François Ier de France

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François Ier
François Ier vers 1527 par Jean Clouet, huile sur toile, 96 × 74 cm, Paris, musée du Louvre.
François Ier vers 1527 par Jean Clouet, huile sur toile, 96 × 74 cm, Paris, musée du Louvre.
Titre
Roi de France
1er janvier 151531 mars 1547
32 ans, 2 mois et 30 jours
Couronnement 25 janvier 1515,
en la Cathédrale de Reims
Prédécesseur Louis XII
Successeur Henri II
Duc de Milan
15151525
Prédécesseur Maximilien Sforza
Successeur François II Sforza
Biographie
Dynastie Valois Angoulême
Nom de naissance François d'Orléans
Date de naissance 12 septembre 1494
Lieu de naissance Cognac (France)
Date de décès 31 mars 1547 (à 52 ans)
Lieu de décès Rambouillet (France)
Père Charles de Valois,
comte d'Angoulême
Mère Louise de Savoie
Conjoint Claude de France
(1514-1524)
Éléonore de Habsbourg
(1530-1547)
Enfant(s) Louise de France
François de France,
duc de Bretagne
Henri II Red crown.png
Madeleine de France
Charles de France,
duc d'Orléans
Marguerite de France
enfant illégitime :
Nicolas d'Estouteville
Héritier Charles d'Alençon
(1515-1518)
François de France
(1518-1536)
Henri de France
(1536-1547)
Résidence Château de Blois
Château de Fontainebleau
Château de Saint-Germain-en-Laye
Château de Chambord
Château de Villers-Cotterêts

Signature

François Ier de France
Rois de France

François Ier (14941547), dit le Père et Restaurateur des Lettres, le Roi Chevalier, le Roi Guerrier, le Grand Colas, le Bonhomme Colas ou encore François au Grand Nez[1], est sacré roi de France le 25 janvier 1515 dans la cathédrale de Reims. Il règne jusqu’à sa mort en 1547. Fils de Charles d’Angoulême et de Louise de Savoie, il appartient à la branche de Valois-Angoulême de la dynastie capétienne.

François Ier est considéré comme le monarque emblématique de la période de la Renaissance française[2]. Son règne permet un développement important des arts et des lettres en France. Sur le plan militaire et politique, le règne de François Ier est ponctué de guerres et d’importants faits diplomatiques.

Il a un puissant rival en la personne de Charles Quint et doit compter sur les intérêts diplomatiques du roi Henri VIII d’Angleterre toujours désireux de se placer en allié de l’un ou l’autre camp. François Ier enregistre succès et défaites mais interdit à son ennemi impérial de concrétiser ses rêves, dont la réalisation toucherait l’intégrité du royaume. L'antagonisme des deux souverains catholiques a de lourdes conséquences pour l’Occident chrétien : il facilite la diffusion de la Réforme naissante et surtout permet à l'Empire ottoman de s'installer aux portes de Vienne en s'emparant de la quasi-totalité du royaume de Hongrie.

Sur le plan intérieur, son règne coïncide en effet avec l'accélération de la diffusion des idées de la Réforme. La constitution de la monarchie absolue et les besoins financiers liés à la guerre et au développement des arts induisent la nécessité de contrôler et optimiser la gestion de l'État et du territoire. François Ier introduit une série de réformes touchant à l'administration du pouvoir et en particulier à l'amélioration du rendement de l'impôt, réformes mises en œuvre et poursuivies sous le règne de son successeur Henri II.

Biographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Arbre généalogique des Valois.

Jeunesse et éducation[modifier | modifier le code]

François Ier est né le 12 septembre 1494 à Cognac (Charente) dans un modeste château de la province de Saintonge dans le duché d'Aquitaine[3]. Son prénom lui vient de saint François de Paule[Note 1]. Son père Charles d'Orléans, comte d'Angoulême est le cousin de Louis d'Orléans (futur roi Louis XII) et le petit-fils de la duchesse de Milan Valentine Visconti, François appartient donc à la branche cadette de la maison royale de Valois et n'est pas destiné à régner. En 1496, son père meurt et sa mère Louise de Savoie, veuve à dix-neuf ans, se consacre à l'éducation de ses deux enfants, le testament du défunt lui en confiant la tutelle, mais Louis d'Orléans prétexte qu'elle n'a pas la majorité requise de 25 ans et la contraint de partager cette tutelle[4].

Faute d’héritier mâle (son épouse Anne de Bretagne perd tous ses enfants mâles), Louis XII fait venir en avril 1498 à la cour son cousin éloigné le petit François, accompagné de sa sœur aînée Marguerite et de sa mère Louise de Savoie. François est en effet devenu comte d'Angoulême à la mort de son père et Louis XII le fait duc de Valois en 1499 et l'héritier présomptif de la couronne en vertu de la loi salique. C’est dans le château d'Amboise et sur les bords de la Loire que François grandit. Mère autoritaire et possessive, Louise doit composer avec le maréchal de Gié, gouverneur du duc d'Angoulême et commandant du château d'Amboise qui exerce un grand pouvoir sur ses enfants. Se forme alors la « Trinité d'Amboise » composée de la mère et des deux enfants, François étant, au sein de ce trio soudé, adoré par les deux femmes, comme le relate le Journal de Louise[5].

Le jeune François d'Angoulême s’entoure de compagnons qui resteront influents dans sa vie adulte tels Anne de Montmorency, Marin de Montchenu (1494-1546), Philippe de Brion et Robert de La Marck, seigneur de Sedan[6], à qui on doit une description de leurs jeux et exercices physiques qui alternent avec l'apprentissage des humanités. Le 25 janvier 1502, François fait une chute de cheval et se retrouve dans un état critique. Sa mère en tombe malade et ne vit que pour la guérison de celui qu’elle appelle son « César »[7]. Il a comme précepteurs Artus de Gouffier et François Desmoulins de Rochefort, nommé plus tard grand aumônier du roi[8]. Le 31 mai 1505 par testament, Louis XII montre sa volonté de marier sa fille Claude et François d'Angoulême dont la cérémonie de fiançailles a lieu le 21 mai 1506 dans le château de Plessis-lèz-Tours, clôturant la session des États généraux de Tours. Dès lors, François s'installe au château de Blois[9]. En janvier 1512, Anne de Bretagne, très affaiblie par une dizaine de couches en une vingtaine d'années, accouche à nouveau d'un fils mort-né. Louis XII va alors se résoudre à traiter François en prince héritier, le fait entrer au Conseil du Roi et le nomme commandant en chef de l'armée de Guyenne le 12 octobre 1512[10].

La salamandre de François Ier et sa devise : « Nutrisco et extinguo[Note 2] » (château d'Azay-le-Rideau).

Quand François accède au trône en 1515, il a 20 ans et la réputation d’être un humaniste. Il est sacré à la cathédrale de Reims le 25 janvier 1515, date retenue à cause de sa guérison jugée miraculeuse survenue treize ans plus tôt le même jour que la conversion de Paul[11]. Il choisit comme emblème de reprendre celui de ses aïeux, la salamandre[12]. Son entrée royale dans Paris le 15 février 1515 (rite politique majeur au cours duquel il accorde des grâces[13]), donne le ton de son règne. Vêtu d’un costume en toile d’argent incrusté de joyaux, il fait cabrer son cheval et jette des pièces de monnaie à la foule[14]. Il participe avec fougue et éclat à un pas d'armes (joutes à cheval avec lances selon un scénario élaboré)[15]. Alors que ses deux prédécesseurs, Charles VIII et Louis XII, ont consacré beaucoup de temps à l’Italie, ils n’ont pas saisi le mouvement artistique et culturel qui s’y développait. Ils ont néanmoins planté le décor qui permet l’épanouissement ultérieur de la Renaissance en France.

Écu d'or au soleil François Ier.

Le contact entre les cultures italienne et française pendant la longue période des campagnes d’Italie introduit de nouvelles idées en France au moment où François reçoit son éducation. Nombre de ses précepteurs, notamment François Demoulin, son professeur de latin (langue que François aura beaucoup de mal à assimiler), l’Italien Gian Francesco Conti, et Christophe Longueuil inculquent au jeune François un enseignement très inspiré de la pensée italienne. La mère de François s’intéresse également de près à l’art de la Renaissance et transmet cette passion à son fils qui, durant son règne, maîtrise la langue italienne à la perfection. Vers 1519-1520, François Demoulin réalise ainsi pour lui des Commentaires de la guerre gallique, une adaptation des Commentaires sur la Guerre des Gaules dans lequel il imagine un dialogue entre le jeune roi et Jules César lui racontant ses campagnes militaires[16]. On ne peut affirmer que François reçoive une éducation humaniste ; en revanche, plus que tout autre de ses prédécesseurs, il reçoit une éducation qui le sensibilise à ce mouvement intellectuel.

Un prince de la Renaissance[modifier | modifier le code]

Le mécène et les artistes[modifier | modifier le code]

À l’époque où François Ier accède au trône, les idées de la Renaissance italienne se sont diffusées en France et le roi contribue à cette diffusion. Il commande de nombreux travaux à des artistes qu’il fait venir en France. Plusieurs travaillent pour lui, dont les plus grands comme Andrea del Sarto, Benvenuto Cellini et Léonard de Vinci.

Jeton sur le règne de François Ier.

François Ier manifeste une véritable affection pour le vieil homme, qu’il appelle « mon père » et qu’il installe au Château du Clos Lucé, à Amboise, à quelques centaines de mètres du château royal d’Amboise. Vinci apporte dans ses malles ses œuvres les plus célèbres tels La Joconde, La Vierge, l'Enfant Jésus et sainte Anne, Saint Jean Baptiste. Le roi lui confie de nombreuses missions comme l’organisation des fêtes de la Cour à [...], la création de costumes ainsi que l’étude de divers projets. Vinci reste en France de 1516 jusqu’à sa mort en 1519 dans les bras du roi selon une légende battue en brèche par certains documents historiques[Note 3].

