d'assaut un camp de Boko Haram dans la forêt de Kasiya et annonce avoir tué environ 150 insurgés[47]. Mais le groupe djihadiste reprend progressivement l'initiative. Le 20 décembre 2013, les islamistes détruisent le camp militaire de Bama[48],[49]. Le 14 mars 2014, ils attaquent la caserne de Giwa, à Maiduguri, et délivrent plusieurs centaines de personnes qui y étaient détenues. Cependant selon Amnesty International, de nombreux prisonniers évadés sont rapidement repris par les militaires et plus de 600 d'entre-eux sont exécutés sommairement dans divers quartiers de la ville[50]. Le 26 mai, les djihadistes s'emparent de la ville de Buni Yadi[51].

En août 2014, Boko Haram passe à l'offensive et commence à conquérir plusieurs villes. Le 6 août, Gwoza est prise sans résistance[52]. Le 21, les islamistes repoussent l'armée nigériane et reprennent Buni Yadi[53]. Le 24, Kerawa et Ashigashiya sont prises[54],[55], puis Gamboru Ngala le 25[56], Bama et Banki le 2 septembre[57],[58], Michika le 8 septembre[59].

Au 12 septembre 2014, les villes de Damboa, Bama, Pulka, Ashigashia, Liman Kara, Kirawa, Gamboru Ngala, Marte, Kirenowa, Buni Yadi et Gulani, sont aux mains de Boko Haram et Maiduguri, capitale de l'État de Borno, est presque encerclée par les forces islamistes[60]. Le lendemain, l'armée nigériane affirme avoir repoussé à Konduga une offensive des islamistes sur Maiduguri, et revendique la mort d'une centaine d'insugés[61].

Boko Haram reprend l'offensive et le 13 novembre les djihadistes prennent les villes de Gombi et de Hong dans l'État d'Adamawa et Chibok, dans l'État de Borno[62],[63]. Les trois villes sont reprises par l'armée nigériane entre le 16 et le 19 novembre[64][65].

Le 24 novembre, Boko Haram s'empare de la ville de Damasak, située sur la frontière avec le Niger[66]. L'assaut fait plusieurs dizaines de morts et entraîne la fuite de près de trois mille personnes vers le Niger[67].

Le 1er décembre, le groupe est repoussé à Damaturu, où les combats font au moins 150 morts, en majorité des civils[68].

Le 3 janvier 2015, l'armée nigériane subit un grave revers lorsque Boko Haram prend d'assaut la base de Baga, quartier-général de la Force multinationale mais où seuls des soldats nigérians étaient postés[69]. Le 7, les djihadistes incendient totalement seize villes et villages des rives du Lac Tchad, dont les villes de Baga et Doron Baga[70],[71]. Plus de 11 000 civils fuient au Tchad[72] et 20 000 trouvent refuge à Maiduguri[73]. Selon les estimations, plusieurs dizaines à 2 000 habitants sont également massacrés[74]

Face à ces attaques de plus en plus violentes, l'armée nigériane est alors régulièrement critiquée quant au peu de combativité dont elle ferait preuve face aux islamistes[75]. Réunis au Niger à la fin du mois de janvier, treize pays africains et non-africains participent à une réunion consacrée à la lutte contre le groupe djihadiste, mais peinent à organiser une riposte coordonnée[75].

Le 25 janvier, Boko Haram attaque simultanément Maiduguri et Monguno, les djihadistes sont repoussés dans la première ville mais s'emparent de la seconde[76].

Incursions de Boko Haram au Cameroun[modifier | modifier le code]

Tout au long de l'année 2014, Boko Haram est régulièrement entré au sein du territoire camerounais, à la frontière nord, pour y effectuer de légères démonstrations de forces (vol de bétail, destruction de récoltes) puis disparaitre aussitôt.

Le 20 décembre 2014, le Cameroun déclare avoir démantelé un camp djihadiste le 20 décembre, capturé 45 instructeurs, tué « un nombre plus important encore » et récupéré 84 enfants âgés de 7 à 15 ans qui étaient entraînés sur place[77].

