Histoire de la presse écrite en France

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L’histoire de la presse écrite commence réellement au tout début du XVIIe siècle avec l'apparition des premiers périodiques imprimés.

Sommaire

Avant 1600[modifier | modifier le code]

La plupart des chercheurs s'accorde à définir la presse écrite sur la base de deux critères : l'utilisation de l'imprimerie (et donc de la presse d'imprimerie, la machine servant à imprimer), grâce à la mise au point de la typographie mobile, en 1438, par Johannes Gutenberg et, d'autre part, de la périodicité. Ces deux facteurs ne seront réunis pour favoriser la diffusion des nouvelles et de l'information, qu'au tout début du XVIIe siècle.

Durant l'Antiquité, l’information est véhiculée par voie orale, par courrier, ou plus rarement via un mode d'affichage, à travers les zones urbaines pour faire connaître les décisions des gouvernants en matière de justice (lois), de fiscalité (taxes) et de défense (conscription militaire). La maîtrise de la diffusion de l’information est un enjeu important pour asseoir un pouvoir politique : par exemple, l’état romain fait construire des routes et crée un service postal pour transmettre sa correspondance, auquel est associé un service d'information légale et la transmission des Acta Diurna (faits du jour) qui étaient la plupart du temps affichés sur les murs.

Dans l'Italie du Moyen Âge se développe dans les villes le système des avviso, devenu en France l'« avis », publié de façon manuscrite sur des feuilles collées sur les murs ou diffusées à la main. Les avis reflètent des décisions de justice mais également l'opinion de personnes privées sur des faits politiques : cette vox populi fut bien entendu censurée. Le développement de l'imprimerie dans la deuxième moitié du XVe siècle favorise l'apparition du libelle, feuille pliée en quatre et de caractère souvent diffamatoire, du placard et de l'almanach. En France, comme suite à l'Affaire des placards, le roi François 1er signe le 13 novembre 1539 un édit qui lui octroie le monopôle de l'affichage et en « interdit l'arrachage sous peine de punition corporelle ».

Toutefois, le développement de la presse écrite est ralenti par l'analphabétisme (suppléé par le crieur public) et le coût prohibitif de l'impression.

Naissance de la presse en Allemagne et en France[modifier | modifier le code]

Le premier périodique imprimé au monde, un hebdomadaire de quatre pages, titré Relation (titre complet : Relation aller Fürnemmen und gedenckwürdigen Historien), fut lancé à Strasbourg en décembre 1605 par Johann Carolus.

La Gazette du 6 décembre 1786

Conscient du pouvoir que représente la diffusion des écrits, la royauté a toujours veillé à exercer un contrôle rigoureux. Le roi de France Louis XI crée une Poste royale en 1462. Auparavant, celles-ci circulaient grâce à des manuscrits, ou à des feuilles imprimées occasionnelles. Les premières répondaient à un besoin croissant d'information des banquiers et des marchands italiens et allemands, tandis que les secondes permettaient aux imprimeurs d'étendre leur marché au-delà de celui du livre et de répondre à une attente grandissante des lecteurs. Ces feuilles volantes restaient occasionnelles, même si parfois elles formaient des séries numérotées.

Sous l'Ancien Régime, faire paraître un journal impliquait avoir obtenu un privilège et une autorisation préalable. C'était le cas notamment du premier grand périodique français, La Gazette : son rédacteur, Théophraste Renaudot, avait obtenu dès 1631 un privilège royal l'autorisant à publier, grâce à l'intervention du cardinal de Richelieu.

Au cours du XVIe siècle, des publications de nouvelles commencèrent à voir le jour, sous forme d'occasionnels relatant des batailles, la visite d'un important personnage… ou de « canards », faits-divers plus ou moins arrangés destinés à effrayer un peu le bon peuple. Ces brochures mettent en scène de mauvais catholiques : magiciens, usuriers… qui périssent, souvent punis par le diable… Au siècle suivant, diverses séries de publications plus ou moins régulièrement hebdomadaires ou bimensuelles apparurent, non indépendamment du fait que les courriers postaux quittaient les grandes villes une fois par semaine. Elles naissent dans les villes allemandes, dans les Pays-Bas autrichiens et dans les Provinces-Unies et passent ensuite en Angleterre, en France, en Italie et dans le reste de l'Europe. Elles contenaient en général des informations concernant la politique extérieure et les guerres, laissant la politique intérieure de côté, ce qui s'explique étant donné le très grand contrôle que le pouvoir s'efforça d'exercer dès le départ sur la presse.

Par ailleurs, ces périodiques ne firent pas disparaître les écrits non-périodiques ou les manuscrits : ceux-ci se développèrent au contraire durant le XVIIe et le XVIIIe siècle. Il faudra même attendre la fin du XIXe siècle avec la naissance de la presse à bon marché pour voir disparaître une littérature populaire de colportage bien vivante.

Le développement progressif de la presse écrite doit être située dans son contexte : « Une série de facteurs politiques, économiques et intellectuels conjuguèrent leurs effets pour accroître notablement la soif de nouvelles en Occident. La Renaissance, puis la Réforme multiplièrent les curiosités. Les grandes découvertes élargirent l'horizon européen. Les progrès des échanges bancaires et commerciaux entraînaient un développement parallèle des échanges d'information. Les grands conflits qui déchirent l'Occident au XVIe siècle nourrissaient des courants et des besoins d'information ».[réf. nécessaire]

Les transitons de Molines, ancêtres de la presse locale[modifier | modifier le code]

Les écrits en langue vulgaire (c'est-à-dire dans une autre langue que le latin) sont peu nombreux, et encore moins nombreux à être conservés à la fin du Moyen Âge. Plus rares encore sont ceux qui ont franchi les cinq siècles menant jusqu'à nous. Les archives municipales de Gap détiennent cependant un trésor : les transitons de Molines, des registres familiaux, du nom des chemins de montagne qu'ils « couvraient », écrit par la famille chargée de l'entretien du chemin, qui bien souvent longeait les canaux d'irrigation.