On peut citer aussi l’orfèvre Benvenuto Cellini et les peintres Rosso Fiorentino et Le Primatice[17], chargés de nombreux travaux dans les différents châteaux de la couronne. François Ier emploie de nombreux agents, comme Pierre l'Arétin, chargés d’amener en France les œuvres de maîtres italiens comme Michel-Ange, Titien et Raphaël. C’est pendant le règne de François Ier que la collection d’œuvres d’art des rois de France, aujourd’hui exposée au Louvre, commence réellement. En 1530, il crée la collection des Joyaux de la Couronne[18].

Le protecteur des Lettres[modifier | modifier le code]

Imprimerie du XVe siècle. Grâce à François Ier, les imprimeries françaises se perfectionnent et atteignent une importance de premier ordre dans l’univers intellectuel.

Les progrès de l'imprimerie favorisent la publication d’un nombre croissant de livres. En 1518, François Ier décide la création d’un grand « cabinet de livres » abrité à Blois et confié au poète de la Cour Mellin de Saint-Gelais[19]. En 1536, interdiction est faite de « vendre ou envoyer en pays étranger, aucuns livres ou cahiers en quelques langues qu’ils soient, sans en avoir remis un exemplaire ès mains des gardes de la Bibliothèque Royale »[20], bibliothèque dont il nomme intendant l’humaniste Guillaume Budé avec mission d’en accroître la collection. C’est en 1540 qu’il charge Guillaume Pellicier, ambassadeur à Venise, d’acheter et de faire reproduire le plus possible de manuscrits vénitiens.

Demi-teston à l'effigie de François I le Restaurateur des Lettres, Bourges
Guillaume Budé par Jean Clouet, portrait datant de 1536, Metropolitan Museum of Art, New York.

À l’instigation de Guillaume Budé, il fonde en 1530 le corps des « Lecteurs Royaux », abrité dans le « Collège Royal » (ou « Collège des trois langues », futur « Collège de France ») afin d'en faire un pôle de culture moderne opposé à la Sorbonne alors conservatrice et sclérosée[21]. Bien que décidée par François Ier, la construction du bâtiment, confiée à l’architecte Jean-François Chalgrin, ne se concrétise pas avant la régence de Marie de Médicis, près d’un siècle plus tard. Parmi les lecteurs royaux, on compte Barthélemy Masson[22], qui enseigne le latin, et le géographe et astronome Oronce Fine, chargé des mathématiques. Il favorise le développement de l’imprimerie en France et fonde l’Imprimerie royale dans laquelle œuvrent des imprimeurs comme Josse Bade et Robert Estienne. En 1530, il nomme Geoffroy Tory imprimeur du roi (pour le français), charge qui passe en 1533 à Olivier Mallard, puis en 1544 à Denys Janot. Grâce au graveur et fondeur Claude Garamond, l’imprimerie royale innove dans une écriture à caractères de type romain plus lisible.

De nombreuses bibliothèques privées voient ainsi le jour : Emard Nicolaï, président de la Chambre des comptes possède une vingtaine d’ouvrages, 500 volumes appartiennent au président du parlement, Pierre Lizet, 579 livres constituent la bibliothèque de son confrère André Baudry, 775 chez l’aumônier du roi, Gaston Olivier, 886 pour l’avocat Leferon, au moins 3 000 chez Jean du Tillet et plusieurs milliers chez Antoine Duprat.

François Ier subventionne des poètes tels Clément Marot et Claude Chappuys et compose lui-même quelques poésies – bien que Mellin de Saint-Gélais soit soupçonné d’être l’auteur de certains poèmes dont François Ier s’attribue la paternité[20] – qui sont publiées ainsi que quelques-unes de ses « Lettres »[23].

Sa sœur aînée, Marguerite, mariée au roi de Navarre, est également une fervente admiratrice des lettres et protège de nombreux écrivains comme Rabelais et Bonaventure Des Périers. Elle figure aussi dans la liste des lettrés de la cour, étant l’auteur de nombreux poèmes et essais tels La Navire, et Les Prisons. Elle publie également un volumineux recueil intitulé Les Marguerites de La Marguerite des princesses qui reprend l’ensemble de ses écrits. Mais son œuvre maîtresse reste l’Heptaméron, un recueil de contes inachevés publiés après sa mort.

Le bâtisseur[modifier | modifier le code]

L’escalier monumental du château de Blois.

François Ier est un bâtisseur acharné et dépense sans compter dans la construction de nouveaux bâtiments. Il poursuit le travail de ses prédécesseurs au château d’Amboise, mais surtout au château de Blois[24]. Par des travaux qui durent dix ans, il fait ajouter deux nouvelles ailes à ce dernier, dont l’une abrite le fameux escalier, et modernise son intérieur avec des boiseries et des décorations à base d’arabesques propres à la nouvelle mode italienne. Au début de son règne, il entame la construction du château de Chambord sur un domaine de chasse acquis par Louis XII. Bien que Léonard de Vinci participe vraisemblablement à ses plans, ainsi que l’architecte italien Boccador, Chambord reste un château Renaissance très ancré dans l'héritage de l'architecture médiévale française.

François Ier tente de reconstruire le Louvre, faisant détruire la tour médiévale de la sombre forteresse de Philippe Auguste. Il demande la construction d’un nouvel Hôtel de Ville pour Paris dans le but d’influencer les choix architecturaux, qui seront d’ailleurs mis en œuvre par Boccador et Pierre Chambiges. En 1528, dans le bois de Boulogne, il fait édifier le château de Madrid, sous la direction de Girolamo della Robbia, qui évoque par sa structure la demeure que François Ier a occupée pendant son emprisonnement en Espagne. Il fait également construire, sous la direction de Pierre Chambiges, le château de Saint-Germain-en-Laye ainsi qu’un château de chasse, le château de la Muette, dans la forêt de Saint-Germain : celui que l'on surnomme le « roi des veneurs » peut s'y adonner à sa passion la chasse à courre. Il fait aussi ouvrir les chantiers des châteaux de Villers-Cotterêts vers 1530, de Folembray en 1538, et de Challuau en 1542. En tout, près de sept châteaux seront construits et remaniés en 15 ans[25].

La galerie François Ier du château de Fontainebleau.

Le plus grand des projets de François Ier est la reconstruction quasiment complète (seul le donjon du château antérieur est conservé) du château de Fontainebleau, qui devient rapidement son lieu de résidence favori. Les travaux s’étendent sur une quinzaine d’années pour constituer ce que François Ier veut être l’écrin de ses trésors italiens (tapisseries dessinées par Raphaël, bronze d’Hercule réalisé par Michel-Ange, décoration de la galerie François Ier par Rosso Fiorentino, autres décorations de Giovanni Battista Rosso et Le Primatice autour desquels s’est formée la prestigieuse école de Fontainebleau).

Il confie également à Léonard de Vinci l’élaboration des plans du nouveau château de Romorantin dans lesquels l’artiste reprend les plans de sa cité idéale de Milan. Le projet est néanmoins abandonné en 1519, les ouvriers du chantier étant atteints par une épidémie de paludisme, alors présente dans les marais de Sologne.

Chacun des ambitieux projets royaux bénéficie de somptueuses décorations tant extérieures qu’intérieures. Il décide en 1517 de la fondation d’un nouveau port, initialement appelé « Franciscopolis » mais que l’existence d’une chapelle sur le site choisi pour sa construction fera renommer « Le Havre de Grâce ».

Politique extérieure[modifier | modifier le code]

La politique extérieure de François Ier s’inscrit dans la continuité des guerres d’Italie menées par ses prédécesseurs. Pendant toute la durée de son règne, le roi n’a de cesse de revendiquer ses droits sur le duché de Milan reçu en héritage de son arrière-grand-mère. Son règne est également dominé par sa rivalité avec le duc de Bourgogne, Charles de Habsbourg, devenu roi d’Espagne puis empereur du Saint Empire sous le nom de Charles Quint. Leur rivalité est marquée par quatre guerres au cours desquelles François Ier enregistre succès et défaites, mais interdit à son ennemi impérial de concrétiser ses rêves de recouvrer le duché de Bourgogne.

Le premier conflit (1521-1526) est marqué par la défaite de Pavie au cours de laquelle le roi est fait prisonnier. Après presque un an de captivité, le roi est contraint de faire des concessions importantes en vue d'être libéré (traité de Madrid). François est autorisé à rentrer en France en échange de ses deux fils, mais à son retour, le roi prétexte que son accord fut obtenu sous la contrainte pour rejeter le traité. Cela conduit à la guerre de la Ligue de Cognac (1527-1529).

La troisième guerre (1535-1538) est marquée par l’échec des armées de Charles Quint en Provence et l’annexion par la France de la Savoie et du Piémont. La quatrième guerre (1542-1544) voit l’alliance de l’empereur et du roi d’Angleterre. François Ier parvient à résister à l’invasion mais perd la ville de Boulogne-sur-Mer au profit des Anglais.

Pour lutter contre l'empire des Habsbourg, François Ier a mis en place des alliances avec des pays considérés comme des ennemis héréditaires de la France ou des alliances jugées contraires aux intérêts chrétiens dont le roi est censé être le garant : le roi d'Angleterre Henri VIII, les princes protestants de l'empire et le sultan ottoman, Soliman.

Conquête du Milanais (1515)[modifier | modifier le code]

François Ier à la bataille de Marignan.

Par son arrière-grand-mère Valentina Visconti, François Ier possède des droits dynastiques sur le duché de Milan. Dès la première année de son règne, il décide de faire valoir ces droits et monte une expédition pour prendre possession de ce duché. Pour lui, c'est aussi l'occasion de venger les défaites françaises de la précédente guerre italienne ; deux ans avant son avènement, tous les territoires occupés par ses prédécesseurs en Italie avaient été perdus. La conquête du Milanais par François Ier s'inscrit totalement dans la continuité des guerres d'Italie commencées vingt ans plus tôt par le roi Charles VIII[26].

