Lafarge (entreprise)

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Lafarge

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Logo de Lafarge SA

Création 1833
Forme juridique Société anonyme
Action Euronext : LG
NYSE : LR
Slogan Construire des villes meilleures
Siège social Drapeau de France Paris (France)
Direction Bruno Lafont, PDG
Activité Construction
Produits Ciment, Granulat, Béton
Effectif 65 000 (au 31/12/2012)
Site web www.lafarge.com
Chiffre d’affaires 15,816 Mds € (2012) [1]
Résultat net 432 Millions € (2011) [1]

Lafarge (Euronext : LG, NYSE : LR) est un groupe français de matériaux de construction, leader mondial[2] dans son secteur [3]. Il est présent dans trois activités principales : plâtre (8 %), granulats et béton (32 %), ciments (60 %) dont il est le leader mondial[4], et dans 64 pays. Son chiffre d'affaires, en 2012, s'est élevé à 15,816 milliards d'euros, dont 65 % dans le ciment, 33 % dans le béton granulats. Le groupe emploie environ 65 000 personnes dans le monde sur 1 570 sites de production.

Lafarge a développé des ciments spéciaux et des bétons innovants de renommée internationale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Carrière de la Madeleine. Villeneuve-lès-Maguelone, France.

C'est en Ardèche, en 1833, que nait l'activité du cimentier Lafarge après la reprise, par son fondateur Joseph-Auguste Pavin de Lafarge, du Pavin de Lafarge, une activité familiale lancée en 1749[5] dont l'usine de fours à chaux exploite une carrière de pierre à chaux dans la montagne Saint-Victor dominant le Rhône entre Le Teil et Viviers

Dès 1864, le site livre 110 000 tonnes de chaux pour le Canal de Suez. C'est le premier chantier d'envergure internationale pour l'entreprise[5].

En 1919, l'activité est transformée en société anonyme sous le nom de « Société anonyme des chaux et ciments de Lafarge et du Teil » et dès 1939, Lafarge devient le premier cimentier français et progressivement l'un des leaders mondiaux. Lafarge étend son réseau sur trois territoires (dix usines en France, implantation en Afrique du Nord et filiale en Angleterre, la Lafarge Aluminous Cement en 1926)[6]. La société y pratique un « paternalisme théocratique »[7].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les usines dans la zone occupée pratiquent une collaboration neutre ou tactique alors que certains dirigeants d'usines dans la zone libre (où Lafarge a replié son siège social à Viviers) collaborent avec zèle pour la construction du Mur de l'Atlantique[8]. À la libération, le Comité départemental de libération de l'Ardèche préconise sa mise sous séquestration qui est effective de septembre 1944 à avril 1947 et va de pair avec une autogestion ouvrière. Robert Lacoste, ministre à la Production industrielle dans le gouvernement provisoire du général de Gaulle, appuie le recours en Conseil d'État contre le séquestre. L'arrêt du 28 mars 1947 lève la séquestration et des projets de loi de nationalisation n'aboutissent pas[9].

En 1980, la fusion avec l'entreprise belge Coppée donne naissance au Groupe Lafarge Coppée et en 1997, elle acquiert le britannique Redland ce qui permet à Lafarge d'entrer dans le marché des tuiles.

Depuis les années 1990, la cimenterie de Cormeilles-en-Parisis a été transformée, successivement, en station d'ensachage puis en dépôt[10].

Le , l'acquisition du groupe britannique Blue Circle Industries Plc (BCI) permet à Lafarge de devenir le premier producteur mondial de ciment. Pour financer cet achat, Lafarge revend sous forme de LBO l'essentiel de sa branche de matériaux de spécialités, rebaptisée Materis.

Le , Lafarge décide de doubler la capacité de sa cimenterie de Dujiangyan, en Chine, pour la porter à 2,4 millions de tonnes, et signe un accord de partenariat avec Shui On Construction Materials Limited (SOCAM), cimentier chinois coté à la bourse de Hong Kong.

En 2007, Lafarge SA annonce le rachat de Orascom Cement, la division ciment du groupe égyptien Orascom, pour 8,8 milliards d'euros mais est condamné, la même année, avec la société Vicat pour entente illégale[11] et abus de position dominante collective sur le marché de gros de l'approvisionnement de la Corse en ciment[12].

Le  : Lafarge Couverture devient Monier après la cession de l’activité Toiture à PAI partners[13] et le , dans le cadre du plan de nationalisation de l'industrie du ciment[14], du président vénézuélien, Hugo Chávez, Lafarge conclut un accord de cession de ses filiales vénézueliennes[15].

