Cheval de Troie

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La Procession du cheval dans Troie, par Tiepolo.

Dans la mythologie grecque, l'épisode du cheval de Troie est l'un des plus fameux de la Guerre de Troie.

Mythe[modifier | modifier le code]

Cheval utilisé dans le film Troie (2004).

Les sources du mythe[modifier | modifier le code]

Cet épisode est relaté brièvement par Homère dans l’Odyssée pour la première fois, son Iliade arrêtant la narration de la guerre de Troie aux funérailles d'Hector. Tout d'abord, au chant IV (251-290)

« (...) Dans le cheval de bois, je nous revois assis, nous tous, les chefs d'Argos. Mais, alors tu survins, Hélène ! en cet endroit, quelque dieu t'amenait pour fournir aux Troyens une chance de gloire; sur tes pas, Déiphobe allait, beau comme un dieu, et, par trois fois, tu fis le tour de la machine; tu tapais sur le creux, appelant nom par nom les chefs des Danaens, imitant pour chacun la voix de son épouse. »[1]

Puis Ulysse, hôte anonyme d'Alcinoos, demande à l'aède Démodocos de chanter (VIII, 492-495)

« (...) l'histoire du cheval
qu'Épéios, assisté d'Athéna, construisit,
et traquenard qu'Ulysse conduisit à l'acropole
surchargé de soldats qui allaient piller Troie. » [2]

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Homère résume ensuite sur une vingtaine de vers le récit de Démodocos.

D'autre part, Virgile, qui a contribué à la popularité de l'épisode, en a fait l'objet de tout le livre II de l’Énéide, sous la forme d'un récit fait par Énée à Didon, reine de Carthage.

La nature du mythe[modifier | modifier le code]

Après avoir vainement assiégé Troie pendant dix ans, les Grecs ont l'idée d'une ruse pour prendre la ville : Épéios construit un cheval géant en bois creux, dans lequel se cache un groupe de soldats menés par Ulysse. Un espion grec, Sinon, réussit à convaincre les Troyens d'accepter l'offrande, malgré les avertissements de Laocoon et de Cassandre. Le cheval est tiré dans l'enceinte de la cité qui fait alors une grande fête. Lorsque les habitants sont pris par la torpeur de l'alcool, la nuit, les Grecs sortent du cheval et ouvrent alors les portes, permettant au reste de l'armée d'entrer et de piller la ville. Tous les hommes sont tués, les femmes et les filles sont emmenées comme esclaves. Les enfants mâles sont tués eux aussi pour éviter une éventuelle vengeance.

  • La consécration de la métis :

Dans l'épisode du cheval de Troie, Ulysse, personnage devenu célèbre pour sa mètis (« intelligence rusée »), rend un conseil très apprécié dans la guerre de Troie à laquelle il participe. Ici il s'agit en fait d'une ruse. Elle se distingue de la tricherie mais aussi du délit (ou du crime) en cela que la ruse est autorisée par la loi ou les règles de l'usage, du jeu, de l'art, de la société, ou des accords internationaux. En l'espèce de l'art de la guerre chez les grecs, il s'agit plus particulièrement d'une ruse de guerre.

Interprétation : cheval ou navire ?[modifier | modifier le code]

Certains auteurs ont suggéré que le cadeau n'était pas un cheval cachant des guerriers dans ses flancs, mais un bateau[3] porteur d'une ambassade de paix, offre que les Troyens trop peu méfiants ou trop heureux de faire la paix auraient imprudemment acceptée. Après la fête, les Troyens découvrent la sinistre réalité…

À l'appui de cette interprétation, on remarquera que :

  • la civilisation marine grecque assimile le cheval et le bateau. Ainsi, le cheval est-il l'animal de Poséidon et Homère décrit les navires comme les chevaux de la mer[4] ;
  • c'est Ulysse, l'expert en paroles et ruses, un des hommes souvent envoyés en ambassade, qui mène la danse ;
  • le sacrifice d'une construction de bois par simple abandon sur une plage est une procédure assez originale pour un rite censé apporter la protection de Poséidon. L'équivalent n'apparaît nulle part dans la mythologie ;
  • les termes utilisés pour placer les hommes dans le cheval sont ceux utilisés lorsque l'on décrit l'embarquement des hommes sur un navire[5].

Postérité[modifier | modifier le code]

  • De cet épisode légendaire est née l'expression « Cheval de Troie », pour désigner les dons qui s'avèrent être des pièges pour ceux qui les reçoivent. On a aussi conservé l'expression latine « Timeo Danaos et dona ferentes» (« Je crains les Grecs et les cadeaux qu'ils apportent ») », c'est-à-dire « attention aux Grecs porteurs de cadeaux », mis dans la bouche de Laocoon dans l’Énéide (livre II v.49) Lire en ligne.
  • Dave Berg (Mad magazine) critiquait l'expression : « Méfiez-vous des Grecs qui apportent des cadeaux », rappelant qu'il s'agissait ici, au contraire, de cadeaux qui apportaient des Grecs[réf. nécessaire].
  • Un petit musée a été construit en 1955 sur le territoire de l'ancienne ville de Troie, près des Dardanelles (de nos jours en Turquie). Il présente les restes de la ville, ainsi qu'un cheval de bois construit pour symboliser celui de la légende.
  • En informatique, un cheval de Troie désigne un type de programme malveillant.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Odyssée, édition de la Bibliothèque de la Pléiade, 1955, p.604
  2. Homère, traduction de Leconte de Lisle, Odyssée, Pocket,‎ 1998 (ISBN 2-266-05356-6)
  3. Voir pages 51-52 in Troy C. 1700-1250 BC, Nic Fields, Donato Spedaliere & Sarah S. Spedalier, Osprey Publishing, 2004
  4. Voir L'Odyssée, IV-708
  5. Voir pages 22-23 in The fall of Troy in early Greek poetry and art, Michael John Anderson, Oxford University Press, 1997

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]