Ces cahiers relatent non seulement les détails sur l'entretien de ces chemins, mais aussi tous les événements s'y étant déroulés

Les imprimeurs lyonnais[modifier | modifier le code]

À la fin du XVe siècle, Lyon a produit le tiers des éditions françaises, soit 1140 environ. Au cours des trente premières années du XVIe siècle, les éditeurs lyonnais produisent 2500 éditions. Vers 1550, Lyon devient la capitale de l’imprimerie européenne. La rue Mercière et les rues voisines abritent près de 100 ateliers.

Dans une ville qui a déjà connu nombreux troubles sociaux (dont la Grande Rebeyne en 1529), les nombreux compagnons imprimeurs (on en compte presque 800 à Lyon vers le milieu du siècle) étaient connus pour régulièrement troubler l'ordre public. Il n'est donc fort possible qu'ils aient imprimé des « journaux », qui n'auraient pas été conservés depuis. Après 1580, les imprimeurs de Lyon et Anvers fuient dans la nouvelle République des Provinces-Unies, à Amsterdam puis Leyde, qui devient la nouvelle capitale européenne de l'imprimerie.

Le synode de Chanforan : imprimer en latin ou en langue vernaculaire ?[modifier | modifier le code]

La fin du Moyen Âge est dominée par le poids de la religion. La Bible est forcément en latin, et le clergé dépositaire du savoir écrit. Les autres savoirs (artisanaux ou culturels) se transmettent par oral. L'idée même d'écrire dans une autre langue que le latin (il existe surtout des patois) est inconcevable.

L'écrit en langue vulgaire (c'est-à-dire dans une autre langue que le latin) est plus proche du langage oral que le latin. Il va rapprocher l'écrit d'une fonction de récit, par exemple pour des événements récents ou sans grande prétention, ce qui ouvre la voie à la création de journaux, qui sont cependant encore souvent interdits.

Dès 1524, Martin Luther effectue la première traduction en allemand du Nouveau Testament. Et en décidant en 1532, lors du synode de Chanforan, de publier une bible en langue vulgaire, avec un important budget pour l'imprimer, la religion protestante révolutionne le rapport à l'imprimerie. L'écrit n'est plus un coffre-fort à la garde du clergé mais le moyen de faire circuler les textes parmi un public qui apprend à lire, et transmet la lecture à ses enfants, ce qui provoque une réaction violente des églises. Lyon, qui était alors la capitale mondiale de l'imprimerie, subit une terrible répression.

Jusque-là, les seules bibles écrites en langue vulgaire, souvent en provençal, étaient colportées de village en village par des prêtres vaudois, poursuivis par l'Inquisition. Dissimulées dans des caches, ces bibles manuscrites étaient hors de prix. Avec l'invention de l'imprimerie, la diaspora des émigrés huguenots, réfugiés en Suisse ou aux Pays-Bas, va peu à peu diffuser dans le monde entier cette bible en langue vulgaire.

Le XVIIe siècle et de nouveaux types de périodiques[modifier | modifier le code]

Au cours du XVIIe et du XVIIIe siècle, la presse acquit droit de cité et suscita progressivement l'intérêt du public. Cependant, hormis en Grande-Bretagne et dans les Provinces-Unies, elle subit une très stricte censure et faisait dans chaque pays l'objet d'un monopole concédé par l'État, ce qui explique son impossibilité à être critique et la persistance de nouvelles manuscrites et de multiples publications sous le manteau.

Le rôle de la presse ne doit pas être surestimé, car la censure rendait son existence plus fragile que celles des livres, brochures ou pamphlets, plus difficiles à surveiller pour des raisons pratiques et donc plus utilisés par les intellectuels pour diffuser leurs idées, à une époque où l'Église romaine surveille de près tout ce qui concerne la science et le rôle de la femme dans la société.

Par ailleurs, éditer sous forme régulière des publications nécessitait des moyens d'imprimerie et surtout d'approvisionnement en papier supérieurs aux capacités de l'époque. Le bois est difficile à transporter, réservé à de nombreux autres usages, le textile est rare aussi. Le papier lui aussi reste donc cher. Le livre reste une œuvre d'art et l'idée de la remplacer par une autre, actualisée, ne fait que lentement son chemin.

À Strasbourg et Londres, les premiers périodiques au début du XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

La première gazette hebdomadaire imprimée au monde, un journal de quatre pages intitulé Relation aller Fürnemmen und gedenckwürdigen Historien (« Communication de toutes histoires importantes et mémorables »), fut lancée à Strasbourg en 1605 par Johann Carolus[1]. Dès 1610, un annuel paraît en France : le Mercure François, édité par Jean et Étienne Richer. Il contient sur plus de 1 000 pages, des nouvelles du monde, de l'Europe et de France. C'est l'ancêtre de la presse française.

Le premier journal anglais de cette époque fut le Weekly news de Nathaniel Butler en 1621, qui fut d'abord une traduction de publications hollandaises, puis se distingua par un contenu tourné vers l'actualité étrangère. On y trouve des récits de voyages aux Indes, qui fascinent un public cependant encore restreint.