Le , dans le cadre du plan global de désinvestissements du Groupe, Lafarge annonce la cession de ses actifs Ciment et Granulats & Béton au Chili (Lafarge Chile SA et Immobiliaria San Patricio ainsi que la cimenterie de La Calera) au groupe péruvien Brescia, pour une valeur de 555 millions de dollars US[16]

En 2010, Lafarge renforce ses positions au Brésil (accord avec Votorantim[17]) et en Europe centrale (avec STRABAG[18]).

En 2011, le Groupe inaugure 3 usines en Hongrie, Syrie et Nigeria et crée une joint-venture avec Anglo American au Royaume-Uni[19].

Il cède la majorité de ses activités plâtre en Europe, en Amérique du Sud[20], en Asie[21] et en Australie[22]. Il possédait plus de 70 sites de production dans 30 pays.

Fin 2011, pour accélérer son développement, Lafarge présente un projet de nouvelle organisation tournée vers ses marchés et ses clients[23].

En avril 2013, Lafarge adopte une nouvelle signature de marque « Construire des villes meilleures » [24]. Elle traduit l’ambition du groupe de mettre ses produits, solutions et systèmes constructifs innovants au service de l’amélioration des villes.

En avril 2014, Lafarge et Holcim annonce un projet de fusion entre les numéros 1 et 2 du ciment. La nouvelle entité sera basée en Suisse[25].

Le groupe[modifier | modifier le code]

Cimenterie à Frontignan, France.

Le groupe, qui comprend près de 1 000 sociétés dont 75 % sont consolidées ([réf. nécessaire]. Après avoir cédé la majorité de ses actifs plâtre fin 2011 et mis en œuvre une modification importante de sa structure de management , le groupe est désormais centré sur ses activités cœur de métier : le ciment, les granulats et le béton.

Il est organisé en trois branches :

  • Ciments : la direction générale se trouve à Suresnes ainsi que les services techniques France, alors que les services techniques à l'international se trouvent à Saint-Quentin-Fallavier. Lafarge possède plus de 161 sites de production et est présent dans 58 pays[26].
  • Granulats et bétons : Lafarge possède plus de 1 395 sites de production et est présent dans 36 pays[26].

Elles disposent chacune d’opérations décentralisées, et de départements centraux experts qui interviennent dans la prise de décisions stratégiques.

Le siège du groupe, situé à Paris, comprend la direction générale, le comité exécutif et l'ensemble des directions fonctionnelles.

Filiales[modifier | modifier le code]

La cimenterie Lafarge à Contes (Alpes-Maritimes)
L'une des usines d'exploitation de gypse du groupe, située à Mazan
Carrière Lafarge, vue de Malemort-du-Comtat

Parmi les principales filiales au  :

Direction de l'entreprise[modifier | modifier le code]

Le président du conseil d'administration jusqu'en 2007 était Bertrand Collomb, par ailleurs président du World Business Council for Sustainable Development et de l'Association française des entreprises privées. Depuis mai 2007, le président-directeur général est Bruno Lafont.

Le projet de nouvelle organisation présenté le 21 novembre 2011 prévoit que l’organisation par activité soit remplacée par une organisation par pays. À cette occasion, le comite exécutif sera réorganisé en conséquence.

Équipe dirigeante[27][modifier | modifier le code]

Depuis le

Conseil d'administration[modifier | modifier le code]

En mai 2012, au nombre de 16 et nommés pour quatre ans par l'AG des actionnaires.

Anciens Membres du CA[modifier | modifier le code]

Guilherme Frering, Raphaël de Lafarge, Michael Blakenham, Jean-Pierre Boisivon, Alain Joly, Bernard Kasriel, Jacques Lefèvre, Eric de Waubert de Genlis, Michel Pébereau, Pierre de Lafarge, Gérald Frère, Bertrand Collomb.

Conseil Consultatif international[29][modifier | modifier le code]

Au 31 décembre 2010

Données financières[modifier | modifier le code]

Données financières en millions d'euros[30]
Année 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
Chiffre d'affaires en millions d'euros 13 698 14 610 13 658 14 436 15 969 16 909 17 614 19 033 15 884 14 834 15 284 15 816
Ebitda en millions d'euros 2 862 3 101 2 820 3 028 2 920 3 610 4 183 4 618 3 600 3 488 3 217 3 450
Résultat net en millions d'euros
Part du groupe
750 446 728 868 1 096 1 372 1 909 1 598 736 827 593 432
Dette nette en millions d'euros 9 332 8 544 6 734 7 017 7 221 9 845 8 685 16 884 13 795 13 993 11 974 11 317

Lafarge SA répond aux exigences de conformité du standard financier MSI 20000.

