Pièce de monnaie

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Sapèque des Xia occidentaux (1032-1227).

Une pièce de monnaie est un morceau de matériau solide, habituellement un métal ou un métalloïde, ayant souvent la forme d’un disque, et la plupart du temps délivré par un gouvernement. Les pièces de monnaie sont utilisées comme argent dans des transactions de toutes sortes, à partir des transactions de tous les jours jusqu’au stockage du vaste nombre de pièces précieuses.

Histoire[modifier | modifier le code]

Recto et verso d'une pièce d'or vaguement ovoïde, portant d'un côté une tête de fauve et de l'autre deux estampages rectangulaires.
Statère du royaume de Lydie, début du VIe siècle av. J.-C.

Les premières pièces de monnaie ont été retrouvées dans l'ouest de l'Asie Mineure et datent de peu après 700 avant J.-C. Une tradition rapportée par Hérodote fait de la monnaie une invention des Lydiens. On a retrouvé des pièces émises par le roi Crésus du milieu du VIe siècle av. J.-C. On pense toutefois que la monnaie est plutôt une invention des villes ioniennes d'Asie Mineure. On connaît par exemple des pièces en électrum émises à Éphèse et datant d'avant 650. Les premières pièces ne sont pas rondes et plates, mais ovoïdes, avec un renflement au milieu. La monnaie se diffuse ensuite dans le reste du monde grec : en Grèce européenne, où l'on frappe des pièces de monnaie dès 670 à Égine, peu après 600 à Athènes. L'invention atteint Marseille au ive siècle av. J.-C.[1].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

De nos jours, les pièces de monnaie et les billets de banque sont à la base de tout système économique moderne. Les pièces conçues pour la circulation valent habituellement peu d’argent et les billets en valent plus. Ainsi, dans la majorité des systèmes économiques modernes, la pièce de monnaie ayant la plus haute valeur a moins de valeur que le billet de banque ayant la plus petite valeur. La valeur monétaire représentée par les pièces de monnaie est habituellement plus haute que le coût du métal utilisé pour les produire, mais cela ne s’applique généralement pas aux pièces historiques qui étaient alors fabriquées à l’aide de métaux précieux.

Des exceptions à la règle de valeur représentée étant plus haute que les valeurs réelles de la pièce existent aussi dans certaines pièces précieuses faites d’argent ou d’or (et rarement d’autres métaux comme le platine et le palladium) produites pour les collectionneurs ou pour les investisseurs dans le métal précieux. Par exemple, les États-Unis produisent l’Aigle d'or américain, le Canada produit la Feuille d’Érable d’Or Canadienne et l’Afrique du Sud produit le Krugerrand. L’Aigle d’Or Américain a une valeur nominale de 50 $ US. Les pièces de la Feuille d’Érable d’Or Canadienne a aussi une valeur nominale, qui n’est que purement symbolique; mais le Krugerrand n’en a pas.

Techniques de production[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Frappe.

Autrefois les monnaies étaient frappées par le marteau, tantôt à froid, tantôt à chaud, et il en a été ainsi jusqu'à la seconde moitié du XVIe siècle. Après avoir fait subir aux matières d'or et d'argent l'alliage légal, on les fondait et on les coulait en lames, qui étaient ensuite recuites pour être étendues sur l'enclume. Quand les lames avaient à peu près l'épaisseur des espèces à fabriquer, on les coupait en morceaux à peu près de la grandeur des espèces, ce qu'on appelait couper quarreaux.

Les quarreaux réduits au volume des espèces prenaient le nom de flaons. Pour marquer l'empreinte légale sur les deux côtés du flaon, on se servait de deux poinçons appelés coins ou quarrés. L'un était la pile, c'est celui sur lequel était gravé l'écusson ; l'autre, qui portait la croix ou l'effigie du roi, s'appelait le trousseau. Le flaon étant posé sur la pile, on mettait le trousseau sur le flaon : d'une main on pressait la pièce entre la pile et le trousseau, de l'autre on donnait trois ou quatre coups de maillet de fer sur le trousseau, et ainsi le flaon se trouvait monnayé des deux côtés. Ce terme de pile venait de ce que la pile est frappée, pilée sous le trousseau, et celui de trousseau, de ce qu'on tenait et troussait ce coin de la main.

Valeur[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Monnaie.

La valeur d'une pièce ayant cours est concrètement celle indiquée sur le revers. Cette valeur peut être garantie par sa composition si elle est faite de métal précieux. Sinon, elle est garantie par l'organisme qui l'émet, généralement un état souverain.

Les pièces de monnaies peuvent avoir une autre valeur si elles n'ont plus cours ou si elles sont rares. C'est alors une valeur numismatique qui dépend de la rareté, du contexte historique, de la qualité de réalisation et de conservation ainsi que de sa popularité parmi les collectionneurs.

Composition[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Glossaire de la numismatique.

Une pièce monométallique est constituée d'un seul métal/alliage, et en une seul partie. Une pièce bimétallique est composée de deux métaux différents non mélangés formant l'insert, la partie interne et la couronne.

Le listel est la bodure en relief sur tout le contour de la pièce, servant à la protéger contre l'usure par frottement.

L'avers (appelé aussi « droit » ou « face ») est le coté d'une monnaie portant l'effigie, la représentation du gouvernement émetteur ou le motif principal (monogramme, armoiries...). Le revers (appelé aussi « pile ») est le côté opposé qui porte généralement la valeur faciale et son unité monétaire.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Philippe Lévy, L'Économie antique, Presses universitaires de France, « Que sais-je », 1964, rééd. 1981, p. 27-29.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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