L'armée camerounaise et Boko Haram s'affrontent pour la première fois le 2 mars 2014, lors d'un combat à Fotokol[78]. À la fin du mois de mai, le Cameroun déploie 3 000 soldats pour protéger l'extrême nord de son territoire des incursions djihadistes[79]. Dans les mois qui suivent, les forces de Boko Haram lancent plusieurs assauts contre les positions des militaires sur la frontière camerounaise, notamment à Fotokol, théâtre de plusieurs combats. Les autres affrontements principaux ont lieu à Tourou le 7 juin, Bargaram les 24 et 25 juillet, Amchidé et Limani les 15 et 16 octobre, Amchidé le 17 décembre, Achigachia le 29 décembre et Kolofata, le 12 janvier 2015. Le 29 et le 30 janvier 2015, Boko Haram s'oppose pour la première fois à l'armée tchadienne[80]. Cependant toutes les offensives djihadistes sont repoussées avec de lourdes pertes[81],[82],[83].

Le 18 janvier, Boko Haram enlève 60 personnes dans l'arrondissement de Mokolo, à l'extrême-nord du Cameroun[84]. Le lendemain, l'armée camerounaise libère 24 otages parmi les 60 enlevés de la veille[85].

Effectifs et organisation[modifier | modifier le code]

Depuis la mort de son fondateur Mohamed Yusuf en 2009, l'organisation est dirigée par Abubakar Shekau. On ne connaît pas le nombre précis de combattants dont dispose le mouvement. En 2014, les estimations sur les forces de Boko Haram vont de 6 000 à 30 000 combattants, la plupart issus de l'ethnie Kanouri[86],[6][5],[87],[88]. Le mouvement serait dirigé par un Conseil de la Choura d'une trentaine de membres. Selon un rapport du département de la sécurité intérieure des États-Unis, cette structure est propice à la division et ne fournit pas de garantie lorsque quelqu'un prétend parler au nom du groupe. De plus, Abubakar Shekau ne s'entourerait que de quelques chefs de factions et ne maintiendrait que très peu de contacts avec les combattants sur le terrain[86].

En 2014, Mathieu Guidère estime que Boko Haram dispose de près de 30 000 hommes[6]. Un rapport du Chatham House évalue de son côté à 8 000 hommes le nombre des combattants du mouvement[5], tandis que Marc-Antoine Pérouse de Montclos estime leur nombre entre 6 000 et 8 000[87]. Boko Haram dispose de 15 000 hommes selon des chercheurs sud-africains, et de 50 000 sympathisants selon le journaliste nigérian, Ahmed Salkida[36]. Début 2015, les effectifs de Boko Haram sont estimés entre 4 000 et 6 000 hommes selon les Américains, 6 000 à 7 000 selon les Français et 13 000 à 15 000 d'après les Camerounais, cependant selon un officier français du renseignement, il s'agit d'une estimation « au doigt mouillé »[89],[90],[91].

Le mouvement recrute souvent de force, notamment en menant des raids contre des villages pour rafler des habitants. Certaines femmes sont utilisées comme kamikazes et les jeunes garçons sont enrôlés comme enfants-soldats[36].

Financement[modifier | modifier le code]

Initialement, Boko Haram est financée par des politiciens de Maiduguri[36]. Après le début de l'insurrection armée, il taxe les populations locales et gère divers trafics[23]. Localement, les djihadistes capturent régulièrement des otages qui sont libérés contre rançons, à partir de 2013 Boko Haram revendique ses premiers enlèvements d'Occidentaux[36]. Au début des années 2010, il reçoit une aide financière d'AQMI[36] et bénéficierait également de donations venues de riches sympathisants des pays du Golfe[92]. Selon les autorités locales, les insurgés tirent également d’importants revenus de la contrebande de poissons séchés, revendus sur les marchés dans le nord du Nigeria[93].

Communication[modifier | modifier le code]

Pendant plusieurs années la communication de Boko Haram demeure archaïque, le groupe diffuse des vidéos de qualité médiocre, transmises par clés USB ou par cassettes à l'AFP. Vers debut 2015 cependant, la communication de l'organisation djihadiste se modernise. Elle se dote d'un compte Twitter et d'une branche médiatique, Al-Urwa al-Wuthqa ("L'anse la plus solide"). Le 21 février, Boko Haram diffuse notamment une vidéo de propagande bien supérieure techniquement à celles réalisées par le passé, elle s'inspire des films de l'État islamique, dont elle reprend les codes et les hymnes[94].

Exactions, massacres, attentats et enlèvements[modifier | modifier le code]

Civils nigérians victimes de l'attentat de Nyanya du 14 avril 2014.