Par plusieurs traités signés au printemps 1515, François Ier parvient à obtenir la neutralité de ses puissants voisins[27],[28]. L’opposition à ses visées se limite au duc de Milan Maximilien Sforza, officiellement mais faiblement soutenu par le pape Jules II et son allié le cardinal Matthieu Schiner, artisan de l’alliance entre les cantons suisses et le pape, et futur conseiller de Charles Quint.

Au printemps 1515, François Ier ordonne la concentration des troupes à Grenoble et une armée de 30 000 hommes marche sur l’Italie. Solidement établis à Suse, les Suisses tiennent la route habituelle du Mont-Cenis et, avec l’aide technique de l’officier et ingénieur militaire Pedro Navarro, l’armée, y compris les chevaux et l’artillerie (60 canons de bronze), franchit les Alpes par une route secondaire plus au sud, par les deux cols, Vars 2 090 m (Ubaye) et Larche 1 900 m, puis débouche dans la vallée de la Stura. C'est au prix d'efforts très importants qu'ils élargissent les chemins correspondants pour y passer l'artillerie. Ces efforts rapides sont récompensés, car ils provoquent une surprise très grande. Dans la plaine du Piémont, une partie de l’armée suisse prend peur et propose, le 8 septembre à Gallarate, de passer au service de la France. Schinner réussit à regagner les dissidents à sa cause et s’avance à leur tête jusqu’au village de Melegnano (en français, Marignan), à 16 kilomètres de Milan. La bataille qui s’engage reste longtemps indécise, mais l’artillerie française, efficace contre les fantassins suisses, les forces d’appoint vénitiennes et la furia francese finissent par faire pencher la balance du côté de François Ier qui emporte cet affrontement décisif. Contrairement à une légende tenace mais apocryphe (développée à partir de 1525 pour des raisons de prestige d’une royauté chancelante), il ne se fait pas armer chevalier par Bayard sur le champ de bataille.

Article détaillé : Bataille de Marignan.

Cette victoire apporte renommée au roi de France dès le début de son règne. Les conséquences diplomatiques sont nombreuses :

Rivalité avec l'empire des Habsbourg[modifier | modifier le code]

Portrait du jeune Charles de Habsbourg futur empereur Charles Quint vers 1515, l’éternel rival de François Ier ; peint par Bernard van Orley, Paris, musée du Louvre.
Charles de Habsbourg[modifier | modifier le code]

Charles de Habsbourg est à la tête d’un véritable empire :

Ascendance de Charles Quint
Charles Quint Père :
Philippe Ier de Castille
Grand-père paternel :
Maximilien Ier du Saint-Empire
Arrière-grand-père paternel :
Frédéric III du Saint-Empire
Arrière-grand-mère paternelle :
Aliénor de Portugal
Grand-mère paternelle :
Marie de Bourgogne
Arrière-grand-père paternel :
Charles le Téméraire
Arrière-grand-mère paternelle :
Isabelle de Bourbon
Mère :
Jeanne Ire de Castille
Grand-père maternel :
Ferdinand II d’Aragon
Arrière-grand-père maternel :
Jean II d’Aragon
Arrière-grand-mère maternelle :
Jeanne Enríquez
Grand-mère maternelle :
Isabelle Ire de Castille
Arrière-grand-père maternel :
Jean II de Castille
Arrière-grand-mère maternelle :
Isabelle de Portugal

Une fois empereur (1519), Charles a deux ambitions complémentaires:

  • Une ambition dynastique qui lui tient particulièrement à cœur depuis sa jeunesse flamande, la récupération du duché de Bourgogne, possession de son arrière-grand-père Charles le Téméraire. Il n'en obtiendra jamais satisfaction pour des raisons de réalisme politique: si l'annexion de la Bourgogne par le roi à la mort du Téméraire était indiscutablement un coup de force peu fondé en droit[29], cet état de fait s'était suffisamment installé pour qu'en 1526, malgré la promesse de restitution du duché, les États de la province s'opposent au changement de suzeraineté[30].
  • Une ambition impériale et chevaleresque de paix entre les chrétiens autour de l'empereur et du pape afin de mener la réforme de l’Église romaine et la croisade contre les Turcs, héritée à la fois de la tradition impériale allemande, du messianisme monarchique castillan et du rêve de croisade bourguignon.

Ces deux ambitions ne pouvaient que se heurter à l’hostilité de François Ier, qui avait très exactement le même type d'aspirations. Réformateur de l’Église dans son royaume avec le concordat de Bologne, le Très-chrétien dut s'allier aux luthériens et aux Turcs pour contrer l'empereur et retarda autant qu'il lui fut possible la tenue d'un concile universel. Le roi de France convoitait en outre des droits lointains au royaume de Naples, appartenant à l'empereur comme roi d'Aragon, et au duché de Milan, fief d'Empire vital à Charles-Quint pour des raisons géopolitiques. Continuant la politique italienne de Charles VIII et Louis XII, François Ier tentera de garder pied en Italie au prix de l'occupation indue des États de son propre oncle, le duc de Savoie, par ailleurs beau-frère de l'empereur, ce qui ne fit qu'exacerber leur rivalité.

Article détaillé : Guerres d'Italie.
La compétition pour la couronne impériale (1519)[modifier | modifier le code]

Le 12 janvier 1519, la mort de Maximilien ouvre la succession à la couronne impériale. Cette couronne, si elle n’ajoute aucun contrôle territorial, apporte en revanche à son titulaire un surcroît de prestige et un poids diplomatique certain. Charles Ier d’Espagne, élevé dans cette perspective, est le candidat naturel à la succession de son grand-père et doit affronter le roi Henri VIII d’Angleterre, le duc albertin Georges de Saxe, dit le Barbu, et François Ier. La candidature de ce dernier répond à une double ambition :

  • Éviter que le souverain qui contrôle déjà plus de la moitié de l’Europe et le Nouveau Monde ibérique se voie auréolé d’un prestige diplomatique supplémentaire et parvienne à réaliser son rêve avoué de constituer un nouvel empire de Charlemagne.
  • Revendiquer ce surcroît de prestige pour lui-même, comme l’ont tenté avant lui Philippe le Hardi et Charles de Valois.

La compétition se résume vite à un duel François contre Charles. Pour convaincre les sept princes-électeurs allemands, les rivaux useront tour à tour de la propagande et d’arguments sonnants et trébuchants. Le parti autrichien présente le roi d’Espagne comme issu du véritable "estoc" (lignage), mais la clef de l’élection réside essentiellement dans la capacité des candidats à acheter les princes-électeurs. Les écus français s’opposent aux florins et ducats allemands et espagnols mais Charles bénéficie de l’appui déterminant de Jakob Fugger, richissime banquier d’Augsbourg, qui émet des lettres de change payables après l’élection et « pourvu que soit élu Charles d’Espagne ». Charles est élu à 19 ans Roi des Romains le 28 juin 1519 et est sacré empereur à Aix-la-Chapelle le 23 octobre 1520[Note 5]. Sa devise « Toujours plus oultre » correspond à son ambition de monarchie universelle d’inspiration carolingienne alors qu’il est déjà à la tête d’un empire « sur lequel le soleil ne se couche jamais » mais néanmoins, pour son malheur, très hétérogène.

Du Camp du Drap d’Or à la Paix des Dames[modifier | modifier le code]

Bien entendu, l’élection impériale n’apaise en rien les tensions continuelles entre François Ier et Charles Quint. D’importants efforts diplomatiques sont déployés pour constituer ou consolider le réseau d’alliance de chacun.

Le camp du drap d’or, gravure de James Basire de 1774, d’après une peinture à l’huile du XVIe siècle.

En juin 1520, François Ier organise la rencontre du Camp du Drap d’Or avec Henri VIII mais échoue, vraisemblablement par excès de faste et manque de subtilité diplomatique, à concrétiser un traité d’alliance avec l’Angleterre[15]. De son côté, Charles Quint, neveu de la reine d’Angleterre, avec l’aide du cardinal Thomas Wolsey à qui il fait miroiter l’élévation au pontificat, obtient la signature d’un accord secret contre la France au traité de Bruges. Comme aima à le souligner Henri VIII, « Qui je défends est maître ».

Toujours avec pour objectif de conquérir la Bourgogne, les armées de l’empereur mènent l’offensive au nord et au sud. En 1521, Franz von Sickingen et le comte Philippe Ier de Nassau obligent Bayard à s’enfermer dans Mézières assiégée qu’il défendra sans capituler malgré les canonnades et les assauts[31]. Le sort des armes est moins favorable sur le front italien où les troupes du maréchal Odet de Foix sont décimées par l’armée commandée par François II Sforza et Prospero Colonna lors de la bataille de la Bicoque. Toute la province se soulève alors en réaction au gouvernement oppressif du maréchal: la France perd le Milanais en avril 1522.

L’année 1523 est également le théâtre d’une affaire initialement franco-française mais dont les conséquences dépassent les frontières du royaume. Le connétable Charles de Bourbon, en butte depuis son veuvage (1521) aux manœuvres de François Ier pour satisfaire les revendications de Louise de Savoie sur le Bourbonnais et la vicomté de Châtellerault[32], et, s'estimant mal récompensé par François Ier, s’accorde avec Charles Quint et passe à son service pour devenir lieutenant général de ses armées.

Article détaillé : Sixième guerre d'Italie.
Charles III de Bourbon, gravure de Thomas de Leu.