La Gazette de Théophraste Renaudot[modifier | modifier le code]

Orphelin d’une modeste famille de la bourgeoisie protestante de Loudun, Théophraste Renaudot est un journaliste, médecin et philanthrope français fondateur de la publicité et la presse française par ses deux créations du Bureau d'adresse (1629) et de la Gazette, journal hebdomadaire (30 mai 1631).

Le 30 mai 1631, il lance sa célèbre Gazette, emboîtant ainsi le pas aux Nouvelles ordinaires de divers endroits des libraires parisiens Martin et Vendosme, parues depuis janvier 1631. Soutenu par Richelieu, qui fit de la Gazette un instrument de sa propagande politique, Renaudot emporta ce marché face à ses concurrents, malgré l’hostilité de la communauté des imprimeurs et libraires parisiens. Dès 1632, Renaudot insère dans ses publications et entre deux Gazette, une feuille intitulée Nouvelles Ordinaires, ainsi qu'un mensuel: Relations des Nouvelles du Monde. En 1635, l’État lui accorda un monopole pour lui et ses successeurs.

La qualité de son journal était bien meilleure que celle de ses adversaires et, de fait, il avait le soutien financier et informateur du gouvernement de Richelieu. Qualité, abondance, diversité géographique, concision et clarté des nouvelles, la Gazette fut un grand succès et lui fut adjoint, dès 1634, le supplément des Extraordinaires, relatant dans le détail les évènements les plus importants.

Les mazarinades, ancêtres du journalisme d'opinion[modifier | modifier le code]

Les mazarinades sont des pièces de vers satiriques ou burlesques, pamphlets ou libelles en prose qui furent publiés, du temps de la Fronde, au sujet du cardinal Mazarin. Bien que, pour la plupart dirigés contre ce ministre, le même nom a également été donné aux écrits composés pour le défendre et répondre aux attaques des frondeurs.

Intitulée la Requête des trois états du Gouvernement de l’Île-de-France au parlement de Paris, contre Mazarin, la première des mazarinades parut vers la fin de 1648. Depuis lors jusqu’en 1652, parurent plus de quatre mille écrits satiriques dirigés, en grande partie, contre le cardinal.

Depuis les railleries contre son accent italien, ses habitudes efféminées jusqu’aux attaques les plus grossières sur ses amours avec la reine et sur la conduite de ses nièces, toutes les sortes d’injures sont réunies dans les mazarinades contre le cardinal, qui, suivant tous les témoignages historiques, paraissait insensible à ces avanies.

Les premiers grands reportages[modifier | modifier le code]

Le grand reportage du bout du monde obtiendra un immense succès à partir des années 1660 à 1680 avec les œuvres d'Alexandre-Olivier Exquemelin, Raveneau de Lussan, Lionel Wafer et William Dampier, qui ont partagé la vie des pirates, corsaires et boucaniers des Amériques. Leurs récits sont réédités plusieurs fois, puis traduits dans plusieurs langues.

Factuel, haut en couleurs, autobiographique et mené par une curiosité qui l'emporte sur l'ethnocentrisme, le récit tient beaucoup plus du grand reportage que du roman, de l'essai ou de la monographie.

Le reportage de William Dampier va circuler en Écosse dans les milieux presbytériens et sera utilisé pour la préparation et la mise en œuvre du Projet Darién, tentative ratée d'installer une colonie à la frontière du Panama et de la Colombie, aux îles San Blas, où des boucaniers huguenots vivaient avec leurs épouses indiennes Kunas.

C'est aussi l'époque où le pasteur vaudois Jean Léger se réfugie à Leyde, nouvelle capitale européenne de l'imprimerie, dans la République des Provinces-Unies pour témoigner des massacres perpétrés dans les Vallées vaudoises lors des Pâques vaudoises. Il y publie son Histoire générale des églises évangéliques des vallées de Piémont, qui circule dans l'Europe entière. Il reçoit le soutien d'Oliver Cromwell, qui envoie des émissaires dans le Piémont, comme le diplomate et mathématicien Samuel Morland, pour faire cesser les violences. C'est un récit détaillé, mais subjectif, de ces violences et brimades qui constituent un prélude aux dragonnades. Il incite les huguenots à préparer très tôt des filières d'émigration auprès de puissances protestantes ainsi sensibilisées aux persécutions. Le poète et pamphlétaire anglais, John Milton (1608 - 1674) écrit son sonnet sur Bloody Easter. Finalement, Mazarin s'en mêle et l'ambassadeur de France à Turin pousse à la paix, ce qui amène le jeune duc Charles-Emmanuel II de Savoie à accorder alors des «patentes de grâce» et un pardon général.

La période Louis XIV[modifier | modifier le code]

La censure systématique en France[modifier | modifier le code]

Le Roi soleil donne des instructions pour empêcher la publication d’un ouvrage sur le traité de Lorraine dès le 19 mai 1662[réf. nécessaire]. Un parlementaire, Denis de Sallo est chargé par Colbert de rédiger l’hebdomadaire Journal des Sçavans en 1665. S’étant livré à une légère critique du pape et d’un écrivain protégé, de Sallo sera remercié et remplacé par le sage abbé Galois dès 1666. Ce journal traite de sujets nobles : sciences, histoire, religion, voyages. L’édition de Paris sera la plus surveillée par le pouvoir.

