Sadaqa

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La sadaqa (ar. صدقة ; pl. sadaqât) veut dire charité, au sens large le don de soi envers l'autre. C'est une vertu de l'Islam qui peut prendre de très nombreuses formes : un don d'argent, une aide physique à construire une maison, une préoccupation des autres par le dialogue... cette forme d'ouverture est une grande vertu. On peut dire que la zakât est une forme de "sadaqa", à la différence que c'est une aumône personnelle et obligatoire parmi les 5 piliers de l'Islam.
La sadaqa est instituées en l'an 9 de l'hégire (630), c'est un impôt obligatoire régulier et collectif dont le but religieux selon le Qur'an, est de "purifier" les musulmans[1].

Bénéficiaire[modifier | modifier le code]

Les bénéficiaires de la sadaqa sont cités dans le Coran :

« La sadaqa est destinée aux pauvres, aux indigents, à ceux qui le prélèvent, à ceux dont les cœurs sont à gagner [à l’islam], à l’affranchissement des jougs, à ceux qui sont lourdement endettés, dans le sentier d’Allah, et pour le voyageur (en détresse). »

— Le Coran (IX, 60)


La sadaqa est redistribuée aux pauvres, aux nécessiteux qui possèdent trop peu pour vivre d'une manière décente, aux esclaves afin de les affranchir et aux captifs afin de verser la rançon qui leur rendra la liberté. Elle sert aux surendettés, parfois incapables de s'acquitter de transactions qui ne comportent pas d'offense à la morale.

Les consensus cependant s'accordent sur le fait que cette aumône doit être donnée en priorité aux musulmans ou pour convertir une personne à l'islam (en interprétation de "dans le sentier d'Allah". Une autre interprétation permet de faciliter la conversion par l'attrait des avantages matériels qui serait liés au statut de converti ou d'allié. On peut de cette manière considérer comme une sadaqa le soutien financier ou électoral destiné à accroitre l'influence et la propagation de l'islam dans un environnement infidèle.

Ash-shâfî’ et Abû Hanîfa [2] pensent que le droit de donner la sadaqa canonique aux personnes qu’on souhaite faire aimer l’Islam (muallafati qulûbuhum) reste et n’est pas abrogé. Ils basent leur avis sur la pratique du Prophète. Ce qui légalise et rend halal l'achat de soutiens politiques.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Hichem Djaït, "La vie de Muhammad, Le parcours du Prophète à Médine et le triomphe de l'islam", éd. Cérès, 2012, p.291-292
  2. Ibn Rushd dans Bidâyat Al-mujtahid Tome 1 page 407, dans le Livre de la Zakât