Cette défection retarde la contre-offensive de François Ier sur Milan . En 1524, Guillaume Gouffier de Bonnivet prend la tête de l’armée qui doit reconquérir Milan mais trouve Charles de Bourbon sur son chemin, et doit se retirer sur la Sesia. Blessé, il confie son arrière-garde à Bayard, qui succombe lui-même le 30 avril 1524. La voie est ouverte aux armées impériales pour une invasion par la route de Lyon, offensive préconisée par Charles de Bourbon. Charles Quint préfère attaquer par la Provence et, en août et septembre 1524, fait mettre le siège devant Marseille, qu’il échoue à prendre. François Ier en profite pour reprendre l’initiative et conduit lui-même son armée au-delà des Alpes pour arriver le 28 octobre sous les murs de Pavie. La ville est défendue par Antonio de Leiva et reçoit les renforts du vice-roi de Naples, Charles de Lannoy. Mal conseillé par Bonnivet et malgré l’avis de Louis de la Trémoille, François Ier engage la bataille dans la hâte. L’artillerie, mal placée, doit cesser le feu sous peine de tirer dans les rangs français. L’armée ne peut résister aux troupes impériales ; Bonnivet, La Palice et La Trémoille sont tués. La défaite de Pavie le 24 février 1525 est grave pour François Ier qui, blessé au visage et à la jambe, remet son épée à Charles de Lannoy et est retenu prisonnier dans la forteresse de Pizzighettone puis est transféré à Gênes et à partir de juin 1525 dans différentes résidences espagnoles, Barcelone, Valence et enfin l'Alcázar de Madrid[33]. Il reste prisonnier jusqu’à la signature[Note 6], le 14 janvier 1526, du traité de Madrid. François Ier est le 3e souverain français à être capturé sur un champ de bataille[34].

Aux termes de ce traité, François Ier doit céder le duché de Bourgogne et le Charolais, renoncer à toute revendication sur l’Italie, les Flandres et l’Artois, réintégrer Charles de Bourbon au sein du royaume de France et restituer ses terres, et épouser Éléonore de Habsbourg, sœur de Charles Quint. François est libéré en échange de ses deux fils aînés, le dauphin François de France et Henri de France (futur Henri II). François Ier lors de sa captivité à Madrid, avait fait le vœu d’un voyage de dévotion à Notre-Dame du Puy-en-Velay et à la basilique Saint-Sernin de Toulouse, s’il obtenait sa délivrance. En 1533, il honora sa promesse et fut accueilli avec liesse dans de nombreuses villes de provinces[35].

Charles Quint ne tire pas grand profit de ce traité, que François avait d’ailleurs jugé bon de déclarer inexécutable la veille de sa signature. Le 8 juin, les états de Bourgogne déclarent solennellement que la province entend rester française. De surcroît, Louise de Savoie n’étant pas restée inactive pendant sa régence, une ligue contre l’empire est scellée à Cognac, à laquelle participent la France, l’Angleterre, le pape et les principautés italiennes (Milan, Venise et Florence). Le 6 mai 1527, Charles de Bourbon est tué dans l'assaut qu'il donne à Rome. Ses troupes s'en vengeront en mettant à sac la cité de Rome.

Une suite de défaites et de victoires des deux camps en Italie amènent Charles Quint et François Ier à laisser Marguerite d’Autriche, tante de l’empereur, et Louise de Savoie, mère du roi, négocier un traité qui amende celui de Madrid : le 3 août 1529, à Cambrai, est signé la « Paix des Dames », qui sera ratifiée par les deux souverains. François Ier épouse Éléonore veuve du roi du Portugal, sœur de Charles, recouvre ses enfants moyennant une rançon de 2 000 000 écus et garde la Bourgogne ; en revanche, il renonce à l’Artois, à la Flandre et à ses vues sur l’Italie.

Article détaillé : Septième guerre d'Italie.
Nouvelles alliances : les princes protestants et l'Empire ottoman[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Alliance franco-ottomane.
François Ier (à gauche) et Soliman le Magnifique (à droite) scellant l'alliance franco-ottomane. Tous deux ont été peints par Titien séparément en 1530, le peintre qui ne les a pas rencontrés prenant probablement pour modèle leurs profils sur des médailles[36].

En 1528, François Ier avait fait appel à Soliman le Magnifique afin de restituer aux Chrétiens de Jérusalem une église que les Turcs avaient transformée en mosquée. Le pacha accepta cette demande au terme de cette alliance franco-ottomane et dans la suite des Capitulations de l'Empire ottoman.

En fait, François Ier n’abandonne pas ses prétentions et s’ouvre à de nouvelles alliances quelque peu surprenantes pour un roi très chrétien.

François Ier entend profiter des dissensions internes de l’Empire et signe, le 26 octobre 1531 à Saalfeld, un traité d’alliance avec la ligue de Schmalkalden. La France ne rejoint pas la ligue mais promet une aide financière.

À l’extérieur de l’Empire, François Ier s'allie aux Ottomans de Soliman le Magnifique pour combattre Charles Quint qui lui-même prend les Turcs à revers en s'entendant avec les Perses. Aucun traité d’alliance proprement dit n’est signé entre la France et les Ottomans, mais une coopération étroite permet aux deux puissances de combattre efficacement la flotte espagnole en Méditerranée au grand scandale de l’Europe chrétienne. François Ier use d’un intermédiaire pour discuter avec le sultan : il s’agit d’un des premiers cas connus de l’usage d'un diplomate pour négocier et non transmettre un simple message. Celui-ci, par précaution, est quand même emprisonné pendant un an à Constantinople[37].

En 1536, la France devient la première puissance européenne à obtenir des privilèges commerciaux, dits capitulations, en Turquie. Ceux-ci autorisent les navires français à naviguer librement dans les eaux ottomanes sous le pavillon fleurdelisé et chaque navire appartenant aux autres pays a l’obligation de battre pavillon français et demander la protection des consuls français pour commercer. Outre cela, la France obtint le droit de posséder une chapelle d’ambassade[38] à Constantinople dans le quartier Galata. Ces privilèges assurent également une certaine protection de la France sur les populations catholiques de l’Empire ottoman.

Les deux derniers conflits[modifier | modifier le code]
François Ier et Charles Quint se réconcilient sous l’impulsion du pape Paul III. Peinture de Sebastiano Ricci, 1687, huile sur toile, 108 × 94 cm, Plaisance, musée municipal.

L’empereur et le pape finissent par aplanir leur différend : en 1530, à Bologne, Charles Quint reçoit la couronne impériale des mains de Clément VII. Le 7 août, François Ier épouse la sœur de Charles Quint, Éléonore de Habsbourg, veuve du roi Manuel Ier de Portugal.

En 1535, à la mort du duc de Milan François II Sforza, François Ier revendique l’héritage du duché. Au début de 1536, 40 000 soldats français envahissent le duché de Savoie et s’arrêtent à la frontière lombarde, dans l’attente d’une éventuelle solution négociée. En juin, Charles Quint riposte et envahit la Provence mais se heurte à la défense du connétable Anne de Montmorency. Grâce à l’intercession du pape Paul III, élu en 1534 et partisan d’une réconciliation entre les deux souverains, le roi et l’empereur signent le 18 juin 1537 la Paix de Nice et se réconcilient lors de l'entrevue d'Aigues-Mortes le 15 juillet 1538, promettant de s’unir face au danger protestant. En signe de bonne volonté, François Ier autorise même le libre passage à travers la France afin que Charles Quint puisse aller mater une insurrection à Gand.

Charles Quint ayant refusé, malgré ses engagements, l’investiture du duché de Milan à un des fils du roi, une nouvelle guerre éclate en 1542. Le 11 avril 1544, François de Bourbon-Condé, comte d’Enghien, à la tête des troupes françaises, défait le marquis Alfonso de Avalos, lieutenant général des armées de Charles Quint à la bataille de Cérisoles. Cependant, les troupes impériales, avec plus de 40 000 hommes et 62 pièces d’artillerie, ont traversé la Lorraine, les Trois-Évêchés et franchi la frontière. Mi-juillet, une partie des troupes assiège la place forte de Saint-Dizier, tandis que le gros de l’armée poursuit sa marche vers Paris. De graves problèmes financiers empêchent l’empereur de solder ses troupes, où se multiplient les désertions. De son côté, François Ier doit également faire face au manque de ressources financières ainsi qu’à la pression des Anglais qui assiègent et prennent Boulogne-sur-Mer. Les deux souverains finissent par consentir à une paix définitive en 1544, le traité de Crépy-en-Laonnois reprend l’essentiel de la trêve signée en 1538. La France perd sa suzeraineté sur la Flandre et l’Artois et renonce à ses prétentions sur le Milanais et sur Naples, mais conserve temporairement la Savoie et le Piémont. Charles Quint abandonne la Bourgogne et ses dépendances et donne une de ses filles en mariage, dotée du Milanais en apanage, à Charles, duc d’Orléans et deuxième fils du roi.

Les relations personnelles avec Charles Quint[modifier | modifier le code]
François Ier, Charles Quint et le cardinal Farnèse à Paris en 1540, fresque de Taddeo Zuccaro, achevée en 1565-1566
représentés sur une fresque du château de Caprarola.

Bien que François Ier et Charles Quint ne s’apprécient guère, ils se témoignent en public tout le respect qui s’impose lors de visites officielles. Ainsi, François Ier reçoit plusieurs fois Charles Quint, notamment au Louvre, juste avant que les travaux du nouveau Louvre ne commencent. En janvier 1540, Charles Quint demandant à François Ier de le laisser traverser la France pour mater une révolte en Flandres, est reçu par le roi et, accompagné de celui-ci, fait une entrée à Paris, après être passé par Bordeaux, Poitiers, et Orléans. Il visite ainsi Fontainebleau, où François Ier lui fait découvrir la nouvelle galerie récemment achevée. La communication politique et la diplomatie sont ainsi érigées en outil de parade visant à impressionner l’adversaire.

Les deux chefs d’État cherchent aussi à créer des liens familiaux pour donner un sentiment de paix et d’entente. François Ier offre sa fille Louise (qui mourut en bas âge) en mariage à Charles Quint, et ce dernier est à l’origine du mariage de sa sœur Éléonore avec François Ier en 1530.

L'Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

Lorsque François Ier accède au pouvoir, la France ne s’intéresse guère aux grandes découvertes et limite ses périples maritimes aux actions de contrebande et aux actes de piraterie sur la côte africaine. Pourtant, la France possède tous les atouts d’une grande puissance coloniale et navale : elle est dotée d’une longue façade maritime, de nombreux ports et de marins de qualité. Néanmoins, les prédécesseurs de François Ier avaient privilégié les conquêtes méditerranéennes.

Jacques Cartier.
lithographie du XIXe siècle.

