Église Saint-Bernard de la Chapelle

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Église Saint-Bernard de la Chapelle
Image illustrative de l'article Église Saint-Bernard de la Chapelle
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église paroissiale
Rattachement Archidiocèse de Paris
Début de la construction 1858
Fin des travaux 1862
Architecte Auguste-Joseph Magne
Style dominant Néogothique
Protection  Inscrit MH (2012)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Commune Paris
Coordonnées 48° 53′ 10″ N 2° 21′ 19″ E / 48.886072, 2.35540348° 53′ 10″ Nord 2° 21′ 19″ Est / 48.886072, 2.355403  

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Église Saint-Bernard de la Chapelle

L’église Saint-Bernard de la Chapelle (église Saint-Bernard de La Chapelle jusqu’en 1860) est une église catholique du 18e arrondissement de Paris dans le quartier de la Goutte-d'Or[1], rue Affre/Square Saint-Bernard.

Construite avant l'annexion de la commune de La[2] Chapelle par Paris en 1860, elle fut consacrée en 1861 - commune qui a donné son nom au quartier de la Chapelle (72e quartier de Paris) après le rattachement[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

L'église fut édifiée de 1858 à 1862 par l'architecte Auguste-Joseph Magne.

La Commune[modifier | modifier le code]

Pendant la Commune de Paris (1871), Louise Michel, grande figure de cette révolution, anime dans cette église le club de la Révolution, lieu privilégié de l’expression populaire comme bon nombre de ces clubs dont elle préside souvent les séances. Elle préconise alors un enseignement vivant, des écoles professionnelles et des orphelinats laïques.

L’occupation de l’église en 1996[modifier | modifier le code]

Le 28 juin 1996, trois cents étrangers en situation irrégulière - en majorité des Maliens et des Sénégalais - commencent l'occupation de l'église pour demander leur régularisation. Ils avaient occupé l'église Saint-Ambroise à Paris en mars 1996, mais s'en étaient fait expulser après une visite du cardinal Lustiger, qui avait autorisé le curé à donner les clefs à la police[4].

Ils avaient ensuite occupé d'autres lieux de la capitale (le gymnase Japy, la Cartoucherie de Vincennes, des entrepôts désaffectés de la SNCF[4]) dont ils se sont faits à chaque fois expulser. Autour de leur action se crée une forte médiatisation.

Le 23 août 1996 à l'aube, suite à un arrêté d'expulsion (visant l'occupation de l'église) pris d'urgence, sans que l'expulsion soit confirmée par un juge[5], près de 1 500 CRS sont déployés[6], pour ouvrir à coups de hache la porte de l'église et évacuer de force les trois cents occupants. Certaines personnes disent que les modalités de cette expulsion sont incompatibles avec une déclaration de Jean-Louis Debré, ministre de l'Intérieur ayant ordonné l'expulsion, selon laquelle ce dernier agirait « avec humanité et cœur »[4]. Ce jour est devenu une date importante dans le mouvement des étrangers en situation irrégulière en France[4].

L'épisode eut un écho international[7].

En France, des manifestations rassemblent des dizaines de milliers de personnes contre la politique du gouvernement d'Alain Juppé[4]. Quelques étrangers en situation irrégulière sont expulsés, mais beaucoup restent, ayant des enfants nés en France, étant mariés, ou travaillant depuis longtemps en France[4]. En novembre 1997, la Cour de cassation rend un arrêt concernant l'évacuation de Saint-Bernard, jugeant que l'interpellation des personnes sur les lieux et par la suite expulsées était régulière, le fait de manifester publiquement son statut d'étranger autorisant celle-ci au visa de l'art. 8 de l'ordonnance du 2 novembre 1945[8],[5].

L'occupation par des étrangers en situation irrégulière de l’église Saint-Bernard et de la Cartoucherie de Vincennes inspira la pièce de théâtre Et soudain, des nuits d'éveil[9],[10].

Monument historique[modifier | modifier le code]

L'église a été inscrite au titre des monuments historiques le 26 novembre 2012[11].

L'orgue[modifier | modifier le code]

L'église contient un orgue Cavaillé-Coll de 1863. Charles-Alexis Chauvet en fut le titulaire de 1863 à 1866.

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. "Présentation du rep-08 Goutte d’or." Centre Académique de Ressources pour l'Éducation Prioritaire. Consulté le 15 juin 2010.
  2. Voir Chef-lieu pour la majuscule de l’article défini en tête du nom d’ une commune française.
  3. Depuis le rattachement, il semble que l’on graphie uniformément avec une minuscule : avenue de la Chapelle, boulevard de la Chapelle, place de la Chapelle, porte de la Chapelle, rue de la Chapelle ; avenue de la Porte-de-la-Chapelle, église Saint-Denys de la Chapelle
  4. a, b, c, d, e et f Dominique Simmonot, Le souvenir de Saint-Bernard, Libération, 3 septembre 2002
  5. a et b Cour de cassation, chambre civile 2, 12 novembre 1997, N°de pourvoi: 96-50070, Bulletin 1997 II N° 269 p. 158
  6. Antoine Guiral, Pas de régularisation massive en perspective, Libération, 3 septembre 2002
  7. Il y a dix ans, l’église Saint-Bernard, El Watan, 28 août 2006
  8. Désormais article L611-1 du CESEDA.
  9. Liban Laurence, Mnouchkine, l'alchimiste, L'Express, 05/02/1998
  10. (en) Perfomance Review, Et soudain, des nuits d'éveil (And suddenly, nights of awakening), Theatre Journal, 1998 The Johns Hopkins University Press.
  11. « Église Saint-Bernard-de-La-Chapelle », base Mérimée, ministère français de la Culture

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