La censure se durcit ensuite en 1674, l'année où le roi renforce son pouvoir personnel. Cette année-là, les permissions accordées aux libraires sont toutes révoquées et ils doivent désormais demander l'autorisation pour l'impression de chaque ouvrage. En 1686, un an après la révocation de l'édit de Nantes, nouveau tour de vis, qui impose aux syndics de la corporation des libraires des rapports réguliers au lieutenant de Police, l'informant de ce qui se passe dans la profession[2]. La dernière phase de la censure sous Louis XIV commença avec l'édit de novembre 1706 qui institutionnalisa le contrôle du pouvoir non seulement sur la presse mais sur les spectacles. Le Parlement, puis le lieutenant général de police, exercent la censure. Tout le monde connaît les incidents soulevés par la pièce de Molière Tartuffe.

À Versailles, l'ancêtre de la « presse people », le Mercure galant[modifier | modifier le code]

Malgré la censure, le Mercure galant, lancé par Donneau de Visé, parut de 1672[3] à 1974. En 1677, il devint Le Nouveau Mercure galant, puis Le Mercure galant de 1677 à 1714. Le Nouveau Mercure galant reparut de 1714 à 1716. D’abord trimestriel, l’ouvrage devient rapidement un mensuel de 350 pages qui traite de l’actualité mondaine. Le rédacteur présente ses différents articles comme s’il écrivait à une dame.

« Ceux qui sont accoutumés de lire ses ouvrages savent que son grand et principal but est de se rendre agréable à la Cour et que ce dessein déterminé l'emporte chaque mois en des raisonnements si outrés et en des narrations si fabuleuses que l'on ne peut les lire sans en être surpris », écrivent de lui des contemporains en août 1709, Jacques Bernard et Jean du Mont, dans Lettres historiques contenant ce qui s'est passé de plus important en Europe.

Après 1685, les journaux des diasporas juive et huguenote[modifier | modifier le code]

La censure est cependant contournée dès la révocation de l’édit de Nantes en 1685, qui oblige de nombreux huguenots, les protestants français, à quitter le pays. Des Pays-Bas, d'Angleterre ou d'Allemagne, ils rédigent en français quelques journaux assez virulents que de nombreux français peuvent lire par abonnement, parmi lesquels Mercure historique et politique, L’Esprit des Cours d’Europe, ou encore Nouvelles de la République des Lettres, de Pierre Bayle, émigré à Rotterdam[4] .

La diaspora juive a sa Gazeta de Amsterdam, écrite en ladino, langue véhiculaire des Juifs sépharades installés à Amsterdam, diffusée deux fois par semaine, entre 1675 et 1702 et dirigée par David de Castro Tartaas, avec une édition en espagnol pour toucher la diaspora des juifs sépharades, implantée aussi à Curaçao, Livourne ou Bayonne.

Très lue mais dispersée, fragmentée, la presse clandestine est confrontée à la concurrence de la littérature qui circule dans les pays européens. Le pamphlet le plus célèbre Les Soupirs de la France esclave est l'œuvre d'un auteur anonyme. « Quantités de belles plumes ont quitté le Royaume », déplore Vauban[5], qui regrette qu'elles se livrent à des publications diffamatoires contre le roi de France, parfois même au sein d'autres cours d'Europe. Les Pays-Bas ne sont en effet pas les seuls à accueillir les expatriés français. Londres, teste la liberté de la presse résultant de l'abolition en 1695 du Licensing Act, peu après l'arrivée sur le trône britannique en 1688 du souverain hollandais Guillaume III d'Orange, dans le cadre de la Glorieuse Révolution. Le nouveau pouvoir n'applique polus la loi sur l'autorisation préalable. La multiplication du nombre de journaux, qui se livrent à des joutes enflammées, est stimulée par l'apparition d'un pluralisme politique, les partis whig et tory se disputant les suffrages des électeurs.

De 1688 à 1692, 26 publications différentes sont créées à Londres[6]. Ensuite, on compte 18 publications régulières, qui profitent de l'apparition d'une scène littéraire, parfois envahie par des débats virulents entre deux partis.

Les milieux d'affaires d'une City naissante sont les premiers lecteurs de cette presse largement tournée vers l'étranger. Les réfugiés français jouent un rôle moteur. Un pasteur français, Jean de Fonvive, gagne 600 sterling par an[7], avec son Post Man, réputé fiable grâce au réseau de la diaspora des Huguenots à travers le monde[8]. On lui propose de devenir éditorialiste de la London Gazette[9]. Abel Boyer (1667-1729), arrivé de Castres en 1689 édite le Post Boy, 3 000 exemplaires contre 3 800 pour le Post Man. Un troisième « quasi-quotidien » national, le Flying Post, sort aussi en 1695, les mardi, jeudi et samedi, pour les envois du Royal Mail. Un autre huguenot, Pierre-Antoine Motteux, fonde dès 1692 le Gentleman's Journal[10], mensuel qui gagne le premier public féminin. L'hebdomadaire Anti-Jacobin, créé par George Canning en 1797, milite pour l'abolition de la traite négrière et rêve de ruiner les colonies françaises.

Le Norwich Post paraît en 1701, disputant le rôle de premier quotidien de l'histoire au Daily Courant fondé le 11 mars 1702[11]. Comme le Post Man, il compile des nouvelles de l'étranger, lues avec avidité par les milieux d'affaires. Les écrivains anglais à succès contribuent à cette ébullition: Daniel Defoe fonde en 1704 le Weekly Review. Jonathan Swift est rédacteur en chef de l’Examiner fondé en 1710.

Le XVIIIe siècle, celui des Lumières[modifier | modifier le code]

L'Alsace, la Suisse et l'Écosse innovent au début du XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Dès 1731, la parution des Affiches, à Strasbourg, dans une Alsace protestante alors indépendante de la France et en pleine croissance économique, témoigne du succès des périodiques, imprimés grâce à des presses en bois gravé, qui sont aussi utilisées pour l'industrie textile, alors que l'histoire des indiennes de coton en Europe est en pleine accélération.

