Littérature française du Moyen Âge

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La mort de Roland, Enluminure de Jean Fouquet.

La littérature médiévale en France correspond à des œuvres écrites entre l'an mil et l'an 1500 dans diverses langues issues du latin, langues d'oïl au nord et en langues d'oc au sud.

Chronologiquement, on retient d'abord le genre épique des chansons de geste qui exaltent les exploits des chevaliers (ex. la Chanson de Roland, XIe siècle), puis vient la littérature courtoise, apparue au XIIe siècle, qui voit trouvères et troubadours chanter l'amour parfait dans leurs poèmes et Chrétien de Troyes qui a écrit les Romans de la Table Ronde, alors que la fin de la période offre une poésie lyrique authentique avec Rutebeuf, au XIIIe siècle, et surtout François Villon, au milieu du XVe siècle.

À côté des genres nobles apparaissent des genres populaires( souvent anonymes) comme les fabliaux, le satirique Roman de Renart ou au théâtre les farces comiques à côté des Mystères aux sujets religieux.

D'autres genres existent aussi comme le genre semi-littéraire de la chronique historique avec Joinville ou Froissart.

Présentation[modifier | modifier le code]

Page du Livre du cœur d'amour épris, roman allégorique écrit par René d'Anjou et enluminé par Barthélemy d'Eyck (1457)

Le premier texte connu de la littérature médiévale entre 881 et 882 est le Cantilène de sainte Eulalie, qui en fait est une adaptation en 29 vers d'un poème latin, à vocation religieuse et pédagogique.

La littérature religieuse (les textes religieux chrétiens, didactiques, hagiographiques, homilétiques, liturgiques, mystiques, théologiques...), en langue latine ou non, est une réalité traitée sous d'autres rubriques : christianisme, docteurs de l'Église, théologiens, expansion...

Les premiers grands textes de la littérature française datent eux du milieu du Moyen Âge (XIe siècle), époque de développement de l'agriculture et d'expansion démographique après des périodes d'invasions, de chaos politique et d'épidémies.

Évolution de la langue française du Ve au XVe siècle[modifier | modifier le code]

Les parlers celtiques des habitants de la Gaule se sont effacés progressivement au cours de la conquête romaine au profit des langues latines : le latin écrit (classique) et latin parlé (vulgaire). Le latin classique, enseigné dans les écoles, reste la langue des services religieux, des ouvrages scientifiques, des actes législatifs et de certaines œuvres littéraires. Le latin vulgaire, parlé par les soldats et les marchands romains, et adopté par les natifs, évolue lentement en prenant les formes de différents parlers romans selon les régions du pays. Ces parlers se divisent en deux rameaux : la langue d'oïl au nord de la Loire et la langue d'oc, au sud. Au IXe siècle, les parlers romans étaient déjà très éloignés du latin : pour comprendre, par exemple, la Bible, écrite en latin, des commentaires étaient nécessaires. Avec l'affermissement du pouvoir royal, à partir du XIIIe siècle, le francien, parler en usage dans l'Île-de-France, l'emporte petit à petit sur les autres langages et évolue vers le français classique.

Les langues qu'on retrouve dans les manuscrits datés du IXe au XIIIe siècle forment ce qu'on appelle l'ancien français. Elles continuent d'évoluer et aux XIVe, XVe et XVIe siècles, on distingue le moyen français.

Aperçu de la période[modifier | modifier le code]

Guillaume de Lorris, miniature d'un manuscrit du Roman de la rose

Les chansons de geste sont de longs poèmes comportant des milliers de vers qui sont destinées à être chantés en public, geste signifiant ici exploits guerriers. Elles relatent, sous une forme épique mêlant légendes et faits historiques, des exploits guerriers passés, et mettent en valeur l'idéal chevaleresque. La plus ancienne et la plus connue est la Chanson de Roland qui a été écrite au xie siècle ; elle raconte, en les idéalisant, les exploits de l'armée de Charlemagne.