C’est donc sous le règne de celui-ci que naît le premier engouement français pour les Amériques. Le roi de France s'attache à desserrer le contrôle du Nouveau Monde mis en place par les royaumes ibériques avec l'appui de la papauté (bulle pontificale de 1493 Inter Coetera modifiée par le traité de Tordesillas de 1494) en limitant la portée de la bulle aux territoires déjà découverts à cette date, limitation qu'il n'obtient que sous la forme d'une déclaration de Clément VII en 1533. François Ier peut donc pousser ses envoyés vers les territoires qui ne sont pas encore sous tutelle ibérique[39]. Les protestations espagnoles nées de cette politique sont à l'origine de la répartie du roi de France: « Je voudrais bien voir la clause du testament d’Adam qui m’exclut du partage du monde »[40].

Giovanni da Verrazzano.
estampe du XVIIe ou XVIIIe siècle.

Ainsi, les navires de l'armateur dieppois Jean Ango reconnaissent les côtes de Terre-Neuve, descendent en Guinée puis au Brésil, et contournent le Cap jusqu’à Sumatra. En 1522, l’un de ses capitaines, Jean Fleury, intercepte deux caravelles espagnoles venant de la Nouvelle-Espagne et transportant les trésors offerts par Cortès à Charles Quint. Cette découverte fait prendre conscience à la cour de France de l’importance du Nouveau Monde et des richesses qu’il peut contenir. En 1523, François Ier commence à encourager les explorations en Amérique du Nord. Il prend sous son égide le Florentin Giovanni da Verrazano et met à sa dispositions le vaisseau royal La Dauphine, laissant à Jean Ango et aux capitaux florentins le soin de financer l’expédition. Verrazano atteint l’Amérique du Nord et la Floride (qu'il baptise du nom de Franciscane), cartographie Terre-Neuve, puis fonde la Nouvelle-Angoulême (la future Nouvelle-Amsterdam, rebaptisée New York en 1664), en hommage à la famille du roi de France, avant de poursuivre vers le Brésil et les Antilles. Son objectif est de trouver un passage vers le nord-ouest menant directement aux Indes. Ses conclusions sont éloquentes : « C’est une terre inconnue des anciens, […] plus grande que l’Europe, l’Afrique et presque que l’Asie ». En 1534, Jean Le Veneur, évêque de Lisieux et grand aumônier du roi, conseille à François Ier d’envoyer le Malouin Jacques Cartier en expédition pour découvrir « certaines îles et pays où l’on dit qu’il se doit trouver grande quantité d’or et autres riches choses ». C’est la naissance de la Nouvelle-France.

Parti de Saint-Malo le 20 avril 1534, Cartier traverse l’Atlantique en seulement trois semaines. Le 24 juillet, il prend possession de la côte de Gaspé, puis revient à Saint-Malo le 5 septembre. Soutenu par François Ier, il repart le 15 mai 1535 à la tête de trois navires. Il découvre l’embouchure du Saint-Laurent, remonte le fleuve et fonde le poste de Sainte-Croix (future Québec), puis atteint un village sur une colline, Hochelaga, qu’il rebaptise en Mont-Royal (future Montréal). Remontés à Sainte-Croix, les Français y restent bloqués par les glaces entre novembre 1535 et avril 1536. Cartier repart pour la France considérablement affaibli et arrive à Saint-Malo le 16 juillet 1536. La guerre avec Charles Quint ne facilite pas la mise en place d’une nouvelle expédition. Pour gouverner cette province d’outre-mer, François Ier choisit le Languedocien Jean-François de La Rocque de Roberval, militaire expert en fortification. Jacques Cartier quitte Saint-Malo le 23 mai 1541 à la tête de cinq navires chargés de vivres pour deux ans et transportant plusieurs centaines d’hommes. Il fonde une colonie qu’il nomme Charles-Bourg à une quinzaine de kilomètres de l'île de Sainte-Croix. Après des complications avec les populations amérindiennes et un hivernage difficile, Cartier décide de regagner la France. Le 8 juin, il croise, à Terre-Neuve, Roberval qui arrive seul à la colonie en juillet. En octobre 1543, il est de retour en France.

Cette tentative française en Amérique du Nord est donc un échec, mais la prise de possession de territoires nord-américains remet en cause le monopole colonial espagnol et ouvre des perspectives pour l’avenir, notamment pour Samuel de Champlain au début du XVIIe siècle.

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Le jeune prince Henri forme à la cour de son père un parti d’opposition contre la maîtresse en titre, Anne de Pisseleu.
Tableau de Corneille de Lyon, vers 1536, 16 × 14 cm, Galleria Estense, Modène.

Alors que le roi érige en France de nombreux châteaux, il déséquilibre sérieusement le budget du royaume. À la fin de son règne, Louis XII s’inquiétait déjà d’un François très dispendieux. Le beau-père du roi avait laissé une France en bonne santé économique avec une monarchie au pouvoir renforcée sur le pouvoir des féodaux. François Ier continue de consolider l’emprise de la couronne sur le pays mais, en même temps, détériore la situation économique du royaume.

Lorsque François Ier accède au trône de France, son royaume compte environ 18 millions d’habitants[41], ce qui en fait le pays unifié le plus peuplé d’Europe. 85 % de la population française est paysanne, mais la productivité de l’agriculture, basée essentiellement sur la polyculture et les céréales, est faible (5 quintaux à l’hectare), et la pénurie, fréquente. En revanche, l’horticulture progresse avec notamment la culture des carottes, betteraves, artichauts, melons, choux-fleurs et mûriers. Quant aux villes, leur croissance suit le développement de l’artisanat.

Le gouvernement de François Ier[modifier | modifier le code]

Le règne de François Ier voit un renforcement de l’autorité royale jetant les bases de l’absolutisme tel que pratiqué plus tard par Louis XIV[42]. Le défenseur le plus ardent de la suprématie royale est le jurisconsulte Charles du Moulin[43]. Pour lui, le roi seul, et aucun autre seigneur ou officier, bénéficie de l'imperium.

La cour (estimée entre 5 000 et 15 000 personnes[44]) toujours itinérante est le véritable cœur du pouvoir. Bien qu’entouré de conseils – le Grand Conseil, le Conseil des parties ou Conseil privé et le Conseil étroit, ce dernier chargé des décisions importantes de l’État –, le roi, apparaît de plus en plus comme la source unique de l’autorité, arbitrant en dernier ressort les initiatives de l’administration judiciaire et financière, choisissant et disgraciant ses favoris, ses ministres et ses conseillers.

Au début de son règne, François Ier maintient en faveur plusieurs serviteurs de son prédécesseur : La Palisse et Odet de Foix, seigneur de Lautrec font passer à quatre le nombre de maréchaux. La Trémoille prend de hautes responsabilités militaires. Il confirme également Florimond Robertet comme étant le « père des secrétaires d’État ». La Palisse cède l’office de grand maître à Artus Gouffier de Boissy, ancien gouverneur du roi. Guillaume Gouffier de Bonnivet devient amiral de France en 1517. Le cardinal Antoine Duprat, magistrat d’origine bourgeoise, devient chancelier de France. Enfin, Charles III de Bourbon reçoit l’épée de connétable. La mère du roi, Louise de Savoie a une influence non négligeable sur les affaires du pays. Élevée au rang de duchesse, elle fait partie du conseil privé du roi et est nommée par deux fois régente du royaume. Jusqu’en 1541, Anne de Montmorency, nommé premier gentilhomme de la chambre du roi, connaît la faveur royale et une carrière politique éclatante. François Ier compte aussi sur ses conseillers l'amiral de France Claude d'Annebaut et le cardinal de Tournon pour l’exécution des décisions financières.

La religion[modifier | modifier le code]

François Ier et sa sœur, Marguerite de Navarre, peinture de Richard Parkes Bonington, 1827, 46 × 34 cm, Londres, Wallace Collection.

François Ier est vu comme un roi très chrétien et bon catholique[45]. Bien qu’il ne soit peut-être pas aussi pieux que sa sœur Marguerite, il prie chaque matin dans sa chambre, communie régulièrement sous les deux espèces et se rend bien sûr à la messe après le conseil des affaires. François Ier prend également part aux pèlerinages : dès son retour d’Italie en 1516, il se rend à la Sainte-Baume en Provence sur le tombeau de Marie-Madeleine. Plus tard, il part à pied avec ses courtisans rendre hommage au Saint-Suaire à Chambéry.

Après plusieurs décennies de crise entre la papauté et le royaume de France, François Ier signe avec le pape Léon X le concordat de Bologne (1516).

Alors que les idées de la Réforme commencent à se répandre en France, François Ier garde initialement une attitude plutôt tolérante, sous l’influence de sa sœur Marguerite de Navarre, portée sur l’Évangélisme, sans rupture avec l’Église catholique. Le roi protège les membres du groupe de Meaux, persécutés durant son absence par les théologiens de la Sorbonne et sur les conseils de sa sœur nomme même précepteur de son fils Charles, Lefèvre d’Étaples qui s’était exilé à cause de ces persécutions.

En revanche, dès 1528, l’Église de France entreprend des actions contre le développement de la nouvelle religion et propose aux réformés le choix entre l’abjuration et le châtiment. L’influence de Marguerite de Navarre est contrariée par celle de deux puissants conseillers proches du roi: les cardinaux Antoine Duprat et François de Tournon.

Devant les actes de vandalisme perpétrés contre les objets du culte romain, François Ier se montre implacable et favorise la poursuite en justice des réformés[Note 7]. Face aux actes iconoclastes, le roi participe personnellement aux cérémonies destinées à effacer ce qui est considéré pour l’époque comme un crime. Survient en octobre 1534 l’affaire des Placards, dans laquelle François Ier estime l’autorité royale bafouée et qui accélère en réaction le processus de persécution des protestants et l’amorce des guerres de religion en France.

