Enlèvement des lycéennes de Chibok

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Enlèvement des lycéennes de Chibok
Généralités
Type Enlèvement
Coordonnées 10° 52′ 00″ N 12° 51′ 00″ E / 10.866666666667, 12.8510° 52′ 00″ Nord 12° 51′ 00″ Est / 10.866666666667, 12.85  
Organisateur ShababFlag.svg Boko Haram
Date 14 avril 2014

Géolocalisation sur la carte : Monde

(Voir situation sur carte : Monde)
Enlèvement des lycéennes de Chibok

Géolocalisation sur la carte : Afrique

(Voir situation sur carte : Afrique)
Enlèvement des lycéennes de Chibok

Géolocalisation sur la carte : Nigeria

(Voir situation sur carte : Nigeria)
Enlèvement des lycéennes de Chibok

L'enlèvement des lycéennes de Chibok a lieu en avril 2014, pendant la rébellion islamiste au Nigeria. Dans la nuit du 14 au 15 avril 2014, 237 lycéennes sont enlevées par des combattants islamistes de Boko Haram.

Contexte[modifier | modifier le code]

Le nom officiel de Boko Haram est « Jamāʿat ʾahl al-sunnah li-l-Daʿwah wa-al-Jihād » qui signifie en arabe « Peuple engagé dans la propagation de l'enseignement du prophète Mahomet et du jihad ». Dans sa définition abrégée en haoussa, « Boko Haram » signifie « L'éducation occidentale est interdite »[1]. Boko Haram cible donc particulièrement les lycées et les écoles où est dispensé un enseignement jugé trop occidental par les islamistes.

Les islamistes attaquent à plusieurs reprises des établissement scolaires, tuant professeurs et lycéens. Ainsi, le 6 juillet 2013, à Mamudo, des hommes armés massacrent 41 lycéens et un professeur[2], le 29 septembre, à Gujba, au moins 44 étudiants sont abattus dans leur dortoir[3] et la nuit du 24 au 25 février 2014, à Buni Yadi, 59 lycéens sont tués dans un autre massacre[4].

Si les lycéennes sont épargnées lors ces trois attaques, des enlèvements commencent à être commis par les islamistes, ainsi le 20 décembre 2013, lors de la bataille de Bama, des femmes et des enfants sont capturés par les hommes de Boko Haram[5]. Le 26 janvier 2014, des femmes sont enlevées lors du massacre de Kawuri[6],[7]. Le 11 février 2014, lors du deuxième massacre de Konduga, une vingtaine de combattants vont dans un collège enlever une vingtaine de jeunes filles. Selon un professeur, les rebelles leur auraient ordonné d'abandonner leurs études et de se marier[8],[9].

Le raid de Chibok[modifier | modifier le code]

Le lycée de Chibok après l'attaque.

Après le massacre de Buni Yadi, l'État de Borno décide de fermer plus de 85 établissements scolaires pour une durée indéterminée[10]. L'établissement de Chibok est également fermé, néanmoins il accueille dans ses murs les jeunes filles venues passer l'examen de sciences du baccalauréat[11].

Mais le soir du 14 avril, vers 23 heures, des combattants islamistes effectuent un raid sur la ville de Chibok. Selon Amnesty International, l'armée nigériane et le gouverneur de l'État de Borno sont informés quatre heures avant l'attaque qu'un rassemblement de 200 djihadistes avait l'intention de gagner Chibok, mais aucune mesure n'est prise pour empêcher le raid. Seuls 17 militaires et policiers sont présents dans la ville ce jour-là, trop peu nombreux ils sont rapidement mis en fuite par les islamistes après un court combat qui fait un ou deux morts dans leurs rangs[11],[12],[13].

Les islamistes gagnent ensuite le lycée de la ville. Ils incendient l'établissement et enlèvent les élèves en les faisant monter dans des camions[11],[12].

Au total, 200 à 300 lycéennes âgées de 12 à 17 ans sont capturées par les islamistes, certaines parviennent cependant à s'échapper selon la police nigériane[14],[10],[15],[16],[17]. Après avoir effectué leur raid, les islamistes se replient ensuite probablement sur leur base, dans la forêt de Sambisa[18].

Deux élèves de Chibok, Amina Sawok et Thabita Walse, déclarent dans un témoignage au journal Sunday Punch :

« Ils sont entrés dans notre école et nous ont fait croire qu'ils étaient des soldats. Ils portaient des uniformes militaires. Quand nous avons découvert la vérité, il était trop tard et nous ne pouvions plus faire grand-chose. Ils criaient, ils étaient grossiers. C'est pourquoi nous avons compris que c'était des insurgés. Puis, ils se sont mis à tirer et ont mis le feu à notre école. Notre véhicule a eu un problème et ils ont dû s'arrêter. J'en ai profité avec quelques autres filles pour courir et nous cacher sous des buissons. Je vais bien et je suis très solide physiquement. Mon seul problème est que des amies à moi restent aux mains des terroristes[19]. »

Nombre des disparues[modifier | modifier le code]

Les nombre des lycéennes enlevées n'est pas connu avec exactitude. Le 17 avril, la directrice du lycée déclare que 129 élèves ont été enlevées et que seulement 14 sont parvenues à s'échapper[10].