La littérature courtoise, apparue au XIIe siècle, a pour thème principal le culte de l'amour unique, parfait et souvent malheureux. Elle trouve son origine dans l'antiquité, intègre des influences orientales dues au retour des Croisés, et s'inspire de légendes celtiques. Ainsi, la légende de Tristan et Iseult raconte l'histoire d'un amour absolu et impossible qui se termine par la mort tragique des amants ; ces poèmes étaient chantés à la cour des princes par les trouvères et les troubadours. Chrétien de Troyes (1135 ?–1190 ?) est sans doute le premier romancier de la littérature française ; ses romans comme Yvain ou le Chevalier au lion, Lancelot ou le Chevalier de la charrette et Perceval ou le Conte du Graal sont typiques de ce genre littéraire. Le long poème Le Roman de la Rose, écrit au début du XIIIe siècle, est l'un des derniers écrits portant sur le thème de l'amour courtois, et cela seulement dans son court début écrit par Guillaume de Lorris. Le reste du poème, continué par Jean de Meung contient au contraire des passages (dont celui de La vieille) d'une étonnante misogynie, mêlée par ailleurs à des arguments articulés de critique sociale.

Miniature de la bataille de Crécy, Chroniques de Jean Froissart (BNF, FR 2643, fol. 165v)

Vers la même époque, le Roman de Renart est un ensemble de poèmes qui relatent les aventures d'animaux doués de raison. Le renard, l'ours, le loup, le coq, le chat, etc. ont chacun un trait de caractère humain : malhonnête, naïf, rusé... Les auteurs anonymes raillent dans ces poèmes les valeurs féodales et la morale courtoise.

Le poète parisien du XIIIe siècle Rutebeuf se fait gravement l'écho de la faiblesse humaine, de l'incertitude et de la pauvreté à l'opposé des valeurs courtoises.

Les premières chroniques historiques écrites en français sont des récits des croisades datant du XIIe siècle. Certains de ces récits, comme ceux de Jean de Joinville retraçant la vie de saint Louis, ont aussi un but moral et idéalisent quelque peu les faits relatés. Ensuite la guerre de Cent Ans (13371453) est racontée par Jean Froissart (13371410 ?) dans deux livres appelés Chroniques.

Après la guerre de Cent Ans, le poète François Villon (14311463 ?) traduit le trouble et la violence de cette époque. Orphelin d'origine noble et bon étudiant, il est ensuite condamné pour vol et meurtre. Son œuvre à la fois savante et populaire exprime une révolte contre les injustices de son temps.

Le théâtre religieux se développe tout au long du Moyen Âge, il met en scène à partir du XVe siècle les Mystères, c'est-à-dire les fêtes religieuses comme Noël, Pâques et l'Ascension ; au contraire des genres littéraires précédents plutôt aristocratiques, il s'adresse au plus grand nombre. À côté de ce théâtre religieux, un théâtre comique appelé farce apparaît, toujours au XVe siècle, où il est durement combattu par les autorités religieuses.

La question de l'auteur[modifier | modifier le code]

Auteur s'écrit de différentes façon : aucteur, acteur, auteur, autheur. Si bien que les spéculations sur l'origine du mot étaient nombreuses, et les médiévaux friands de fausses étymologies : l'étymologie la plus répandue est celle de l'auctor, qui viendrait du latin augere, signifiant "qui augmente un texte (déjà existant)". Jean Froissart l'utilise clairement : "Je aucteur et augmenteur de ce livre."

Dante utilise sa propre étymologie : auteur vient de auieo qui signifie "je lis". Pour lui, c'est un mot où il y a toutes les voyelles, donc l'auteur lit des sons musicaux.

On affirme généralement que la littérature médiévale est surtout anonyme. Pourtant il y a différents types d'anonymats. L'anonymat cache souvent un nom d'auteur difficile à déchiffrer, car l'auteur a donné son nom par des procédés relevant de la devinette. Il y a différentes manières pour l'auteur d'apparaître : 1re ou 3e personne, nom caché par jeu dans le prologue ou l'épilogue, en listant ses autres œuvres, en apparaissant dans un personnage (Raoul de Houdenc et son personnage Raoul)...

