Mokhtar Belmokhtar

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Mokhtar Belmokhtar
Mokhtar Belmokhtar en décembre 2012.
Mokhtar Belmokhtar en décembre 2012.

Surnom Le Borgne
Naissance 1er juin 1972 (42 ans)
Ghardaïa
Origine Drapeau de l'Algérie Algérie
Allégeance Flag of Hezbi Islami Gulbuddin.svg Hezb-e-Islami Gulbuddin (1990/1991-1992)
GIA (1992-1998)
Flag of Jihad.svg GSPC (1998-2006)
ShababFlag.svg AQMI (2006-2012)
ShababFlag.svg Les Signataires par le sang (2012-2013)
ShababFlag.svg Al-Mourabitoune (depuis 2013)
Grade Émir
Conflits Guerre civile d'Afghanistan (1989-1992)
Guerre civile algérienne
Rébellion salafiste au Maghreb
Guerre du Mali
Commandement Les Signataires par le sang
Faits d'armes Combat de Lemgheity
Première bataille de Gao
Bataille d'Idelimane
Prise d'otages d'In Amenas
Attentats d'Agadez et Arlit

Mokhtar Belmokhtar alias Belaouer ou Laouer (« le borgne ») ou Khaled Abou al-Abbas est un jihadiste algérien né le 1er juin 1972[1] ou 1978[2] à Ghardaïa, Algérie. L'armée tchadienne a affirmé l'avoir tué le 2 mars 2013[3],[4], mais sa mort n'est pas confirmée et sa tête a été mise à prix en juin 2013 par les États-Unis. Appelé « Mr. Marlboro » par les services algériens[5], il s'engage en Afghanistan durant sa jeunesse, puis il rentre en Algérie dès le coup d'état de 1991.

Après avoir fait scission avec Al-Qaïda au Maghreb islamique en 2012, il crée son propre mouvement djihadiste, Les Signataires par le sang, avec lequel il mène la prise d'otages d'In Amenas, en Algérie, début 2013.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vers ses 17 ans, il part s'entraîner dans des camps en Arabie saoudite, à l'époque où la CIA et l'agence de renseignement pakistanaise Inter-Services Intelligence appuyaient les djihadistes. Il commence son engagement en Afghanistan en 1991[6]. En 1993, il rentre en Algérie et rejoint les groupes islamiques armés où il devient, grâce à son expérience en Afghanistan, rapidement émir[6] de la zone IX (Sud), puis de la région Sahara-Sahel du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), aujourd’hui appelé Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

Suite à des affrontements avec le Mouvement national pour la libération de l’Azawad à Gao, ville du nord du Mali, le 27 juin 2012, le MNLA annonce sa mort[7] mais un communiqué d'AQMI signé de son nom dément l'information le 7 juillet 2012[8].

En octobre 2012, Abdelmalek Droukdel le destitue du commandement de sa katiba en raison de son comportement jugé trop indépendant et de ses désobéissances[9],[10]. Aussi, en décembre 2012, Belmokhtar annonce sa rupture avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et la formation d'un groupe islamiste armé : « Signataires par le sang »[11].

L'armée tchadienne dit avoir tué le chef islamiste Mokhtar Belmokhtar le 2 mars 2013[12]. L'annonce de sa mort est cependant démentie par un membre d'AQMI, selon ses déclarations publiées sur des sites islamistes, car Belmokhtar combattrait dans région de Gao et non dans l'Adrar des Ifoghas[13]. Le 5 mars 2013, des soldats tchadiens revenus du front au Nord-Mali ont montré à des journalistes des photographies où l'on voit le cadavre d'un combattant islamiste, ressemblant à Mokhtar Belmokhtar, affirmant qu'il s'agit bien du chef djihadiste dont le Tchad a annoncé la mort[14].

Selon des habitants des lieux, Belmokhtar aurait été aperçu vivant à Taoubenit, près de In Khalil, à la mi-mars[15]. L'annonce de sa mort est également contestée par Hama Ag Sid'Ahmed, porte-parole du MNLA[16]. Le 1er avril, suite à un contact avec l'Agence Nouakchott d'Information, la mort de Belmokhtar est démentie par Hamada Ould Mohamed Kheirou, chef du MUJAO, ainsi que par Moghrane, porte-parole de la katiba Al-Mouthalimin (les enturbannés), des Signataires par le sang[17].

Le 3 juin 2013, la tête de Mokhtar Belmokhtar est mise à prix par les États-Unis pour cinq millions de dollars[18].

Le 22 août 2013, selon un communiqué signé par Ahmed Ould Amer, dit Ahmed Telmissi et Mokhtar Belmokhtar, le MUJAO et Les Signataires par le sang annoncent leur fusion en un seul mouvement[19]. Ceux-ci prennent le nom des Al-Mourabitoune (Les Almoravides)[20].

Selon des jihadistes capturés et interrogés par les autorités algériennes en septembre 2013, Belmokhtar aurait fait exécuter plusieurs de ses hommes, des Tunisiens, suspectés d'être entrés en contact avec les services de renseignements[21].

En avril 2014, Mokhtar Belmokhtar publie un communiqué dans lequel il renouvelle son allégeance à Ayman al-Zawahiri, émir d'Al-Qaïda, dont l'autorité est mise à mal en Syrie à la suite de la sédition de l'État islamique en Irak et au Levant[22].

Enlèvements et actions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Prise d'otages d'In Amenas.