Le pays le plus en pointe, un peu avant l'Alsace, est la Suisse. Dès 1738, on y enregistre la première publication de la Feuille d’avis de Neuchâtel, premier quotidien en langue française de l'histoire, publié sans discontinuité jusqu’à nos jours sous le titre de L’Express (version suisse). L'ébullition touche aussi l'Écosse, réunie à l'Angleterre depuis 1708, où en 1739 William Ged, orfèvre à Édimbourg, imprime un ouvrage en stéréotypie, c’est-à-dire sans utiliser les types mais grâce à des moules des « pages typographiques ».

Les années d'avant les révolutions américaine, française et haïtienne[modifier | modifier le code]

Le premier quotidien ne paraît en France qu'en 1777, une dizaine d'année avant la Révolution française, au moment où le bouillonnement intellectuel et scientifique saisit toute l'Europe. Imprimé sur quatre pages, le Journal de Paris est fondé par Antoine Cadet de Vaux, Coranrez et Dussieux. Traitant principalement d’événements culturels et de faits divers il remportera un succès important auprès de la population parisienne et suivra assidûment les événements de la Révolution française. La Gazette ayant le monopole de l'information politique, Camusat imprime dès 1728 le Spectateur Littéraire. Desfontaines fonde le Nouvelliste du Parnasse. Le même abbé Desfontaines, accompagné cette fois par Mairault, Granot et Fréron se lance, dès 1735, dans la publication des Observations sur les écrits modernes. En 1744, Desfontaines publie les Jugements sur quelques ouvrages nouveaux. L’abbé Granet, oubliant toute charité chrétienne s’empresse d’imprimer Le Contrôleur du Parnasse, pour servir de préservatif contre les faux jugements de M. l’abbé Desfontaines. De nombreuses publications ont une durée de vie éphémère : Le Journaliste amusant, 1731Le Glaneur français, 1734 à 1737Nouveaux amusements de l’Esprit, 1737L’Anti-Feuille par Dujardin, concernant les jugements de Fréron – Observations sur la littérature moderne par l’abbé de la Porte, 1749 à 1752, qui fonde également son Observateur littéraire.

En 1745, Elie Fréron fonde son journal, Lettres de la Comtesse de ***, qui sera interdit en 1746. La même année, il commence les Lettres sur quelques écrits de ce temps. L’ouvrage est, dans un premier temps, imprimé à Genève, puis à Nancy jusqu’en 1754. Elie Fréron a, toute sa vie, combattu les philosophes. Commencé en avril 1754, le Journal Étranger fut dirigé par l’Abbé Prévost en janvier 1755, puis par M. Fréron. Dans ce périodique, Prévost, Grimm, Toussaint, Arnaud, Suard et Fréron, souhaitent faire connaître à la France les auteurs, savants ou artistes du monde, ce qui est une initiative très méritoire. En 1754, Fréron propose un nouveau journal au public : L’Année littéraire. Il porte comme indications à Amsterdam et à Paris, chez Michel Lambert, libraire. L’auteur déclare dans un avertissement qu’avec le peu de loisirs qui lui restent, il ne pourra répondre aux lettres qu’on lui adresse, ni lire les ouvrages manuscrits qu’on lui envoie…

Médecine, économie, éducation et démocratie, le succès des journaux thématiques[modifier | modifier le code]

La Révolution française et la révolution noire à Saint-Domingue[modifier | modifier le code]

Sémaphore, télégraphe, rotative et publicité, la course de vitesse du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Une liberté de la presse encore fragile[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, la République du Croissant désigne le quartier de la presse, entre Réaumur et Opéra, où sont réunis la plupart des grands journaux[14], dont le centre est l'intersection entre la rue du Croissant et la rue Montmartre, dans le 2e arrondissement de Paris. Les grandes entreprises de presse tentent d'y créer des règles et des usages pour leur développement économique, passant par la délivrance de cartes pour les livreurs et revendeurs de journaux[15]. C'est le lieu de la plupart des imprimeries et des salles de rédaction, où se créent des associations d'entrepreneurs de presse et de journalistes, comme l'Association syndicale professionnelle des journalistes républicains français (ASPJRF) d'Edgar Monteil[16].

L'ère du télégraphe et de la nouvelle fraîche[modifier | modifier le code]

L'ère de la rotative et du journal bon marché[modifier | modifier le code]

L'arrivée de la presse économique et financière en France[modifier | modifier le code]

La croissance de la presse économique prend son essor au XXe siècle, avec la création de nombreux titres boursiers au moment du boom du chemin de fer appelé railway mania, momentanément stoppé par le krach de 1847, puis sous le Second Empire, qui profite de la forte croissance économique mondiale des années 1850 et de l'expansion boursière qui l'accompagne.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le début du XXe siècle en France : le défi de la censure[modifier | modifier le code]

Au début du siècle, la presse française a le vent en poupe, comptant plus de 600 titres de quotidiens (Paris compte 80 à 90 quotidiens selon les années entre 1881 et 1914)[17] et en 1914, c'est la plus lue au monde, avec un taux de pénétration de 244 exemplaires de quotidiens pour mille habitants, dont quatre avec un tirage supérieur à un million d'exemplaires[19]. Ce développement est permis par la multiplication de rotatives de plus en plus puissantes, le déploiement du chemin de fer et l'alphabétisation liée à l'école obligatoire. À Paris, la République du Croissant désigne le quartier de la presse, située entre Réaumur et Opéra, où sont réunis la plupart des grands journaux[20].