D'un manuscrit à l'autre, l'attribution peut changer, car il n'y a pas de paternité, c'est un phénomène fréquent dans les recueils de poèmes des trouvères. C'est souvent signe que le scribe change l'attribution en croyant reconnaître le style d'un autre.

Mais le Moyen Âge s'emploie davantage à faire parler les noms qu'à les trouver, par jeu, surtout chez Rutebeuf qui commente son nom sans cesse. Il y a une mise en scène du nom, notamment parce que les médiévaux croient que le nom (nomen) est un destin (omen).

L'anonymat est donc dû soit à une raison morale quelconque, soit par humilité (notion très importante chez les médiévaux), soit par jeu dont le nom n'a pas été déchiffré.

Il est fréquent de trouver une "vida" de l'auteur au début d'un manuscrit, écrite par un autre, le problème étant que cette "vida" est tirée de la pièce lyrique, comme si le récit de fiction était un récit biographique. Généralement, ces "vida" sont donc fausses.

La posture d'humilité est très importante pour comprendre la façon dont se présente certains auteurs dans leur œuvres, ce qui explique pourquoi beaucoup d'auteurs s'affichent comme borgnes (la vue est le sens le plus noble), laids (comme Socrate ou Esope), estropiés, lépreux, bègues, bossus... Il y a une récupération du défaut physique pour en faire quelque chose de supérieur, avec l'idée que c'est un signe de reconnaissance.

L'auteur médiéval existe largement par le biais d'une persona, plutôt que d'un auteur affirmé qui a avec une biographie exacte.

Œuvres et auteurs[modifier | modifier le code]

Les premiers textes romans[modifier | modifier le code]

La littérature féodale[modifier | modifier le code]

Les chansons de geste ou épopées, du XIe au XIIe siècle, sont majoritairement écrites en langue d'oil. "Geste" vient de "gesta" qui signifie "exploit héroïque". La Chanson de geste est considérée à l'époque comme une histoire vraie (se fondant sur un soi-disant manuscrit trouvé en abbaye), et non comme de la fiction. Le héros, un chevalier est un exemplaire, qui incarne le lien social, le chevalier idéal, les rapports féodaux parfaits, et bien sûr la foi inébranlable en Dieu. L'épopée puise dans l'histoire de la communauté afin d'affirmer l'unité d'un territoire. Plus tard, il y a une évolution vers la littérature distrayante avec l'introduction du rire carnavalesque, bouffon, et le merveilleux du folklore, une dérive vers le roman grec. Elles peuvent être regroupées en trois cycles :

La Geste du Roi[modifier | modifier le code]

Mort de Roland à Roncevaux, enluminure de Jean Fouquet (milieu du XVe siècle)

Ce cycle est dominé par le personnage de Charlemagne et regroupe une trentaine d'œuvres qui permettent de reconstituer une histoire poétique de la vie de Charlemagne. L'empereur absorbe en sa légende tous les Carolingiens depuis Charles Martel. Il prend à son compte les exploits, les épreuves, les victoires. Il groupe autour de lui héros et personnages ou historiques ou légendaires.

  • Classement chronologique des principales chansons :
    • Au xie siècle, début xiie siècle : La Chanson de Roland - Le Pèlerinage de Charlemagne ;
    • Au xiie siècle : Mainet - Les Saisnes - Aspremont - Fiérabras - Huon de Bordeaux - Ogier le Danois - Le Couronnement de Louis ;
    • Au xiiie siècle : Otinel - Gui de Bourgogne - Berte aux grands pieds.
  • Classement par rapport à Charlemagne :
    • La Jeunesse : Berte aux grands pieds - Mainet ;
    • La piété, les guerres : Le Pèlerinage de Charlemagne,
      • Lutte contre les Sarrasins : La Chanson de Roland - Aspremont -Fiérabras -Otinel - Gui de Bourgogne,
      • Lutte contre les Saxons : Les Saisnes ;
    • Les enfants, le déclin : Huon de Bordeaux - Le Couronnement de Louis.

