Mokhtar Belmokhtar

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Mokhtar Belmokhtar
Mokhtar Belmokhtar.jpg
Surnom Le Borgne
Naissance 1er juin 1972 (1972-06-01) (40 ans)
Ghardaïa
Origine Drapeau d'Algérie Algérie
Allégeance Hezb-e-Islami Gulbuddin (1990/1991-1992)
GIA (1992-1998)
GSPC (1998-2006)
AQMI (2006-2012)
Les Signataires par le sang (2012-)
Conflits Guerre civile d'Afghanistan (1989-1992)
Guerre civile algérienne
Insurrection islamique au Maghreb
Guerre du Mali
Commandement Les Signataires par le sang

Mokhtar Belmokhtar alias Belaouer ou Laouer (« le borgne ») ou Khaled Abou al-Abbas est un jihadiste algérien né le 1er juin 1972[1] ou 1978[2] à Ghardaïa Algérie. L'armée tchadienne a affirmé l'avoir tué le 2 mars 2013[3],[4]. Appelé « Mr. Marlboro » par les services algériens[réf. nécessaire], il s'engage en Afghanistan durant sa jeunesse, puis il rentre en Algérie dès le coup d'état de 1991.

Après avoir fait scission avec Al-Qaïda au Maghreb islamique en 2012, il crée son propre mouvement djihadiste, Les Signataires par le sang, avec lequel il mène la prise d'otages d'In Amenas, en Algérie, début 2013.

Sommaire

Biographie [modifier]

Vers ses 17 ans, il part s'entraîner dans des camps en Arabie saoudite. Il commence son engagement en Afghanistan en 1991[5]. En 1993, il rentre en Algérie et rejoint les groupes islamiques armés où il devient, grâce à son expérience en Afghanistan, rapidement émir[5] de la zone IX (Sud), puis de la région Sahara-Sahel du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), aujourd’hui appelé Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

Suite à des affrontements avec le Mouvement national pour la libération de l’Azawad à Gao, ville du nord du Mali, le 27 juin 2012, le MNLA annonce sa mort[6] mais un communiqué d'AQMI signé de son nom dément l'information le 7 juillet 2012[7]. Il annonce, dans une vidéo, début décembre 2012, sa rupture avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et la formation d'un groupe islamiste armé : « Signataires par le sang »[8].

L'armée tchadienne dit avoir tué le chef islamiste Mokhtar Belmokhtar le 2 mars 2013[9]. L'annonce de sa mort est cependant démentie par un membre d'AQMI, selon ses déclarations publiées sur des sites islamistes, car Belmokhtar combattrait dans région de Gao et non dans l'Adrar des Ifoghas[10]. Le 5 mars 2013, des soldats tchadiens revenus du front au Nord-Mali ont montré à des journalistes des photographies où l'on voit le cadavre d'un combattant islamiste ressemblant à Mokhtar Belmokhtar, affirmant qu'il s'agit bien du chef djihadiste dont le Tchad a annoncé la mort[11].

Selon des habitants des lieux, Belmokhtar aurait été aperçu vivant à Taoubenit, près de In Khalil, à la mi-mars[12]. L'annonce de sa mort est également contestée par Hama Ag Sid'Ahmed, porte-parole du MNLA[13]. Le 1er avril, suite à un contact avec l'Agence Nouakchott d'Information, la mort de Belmokhtar est démentie par Hamada Ould Mohamed Kheirou chef du MUJAO, ainsi que par Moghrane, porte-parole de la katiba Al-Mouthalimin (les enturbannés), des Signataires par le sang[14].

Enlèvements et actions [modifier]

Article détaillé : Prise d'otages d'In Amenas.

Mokhtar Belmokhtar est connu pour l'enlèvement de nombreux occidentaux :

  • Février-mars 2003 plusieurs groupes de touristes sont enlevés dans le sud de l'Algérie par le groupe de El Para lié à Mokhtar Belmokhtar[15].
  • En décembre 2008, deux diplomates canadiens liés aux Nations Unies au Niger[16],[17],[18].
  • En janvier 2009, deux suisses, un britannique et une allemande[18].
  • En janvier 2011, deux français à Niamey au Niger[19].
  • Le 15 septembre 2012, sept expatriés -dont cinq Français- enlevés sur le site d’Areva à Arlit au Niger,[16].
  • Le 16 janvier 2013 au matin, son groupe Al-Moulathamin, commandé par lui-même prend en otage environ 600 algériens et une quarantaine d'occidentaux dans la base-vie du site d'exploitation gazier d'In Amenas en Algérie[20], dans le contexte du conflit malien de 2012-2013 et de l'opération Serval menée par la France depuis le 11 janvier. Il aurait quitté le nord du Mali par le Niger dès les premières actions françaises et aurait mené son raid de 1 700 km sans être repéré[21]
  • Le 23 mai 2013, il aurait supervisé les attaques contre les installations d'une firme d'Areva et une caserne militaire au Niger[22].