À la fin du mois d'avril, la police nigériane estime que 276 élèves ont été enlevées et que 53 d'entre elles sont parvenues à s'échapper[20].

De son côté, le président d'une association d'enseignants de Chibok affirme avoir comptabilisé 257 disparues. Enfin l'association des chrétiens du Nigeria publie une liste de 180 noms et précise que 165 de ces jeunes filles sont chrétiennes[20].

Première offensive de l'armée nigériane[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Bulanbuli.

La nuit du 24 au 25 avril, des affrontements éclatent entre l'armée nigériane et les rebelles islamistes dans les environs de Bulanbuli, entre la ville d'Alagarmo et la forêt de Sambisa. Les militaires prennent l'avantage et selon les autorités nigérianes, les combats font quatre morts et neuf blessés du côté de l'armée contre 40 morts chez les rebelles ainsi que plusieurs prisonniers[21],[18].

Après la bataille, des milices d'autodéfense effectuent des patrouilles dans la forêt de Sembisa, mais selon les informations de RFI, les lycéennes ont probablement été conduites par minibus vers une base arrière de Boko Haram, à l'extrême nord du Cameroun[22].

Le Département d'État des États-Unis estime de son côté que les captives ont probablement été transférées dans des pays voisins. Selon certains informations, elles auraient été vendues pour 12 dollars chacune[23].

Ces déclarations sont contestées par les gouvernements du Tchad et du Cameroun qui affirment que les lycéennes enlevées ne se trouvent pas sur leurs territoires[24].

La revendication de Boko Haram[modifier | modifier le code]

Le 5 mai, le rapt des lycéennes de Chibok est revendiqué par Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram qui déclare : « J'ai enlevé les filles. Je vais les vendre sur le marché, au nom d'Allah. Il y a un marché ou ils vendent les êtres humains [...] J'ai dit que l'éducation occidentale devait cesser. Les filles, vous devez quitter (l'école) et vous marier. [...] Une fille de 12 ans, je la donnerais en mariage, même une fille de 9 ans, je le ferais »[23],[25].

Le 7 mai, à Warabe, dans l'État de Borno, huit filles âgées de 12 à 15 ans sont kidnappées par des combattants islamistes[24]. Trois autres sont capturées le même jour à Wala, non loin du premier village[26].

Réactions[modifier | modifier le code]

Banderole lors d'une manifestation du mouvement « Bring back our girls »
Michelle Obama tenant un message avec le hashtag "#bringbackourgirls". Photographie postée le 7 mai sur le compte twitter officiel de la Première dame des États-Unis.

Le rapt et sa revendication par Boko Haram provoquent une vague d'indignation au Nigeria. Un groupe baptisé « Bring back our girls » (Ramenez nos filles) organise une série de manifestations dans tout le pays pour réclamer la libération des lycéennes et demander au gouvernement et à l'armée de faire plus d'efforts[23].

Le 7 mai au Caire, al-Azhar, l'une des principales universités d'étude de l'islam, appelle Boko Haram à libérer les lycéennes captives[24].

La vague de réactions s'étend rapidement au Monde entier, notamment par les réseaux sociaux et twitter[27],[28]. De nombreuses personnalités politiques ou médiatiques viennent apporter leur soutien au mouvement « Bring back our girls », notamment Michelle Obama, Hillary Clinton, Wyclef Jean, Jessica Alba, Christiane Taubira et Malala Yousafzai[28],[29].

Cependant des critiques ont également été formulées à l'encontre de cette forte mobilisation internationale. Ainsi, Bertrand Monnet, directeur de la chaire Management des risques criminels de l'EDHEC, estime qu'elle est contre productive : « Boko Haram n'avait sans doute pas rêvé une telle promotion. [...] Plus on communique sur un enlèvement, plus on donne de la valeur aux captifs et plus on les met en danger. [...] L'emballement international va encourager la nébuleuse nigériane, mais également d'autres groupes terroristes de la région à multiplier ce type d'actions ». Bertrand Monnet estime également qu'il est « extrêmement choquant », que peu de réactions aient suivi le massacre de Gamboru Ngala, commis trois semaines après le raid de Chibok et où environ 300 habitants avaient été massacrés ; « Pourquoi ce débordement émotionnel sur les jeunes filles et rien sur les villageois de l’État de Borno ? »[30].