La Geste de Garin de Monglane[modifier | modifier le code]

Ce cycle contient environ vingt-cinq poèmes s'ordonnant autour du personnage de Guillaume d'Orange, arrière-petit-fils de Garin de Monglane.

Guillaume d'Orange est un avatar épique de Guillaume de Gellone, cousin de Charlemagne, comte de Toulouse et conseiller de Louis, fils de Charlemagne, roi d'Aquitaine depuis 781. Après avoir conquis Barcelone en 801 et été mis à la tête de la marche d'Espagne, Guillaume fonde en 804 un monastère, l'abbaye de Gellone, où il se retire en 806 et où il meurt vers 812. Il est canonisé au XIe siècle sous le nom de saint Guilhèm.

Légendes et trouvères lui attribuent divers noms et parents :

  • noms : Guillaume Fiérebras, au Court-Nez, de Narbonne, d'Orange
  • parents : Bisaïeul : Garin de Monglane - Aïeul : Ernand de Beaulande - Grand-oncle : Girart de Vienne - Père : Aimeri de Narbonne ; sa femme est une sarrasine, Orable, convertie sous le nom de Guibourc ; il a cinq sœurs, dont Blanchefleur, épouse du roi Louis qu'il protège, et six frères.

L'action des chansons de ce cycle se déroule surtout en Languedoc et en Provence.

Certaines chansons sont difficiles à classer : parfois le point de vue est celui d'un frère ou d'un neveu ; parfois, les points de vue de deux personnages sont présentés en alternance (c'est la pratique de "l'incidence" : le texte s'interrompt pour insérer l'autre point de vue), avec des digressions...).

Classement des principales chansons en fonction de la date de composition
Classement en fonction du déroulement de l'action : Girart de Vienne, Aimeri de Narbonne, La Chanson de Guillaume, Le Charroi de Nîmes, La Prise d'Orange, Les Aliscans.

La Geste de Doon de Mayence[modifier | modifier le code]

Autour du thème central de luttes féodales, les chansons de ce cycle sont groupées de façon plus artificielle que dans les cycles précédents. On dit que certaines des chansons sont des "chansons rebelles".

Quelques œuvres : Gormont et Isembart (XIIe siècle) - Girart de Roussillon (XIIe siècle) - Garin le Lorrain (XIIIe siècle) - Raoul de Cambrai (XIIe siècle) - Renaud de Montauban (XIIIe siècle)

Cycle des quatre fils Aymon[modifier | modifier le code]

Un imprimé de l'histoire des quatre fils Aymon attribué à Huon de Villeneuve, 1497.
Article détaillé : Chanson des quatre fils Aymon.

Cette épopée légendaire et héroïque tient son nom de quatre preux nommés Renaud, Aalard, Richard et Guichard, fils du comte Aymon de Dordone. Renaud de Montauban en est le principal protagoniste, avec l'enchanteur Maugis, le cheval Bayard et le roi Charlemagne. Le récit raconte le conflit qui oppose les fils Aymon, vassaux du roi Charlemagne, à ce dernier. Renaud ayant tué Bertolai, le neveu favori de Charlemagne, l'empereur des Francs fait raser leur forteresse ardennaise de Montessor. Il les poursuit ensuite en Gascogne, où ils sont devenus maîtres de la forteresse de Montauban, usant souvent de traîtrise tandis que les fils Aymon restent loyaux. Roland et les Pairs de Charlemagne finissent par le convaincre de négocier la paix. Charlemagne exige que le cheval Bayard lui soit livré, et la réalisation d'un pèlerinage par Renaud.