Données boursières[modifier | modifier le code]


Données boursières au 1er janvier
Année 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
Nombre d'actions cotées en millions 167,12 170,74 174,54 172,71 193,17 286,45 286,45 287,24 287,25
Capitalisation boursière en millions d'euros 9 700 12 180  ??  ??  ?? 15 000 13 400 7 800 13 900
Nombre de transactions quotidiennes 924 038 1 000 583 1 163 000 1 235 000 1 554 000 1 509 000 1 467 000 1 596 000 1 218 000

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://www.lafarge.fr/04032013-press_publication-2012_annual_report-fr.pdf
  2. Émergent des concurrents chinois et indiens qui atteignent pratiquement les mêmes tonnages mais restent uniquement implantés dans leur pays, contrairement à Lafarge et Holcim qui ont un portefeuille d'activités mondial
  3. Alice Mérieux, « Lafarge innove pour consolider ses positions », sur Challenges,‎ 11 janvier 2013
  4. Myriam Chauvot, « Lafarge confirme son redressement », sur Les Échos (consulté le 19 mars 2013)
  5. a et b Journal du Net 12 avril 2007
  6. Histoire du groupe[PDF]
  7. Jean-Dominique Durand, Bernard Comte, Cent ans de catholicisme social à Lyon et en Rhône-Alpes, édition de l'Atelier, 566 p. (lire en ligne)
  8. Le mur de l'Atlantique émission Deux mille ans d'Histoire sur France Inter du 1er novembre 2010
  9. Renaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera, Les patrons sous l'occupation, éd. Odile Jacob, 1995
  10. « La cimenterie Lafarge en cours de démolition », Le Parisien 3 novembre 2004
  11. Les Échos, 13 mars 2007.
  12. Concurrence - Distribution - Abus de position dominante collective - Comportement indépendant. Cour de Cassation, com., 7 juillet 2009, no 08-15.609 (no 706 FS-P+B) Sté Vicat c/ Ministre de l’économie, des finances et de l’emploi. Analyse de la décision sur le site Newsletter des avocats Amado, août-septembre 2009, Droits des affaires, concurrence, distribution et consommation
  13. http://www.monier.fr/ À partir du 2 juillet 2008, LAFARGE Couverture devient MONIER
  14. http://www.leblogfinance.com/2008/04/venezuela-natio.html Venezuela : nationalisation des filiales ciment de Lafarge, Cemex et Holcim
  15. Venezuela-Nationalisations: Lafarge indemnisé
  16. Lafarge cède ses actifs ciment, béton et granulats au Chili.
  17. Lafarge renforce sa présence au Brésil suite à la cession de sa participation dans Cimpor à Votorantim
  18. Lafarge et STRABAG créent une société commune dans le secteur du Ciment en Europe centrale
  19. Lafarge et Anglo American annoncent la création d’un leader des matériaux de construction au Royaume-Uni
  20. http://www.lafarge.fr/wps/portal/6_2_2-TCDet?WCM_GLOBAL_CONTEXT=/wps/wcm/connect/Lafarge.com/AllPR/2011/PR041111c/MainFR Finalisation du rachat des activités Plâtre Europe et Amérique du Sud de Lafarge par le groupe Etex
  21. http://www.lafarge.fr/wps/portal/6_2_2-TCDet?WCM_GLOBAL_CONTEXT=/wps/wcm/connect/Lafarge.com/AllPR/2011/PR170811/MainFR Activité Plâtre en Asie : Lafarge annonce la cession à Boral de sa participation dans leur JV commune pour 429 M€
  22. http://www.lafarge.fr/wps/portal/6_2_2-TCDet?WCM_GLOBAL_CONTEXT=/wps/wcm/connect/Lafarge.com/AllPR/2011/PR210711/MainFR Lafarge annonce la vente de ses activités Plâtre en Australie pour 120 millions d’euros
  23. http://www.lafarge.fr/wps/portal/6_2_2-TCDet?WCM_GLOBAL_CONTEXT=/wps/wcm/connect/Lafarge.com/AllPR/2011/PR211111/MainFR Lafarge présente un projet de nouvelle organisation
  24. http://www.lafarge.fr/wps/portal/6_2_1-CADet?WCM_GLOBAL_CONTEXT=/wps/wcm/connect/Lafarge.com/AllPR/2013/PR20130411/MainFR "Construire des villes meilleures" L'innovation au service d’une ambition
  25. Holcim, Lafarge agree to create cement giant, Natalie Huet, Reuters, 7 avril 2014
  26. a et b http://www.lafarge.fr/04242013-finance_publication-shareholders_guide_2013-fr.pdf Guide de l’actionnaire 2013
  27. Équipe dirigeante < Groupe : Lafarge
  28. Un administrateur indépendant est un administrateur qui n'est pas salarié de l'entreprise, mais qui est rémunéré pour sa présence lors des réunions
  29. Conseil consultatif international < Gouvernement d'entreprise < Groupe : Lafarge
  30. OpesC