L'entre-deux guerres et la concurrence de la radio[modifier | modifier le code]

L'entre-deux guerres est marqué par le chute des ventes de plusieurs des grands quotidiens parisiens, qui ont été décrédibilisés par le bourrage de crâne découlant de la censure pendant la guerre mais aussi affecté par la flambée des prix du papier, puis par la montée en puissance d'un nouveau média, la radio.

La presse parisienne passe de 40 titres en 1920 à 32 en 1939, soit une baisse d'un quart en deux décennies. Sur la même période, la presse régionale passe de 220 à 175 titres, soit une diminution de même ampleur[21]. Mais elle monte en puissance en termes de nombre d'abonnés et représente en 1939 la moitié des 12 millions d'exemplaires vendus en France.

En 1931 sort un recueil de 450 pages, racontant l'affaire Arthur Raffalovitch, une corruption des médias au profit des emprunts russes, sous le titre: L'Abominable Vénalité de la presse (Correspondance d'Arthur Raffalovitch, d'après les documents des archives russes 1897-1917). Cette affaire, qui s'ajoute aux mauvais souvenirs du scandale de Panama, entraîne la création en France en 1935 d'un statut de journaliste professionnel par le vote à l'unanimité de la loi Brachard.

  • En 1917 commence une hausse du prix des quotidiens, qui passent en trois ans de 5 à 20 centimes, alors que le kilogramme de pain est à 50 centimes[22].
  • En 1918, les journalistes français contribuent à la réflexion sur la déontologie du journalisme, en rédigeant leur propre code. Le Syndicat des journalistes est officiellement créé le 10 mars 1918, se présentant comme une "Association de défense et de discipline professionnelles" puis se transforme en Syndicat national des journalistes (SNJ) en 1927. À cette époque, la profession n’est ni réglementée, ni juridiquement définie[23]. Il obtiendra quelques avantages sociaux, parmi lesquels un salaire minimum.
  • En 1927, la loi postale augmente les tarifs du port des journaux par La Poste, et contraint les journaux a augmenter leur prix de vente. Du coup, ils doivent utiliser la publicité pour rentabiliser leurs coûts. en 1927, la publicité occupe 30 % de l'espace total des journaux.
  • En 1930, l'industriel Jean Prouvost rachète Paris-Soir et nomme à la direction Pierre Lazareff pour en faire un grand journal populaire qui va cependant sombrer dans la collaboration.
  • La loi Brachard du 29 mars 1935 créé le statut de journaliste professionnel, qui constitue toujours l’ossature du droit actuel. Cette loi reconnaît leur droit d’auteur, la clause de conscience et la clause de cession, un abattement fiscal de 30 %, et une indemnité d'un mois de salaire par année d'ancienneté en cas de licenciement, avec une commission arbitrale chargée de trancher, sans possibilité d'appel.
  • Le législateur n'ayant pas précisé ce qu’est le journalisme, il confie six mois plus tard, en janvier 1936, cette mission à une Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP) qui ne délivre la carte de presse en France qu'à des professionnels. Une convention collective est signée le 23 novembre 1937 entre patronat et syndicats, qui établit les conditions d’embauche et de licenciement, les congés, les barèmes de salaires[23]. Pour compléter ces trois années de réflexion intense en faveur d'une meilleure qualité de l'information, la Charte des devoirs professionnels des journalistes français est révisée et complétée deux mois plus tard, en janvier 1938.
  • Il faudra cependant attendre la loi Cressard du 4 juillet 1974 pour reconnaître aux pigistes le statut de journaliste professionnel et les mêmes avantages que les journalistes mensualisés, dont des indemnités de licenciement. Le père du député Jacques Cressard était journaliste à Ouest-France et responsable du SNJ pour l’Ouest.

L'occupation allemande en France : censure, journaux collaborateurs et presse clandestine[modifier | modifier le code]

L'explosion journalistique de la Libération[modifier | modifier le code]

  • De 1944 à 1948, un drastique rationnement du papier oblige les très nombreux quotidiens, pour la plupart issus de la Résistance, à se limiter à une page recto-verso, limitant les possibilités d'expansion et d'innovation. Le comité des papiers de presse est traité de « trust du papier ».
  • La loi du 16 avril 1947, dite « loi Bichet », organise la vente de la presse au numéro sur une base coopérative destinée à en assurer la neutralité, avec les NMPP, devenues Presstalis dont cinq coopératives détiennent 51 % de son capital, les 49 % restant détenus par Hachette, rachetée plus tard par le groupe Lagardère.
  • L'après-guerre a vu une expansion de la presse magazine et de la presse quotidienne régionale, qui atteignent, dans l'Est et l'Ouest de la France, des taux de pénétration record dans le public populaire et profitent d'un double système de mutualisation : la couverture internationale par l'Agence France-Presse et la distribution par les NMPP, créées en 1945 sous l'égide de la loi. Les quotidiens Ouest-France et les Dernières Nouvelles d'Alsace deviennent des institutions régionales.
  • France-Soir, issu du journal résistant Défense de la France, tire régulièrement au-dessus d'un million d'exemplaires au début des années 1950, en récupérant les lecteurs de Paris-Presse et Paris-Soir, puis en couvrant largement les événements d'Indochine et d'Algérie, avec photos, scoops, titres percutants et bandes dessinées.
  • Le succès de la presse quotidienne est porté par l'élévation du niveau d'instruction dans la plupart des grands pays développés, en particulier au Japon, en Angleterre et aux États-Unis, même si sa pénétration reste plus faible en Afrique ou en Chine.