C'est à l'origine une chanson de geste. L'histoire subit assez peu de retouches du XIIIe siècle à nos jours. Le plus ancien manuscrit des Quatre fils Aymon, également nommé Chanson de Renaut de Montauban[note 1], pourrait être d'origine ardennaise[1]. Ce poème, le manuscrit « La Vallière », compte 18 500 alexandrins[2]. Plus sobre et concis que les versions suivantes, il est conservé à la bibliothèque Bodléienne. Le manuscrit La Vallière remonte à la fin du XIIe siècle, au début du suivant[3], ou au plus tard au milieu du XIIIe siècle[4]. Il circule oralement avant d'être écrit[5]

Il existe une douzaine de versions manuscrites médiévales en vers[6] : Ferdinand Castets en répertorie quatorze, jusqu'au XVe siècle[7]. S'ils racontent tous plus ou moins la même histoire, ces manuscrits proviennent manifestement d'auteurs différents, et comptent des particularités distinctives[8], sans doute car de « nombreuses générations de trouvères » ont contribué à leur rédaction[9]. Ils sont souvent incomplets, aucun n'est la copie d'un autre[10]. Ils semblent manquer de qualités littéraires à première vue, étant constitués d'éléments d'auteurs différents à des dates différentes[11]. La majorité remontent au XIIIe siècle. Tous sont anonymes, sauf le roman Histoire des quatre fils Aymon attribué à Huon de Villeneuve[note 2],[12]. Les premières versions françaises en prose paraissent à la fin du XIIIe siècle. Jean Froissart, entre autres, reprend le récit des fils Aymon dans sa Chronique (t. III, chap. XV). L'histoire se diffuse à toute l'Europe médiévale[13].

Le cycle des quatre fils Aymon compte aussi la Chanson de Maugis d'Aigremont, le Vivien de Monbrane et La Mort de Maugis.

La littérature courtoise[modifier | modifier le code]

Mort de Tristan et Iseut, enluminure du XVe siècle

La littérature courtoise[note 3] est, en quelque sorte, utilisée par les nobles au XIIe siècle siècle. Elle illustre les principes de l'époque, les valeurs courtoises: la force, le culte, la générosité et l'élégance. Les auteurs ne signent pas leurs œuvres à cette époque.[réf. souhaitée]

L'évolution du Roman courtois[modifier | modifier le code]

  • Xe siècle : La Lingua romana : la langue romaine, elle est la langue de référence pour tous les textes.
  • XIIe siècle : Apparition du roman, qui permet aux gens ne connaissant pas le latin d'écrire et il donne donc accès à une littérature d'un genre nouveau le roman, ces texte étaient généralement écrits en vers, par octosyllabes.

Les Romans de la Table ronde[modifier | modifier le code]

Le roman s'oppose à la chanson de geste en ce qu'il est le récit d'une aventure plus ou moins fictive, alors que la chanson de geste a toujours — ou prétend avoir — un fondement historique. Les romans ont pour origine les traditions celtiques sur le roi Arthur et ses chevaliers. On y joint les contes du Graal, qui serait le vase où Joseph d'Arimathie recueillit le sang du Christ (le Saint Calice). Ces histoires, qui constituent la matière de Bretagne, passent en France au XIIe siècle sous forme de lais, dont les plus célèbres sont ceux de Marie de France.

Les Romans d'aventures du XIIe au XVe siècle[modifier | modifier le code]

Ceux-ci n'empruntent plus leurs sujets et leurs héros à la Bretagne, leurs sources étant plus diverses et souvent byzantines.

Le Roman de Perceforset (1317-1340) fait d'Alexandre le Grand un ancêtre direct du roi Arthur, et le fondateur de la Table-Ronde.

Jean d'Arras, dans Le Livre de Mélusine (1392) raconte la vraie histoire de la grandeur et de la décadence de la famille de Lusignan, à Chypre.

Antoine de La Sale, dans Jehan de Saintré (1456), traite de la fin de la courtoisie.