De même Mathieu Guidère, professeur d'islamologie à l'Université Toulouse - Jean Jaurès, estime que cette forte mobilisation pourrait avoir son revers de la médaille :

« Sur le plan international, la mobilisation médiatique a été très certainement efficace, elle a obligé le gouvernement nigérien à se mobiliser sur la question, alors qu'il se taisait depuis près de trois semaines ! Néanmoins, sur le plan local au Nigéria, cette indignation planétaire peut être contre-productive: elle donne une notoriété immense au leader Aboubakar Shekau qui devient l'icône de la lutte contre l'Occident, et qui arrivera sans doute à recruter davantage sur place[31]. »

Aide internationale au gouvernement nigérian[modifier | modifier le code]

Après la revendication de Boko Haram, plusieurs pays proposent leur aide au gouvernement nigérian qui avait demandé l'aide la communauté internationale. Le 7 mai, les États-Unis déclarent qu'une «équipe interdisciplinaire», incluant des militaires, va être envoyée au Nigeria. Cette équipe compte 26 experts civils et militaires, membres du département d'Etat, du département de la Défense, du Pentagone et du FBI[32],[33],[34].

La France annonce également l'envoi d'une « équipe spécialisée » mise « à la disposition du Nigeria pour aider à la recherche et à la récupération de ces jeunes filles ». Il s'agit d'une équipe d'experts en renseignement « humain et technique » et en analyse d'images afin de travailler sur les vidéos diffusées par Boko Haram[32],[33],[34]. La France pourrait également engager ses avions Rafale et Mirage basés à N'Djamena[35].

Le Royaume-Uni approuve également l'envoi d'une équipe de conseillers gouvernementaux. Israël dépêche de son côté deux experts du contre-terrorisme[36], et la Chine propose de partager des informations recueillies par ses satellites[34],[33],[32].

Le 9 mai, le Conseil de sécurité de l'ONU condamne le rapt de Chibok commis par Boko Haram, ainsi que le massacre de Gamboru Ngala et déclare que ces exactions « peuvent constituer des crimes contre l'humanité »[37].

Deuxième revendication[modifier | modifier le code]

Le 12 mai, Abubakar Shekau diffuse une nouvelle vidéo où sont montrées, vêtues de hijab, au moins une centaine de lycéennes enlevées. Shekau déclare que certaines élèves ont été converties à l'Islam et propose aux autorités nigérianes de libérer celles qui ne se sont pas converties en échange de combattants islamistes capturés par les forces gouvernementales[38]. Cette offre est officiellement rejetée le jour même par le gouvernement nigérian[39], qui se dit cependant prêt à dialoguer[40].

Suites[modifier | modifier le code]

Le 13 mai, le département d'État américain confirme que des avions de surveillance ont commencé à sillonner le nord-est du Nigeria[40].

Cependant, les actions du gouvernement nigérian sont critiquées. Le 16 mai, le sénateur démocrate Robert Menendez, président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, dénonce « une lenteur tragique et inacceptable » du gouvernement nigérian. De son côté, Claire Friend, directrice Afrique au ministère américain de la Défense, estime que l'armée nigériane est « incompétente » et que les soldats de certaines divisions montrent « des signes de peur réelle », pour elle l'armée doit « changer de tactique »[41].

Le 21 mai, le président Barack Obama annonce que 80 soldats américains ont été déployés au Tchad afin de soutenir « les opérations de renseignement, de surveillance et de vols de reconnaissance pour des missions au-dessus du nord du Nigeria et des régions voisines »[42].

Les 24 et 25 mai, des pourparlers ont lieu entre Olusegun Obasanjo, ancien président du Nigeria, et des émissaires de Boko Haram. Les discussions portant sur la libération des otages de Chibok ont lieu à la ferme d'Olusegun Obasanjo dans l'État d'Ogun[43].

Le 28 mai, Musa Inuwa, commissaire à l'éducation de l'État de Borno, annonce que quatre lycéennes enlevées par Boko Haram sont parvenues à s'échapper[44].

En juin, le gouvernement nigérian affirme, mais sans donner plus de précisions, que 57 jeunes filles ont été rendues à leurs familles[45].

Le 14 juillet, Malala Yousafzai se rend au Nigeria afin d'apporter son soutien au mouvement Bring Back Our Girls[46].

Le 17 octobre, le gouvernement du Nigeria annonce un accord de cessez-le-feu avec Boko Haram et la libération prochaine des 216 lycéennes encore aux mains des djihadistes[47]. Mais Boko Haram répond dans une vidéo rendue publique le 31 octobre, Abubakar Shekau nie tout accord de cessez-le-feu et affirme que les captives ont été converties et mariées[48].