Télévision, inflation, montée des magazines : la remise en cause des années 1970[modifier | modifier le code]

Le premier choc pétrolier, qui a lieu en 1973, oblige les journaux français à revoir leur modèle économique. L'inflation et la récession s'ajoutent aux hausses de salaires importantes consenties en 1968 aux ouvriers du Livre. Ils sont de plus encore un peu désarmés face à la percée très rapide de la télévision dans les foyers français, à laquelle ils ne se sont pas encore adaptés. Dès 1968, 62 % des familles français ont la télévision, contre 13 % en 1960, la couleur apparaît. Une troisième chaîne, régionale, est créée en 1973[24]. Le tirage des magazines de télévision passe à 3,5 millions en 1970, puis 6,3 millions en 1980.

Les difficultés financières incitent les autres journaux français à remplacer l'AFP par l'ACP, créée dès 1951 par Le Provençal et Nord Matin. En 1973, elle a pour la première fois dix clients[25], dont des journaux de l'Est déjà partis dès 1972, ce qui occasionne à l'AFP un manque à gagner de 1,7 million de francs.

Dès 1968, les quotidiens diversifient leurs sujets traités. Francis Balle effectue un comptage de la superficie dévolue aux informations politiques dans quatre quotidiens français (Le Monde, France-Soir, Le Figaro et L'Humanité), qui montre la diminution du poids de la politique et la montée en puissance des informations culturelles ou sportives[26]. Le Monde, dont la diffusion progresse régulièrement, passant de 137 433 exemplaires en 1960 à 347 783 en 1971, atteint alors son sommet de diffusion mais plafonne[27]. Parallèlement se développe la presse magazine. En 1974, L'Express, Le Nouvel Observateur et le Le Point tirent respectivement à 720 000, 350 000 et 275 000 exemplaires[28].

Le boom de la presse économique et financière à la fin des années 1980[modifier | modifier le code]

La croissance de la presse économique et financière profite de l'engouement pour la Bourse dans la seconde moitié des années 1980, marquée aussi par une vague de privatisations à grande échelle. Elles favorisent l'éclosion d'une très riche presse financière, ensuite décimée par la longue crise économique qui suit la réunification allemande de 1989 et les crises monétaires au sein du Système monétaire européen.

Jusqu'en 1992, la France compte encore quatre quotidiens économiques. Le plus ancien, la Cote Desfossés dépasse une diffusion payée dépassant de 100 000 exemplaires en 2001 grâce à la fusion de 1992 avec La Tribune, mais disparaît en 2012.

Fragilisés par la montée de leur concurrents Capital et Challenges, L'Expansion et Le Nouvel Économiste, les deux plus anciens magazines économiques se retrouvent en situation périlleuse, tandis qu'en presse financière, La Vie française disparaît en 2008 tout comme Le Journal des finances en 2010.

Consommation de papier de la presse française[modifier | modifier le code]

Année Total
millier de tonnes
Dont papier journal
1956 526,5 475,6
1961 727,0 517,2
1965 884,9 600,3
1970 962,5 658,7
1975 918,8 531,6
1979 1012,0 557,7
1985 1130,0 647,8
1990 1396,6 748,8
1995 1307,9 715,0

(source SJTI, cité par Pierre Albert dans La Presse française, La documentation française, 1998 (ISBN 978-2110-040107) p. 68)

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Crise de la presse écrite[modifier | modifier le code]