L’épisode le plus douloureux de cette répression, qui ternit la fin de règne de François Ier, est le massacre des Vaudois du Luberon, ralliés aux thèses de Calvin, des villages de Cabrières, Mérindol et Lourmarin, villages situées sur les terres de l’Église. Après publication d’un édit du Parlement d’Aix en 1540, resté lettre morte, François Ier décide de réprimer dans le sang les désordres de cette communauté. Grâce aux galères de Paulin de La Garde qui amènent des troupes du Piémont, Jean Maynier, président du Parlement d’Aix, et Joseph d’Agoult, baron d’Ollières, exécutent les ordres royaux avec un tel enthousiasme que même Charles Quint en exprime son émotion.

Le durcissement de la politique de François Ier à l’égard de la religion réformée est aussi, vraisemblablement, lié aux accords secrets passés avec Charles Quint à l’occasion de la signature du traité de Crépy-en-Laonnois, accords qui obligent le roi de France à participer activement à l’éradication de la menace protestante en Europe et donc en France. Nonobstant ces accords, François Ier persiste dans sa politique de soutien aux princes protestants d’Allemagne.

Le français comme langue officielle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : ordonnance de Villers-Cotterêts.
Extrait de l’ordonnance royale de Villers-Cotterêts

Dans son château de Villers-Cotterêts dans l’Aisne, en 1539, François signe l’ordonnance royale, élaborée par le chancelier Guillaume Poyet, qui fait du français la langue officielle exclusive de l’administration et du droit, en lieu et place du latin. Le même document impose aux prêtres d’enregistrer les naissances et de tenir à jour un registre des baptêmes. C’est le début officiel de l’état civil en France et les premiers enregistrements avec filiation du monde.

La politique financière[modifier | modifier le code]

Les constructions se révèlent être un gouffre financier alors que l’effort de guerre contre Charles Quint mobilise des sommes énormes.

Pour faire face à la situation, le roi augmente les taxes : la taille, payée par les paysans, est plus que doublée, et la gabelle, payée sur le sel, est triplée[Note 8]. François Ier généralise la douane et la traite foraine, augmentant ainsi la part dans les ressources du Trésor des taxes générées par les importations et les exportations de marchandises. Contrairement à la plupart de ses prédécesseurs, en particulier pour les décisions à caractère fiscal, François Ier ne convoque pas les états généraux durant son règne.

Il met en place trois mesures douanières protectionnistes. Il impose des droits de douane sur les importations de soie dans le but de protéger l'industrie de la soie de Lyon. Les deux autres mesures visent l'imposition de denrées alimentaires à l'exportation, motivé par la crainte d'une pénurie dans le royaume.

L'accroissement des différentes traites rend inopérant le système de recouvrement en usage jusqu'alors. François Ier pallie cette insuffisance administrative par l'extension à la gabelle du système de perception par la ferme. De même, le roi entend améliorer l'efficacité de l'emploi des fonds levés et l'adéquation des prélèvements avec la création en 1523 du Trésor de l'Épargne, caisse unique où doivent être apportées toutes les finances et réalisées toutes les dépenses générales de l'État. Cette nouvelle institution centralise l'activité des dix recettes générales préexistantes, qui opéraient de façon indépendante et sans coordination, laissant se développer erreurs et doubles emplois[Note 9].

Chambre des comptes du roi sous François Ier

François Ier use aussi de nouveaux moyens pour lever des fonds. Il se sépare de pierres précieuses appartenant à la couronne et aliène des territoires royaux qui lui apportent les fonds nécessaires au financement de sa politique.

Enfin, le roi innove avec la vénalité des charges et offices. Ainsi, de nombreux bourgeois et nobles de grandes familles accèdent aux plus hautes charges de l’État par leur seule fortune. Les postes les plus prisés sont les notaires et secrétaires de la Chancellerie de Paris, qui rédigent et authentifient les lois. Bien qu’il n’abuse pas de ce dernier moyen, c’est certainement le début d’un phénomène destiné à s’amplifier et donc à affaiblir plus tard l’administration du pays malgré un pouvoir de plus en plus centralisé.

Par l’édit de Châteauregnard (21 mai 1539), François Ier crée également la première loterie d’État, sur le modèles des blancques existant déjà dans plusieurs villes italiennes.

Enfin, comme lors de l’affaire du connétable Charles de Bourbon, François Ier ne recule pas devant les procédés douteux pour résoudre les problèmes financiers de la couronne. L’exemple le plus frappant en est le procès intenté à Jacques de Beaune, baron de Semblançay, principal intendant des finances depuis 1518 et accusé lors d’un procès intenté par le roi en 1524, de détournement des fonds destinés à la campagne d’Italie. Bien qu’ayant réussi à se justifier lors de ce procès, il est arrêté en 1527, accusé de concussion, condamné à mort et exécuté au gibet de Montfaucon. Lors de sa réhabilitation, il apparaît qu’il avait surtout eu le tort d’être un créancier important de François Ier.

Fiefs réunis à la couronne[modifier | modifier le code]

La France sous François Ier, ses acquisitions et les demeures royales.

La majeure partie des acquisitions du domaine royal se limite aux fiefs de la famille de François Ier et de son épouse réunis à la couronne lors de son sacre, tel le comté d’Angoulême, érigé en duché et offert à Louise de Savoie, qui le redonne à la couronne à sa mort en 1531. En 1523, le domaine du roi s’étend au duché de Bourbonnais, au comté d’Auvergne, de Clermont, de Forez, de Beaujolais, de la Marche, de Mercœur et du Montpensier (la plupart de ces terres sont confisquées au connétable de Bourbon en 1530 après sa trahison[32]). En 1525, la couronne acquiert le duché d’Alençon, les comtés du Perche, d’Armagnac, du Rouergue et, en 1531, le Dauphiné d’Auvergne.

La Bretagne était déjà en cours de rattachement à la couronne de France depuis 1491, la duchesse de Bretagne Anne ayant épousé Charles VIII puis Louis XII. Le duché entre alors dans une ère assez prospère, dont la paix n’est perturbée que par quelques expéditions anglaises, telle celle de Morlaix en 1522.

Article détaillé : Bataille de Morlaix (1522).

François Ier en devient l'usufruitier en épousant la fille d’Anne de Bretagne, Claude de France, duchesse souveraine de Bretagne qui décède en 1524. François, conscient que la Bretagne avait toujours été hostile à toute annexion au Royaume de France[réf. nécessaire], y envoie Antoine Duprat qui devient Chancelier de Bretagne en 1518. En 1532, année de la majorité du duc-dauphin, François Ier réunit les États à Vannes le 8 décembre en demandant une union réelle et perpétuelle moyennant le respect de leurs droits et privilèges fiscaux. Le 6 août, à Rennes, il fait couronner son fils qui devient François III de Bretagne. Le 13 août, il signe l’édit d’union du duché à la couronne de France. La Bretagne est ainsi unie définitivement au royaume et symbolise la réussite de François Ier dans son agrandissement territorial du domaine royal.

Claude de France, lors de son mariage, apporte également en dot le comté de Blois, le Soissonnais, les seigneuries de Coucy, Asti et le comté de Montfort.

À part les conquêtes du Milanais au début du règne de François Ier et l’acquisition temporaire de la Savoie et du Piémont, le règne de François Ier se révèle pauvre en conquêtes étrangères, en particulier après l'échec de ses revendications sur le royaume de Naples.

Mort du Roi[modifier | modifier le code]

Tombeau de François Ier et de Claude de France.
Urne contenant le cœur de François Ier à la Basilique de Saint-Denis, France.

À la fin des années 1530, François Ier a considérablement grossi et est atteint d'une fistule entre l'anus et les testicules, cet « abcès au génitoire » le contraignant à abandonner le cheval au profit d'une litière pour effectuer ses déplacements. Au cours des années suivantes, la maladie empire et la fièvre devient pratiquement continue[46].

François Ier meurt le 31 mars 1547 au château de Rambouillet. Selon le diagnostic paléopathologique établi d'après le compte-rendu de son autopsie, la cause de sa mort est une septicémie (évolution de sa fistule vésico-périnéale) associée à une insuffisance rénale grave due à une néphrite ascendante[47]. Selon la propagande royale, lors de son agonie il aurait fait venir son fils pour lui livrer son testament politique et aurait été capable de gouverner jusqu'à son dernier souffle[48]. Après des cérémonies de funérailles à Saint-Cloud, il est enterré le 23 mai, en même temps que les restes de ses fils Charles II d'Orléans et François III de Bretagne, au côté de sa première épouse Claude de France à la basilique Saint-Denis. Son deuxième fils Henri II lui succède.

Anne de Pisseleu, sa maîtresse, est contrainte de quitter la cour.

Un monument au cœur[Quoi ?], appelé cardiotaphe, est réalisé sous forme d'urne sur un haut socle, sculptée entre 1551 et 1556 par Pierre Bontemps et à l'origine placée à l'abbaye des Hautes-Bruyères (Yvelines, détruite), et aujourd'hui conservée à Saint-Denis, non loin du monument au corps où le roi repose aux côtés de Claude de France, monument funéraire commandé par Henri II. Le mausolée qui évoque un arc de triomphe est dû à l'architecte Philibert Delorme et l'ensemble sculpté[Note 10] entre 1548 et 1559 est l'œuvre de François Carmoix, puis François Marchand et Pierre Bontemps[49].

La tombe de François Ier est profanée pendant la Révolution, le 20 octobre 1793, en même temps que celles de sa mère et de sa première épouse, leurs corps étant jetés dans une fosse commune. Alexandre Lenoir sauve en grande partie le monument qui est restauré et conservé dans une rotonde du Musée des monuments français en 1795 avant d'être restitué à la basilique royale sous la Seconde Restauration le 21 mai 1819[50].