Boko Haram est un groupe armé particulièrement violent. En 2014, le Centre international d'études sur la radicalisation et la violence politique (ICSR) le qualifie de « groupe le plus féroce au monde »[95]. Selon Bertrand Monnet « à côté de Boko Haram, AQMI, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO) ou Ansar Eddine sont des agneaux. Les terroristes de Boko Haram sont des barbares : ils tuent des centaines de personnes toute l'année, mitraillent des églises, lancent des grenades pendant les offices et font des raids dans les villages chrétiens qu'ils transforment en Oradour-sur-Glane. Ce qui déclenche d'ailleurs des représailles contre des musulmans »[96]. Selon Human Rights Watch, environ 6 000 civils sont tués par les hommes de Boko Haram de 2009 à 2014[97]. Pour autant, la cible prioritaire du mouvement reste les musulmans "tièdes" selon ses propres termes : les victimes de la secte sont à 90% musulmans[98].

Les principaux massacres et attentats commis par Boko Haram sont ceux de Damaturu (130 morts le 4 novembre 2011), Kano (150 morts le 20 janvier 2012), Benisheik (161 morts le 18 septembre 2013), Izghe (environ 170 morts le 15 février 2014), Gamboru Ngala (336 morts le 5 mai 2014), Jos (au moins 118 morts le 20 mai 2014), Goshe, Attagara, Agapalwa et Aganjara (plusieurs centaines de morts le 3 juin 2014), Damboa (plus de 100 morts la nuit du 17 au 18 juillet 2014), Kano (120 morts le 28 novembre 2014). Selon Amnesty International les tueries commises à Baga entre le 3 et le 7 janvier 2015 font de plusieurs centaines à peut-être 2 000 morts et pourraient être le massacre « le plus meurtrier de l'histoire de Boko Haram »[99].

Boko Haram, qui signifie « l'éducation occidentale est un péché » en haoussa, cible particulièrement les lycées et les écoles où sont dispensé un enseignement jugé trop occidental par les islamistes. À plusieurs reprises, les djihadistes attaquent des établissement scolaires, massacrant professeurs et lycéens comme à Mamudo, Gujba ou Buni Yadi entre 2013 et 2014. Si les lycéennes ne sont pas tuées, elles sont souvent enlevées pour être mariées de force à des djihadistes, une vingtaine sont ainsi enlevées le 11 février 2014, lors du massacre de Konduga.

Le rapt le plus important a lieu le 14 avril 2014 à Chibok, où 276 lycéennes âgées de douze à dix-sept ans sont capturées lors d'un raid sur la ville (53 d'entre elles parviennent à s'échapper dans les trois semaines qui suivent selon la police nigériane)[100],[101],[102],[103],[104]. Le 5 mai, ce rapt est revendiqué par Abubakar Shekau, qui déclare : « J'ai enlevé les filles. Je vais les vendre sur le marché, au nom d'Allah. [...] J'ai dit que l'éducation occidentale devait cesser. Les filles, vous devez quitter (l'école) et vous marier »[105].

Selon le gouverneur de l'État de Borno, 176 enseignants ont été tués par Boko Haram dans cet État entre 2011 et juillet 2014[106].

Des exactions sont également commises par Boko Haram, au nord du Cameroun. Le 11 mars 2014, des hommes armés enlèvent Abakoura Ali, chef traditionnel du village de Ngoumouldi, après avoir également enlevé son fils, encore enfant, cinq jours plus tôt. Leurs deux corps sont retrouvés décapités le 13 mars, en territoire nigérian. Selon un policier de Kerawa, ville située à la frontière du Nigeria, une cinquantaine de Camerounais ont été assassinés dans les environs de la ville[107],[108].

Le 17 février 2014, Amnesty International qualifie les exactions commises par Boko Haram de crimes contre l'humanité[109].

Le 15 juillet 2014, Human Rights Watch déclare avoir comptabilisé 95 attaques commises par Boko Haram lors des six premiers mois de l'année 2014, elles ont causé la mort d'au moins 2 053 civils, dont 1 446 dans l'État de Borno[110].

Otages étrangers[modifier | modifier le code]

27 otages de Boko Haram, dont 17 Camerounais et 10 Chinois, peu après leur libération le 11 octobre 2014[111].