Mokhtar Belmokhtar est connu pour l'enlèvement de nombreux occidentaux :

Le 24 décembre 2007, il est également responsable du meurtre de 4 français en Mauritanie[23] près d'Aleg qui entraînera l'annulation du Paris-Dakar 2008[30].

  • En Juillet 2014, il a revendiqué auprès de l’agence de presse privée mauritanienne Alakhbar l’attentat suicide, qui a tué un soldat français dans le nord du Mali.

Condamnations[modifier | modifier le code]

  • En juin 2004, le tribunal d'Illizi a condamné, par contumace, Mokhtar Belmokhtar à la prison à vie pour notamment : « constitutions de groupes terroristes armés aux fins de semer la terreur (…), création d’un climat d’enlèvement (…), vol qualifié (…), détention d’armes prohibées et leur utilisation sans autorisation »[31]. Une récompense de 10 millions de dinars algériens est promise pour son arrestation[31].
  • En mars 2007, le tribunal d'Alger l'a condamné à 20 ans de prison pour constitution de groupes terroristes, enlèvement d'étrangers, importation et trafic d'armes illicites[24],[32].
  • En mars 2008, il est condamné à mort par le tribunal de Ghardaïa pour le meurtre, en février 2006, de treize douaniers[32].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mokhtar Belmokhtar, le renard du désert
  2. http://azelin.files.wordpress.com/2011/11/khc481lid-abc5ab-al-abbc481s-mukhtc481r-bin-mue1b8a5ammad-bilmukhtc481r-interview-with-nouakchott-news-en.pdf
  3. Agence France-Presse, « L'armée tchadienne affirme avoir tué Mokhtar Belmokhtar », sur liberation.fr,‎ 2 mars 2013 (Mis à jour : 3 mars 2013) (consulté le 6 février 2014)
  4. (en) Andrew Black, Mokhtar Belmokhtar : The Algerian Jihad’s Southern Amir, [lire en ligne] sur jamestown.org
  5. Le Figaro : Mokhtar Belmokhtar, «mister Marlboro»
  6. a et b Mokhtar Belmokhtar, parrain du Sahara par l'AFP sur depeche.fr
  7. M. Abi, « Les Touaregs de l’Azawad annoncent la mort de Mokhtar Belmokhtar », sur Le Temps d'Algérie,‎ 29 juin 2012 (consulté le 29 juin 2012)
  8. « Donné pour mort, il se manifeste par communiqué Les justifications de Belmokhtar », sur Liberté,‎ 7 juillet 2012 (consulté le 9 juillet 2012)
  9. rfi : Aqmi au Sahel: Mokhtar Belmokhtar écarté de son commandement
  10. LCI
  11. (en) « Le ravisseur de plusieurs Français au Sahel crée un nouveau groupe armé », Libération (consulté le 2013-01-17)
  12. Après Abou Zeid, un autre chef islamiste donné pour mort, Le Parisien, 2 mars 2013
  13. Le Nouvel Observateur : MALI. Selon un membre d'Aqmi, Abou Zeid est bien mort
  14. (en) « Des photos attesteraient de la mort de Belmokhtar », Le Point (consulté le 2013-03-04)
  15. L'Expression : Alors qu'il a été donné pour mort, Mokhtar Belmokhtar court toujours
  16. Le Temps d'Algérie : «Mokhtar Belmokhtar n'est pas mort et ne participe pas aux combats»
  17. CRI : Mauritanie: le Mujao et les "Moulatahamines" démentent toute information relative à la mort de Bellawar
  18. Le Point : La tête de Belmokhtar mise à prix
  19. Afrique : fusion de 2 groupes djihadistes, Le Figaro, 22 août 2013.
  20. Jeune Afrique : Terrorisme : le groupe de Mokhtar Belmokhtar et le Mujao annoncent leur fusion
  21. Tunisnumérique : Tunisie – Mokhtar Belmokhtar aurait exécuté des jihadistes tunisiens
  22. Opex360 : Un important chef jihadiste aurait été tué au Mali par les forces spéciales françaises
  23. a et b Rue89 : Niger : les cinq Français otages de la guerre des chefs d'Aqmi
  24. a et b Résumé des motifs ayant présidé aux inscriptions de noms sur la liste récapitulative NARRATIVE SUMMARIES OF REASONS FOR LISTING QI.B.136.03. Mokhtar Belmokhtar sur un.org
  25. Libération du chauffeur de deux diplomates canadiens enlevés par AFP sur jeuneafrique.com
  26. Prise d'otage sur un site pétrolier BP en Algérie dans Libération du 16 janvier 2013.
  27. Mokhtar Belmokhtar, le chef jihadiste derrière la prise d'otage ? dans Libération du 16 janvier 2013.
  28. Le Monde : Niger : Belmokhtar aurait "supervisé lui-même" les attaques
  29. Niger: le djihadiste Mokhtar Belmokhtar a "supervisé" les attentats
  30. 2008 Paris Dakar rally cancelled due to terrorist threats surthemotorreport.com.au
  31. a et b Le tribunal d’Illizi condamne Belmokhtar à la prison à vie par Mounir B. dans le Quotidien d'Oran du 16 juin 2004
  32. a et b Mokhtar Belmokhtar condamné à mort par contumace une deuxième fois sur lematindz.net

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lamine Ould Mohammed Salem, Le Ben Laden du Sahara, sur les traces du jihadiste Mokhtar Belmokhtar, Éditions de La Martinière,‎ 2014.