Portrait de François Ier[modifier | modifier le code]

Physionomie de François Ier[modifier | modifier le code]

L’image la plus courante de François Ier, visible dans ses nombreux portraits tels celui de Jean Clouet de 1530, présente un visage calme avec un nez proéminent tout en longueur. Un autre portrait de profil réalisé par Titien confirme cette silhouette, avec une petite bouche lançant un sourire malicieux et des yeux en amandes. D'après un soldat gallois, présent au camp du Drap d’Or en 1520, François Ier est grand et :

« ...Sa tête est bien proportionnée, malgré une nuque fort épaisse. Il a des cheveux châtains, bien peignés, une barbe de trois mois d’une couleur plus foncée, un nez long, des yeux noisette injectés de sang, le teint laiteux. Ses fesses et cuisses sont musclées, mais, au-dessous des genoux, ses jambes sont maigres et arquées, ses pieds longs et complètement plats. Il a une voix agréable mais il a la manie « peu royale » de rouler ses yeux continuellement vers le ciel... »

L'armure d'apparat de François Ier, fabriquée sur mesure, et actuellement exposée au musée de l'Armée à Paris, permet d'évaluer quelle était la taille du souverain : il mesurait en réalité entre 1,95 m et 2 mètres[51] (sa taille exacte serait de 1,98 m[52]) ce qui était tout à fait inhabituel pour l’époque. Les étriers (en or) ainsi que les armes richement décorées de François Ier sont en revanche exposées au Musée national de la Renaissance d'Écouen et témoignent également de la robustesse du Roi.

Psychologie de François Ier[modifier | modifier le code]

D’après les différents portraits de ses contemporains, par son éducation rigoureuse et par sa correspondance avec sa famille, on sait d’ores et déjà que François Ier est assez intelligent, curieux et largement ouvert d’esprit, s’intéressant à tout sans être pour autant érudit, prêt à discuter de toutes sortes de sujets avec une assurance souvent mal fondée, et très courageux, se rendant lui-même sur le champ de bataille et combattant avec bravoure[Note 11]. Il fait toutefois preuve d’un égoïsme marqué d’enfant gâté, d’un manque d’implication et d’un tempérament impulsif qui lui vaut certains déboires dans l’art militaire. Tout en sachant l’autorité qu’il doit à Dieu et l’image qu’il représente, François Ier marque un certain rejet pour un protocole souvent trop rigoureux et prend quelques libertés, ce qui fait de la Cour de France un lieu assez détendu. Il impose parfois des conventions mais peut passer outre l’étiquette[53].

La légèreté de François Ier dans sa vie curiale ne doit pas occulter un véritable sens de ses responsabilités royales. Marino Cavalli, ambassadeur de Venise de 1544 à 1546[54], insiste, dans un rapport au sénat, sur la volonté du roi français : « Pour ce qui est des grandes affaires de l’État, de la paix et de la guerre, Sa Majesté, docile en tout le reste, veut que les autres obéissent à sa volonté ; dans ces cas-là, il n’est personne à la Cour, quelque autorité qu’il possède, qui ose en remontrer à Sa Majesté »[Note 12].

Dans la victoire comme lors des revers militaires, François Ier se distingue par un courage vif mais mal maîtrisé. C’est en revanche un médiocre stratège, tirant mal parti des innovations techniques de son temps. L’exemple de la bataille de Pavie est édifiant : François Ier place dans la hâte son artillerie, pourtant l’une des meilleures d’Europe, derrière sa cavalerie, et lui ôte ainsi une grande part de son efficacité.

Durant son règne, François Ier ne cache pas son goût pour les plaisirs courtois et l’infidélité. Selon Brantôme, son goût pour les femmes l'aurait amené d'ailleurs à être atteint de la syphilis contractée dès 1524 avec une de ses maîtresses, la femme de l’avocat parisien Jean Ferron, surnommée « La Belle Ferronnière »[55]. On prête au roi cette phrase : « Une cour sans femmes, c’est comme un jardin sans fleurs », montrant à quel point le roi comptait sur la présence féminine à la cour de France, imitant ainsi les cours italiennes dans lesquelles le féminin était un symbole de grâce. Parmi ses maîtresses, on peut citer Françoise de Foix, comtesse de Châteaubriant, supplantée par Anne de Pisseleu[Note 13], duchesse d’Étampes et demoiselle d’honneur de Louise de Savoie au retour de François Ier après sa captivité espagnole. On peut aussi citer la comtesse de Thoury et même une dame inconnue, dont le roi aura un fils, Nicolas d’Estouteville.

Certaines de ces femmes ne joueront pas seulement le rôle de maîtresse du roi. Quelques-unes d’entre elles auront également une influence politique, telle Anne de Pisseleu ou encore la comtesse de Thoury, à l’origine de la construction du château de Chambord.

Titulature complète[modifier | modifier le code]

Mariages[modifier | modifier le code]

Descendance[modifier | modifier le code]

Claude de France, première épouse de François Ier, donne naissance à sept enfants dont deux meurent en bas âge.

Certains évoquent un huitième enfant, Philippe, né en 1524 et mort en 1525, ce qui laisse penser que Claude de France serait morte en couches[réf. nécessaire].

Descendance illégitime

de Jacquette de Lanssac, il eut :

  • Louis de Saint-Gelais (°1513 + 10/1589) épousa en premières noces Jeanne de la Roche-Landry +1563 puis en 2e noces le 8 octobre 1565 Gabrielle de Rochechouart; sa postérité s'éteignit avec les mâles à la troisième génération en 1636.

François Ier eut également d’une dame inconnue un fils qui ne fut pas légitimé par la suite : Nicolas d’Estouteville, seigneur de Villecouvin[58][réf. nécessaire].

Généalogie simplifiée[modifier | modifier le code]

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Charles V
(1338-1380)
 
Jeanne de Bourbon
(1338-1378)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Isabeau de Bavière
(1371-1435)
 
Charles VI
(1368-1422)
 
 
 
Louis d'Orléans
(1372-1407)
 
Valentine Visconti
(1368-1408)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Marie d'Anjou
(1404-1463)
 
Charles VII
(1403-1461)
 
Marie de Clèves
(1426-1487)
 
Charles d'Orléans
(1394-1465)
 
Jean d'Orléans
(1400-1467)
 
Marguerite de Rohan
(v. 1412-1497)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Charlotte de Savoie
(1440-1483)
 
Louis XI
(1423-1483)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Charles VIII
(1470-1498)
 
Anne de Bretagne
(1477-1514)
 
 
 
Louis XII
(1462-1515)
 
Louise de Savoie
(1476-1531)
 
Charles d'Angoulême
(1459-1496)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Claude
(1499-1524)
 
 
 
 
 
 
François Ier
(1494-1547)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Louise
(1515-1518)
 
Charlotte
(1516-1524)
 
François
(1518-1536)
 
Henri II
(1519-1559)
 
Madeleine
(1520-1537)
 
Charles
(1522-1545)
 
Marguerite
(1523-1574)
 

Emblème[modifier | modifier le code]

La salamandre, emblème de François Ier au château de Chambord

Plusieurs sources diffèrent quant à l’origine de la salamandre comme symbole de François Ier[59] : Une tradition voudrait que François ait reçu cet emblème de son précepteur, Artus de Boisy, qui avait observé dans son élève, « un tempérament plein de feu, capable de toutes les vertus, qu’il fallait tantôt aviver, tantôt amortir ». Mais c’est oublier qu’on trouve déjà une salamandre dans l’emblème du comte Jean d’Angoulême, frère cadet de Charles d’Orléans et grand-père de François Ier, et qu’un manuscrit exécuté pour Louise de Savoie en 1504, porte lui aussi une salamandre[60]. La thèse selon laquelle l’animal fut apporté à François Ier par Léonard de Vinci est une version romancée. Toujours est-il que François Ier, devenu roi, garda cet emblème hérité de la salamandre souvent surmontée d'une couronne ouverte ou fermée, selon les hésitations de l'époque dans la représentation du premier insigne du pouvoir[61].

La salamandre, symbolise généralement le pouvoir sur le feu, donc sur les hommes et sur le monde. La devise Nutrisco & extinguo (« Je m’en nourris et je l’éteins »), qui accompagne parfois cet emblème, prend tout son sens lorsqu’on se réfère au pouvoir sur le feu. On la retrouve sur énormément de plafonds et de murs du château de Chambord et de celui de Fontainebleau, et sur les armes de la ville du Havre et sur celles de Vitry-le-François, ainsi que sur le logo du département de Loir-et-Cher. Cet animal un peu magique est censé éteindre les mauvais feux et attiser les bons.

Article détaillé : Salamandre (créature fantastique).

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • La ville de Vitry-le-François conserve le souvenir de François Ier qui la fit rebâtir, d’où son nom[62].
  • Franciscopolis est le premier nom donné à l’actuelle ville du Havre, dont François Ier décida la construction.
  • Il y a, à Cognac, sa ville natale, une place François Ier avec une statue équestre à son effigie (il s'agit de la place centrale de la ville), ainsi qu'une rue François Ier qui borde le château Otard, château où il est né en 1494. Le grand parc au nord de Cognac porte également son nom.

Citations[modifier | modifier le code]

Le blason de François, Comte d’Angoulême.
Le blason de François Ier, roi de France. François retire les caractéristiques de la famille de Valois-Angoulême en haut du blason, lors de son couronnement.
  • « Souvent femme varie. Et bien fol qui s’y fie ».
  • « Parce que tel est notre bon plaisir. » apposée au bas des ordonnances[Note 14]
  • « Je voudrais bien voir la clause du testament d’Adam qui m’exclut du partage du monde. »
  • « Je peux faire un noble, je ne peux faire un grand artiste. »
  • « Tout est perdu, fors l’honneur. »[Note 15]
  • « Une cour sans femmes, c’est comme un jardin sans fleurs »[Note 16].
  • « Votre Majesté » : il reprend cette formule jusque-là utilisée pour les empereurs, formule utilisée par ses successeurs.
  • « Car tel est notre[Note 17] plaisir » : il termine ses lettres patentes, édits et ordonnances royales par ces mots. Cette expression lui est attribuée à tort[Note 18] car elle est utilisée par ses prédécesseurs[63].