Le premier enlèvement de ressortissants occidentaux revendiqué par Boko Haram a lieu le 19 février 2013. Ce jour-là une famille française est enlevée au parc national de Waza dans le nord du Cameroun, elle est ensuite conduite au Nigeria. Les otages sont : Tanguy Moulin-Fournier, 40 ans, cadre de GDF Suez, son épouse Albane, 40 ans, leurs quatre fils âgés de 5 à 12 ans, et Cyril, le frère de Tanguy[112],[113]. L'enlèvement est revendiqué dans une vidéo publiée le 25 février par Boko Haram. Les islamistes réclament la libération de combattants, de femmes et d'enfants détenus par le Nigeria et le Cameroun[114],[115]. Le 21 mars, une seconde vidéo est rendue publique par Boko Haram, Abubakar Shekau, le chef du mouvement déclare : « Nous sommes fiers d'affirmer que nous retenons les sept otages français. Nous les retenons parce que les autorités nigérianes et camerounaises ont arrêté des membres de nos familles, qu'ils les brutalisent et que nous ne savons rien de leurs conditions d'emprisonnement. Nous affirmons au monde que nous ne libérerons pas les otages français tant que nos familles sont emprisonnées. La force ne servira pas à les libérer, nous sommes prêts à nous défendre avec force »[116]. Les négociations sont menées essentiellement par le gouvernement camerounais[117]. La famille est libérée le 19 avril 2013, lors d'un échange de prisonniers, 10 ou 12 personnes auraient été relâchées en contrepartie[118]. Selon iTélé, qui cite des sources opérationnelles locales, sept millions de dollars auraient été versés pour la libération des otages. Ils auraient pu être versés directement sur les fonds du président camerounais Paul Biya ou par le groupe GDF-Suez. Cette information est cependant démentie par le premier ministre français Jean-Marc Ayrault[119].

Dans la nuit du 13 au 14 novembre 2013, Georges Vandenbeusch, un prêtre catholique français de 42 ans, est enlevé à Nguetchewé, au nord du Cameroun. Quelques jours plus tard, son enlèvement est revendiqué par Boko Haram. Il est libéré le 31 décembre 2013[120],[121],[122]. Boko haram déclare alors à l'AFP n'avoir reçu aucune rançon et affirme que : « La direction a décidé de libérer le prêtre par compassion. Le prêtre a offert ses services médicaux à des membres [du groupe] malades pendant sa période de captivité. La direction a senti qu'il n'y avait plus besoin de le garder. » Ces propos sont cependant contestés par Georges Vandenbeusch, qui déclare : « Je ne suis ni infirmier ni médecin. S'ils m'avaient amené quelqu'un à soigner avec une hémorragie, j'aurais fait ce que je pouvais, mais ils ne l'ont pas fait. Ils n'ont de compassion pour personne »[123].

Dans la nuit du 4 au 5 avril 2014, à Tchère, à environ 20 kilomètres de Maroua, située à l'extrême nord du Cameroun, deux prêtres italiens, Giampaolo Marta et Gianantonio Allegri, et une religieuse canadienne, Gilberte Bussier, sont enlevés par des hommes armés[124]. Boko Haram est soupçonnée mais ne revendique pas l'enlèvement. Les trois religieux sont finalement relâchés la nuit du 31 mai au 1er juin 2014[125].

La nuit du 16 au 17 mai 2014, des islamistes transportés par cinq véhicules attaquent un camp de travailleurs du secteur routier, près de Waza, au nord du Cameroun. Un civil chinois est tué, et 10 autres sont enlevés par les assaillants[126]. Ils seront finalement relâchés le 11 octobre, en même temps que 17 prisonniers camerounais capturés le 27 juillet lors du combat de Kolofota[127].

Le 16 juillet 2014 un Allemand est enlevé à Gombi, dans l'État d'Adamawa, par une vingtaine d'hommes armés[128]. Sa capture est revendiquée le 31 octobre par Boko Haram[129]. Le 21 janvier 2015, le Cameroun annonce que l'otage allemand a été libéré à la suite d'une opération spéciale de son armée et ses alliés[130].