La littérature savante et allégorique[modifier | modifier le code]

Les Romans Antiques[modifier | modifier le code]

Ceux-ci sont inspirés de l'Antiquité et écrits par des clercs qui recopient, commentent et adaptent des œuvres grecques et latines déjà transformées : le Roman d'Alexandre (v. 1150), le Roman de Thèbes (v. 1150), le Roman d'Énéas (v. 1160), le Roman de Troie (v. 1165) de Benoît de Sainte-Maure, le Roman de Jules César (v. 1250).

La Poésie allégorique[modifier | modifier le code]

L'œuvre principale est le Roman de la Rose, composé de deux parties, la première (v. 1230) de Guillaume de Lorris, la seconde, la continuation (v. 1275), de Jean de Meung.

René d'Anjou, le Roi René (1409-1480), dans Le Livre du Cuer d'Amour espris (1457), en prose, raconte la quête de Douce Mercy par Cœur contre Dangier.

La littérature didactique[modifier | modifier le code]

Traités didactiques de tout genre, en vers ou en prose :

La littérature bourgeoise et satirique[modifier | modifier le code]

La littérature bourgeoise et satirique s'oppose à l'esprit féodal, chevaleresque ou courtois par son esprit de satire, de raillerie et de gaîté populaire.

La poésie lyrique[modifier | modifier le code]

La poésie lyrique du Moyen Âge dérive de la chanson. Chanson de toile, Motet, Aube, Pastourelle.

Aux XIIe et XIIIe siècles[modifier | modifier le code]

Aux XIVe et XVe siècles[modifier | modifier le code]

Apparition de genres lyriques nouveaux : rondeaux, rondels, lais, virelais, ballades, chants royaux.

Principaux poètes :

Le théâtre[modifier | modifier le code]

Le théâtre en langue française a une origine religieuse, mais il apparaît aussi dans la ville. C'est un théâtre fondamentalement amateur, c'est un spectacle de la participation.

Le théâtre religieux[modifier | modifier le code]

Ce sont des instants de la Bible en liaison avec les offices, que l'on appelle drames liturgiques. Le premier manuscrit de théâtre date de la 2e moitié du XIIe siècle : Le jeu d'Adam (rien à voir avec Le jeu de la Feuillée) qui a une vocation religieuse et sociale. Certaines passions étaient jouées sur plusieurs jours (vingt parfois!), si bien qu'elles furent interdites au XVIe siècle pour trouble de l'ordre public.

La comédie[modifier | modifier le code]

La comédie apparaît dans la ville, surtout à Arras avec la célèbre Confrérie des Jongleurs et des Bourgeois d'Arras, dont Adam de la Halle fait partie. Il y a en tout sept pièces de théâtre en langue française, bien qu'on hésite avec la Chantefable, et Le dit de l'herberie (Rutebeuf). Voici quelques titres :

Littérature didactique : histoire, chronique, sermon[modifier | modifier le code]

Chroniques, Annales[modifier | modifier le code]

L'histoire en vers[modifier | modifier le code]

Principalement au XIIe siècle :

Les chroniqueurs[modifier | modifier le code]

Illustration d'un manuscrit de Jean Froissart

À partir du XIIIe siècle :

Le sermon[modifier | modifier le code]

Textes en latins[modifier | modifier le code]

La latinité est triomphante dans le domaine de l'écrit. De très nombreux textes sont pensés, rédigés et diffusés en latin ou néolatin médiéval, aussi bien en littérature qu'en diplomatie, religion chrétienne, sciences...

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Listes[modifier | modifier le code]

