Mohammad Omar

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Mohammad Omar
Titre
Émir de l'Émirat islamique d'Afghanistan
« Commandeur des croyants »
27 septembre 199613 novembre 2001
(5 ans, 1 mois et 17 jours)
Prédécesseur Burhanuddin Rabbani (président de l'État islamique d'Afghanistan)
Successeur Burhanuddin Rabbani (président du gouvernement provisoire)
Biographie
Date de naissance 1959 (54-55 ans)
Lieu de naissance Nodeh (Afghanistan)
Nationalité Afghan
Religion Islam sunnite
Mohammed Omar
Mollah Omar
Naissance 1959 (54-55 ans)
Nodeh (Afghanistan)
Origine Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan
Allégeance Flag of Jihad.svg Moudjahidines
(1979-1989)
Flag of Taliban.svg Talibans
(depuis 1994)
Grade Émir
Conflits Première guerre d'Afghanistan
Première guerre civile d'Afghanistan
Seconde guerre civile d'Afghanistan
Seconde guerre d'Afghanistan
Commandement « Émir » de l'Émirat islamique d'Afghanistan (1996-2001)

Mohammad Omar (pachto : ملا محمد عمر), né en 1959, plus connu sous le nom de mollah (érudit) Omar, est le chef des talibans d'Afghanistan ; il fut le chef d'État de facto de ce pays de 1996 à 2001. Il portait dans ses fonctions le titre de Commandeur des Croyants de l'Émirat islamique d'Afghanistan.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine géographique, ethnique et sociale[modifier | modifier le code]

Né près de Kandahar, dans le village de Now Deh, et appartenant à l'ethnie pachtoune de la tribu Hotak, la branche Gilzaï des Pachtounes[1], Omar est issu d'un milieu paysan, ce qui influencera beaucoup ses idées.

La guerre de 1979[modifier | modifier le code]

Durant la guerre soviétique d'Afghanistan, Omar se serait rallié à la résistance et aurait perdu un œil pendant un combat. Puis il rejoint les rangs pachtounes du « Parti islamique » ou Hezb-é Islâmî de Yoûnos Khâlès contre le régime de Nadjibullah en 1989-1992.[réf. nécessaire]

De l'école coranique au djihad taliban[modifier | modifier le code]

Après avoir suivi des cours de théologie dans un séminaire deobandi pakistanais à la frontière, il se rend dans un village de la région de Kandahar, Sangesar, pour y fonder une école coranique. Il prend alors le titre de mollah. Au printemps 1994, des villageois se plaignent à lui de l'enlèvement de deux jeunes filles par un chef local. Le mollah Omar réunit alors trente étudiants, talibans, armés. Il capture le chef local, à l'aide de ses étudiants et le pend au canon d'un char. Il se sent alors investi d'une mission divine[2]. Le mouvement taliban fait alors son apparition en Afghanistan en 1994 et gagne rapidement du terrain, notamment parmi les populations pachtounes, apparaissant comme une alternative à la guerre civile. En 1996, Kaboul est prise par les talibans et, en 2000, ces derniers contrôlent 90 % du territoire afghan et 95 % des zones de production de l'opium[3]. En juillet 2000, il décrète une interdiction de cultiver le pavot[4], car anti-islamique, alors que le pays était considéré comme premier producteur mondial de pavot à cette date.

Commandeur des croyants de l'Émirat islamique d'Afghanistan[modifier | modifier le code]

Comme chef d'État, le mollah Omar se fait remarquer par sa discrétion, quittant peu sa maison de Kandahar. Il ne se rendit que deux fois à Kaboul, qu'il considérait comme une ville pervertie et occidentalisée. Il ne donne que très peu d'entrevues, et on ne possède que très peu de photos de lui. Une des photos censées le représenter, et qui fut un temps utilisée par la presse, puis par la Central Intelligence Agency (CIA) sur des affiches de recherche, représentait en fait une autre personne[5].

En 2001, il décrète idolâtres les Bouddhas de Bâmiyân et les Talibans les détruisent au moyen d'explosifs et de tirs d'artillerie. En mars 2001, les deux statues avaient disparu après presque un mois de bombardement intensif, causant une vive émotion de par le monde.

La guerre contre les États-Unis[modifier | modifier le code]

Ayant accueilli les combattants d'Oussama Ben Laden qui lui prête allégeance en 1997 et qui épousera une de ses filles[6], Omar subit la guerre américaine contre l'Afghanistan en 2001, et perd le contrôle du pays. En octobre 2001, il s'enfuit vers le Pakistan et n'a jamais été retrouvé depuis.

