Émeutes de mai 1967 en Guadeloupe

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En mai 1967, des émeutes éclatent en Guadeloupe. La répression qui s'ensuit cause la mort de 7 à 200 personnes suivant les sources.

Sommaire

[modifier] Les évènements

En mai 1967, des ouvriers du bâtiment de Guadeloupe mènent une grève pour obtenir une augmentation de salaire et la parité en matière de droits sociaux[1].

Déjà dans la matinée du 26 mai, des gendarmes mobiles auraient tiré lors de manifestations violentes de grévistes, faisant plusieurs blessés[2]. Les gendarmes n'ont été appelés qu'après les premiers morts de l'après-midi. Ils ont été sortis de l'avion qui devait décoller à 18 heures pour Paris. Vers midi, une foule est rassemblée devant la Chambre de Commerce, à Pointe-à-Pitre et attend pendant que se déroulent des négociations entre organisations syndicales et représentants du patronat. Finalement les négociations sont rompues et un bruit court : le représentant du patronat, Georges Brizzard[3], aurait dit : « Quand les nègres auront faim, ils reprendront le travail ! ».

Les affrontements commencent à coup de grenades lacrymogènes contre conques de Lambi. Les forces de l'ordre chargent, apparemment pour permettre la sortie des négociateurs, et finalement ouvrent le feu, sur ordre du préfet, provoquant notamment la mort de Jacques Nestor, militant du Groupe d'organisation nationale de la Guadeloupe (GONG). Selon les autorités, les gendarmes mobiles (non, les CRS), après que quelques coups de feu aient été tirés sur eux, devaient riposter pour se dégager [4]. Un certain nombre d'autres Guadeloupéens seront tués durant les 3 jours d'émeutes et/ou de répression qui s'ensuivent.

[modifier] Un bilan imprécis

L'imprécision sur le nombre des victimes, paradoxale dans un département français doté d'un état civil, serait due, selon ceux qui contestent le bilan officiel de 7 ou 8 morts, au classement "secret défense" jusqu'en 2017, des documents de l'époque[5], à la peur des représailles ressenties par les familles[6] et à la destruction d'archives municipales et hospitalières[7].

Sept noms de victimes sont cités, Jacques Nestor - Zadig Gougougnam - Pincemaille - Camille Taret - Gildas Landrée[8], Tidace et Fengarol[9]

Dans un article du Monde du 26 mai 2009, ces noms sont précisés et complétés : Jacques Nestor, Ary Pincemaille, Olivier Tidas, Georges Zadigue-Gougougnan et Emmanuel Craverie pour Pointe-à-Pitre, Jules Kancel, Aimé Landres, Camille Taret pour la commune voisine des Abymes[10]. Six noms étaient donc déjà connus : Jacques Nestor, Georges Zadigue-Gougougnan, Ary Pincemaille, Camille Taret, Olivier Tidas, Aimé Landres (au lieu de Gildas Landrée). Deux nouveaux apparaissent : Emmanuel Craverie et Jules Kancel. Un autre n'est plus dans cette liste : Fengarol.

Par ailleurs, plus de 30 gendarmes et membres des Compagnies républicaines de sécurité auraient été blessés[8].

Les récits évoquent également la présence des képis rouges qui sont en fait les Gendarmes mobiles[11].

Certaines sources évoquent un bilan admis en 1985 par le secrétaire d'état chargé des DOM-TOM, Georges Lemoine, de 87 morts[6],[12].

La députée Christiane Taubira évoque "100 morts"[13].

Dans l'émission de France Inter, Rendez-vous avec X, du samedi 7 mars 2009, Patrick Pesnot et son invité estiment que le bilan de 87 morts est probable et émettent l'hypothèse d'une responsabilité de Jacques Foccart[14].

L'historien Jean-Pierre Sainton[15] auteur de " Mé 67 ", Mémoire d’un événement et interviewé dans l'émission de France 2 Complément d'enquête du 9 mars 2009[16], fait un bilan de plusieurs dizaines de morts, par recoupements des témoignages. Il montre en outre un télégramme, envoyé par la préfecture au moment des évènements, admettant la possibilité de victimes non déclarées en sus de 7 victimes certaines. Cette même émission révèle que l'enregistrement des déclarations de Georges Lemoine sur RFO Guadeloupe a disparu, mais que ce dernier confirme toujours un bilan de 87 morts. Pourtant l'article du Monde suscité lui fait dire Le nombre, je ne pense pas l'avoir inventé. On a dû me faire des notes. Mais je n'ai pas le souvenir des documents sur lesquels ils s'appuyaient.

[modifier] Les personnalités citées

[modifier] Références

  1. Source : Les Vosges Matin
  2. Mé 67 page 78
  3. Article du Monde En Guadeloupe, la tragédie de "Mé 67" refoulée, Béatrice Gurrey
  4. Mé 67 page 117
  5. http://www.atout-guadeloupe.com/Emeutes-du-25-26-27-mai-1967-en-Guadeloupe_a776.html
  6. a et b http://www.bakchich.info/La-Guadeloupe-n-a-pas-oublie-les.html
  7. http://www.domactu.com/actualite/89102321943751/guadeloupe-justice-pour-les-victimes-de-mai-67/
  8. a et b http://ugtg.org/article_430.html
  9. Mé 67 pages 103 et 105
  10. Article du Monde Quarante ans de silence et toujours pas de bilan authentifié, Béatrice Gurrey
  11. Un royaume antillais page 201
  12. Mé 67 page 106
  13. http://www.dailymotion.com/video/x8fqmk_parlons-net-recoit-christiane-taubi_news
  14. http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/rendezvousavecx/index.php?id=75841
  15. http://www.uag-histoire.com/fr/enseignants/17
  16. http://info.france2.fr/complement-denquete/emissions/51821396-fr.php

[modifier] Bibliographie

  • Un royaume antillais : d'histoires et de rêves et de peuples mêlés, Jacques Le Cornec, L'Harmattan, 2005
  • Mé 67, Raymond Gama et Jean Pierre Sainton, Société guadeloupéenne d'édition et de diffusion, 1985

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

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