Catégories[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Zink :
    • Littérature française du Moyen Âge, PUF, col. « Quadrige », Paris, 2004 (ISBN 2-13-054673-0),
    • Introduction à la littérature française du Moyen Âge, Livre de Poche, 1990 ;
  • Geneviève Hasenohr et Michel Zinc, Dictionnaire des lettres françaises : le Moyen Âge, Fayard, coll. « La Pochothèque », Paris, 1992 ;
  • (en) Urban Tigner Holmes Jr., A History of Old French Literature from the Origins to 1300, F.S. Crofts, New York, 1938 ;
  • Poésie lyrique au Moyen Âge, Larousse, coll. « Classiques Larousse », Paris, 1975.
  • Charles Baladier, Aventure et discours dans l'amour courtois, Éditions Hermann, 2010, (ISBN 978 2 7056 7022 1).
  • Micheline de Combarieu du Grès et Jean Subrenat, Les Quatre Fils Aymon ou Renaut de Montauban, Paris, Folio classique,‎ 1983 (ISBN 2-07-037501-3)
  • Albert Doppagne, Le diable dans nos campagnes: Wallonie, Champagne, Lorraine, Picardie, Duculot,‎ 1978 (ISBN 9782801102176)
  • Université catholique de Louvain, Les Lettres romanes, vol. 55,‎ 2001

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le nom de « Renaut » est devenu « Renaud » avec le temps.
  2. Jean-Pierre Brès en a publié une édition à Paris en 1829, in-32
  3. Littéralement littérature de la cour.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Maurice, « De la chanson de geste à la féerie : Renaut de Montauban et Renaud de Montauban », dans D'un genre littéraire à l'autre, Rouen, Publication Universitaire Rouen Havre, 2008, p. 198
  2. Micheline de Combarieu du Grès et Jean Subrenat, Les Quatre Fils Aymon ou Renaut de Montauban, Paris, Gallimard, 1983 (ISBN 2-07-037501-3), p. 7
  3. Micheline de Combarieu du Grès et Jean Subrenat, Les Quatre Fils Aymon ou Renaut de Montauban, Paris, Gallimard, 1983 (ISBN 2-07-037501-3), p. 16
  4. Jacques Thomas, L'épisode ardennais de Renaud de Montauban, édition synoptique des versions rimées, vol. 3, Brugge, De Tempel, 1962, faculté de philosophie et de lettres de l'université de Gand.
  5. Université catholique de Louvain 2001, p. 203.
  6. Doppagne 1978, p. 190.
  7. Cité par de Combarieu du Grès et Subrenat 1983, p. 16
  8. Ferdinand Castets, La Chanson des Quatre Fils Aymon, d'après le manuscrit La Vallière, avec introduction, description des manuscrits, notes au texte et principales variantes, appendice où sont complétés l'examen et la comparaison des manuscrits et des diverses rédactions, Montpellier, Coulet et fils, 1909, p. V
  9. Ferdinand Castets, La Chanson des Quatre Fils Aymon, d'après le manuscrit La Vallière, avec introduction, description des manuscrits, notes au texte et principales variantes, appendice où sont complétés l'examen et la comparaison des manuscrits et des diverses rédactions, Montpellier, Coulet et fils, 1909, p. 9
  10. Ferdinand Castets, La Chanson des Quatre Fils Aymon, d'après le manuscrit La Vallière, avec introduction, description des manuscrits, notes au texte et principales variantes, appendice où sont complétés l'examen et la comparaison des manuscrits et des diverses rédactions, Montpellier, Coulet et fils, 1909, p. VI
  11. Ferdinand Castets, La Chanson des Quatre Fils Aymon, d'après le manuscrit La Vallière, avec introduction, description des manuscrits, notes au texte et principales variantes, appendice où sont complétés l'examen et la comparaison des manuscrits et des diverses rédactions, Montpellier, Coulet et fils, 1909, p. IX
  12. Ferdinand Castets, La Chanson des Quatre Fils Aymon, d'après le manuscrit La Vallière, avec introduction, description des manuscrits, notes au texte et principales variantes, appendice où sont complétés l'examen et la comparaison des manuscrits et des diverses rédactions, Montpellier, Coulet et fils, 1909, p. 10-11
  13. Ferdinand Castets, La Chanson des Quatre Fils Aymon, d'après le manuscrit La Vallière, avec introduction, description des manuscrits, notes au texte et principales variantes, appendice où sont complétés l'examen et la comparaison des manuscrits et des diverses rédactions, Montpellier, Coulet et fils, 1909, p. X