Le 24 décembre 2007, il est également responsable du meurtre de 4 français en Mauritanie[16] près d'Aleg qui entraînera l'annulation du Paris-Dakar 2008[23].

Condamnations [modifier]

  • En juin 2004, le tribunal d'Illizi a condamné, par contumace, Mokhtar Belmokhtar à la prison à vie pour notamment : « constitutions de groupes terroristes armés aux fins de semer la terreur (…), création d’un climat d’enlèvement (…), vol qualifié (…), détention d’armes prohibées et leur utilisation sans autorisation »[24]. Une récompense de 10 millions de dinars algériens est promise pour son arrestation[24].
  • En mars 2007, le tribunal d'Alger l'a condamné à 20 ans de prison pour constitution de groupes terroristes, enlèvement d'étrangers, importation et trafic d'armes illicites[17],[25].
  • En mars 2008, il est condamné à mort par le tribunal de Ghardaïa pour le meurtre, en février 2006, de treize douaniers[25].

Lien externe [modifier]

Références [modifier]

  1. Mokhtar Belmokhtar, le renard du désert
  2. http://azelin.files.wordpress.com/2011/11/khc481lid-abc5ab-al-abbc481s-mukhtc481r-bin-mue1b8a5ammad-bilmukhtc481r-interview-with-nouakchott-news-en.pdf
  3. http://www.liberation.fr/monde/2013/03/02/l-armee-tchadienne-affirme-avoir-tue-mokhtar-belmokhtar_885872
  4. (en) Andrew Black, Mokhtar Belmokhtar : The Algerian Jihad’s Southern Amir, [lire en ligne] sur jamestown.org
  5. a et b Mokhtar Belmokhtar, parrain du Sahara par l'AFP sur depeche.fr
  6. M. Abi, « Les Touaregs de l’Azawad annoncent la mort de Mokhtar Belmokhtar », sur Le Temps d'Algérie, 29 juin 2012. Consulté le 29 juin 2012
  7. Donné pour mort, il se manifeste par communiqué Les justifications de Belmokhtar, sur Liberté, 7 juillet 2012. Consulté le 9 juillet 2012
  8. (en) Le ravisseur de plusieurs Français au Sahel crée un nouveau groupe armé, Libération. Consulté le 2013-01-17
  9. Après Abou Zeid, un autre chef islamiste donné pour mort, Le Parisien, 2 mars 2013
  10. Le Nouvel Observateur : MALI. Selon un membre d'Aqmi, Abou Zeid est bien mort
  11. (en) Des photos attesteraient de la mort de Belmokhtar, Le Point. Consulté le 2013-03-04
  12. L'Expression : Alors qu'il a été donné pour mort, Mokhtar Belmokhtar court toujours
  13. Le Temps d'Algérie : «Mokhtar Belmokhtar n'est pas mort et ne participe pas aux combats»
  14. CRI : Mauritanie: le Mujao et les "Moulatahamines" démentent toute information relative à la mort de Bellawar
  15. Décès d’une allemande Salima Tlemçani El Watan, 30 juillet 2003
  16. a, b et c Niger : les cinq Français otages de la guerre des chefs d'Aqmi par Jean-Pierre Filiu sur rue89.com le 24 septembre 2010
  17. a et b Résumé des motifs ayant présidé aux inscriptions de noms sur la liste récapitulative NARRATIVE SUMMARIES OF REASONS FOR LISTING QI.B.136.03. Mokhtar Belmokhtar sur un.org
  18. a et b Libération du chauffeur de deux diplomates canadiens enlevés par AFP sur jeuneafrique.com
  19. Français tués au Niger: les corps rapatriés doivent être autopsiés sur nouvelobs.com
  20. Prise d'otage sur un site pétrolier BP en Algérie dans Libération du 16 janvier 2013.
  21. Mokhtar Belmokhtar, le chef jihadiste derrière la prise d'otage ? dans Libération du 16 janvier 2013.
  22. Niger: le djihadiste Mokhtar Belmokhtar a "supervisé" les attentats
  23. 2008 Paris Dakar rally cancelled due to terrorist threats surthemotorreport.com.au
  24. a et b Le tribunal d’Illizi condamne Belmokhtar à la prison à vie par Mounir B. dans le Quotidien d'Oran du 16 juin 2004
  25. a et b Mokhtar Belmokhtar condamné à mort par contumace une deuxième fois sur lematindz.net