Le mollah Omar se considère toujours comme le commandeur des croyants, son autorité sur « les groupes d'insurgés est incertaine »[7]. Pour les rassembler, il a créé le « Conseil des combattants unis » en février 2009. Il recrute des troupes dans les camps de réfugiés afghans au Pakistan et reçoit des renforts de plusieurs centaines de djihadistes venus du monde entier[7].

En 2011, il est toujours recherché par les services secrets américains, qui offrent une récompense de plus de 10 millions USD pour sa capture[8]. Les autorités afghanes tiennent pour certain qu'il réside à Quetta capitale de la province frontalière méridionale du Baloutchistan[9],[10]. En janvier 2011, le journal américain The Washington Post révèle un rapport du Eclipse Group (en), un organisme privé de renseignement, affirmant que le mollah Omar aurait été victime d'un accident cardio-vasculaire et hospitalisé quelques jours dans une clinique de Karachi, la plus grande ville du Pakistan, sous la protection et la bénédiction de l'Inter-Services Intelligence (ISI, les services pakistanais de contre-espionnage)[11],[12]. L'information a été infirmée aussi bien par les talibans que par l'armée pakistanaise[13]. Le 23 mai 2011, Lutfullah Mashal, porte-parole de la Direction nationale de la sécurité afghane (les services secrets afghans), affirme, relayé par une chaîne afghane de télévision et une agence chinoise de presse, que le mollah Omar aurait pu être tué au cours d'une opération des services pakistanais alors qu'il aurait exceptionnellement quitté son refuge de Quetta pour se rendre au Nord-Waziristan. L'information n'est pas confirmée et a été immédiatement démentie par les talibans[14],[15].

Documentaire[modifier | modifier le code]

  • Le Dernier Calife d'Afghanistan[16]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ahmed Rashid, L'ombre des taliban, Éditions Autrement Frontières, 2001, p. 44
  2. Michael Barry, Le royaume de l'insolence. L'Afghanistan (1504-2001), Flammarion, 2002, p. 401-402
  3. Pierre-Arnaud Chouvy, Les territoires de l'opium: conflits et trafics du Triangle d'Or et du Croissant d'Or (Birmanie, Laos, Thaïlande et Afghanistan, Iran, Pakistan), Olizane,‎ 2002, 539 p. (ISBN 2880862833, lire en ligne), p. 142
  4. Olivier Guéniat, Pierre Esseiva, Le profilage de l'héroïne et de la cocaïne: une méthodologie moderne de lutte contre le trafic illicite, PPUR presses polytechniques,‎ 2005, 394 p. (ISBN 2880745322, lire en ligne), p. 17
  5. 'I'm not Mullah Omar' says the man on CIA wanted poster - Telegraph
  6. Georges Malbrunot, « La 5ème épouse de Ben Laden était la fille du mollah Omar », Le Figaro,‎ 7 juillet 2011 (consulté le 8 juillet 2011).
  7. a et b Olivier Hubac, L’Enjeu afghan, André Versaille,‎ 2010 (ISBN 9782874950704), p. 63
  8. Recherché Mullah Omar. Jusqu'à 10 millions de dollars de récompense, Rewards for Justice
  9. Le Figaro du 22 février 2008
  10. « Le mollah Omar prochaine cible de la CIA, par le Gal Abel Pertinax », par le général français Abel Pertinax, sur le blog de Georges Malbrunot, LeFigaro.fr, mis en ligne le 26 mai 2011.
  11. « Incertitudes sur la mort du mollah Omar », ParisMatch.com, mis en ligne le 23 mai 2011.
  12. « Le mollah Omar prochaine cible de la CIA, par le Gal Abel Pertinax », par le général français Abel Pertinax, sur le blog de Georges Malbrunot, LeFigaro.fr, mis en ligne le 26 mai 2011.
  13. « L'armée pakistanaise dément que le mollah Omar ait été soigné à Karachi », LeMonde.fr, mis en ligne le 20 janvier 2011.
  14. « Incertitudes sur la mort du mollah Omar », ParisMatch.com, mis en ligne le 23 mai 2011.
  15. « Le mollah Omar aurait été tué au Pakistan », LeFigaro.fr, mis en ligne le 23 mai 2011.
  16. par Claire Billet, Leslie Knott et Bette Dam, « Le Dernier Calife d'Afghanistan », sur Arte,‎ 2014 (consulté le 15 novembre 2014).