Transfuge

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Un transfuge est une personne qui change son allégeance à l'égard d'une nation ou d'une organisation politique, pour une autre. Ce terme est souvent utilisé en anglais comme synonyme de traître, pour désigner la désertion militaire dans les documents liés à des actes de défection ou trahison.

L'acte de défection est souvent entrepris d'une manière illégale, selon les lois de la nation ou de l'organisation politique que l'individu quitte. En cela, la défection diffère du changement de citoyenneté, qui généralement ne s'oppose aux lois d'aucune nation.

Durant la Guerre froide, les nombreuses personnes s'exilant du bloc de l'Est vers l'Occident étaient qualifiées de « défecteurs » plutôt que de déserteurs. Mais des citoyens de l'Ouest firent défection à l'Est de la même manière : l'un des cas les plus célèbres est celui de l'espion britannique Kim Philby, qui s'exila en Union soviétique pour éviter les conséquences de la découverte de son rôle de taupe du KGB.

Dans certains cas, un transfuge peut résider dans son ancien pays ou son ancienne organisation politique, travaillant comme un agent ou un agent double.

En sciences humaines et sociales, un transfuge désigne un individu qui est né dans un milieu social et qui adulte vit dans un tout autre milieu social. L'expression « transfuge de classe » est apparue au début du XXe siècle sous la plume d'auteurs politiques, socialistes ou anarchistes. Elle désigne une notion d'usage courant en sociologie, souvent abrégée en « transfuge »[1]. L'expression équivalente « transfuge social », moins fréquente, est aussi utilisée, y compris en dehors de la littérature scientifique (notions liées : prolétarisation, embourgeoisement, déclassement, reclassement, etc.).

Dans le domaine religieux, un transfuge peut désigner une personne qui a abandonné une religion pour se convertir à une autre[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « De quelques histoires de transfuges » de Jean-Pierre Terrail, 1985
  2. « Il faut sans doute pardonner aux Romains, qui n’avaient que le sens commun, qui n’avaient pas encore la foi, de n’avoir regardé l’historien Josèphe que comme un misérable transfuge qui leur contait des fables ridicules pour tirer quelque argent de ses maîtres. », Voltaire, Essai sur les mœurs et l'esprit des nations (lire sur Wikisource), « Éd. Garnier - Tome 11 »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]