  • En France, le métier de journaliste et sa déontologie sont encadrés par la Convention collective nationale de travail des journalistes.
  • À l'échelle mondiale, le développement de la presse écrite s'est heurté à la censure ou à des intimidations contre les journalistes, dans les pays où une presse libre est en principe autorisée, et aux limites fixées aux oligopoles de journaux proches du pouvoir, dans les autres pays. Les inquiétudes pour la liberté de la presse en France ont été étayées par le palmarès annuel réalisé par l'association Reporters sans frontières, où la place de la France a profondément régressé, passant à la 43e place en 2009[29], soit une chute de douze places en deux ans[30].
  • La presse écrite traditionnelle souffre aussi du développement de la presse gratuite et d'Internet. Les quotidiens parisiens sont les plus touchés : leur audience a baissé de 12 % entre 1997 et 2003, ce qui représente la perte de 800 000 lecteurs. L'éditeur de presse étant réactif et imaginatif, des solutions adaptées seront trouvées pour limiter cette diminution. La question du statut de l'Agence France-Presse voté à l'unanimité en 1957 pour assurer son indépendance, mais remis en cause par le gouvernement, contribue aux inquiétudes.
  • L'augmentation des internautes équipés en haut débit a mené des millions de lecteurs de quotidiens à lire des actualités gratuites sur Google Actualités et Yahoo actualités, plutôt que dans des journaux payants, dans une économie de la gratuité où les règles de concurrence s'effacent, l'important étant d'être bien placé sur le portail web. Récemment, Internet a été investi par des journaux électroniques créés par des équipes de journalistes venus des titres papiers les plus prestigieux : Rue89, fondé par des anciens de Libé (Pierre Haski, etc.), Bakchich, créé par des anciens du Canard (Nicolas Beau, etc.), Mediapart, dont les créateurs Edwy Plenel, Laurent Mauduit et François Bonnet sont d'anciens dirigeants du quotidien Le Monde, partis après l'arrivée d'Arnaud Lagardère dans le capital.
  • En 2012, pour diverses raisons économiques, les conditions de travail des journalistes se sont dégradées depuis quelques années[31], une plus grande partie est dans la course contre la montre[32].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Histoire de la presse, des premiers journaux à nos jours », sur www.gralon.net (consulté le 26 juillet 2010)
  2. (fr) « Histoire de l'administration en France et des progrès du pouvoir royal, depuis le règne de Philippe-Auguste jusqu'à la mort de Louis XIV », sur Google Recherche de Livres
  3. Ivan Chupin, Nicolas Hubé et Nicolas Kaciaf, Histoire politique et économique des médias en France, La Découverte,‎ 2009, 126 p. (ISBN 978-2-7071-5465-1), p. 14
  4. (fr) « Une autre voix », sur www.sagapresse.com (consulté le 26 juillet 2010)
  5. (fr) « Vauban de la gloire du roi au service de l'État Époques », sur Google Recherche de Livres
  6. (fr) « Histoire de la presse en Angleterre et aux États-Unis - Par Athanase Cucheval-Clarigny - page 32 », sur books.google.fr (consulté le 26 juillet 2010)
  7. From strangers to citizens: the integration of immigrant communities in Britain, Ireland, and colonial America, 1550-1750, par Randolph Vigne, Charles Littleton
  8. The Guardian, par John Calhoun Stephens, Sir Richard Steele, et Joseph Addison, page 667
  9. The public prints: the newspaper in Anglo-American culture, 1665-1740 Par Charles E. Clark? PAGE 42
  10. Histoire de la presse en Angleterre et aux États-Unis, par Athanase Cucheval-Clarigny, page 233
  11. http://www.information-britain.co.uk/famdates.php?id=501
  12. source: sagapresse
  13. a et b (fr) « Histoire de la Presse », sur www.linternaute.com (consulté le 26 juillet 2010)
  14. "Passeurs culturels dans le monde des médias et de l'édition en Europe (XIXe et XXe siècles)", par Diana Cooper-Richet, Jean-Yves Mollier et A. Silem - (2005), page 138
  15. Extrait de "Revue historique: Numéros 611 à 612", page 800, par Odile Krakovitch - 1999
  16. "La presse écrite en France au XXe siècle", par Laurent Martin, page 47, éditions Le Livre de poche
  17. a, b et c Dominique Kalifa, La Civilisation du journal : Histoire culturelle et littéraire de la presse française au XIXe siècle, Nouveau Monde Éditions,‎ 2011, 1762 p. (ISBN 2847365435)
  18. Pascal Ory, La Censure en France à l'ère démocratique, Éditions Complexe, coll. « Histoire culturelle », 1999
  19. Laurent Martin, La Presse écrite en France au XXe siècle, éditions Le Livre de poche, 2005, p. 52.
  20. Passeurs culturels dans le monde des médias et de l'édition en Europe (XIXe et XXe siècles), par Diana Cooper-Richet, Jean-Yves Mollier et A. Silem - (2005), page 138
  21. La Presse écrite en France au XXe siècle, par Laurent Martin, page 74, éditions Le Livre de poche
  22. La presse écrite en France au XXe siècle, par Laurent Martin, page 55, éditions Le Livre de poche
  23. a et b (fr) « Syndicats de journalistes : une influence en dents de scie - Un rôle historique capital », sur www.iut.u-bordeaux3.fr (consulté le 26 juillet 2010)
  24. La Presse écrite en France au XXe siècle, par Laurent Martin, page 159, éditions Le Livre de poche
  25. Jean Huteau et Bernard Ullmann, AFP, une histoire de l'Agence France-presse : 1944-1990, page 311, Robert Laffont, 1992. (ISBN 978-2-221-05883-1)
  26. Les grands quotidiens français sont-ils dépolitisés ?, par Francis Balle (1968)
  27. La Presse écrite en France au XXe siècle, par Laurent Martin, page 161, éditions Le Livre de poche
  28. La Presse écrite en France au XXe siècle, par Laurent Martin, page 154, éditions Le Livre de poche
  29. (fr) « Site officiel de Reporters sans frontières », sur www.rsf.org (consulté le 25 juillet 2010)
  30. (fr) « Liberté de la presse : la France seulement 43e au classement RSF », sur www.20minutes.fr (consulté le 25 juillet 2010)
  31. (fr) « Les journalistes sont des travailleurs fatigués », L'Humanité,‎ 14 Mai 2012 (consulté le 8 juin 2012)
  32. (fr) « Des salariés dans une course contre la montre », L'Humanité,‎ 14 mai 2012 (consulté le 8 juin 2012)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Albert, La Presse française, La documentation française, 1998 (ISBN 978-2110-040107)
  • Pierre Louis Albert, La Presse, PUF, collection Que sais-je ?, 2002.
  • Pierre Louis Albert, Histoire de la Presse, PUF, collection Que sais-je ?, 2003.
  • Fabrice d'Almeida et Christian Delporte, Histoire des médias en France, de la Grande Guerre à nos jours, Flammarion, 2010 (1re édition 2003).
  • Henri Avenel, Histoire de la presse française depuis 1789 jusqu'à nos jours, Paris (France).
  • Claude Bellander, Histoire générale de la presse française, PUF, Paris, 1972.
  • Christian Delporte, Les Journalistes en France, 1880-1950. Naissance et construction d'une profession, Seuil, 1999.
  • Jean-Noël Jeanneney, Une histoire des médias, Éditions du seuil, Paris, 1998.
  • Dominique Kalifa, Philippe Régnier, Marie-Ève Thérenty et Alain Vaillant (dir), La Civilisation du journal. Histoire culturelle et littéraire de la presse française au XIXe siècle, éditions Nouveau Monde, 2012.
  • Würgler, Andreas, National and Transnational News Distribution 1400–1800, European History Online, Institute of European History, Mayence, 2010, retrieved: February 20th, 2013.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]