Lien externe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. AFP, « Plus de 260 morts dans les combats entre police et "talibans" », Jeune Afrique,‎ 29 juillet 2011 (lire en ligne)
  2. France 24 : Les lycées de l'État de Yobe fermés après un massacre attribué à Boko Haram
  3. Guardian : Gunmen kill 44 students in Yobe
  4. Reuters : Cinquante-neuf morts dans l'attaque d'un pensionnat au Nigeria
  5. AFP : Nigeria: une offensive contre Boko Haram tue des civils, détruit des villages
  6. VOA : Bilan des attaques au Nigeria: plus de 85 morts, plus de 50 personnes hospitalisées
  7. Jeune Afrique : Nigeria : massacres de villageois dans deux États du nord-est
  8. Reuters : Un assaut de Boko Haram fait 51 morts au Nigeria-témoins
  9. AFP : Nigeria: 39 morts dans l’attaque d’un village par Boko Haram
  10. a, b et c RFI : Nigeria: seulement 14 lycéennes libres, selon les autorités
  11. a, b et c RFI : Nigeria: près de 100 lycéennes enlevées dans l'Etat de Borno
  12. a et b Le Monde : Nigeria : 5 questions sur l’enlèvement de plus de 200 lycéennes
  13. RFI : Nigeria: selon Amnesty, l'armée était prévenue d'une attaque de Boko Hara
  14. AFP : Plus de cent lycéennes enlevées au Nigeria
  15. VOA : Nigéria: les lycéennes enlevées étaient 234 au total
  16. Le Figaro : Nigeria: les lycéennes enlevées seront traitées en "esclaves", "vendues" et "mariées"
  17. 20 Minutes : Boko Haram : Ce qu’on sait de l’enlèvement des jeunes Nigérianes
  18. a et b RFI : Nigeria: combats dans l'Est entre l'armée et Boko Haram
  19. AFP et Le Monde : Au Nigeria, deux lycéennes enlevées racontent leur captivité et leur fuite
  20. a et b Le Monde : L'enfer des 200 lycéennes enlevées au Nigeria
  21. RFI : Nigeria: l'armée patrouille dans les zones contrôlées par Boko Haram
  22. RFI : Nigeria: des lycéennes enlevées par Boko Haram acheminées au Cameroun
  23. a, b et c RFI : Nigeria: Boko Haram va «vendre» les lycéennes enlevées
  24. a, b et c AFP : Boko Haram enlève huit nouvelles lycéennes
  25. AFP : Nigeria : les lycéennes enlevées seront traitées en "esclaves", selon Boko Haram
  26. AFP et Libération : La France et le Royaume-Uni vont aider à retrouver les lycéennes nigérianes
  27. France 24 : Les réseaux sociaux contre Boko Haram
  28. a et b RTL : #BringBackOurGirls : le monde se mobilise pour les lycéennes enlevées par Boko Haram
  29. Le Nouvel Observateur : Boko Haram : le soutien de Malala à ses "sœurs" du Nigeria
  30. L'Express : Nigeria: "Boko Haram n'avait sans doute pas rêvé une telle promotion"
  31. Le Figaro : Boko Haram : la mobilisation médiatique est-elle efficace ou contre-productive ?
  32. a, b et c BFM TV : Enlèvements au Nigeria: quel rôle peuvent jouer les Occidentaux?
  33. a, b et c Le Parisien : VIDEOS. Nigeria : plusieurs pays annoncent leur aide pour retrouver les lycéennes
  34. a, b et c Le Figaro : Les Occidentaux au secours des captives de Boko Haram
  35. Le Monde : L’armée nigériane, le maillon faible dans la traque des terroristes de Boko Haram
  36. Le Figaro : Lycéennes enlevées: des Israéliens au Nigeria
  37. AFP : Lycéennes enlevées au Nigeria: condamnation du Conseil de sécurité
  38. AFP et Le Nouvel Observateur : NIGERIA. Boko Haram veut échanger des lycéennes contre des prisonniers
  39. Le Parisien : VIDÉOS. Lycéennes enlevées : le Nigeria rejette les conditions de Boko Haram
  40. a et b RFI : Nigeria: des avions-espions américains pour retrouver les lycéennes
  41. RFI : Les autorités nigérianes jugées incapables de faire face à Boko Haram
  42. AFP et Le Nouvel Observateur : NIGERIA. Lycéennes enlevées : 80 militaires américains au Tchad
  43. AFP et Le Figaro : Lycéennes enlevées : le Nigeria négocie avec Boko Haram
  44. L'Express : Nigeria: quatre lycéennes auraient échappé à Boko Haram
  45. France Info : Que deviennent les lycéennes enlevées par Boko Haram ?
  46. RFI : Nigeria: Malala Yousafzai rencontre les familles de lycéennes enlevées
  47. RFI : Nigeria: vers un accord de cessez-le-feu avec Boko Haram
  48. Le Parisien : Nigeria : Boko Haram aurait converti et marié de force les 219 lycéennes enlevées

Sur les autres projets Wikimedia :