Désignation comme organisation terroriste[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charlotte Bozonnet, « Au Nigeria, « Boko Haram élimine des villages entiers suspectés d'avoir collaboré avec le pouvoir » : Interview de Marc-Antoine Pérouse de Montclos », Le Monde,‎ 18 mars 2014 (ISSN 0395-2037, lire en ligne)
  2. Les Inrocks : “Les interventions militaires ne feront pas disparaître Boko Haram”
  3. France 24 : Boko Haram, la secte qui veut imposer la charia au Nigeria
  4. Huffington Post avec AFP : Le chef de Boko Haram proclame un "califat islamique" au nord-est du Nigeria
  5. a, b et c Le Figaro : L'ambition grandissante de Boko Haram, par Tanguy Berthemet.
  6. a, b, c et d Le Figaro : Boko Haram : la mobilisation médiatique est-elle efficace ou contre-productive ?
  7. « Boko Haram, la secte qui veut imposer la charia au Nigeria », sur France 24,‎ 25 février 2013
  8. AFP, « Plus de 260 morts dans les combats entre police et "talibans" », Jeune Afrique,‎ 29 juillet 2011 (lire en ligne)
  9. (en)[1] 'Boko Haram' doesn't really mean 'Western education is a sin' Boko Haram gets lost in translation. Oh, and the word 'boko' isn't derived from the word 'book.'By Dan Murphy, Staff writer / May 6, 2014
  10. (en) « Nigeria's 'Taliban' enigma », BBC News,‎ 28 juillet 2009 (lire en ligne)
  11. (en) maguzawa.dyndns.ws (dictionnaire haoussa-anglais)
  12. (en) Florian Coulmas, The Blackwell encyclopedia of writing systems, Malden, Wiley-Blackwell,‎ 1999 (ISBN 978-0-631-21481-6), p. 196
  13. (en) Peter K. Austin, One Thousand Languages: Living, Endangered, and Lost, Berkeley, University of California Press,‎ 2008 (ISBN 978-0-520-25560-9), p. 64
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  101. RFI : Nigeria: 115 des 129 lycéennes enlevées par Boko Haram sont toujours disparues selon la directrice
  102. VOA : Nigéria: les lycéennes enlevées étaient 234 au total
  103. Le Figaro : Nigeria: les lycéennes enlevées seront traitées en "esclaves", "vendues" et "mariées"
  104. 20 Minutes : Boko Haram: Ce qu’on sait de l’enlèvement des jeunes Nigérianes
  105. AFP : Nigeria : les lycéennes enlevées seront traitées en "esclaves", selon Boko Haram
  106. Afrik : Nigeria : 176 enseignants tués depuis 2011 par Boko Haram
  107. AFP : Dans le nord du Cameroun, la peur de Boko Haram gagne du terrain
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  110. Human Rights Watch : Nigeria: Boko Haram Kills 2,053 Civilians in 6 Months
  111. Le Monde avec AFP : Au Cameroun, 27 otages de Boko Haram libérés
  112. Le Parisien : Les Moulin-Fournier, ex-otages au Cameroun, ne retourneront pas sur place
  113. Tf1 : Français enlevés au Cameroun : "Ce sont des gens bien"
  114. Le Figaro : Boko Haram exhibe les sept otages français
  115. Le Monde : La famille française enlevée au Cameroun apparaît sur une vidéo postée sur Internet
  116. Le Figaro : Boko Haram revendique l'enlèvement de la famille française
  117. RFI : Les ex-otages français libérés sont à Yaoundé, heureux, mais exténués
  118. RFI : Libération de la famille Moulin-Fournier: y a-t-il eu des contreparties?
  119. Le Nouvel Observateur : Otages Moulin-Fournier : une rançon de 7 millions de dollars ?
  120. RFI : Cameroun: libération du prêtre français Georges Vandenbeusch, enlevé dans le nord du pays
  121. RFI : Libération du père Georges Vandenbeusch: un soulagement pour ses paroissiens à Sceaux
  122. RFI : Le père Vandenbeusch de retour en France
  123. Le Monde : Le père Vandenbeusch libéré « par compassion », sans rançon, selon Boko Haram
  124. Libération : Deux prêtres italiens et une religieuse canadienne enlevés au Cameroun
  125. RFI : Cameroun: les trois religieux enlevés dans le nord sont libres
  126. AFP : CAMEROUN. Un Chinois tué, dix autres enlevés par Boko Haram
  127. RFI : Une trentaine d'otages chinois et camerounais libérés par Boko Haram
  128. Jeune Afrique : Nigeria : un ressortissant allemand enlevé par des hommes armés
  129. Libération : Boko Haram déclare détenir un otage allemand et avoir marié les lycéennes enlevées
  130. Reuters : L'armée camerounaise libère un Allemand enlevé par Boko Haram

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Ahmed Apakéna Diémé, Projet d'article sur le conflit entre Boko Haram et autorités fédérales et locales du Nigeria. De la secte au mouvement politique (Seminar Paper), GRIN Verlag, 2011, 28 p. (ISBN 9783656077671)
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  • (en) Chukwudi Oparaku, Implication of Boko Haram Activities for National Security in Nigeria, Lambert Academic Publishing, 2012, 76 p. (ISBN 9783659286728)
  • (en) Jacob Zenn, Boko Haram in West Africa: Al Qaeda's Next Frontier?, Brookings Institution Press, 2012, 47 p. (ISBN 9780983084259)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]