Cinéma[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Dolet, Les Gestes du roi Françoys, Lyon, 1540.
  • Marichal, Paul (éd.), Catalogue des actes de François Ier, Paris, Imprimerie nationale, 1887-1908, 10 vol.
  • Tommaseo, Niccolo, Relations des ambassadeurs vénitiens sur les affaires de France au XVIe siècle, t.1, Paris, Impr. royale, 1838. pour "Portrait de François Ier".

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Biographies[modifier | modifier le code]

  • Brantôme, La Vie de François Ier, français modernisé, éditions Paleo, coll. Accès direct (ISBN 978-2-84909-598-0)
  • Michel Géoris, François Ier. Le Magnifique, Éditions France-Empire, 1998.
  • Jean Jacquart, François Ier, Paris, Fayard, 1981.
  • Robert-Jean Knecht, Un Prince de la Renaissance : François Ier et son royaume, Paris, Fayard, 1998.
  • Jack Lang, François Ier ou le rêve italien, Pocket, 1999.
  • Charles Terrasse, François Ier, le roi et son règne, 3 vol, Paris, 1943, 1970.

Monographies[modifier | modifier le code]

  • Roger Doucet, Étude sur le gouvernement de François Ier dans ses rapports avec le parlement de Paris, Paris, Champion, 1921-1926, II.
  • Pierre-Gilles Girault, François Ier, images d’un roi, de l’histoire à la légende (cat. expo. Château de Blois, 3 juin-10 septembre 2006), Paris, Somogy, 2006, 104 p.
  • Philippe Hamon, L'argent du roi. Les finances sous François Ier, Paris, Comité pour l'Histoire économique et financière de la France, Études générales, 1994
  • Anne-Marie Lecocq, François Ier imaginaire : symbolique et politique à l'aube de la Renaissance française, Paris, 1987
  • Cédric Michon (dir), Les Conseillers de François Ier, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2011

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. D’après Antoine Roullet (chargé de travaux dirigés à l’université de Paris-IV-Sorbonne) dans Historia mensuel, no 727 : « Son nom lui vient déjà d’Italie, en référence à François de Paul, ermite italien arrivé en France en 1482 » qui avait prophétisé à Louise de Savoie la naissance d'un fils qui monterait sur le trône.
  2. « Je nourris (le bon feu) et j'éteins le mauvais » ou « je me nourris du bon feu et j'éteins le mauvais ».
  3. Dans une exposition de peinture du début du XIXe siècle, on a vu un tableau de Gigoux, représentant Léonard de Vinci expirant dans les bras de François Ier, sujet déjà traité, en 1781, par François-Guillaume Ménageot. La tradition à laquelle le peintre a emprunté son sujet repose uniquement sur une épitaphe latine conçue en termes fort amphibologiques. Elle est, il est vrai, rapportée par Vasari, mais jamais vue sur aucun monument. Léonard de Vinci meurt au château de Cloux, à Amboise, le 2 mai 1519. Or, à cette époque, la Cour est à Saint-Germain-en-Laye, où la reine accouche du roi Henri II de France le 31 mars, et les ordonnances royales données le 1er mai sont datées de cet endroit. De plus, le journal de François Ier ne signale aucun voyage du roi jusqu’au mois de juillet. Enfin, l’élève de Léonard de Vinci, Francesco Melzi, auquel il lègue ses livres et ses pinceaux, et qui est dépositaire de son testament, écrit au frère du grand peintre une lettre où il raconte la mort de son maître. Pas un mot ne fait allusion à la circonstance mentionnée plus haut, qui, si elle eût été vraie, n’aurait certainement pas été oubliée. Source :
  4. La Navarre avait été envahie en 1512 par Ferdinand le Catholique avec la complicité du pape Jules II, qui avait excommunié la famille régnante au motif qu’elle entretenait des liens coupables avec le protestantisme qui se répandait au sud de la France. La Haute-Navarre ne sera pas restituée, mais intégrée au royaume de Castille
  5. Le pape Clément VII le sacrera pour sa part le 2 mars 1530 à Bologne, une fois apaisés ses différends avec Charles Quint
  6. >Jusqu’au commencement du XIXe siècle, on a imprimé et réimprimé que François Ier, après la bataille de Pavie, écrivit immédiatement à sa mère cette seule phrase : Tout est perdu, fors l’honneur et l’on ne manquait pas de se récrier sur la simplicité et sur l’énergie de cet apophtegme à la laconienne, comme le dit le docteur Pancrace. On montre longtemps à la Chartreuse de Pavie, la table sur laquelle François Ier aurait écrit ce billet. Il est juste de dire que cette table est d’époque. Par malheur pour la mémoire du « roi chevalier », on a retrouvé, dans les registres manuscrits du Parlement, le texte de la lettre adressée par ce prince à Louise d’Angoulême. La voici telle qu’elle est rédigée : Pour vous advertir comment se porte le ressort de mon infortune, de toutes choses ne m’est demouré que l’honneur et la vie, qui est sauve ; et pour ce que, en nostre adversité, cette nouvelle vous peu de resconfort, j’ay prié qu’on me laissât vous escripre ces lettres, ce qu’on m’agréablement accordé. Vous suppliant de volloir prendre l’extremité de vous meismes, en usant de vostre accoustumée prudence ; car j’ay espoir en la fin que Dieu ne m’abandonnera point ; vous recommandant vos petits-enfans et les miens, vous suppliant de faire donner seur passage et le retour pour l’aller et le retour en Espaigne et à ce porteur, qui va vers l’empereur, pour savoir comme il faudra que je sois traicté. Et sur ce très humblement me recommande à vostre bonne grâce. Registres manuscrits du Parlement, 10 novembre 1525
  7. La répression déclenchée par François Ier commence bien avant l’affaire des Placards. Depuis le mois d’août jusqu’au 15 septembre 1534, soit deux mois avant cette affaire, le Roi diligente une commission afin de poursuivre les réformés sous la conduite de Bonaventure Thomassin, conseiller au parlement de Paris depuis 1521 et qui sera nommé en 1534, président du Parlement de Grenoble. L’action de cette commission créée par des lettres patentes du roi données à Arles le 19 septembre 1533, plus d’un an avant l’exécution, aboutira à plusieurs condamnations à mort et à diverses autres peines. Le registre criminel du Parlement de Paris (cote 72) est malheureusement incomplet les vingt dernières feuilles ayant été arrachées (probablement à cause de l’implication de certains familiers de la Reine de Navarre, son aumônier Caroli et Michel d’Arande devenu précepteur du fils cadet du roi) ; le registre original a disparu, subsiste les extraits ; les lettres patentes ne sont mentionnées nulle part ailleurs. Cette commission fut envoyée et procéda à Alençon, fief de la « bonne sœur du Roi », de sa « mignonne », duchesse d’Alençon par son premier mariage. François Ier usurpe ainsi le pouvoir de la justice locale qu’il trouve trop molle à son goût. Références disponible via Gallica [1] :
    • Extraits inédits des registres du Parlement de Paris dans Bulletin de la Société de l’histoire du protestantisme français 1859 (An 8) p. 62 et s.
    • ibidem dans Bulletin historique et littéraire de la Société de l’histoire du protestantisme français 1884 t33 (An 3) p. 162 et s.
    • B. Robert, La réforme à Alençon dans le Bulletin de la Société d’histoire du protestantisme français 1934 (An 83) p. 92 et s.
  8. provoquant des émeutes, notamment à la Rochelle en 1542.
  9. François Ier se félicite des conséquences de cette nouvelle institution : « Sans l'ordre établi par un nouveau système, il nous eut fallu ordonner une crue de la taille ou, au moins, charger nos officiers et nos sujets d'emprunts généraux et particuliers, retranchement de gages et pensions et autres sacrifices non moins pénibles. » (cité dans Système financier de l'ancienne monarchie par Léon Bouchard (1891)
  10. Les transis de François Ier et de sa femme sur les sarcophages dans la chambre funéraire reposent sur une estrade (ornée d'une frise en relief représentant la bataille de Marignan et de Cérisoles) et sous une voûte sculptée soutenue par 16 colonnes cannelées et rudentées au tiers d'ordre ionique. La voûte est ornée notamment de génies funéraires éteignant les torches de la vie, de l'allégorie du Christ ressuscité et des quatre prophètes de l'Apocalypse, Isaïe, Jérémie, Ezechiel et Daniel. L'entablement de marbre noir est recouvert d'une plate-forme en marbre gris sur laquelle figurent cinq priants, le roi et la reine devant un prie-dieu et leurs enfants Charlotte, François et Charles.
  11. Brantôme donne une explication des traits de caractères du roi : Le grand roy François, ce nom lui fut donné, non tant pour la grandeur de sa taille et corpulence, qui estoit très belle, et majesté royale très riche, comme pour la grandeur de ses vertus, valeurs, beaux faicts et hauts merites, ainsi que jadis fut donné à Alexandre, à Pompey et à d’autres
  12. À noter que Marino Cavalli était un fervent admirateur de François Ier : « Et si le roi de France n’avait pas rencontré dans sa route un prince aussi puissant (…) que l’est Charles Quint (…) la dignité impériale appartiendrait derechef a la France. »
  13. La légende raconte que le monarque et Anne de Pisseleu se rencontraient à Blois, au pied d'un orme qui a donné son nom à un lieu de cette charmante ville des Yvelines : "l'Orme à la Blonde"
  14. On lui prête cette formule qu’il redira à maintes reprise durant son règne, mais on sait désormais qu’il n'est pas le premier à l'avoir exprimée : en effet, l’expression trouve son origine dans le droit romain : quod principi placuit legis habet vigorems = « ce qui plaît au prince a force de loi ». Là ou François Ier innove, c’est qu’il le rédige en français et d’une manière plus familière. Le roi s’exprime à la première personne du pluriel, ce qui est l’usage depuis les débuts de la royauté.
  15. d’après la phrase originale « Madame, pour vous avertir comme se porte le reste de mon infortune, de toute chose ne m’est demeuré que l’honneur et la vie qui m’est sauve. » à sa mère Louise de Savoie, après la défaite de la bataille de Pavie (fors signifiant sauf, en dehors, extra)
  16. d’après Nicolas Le Roux, maître de conférences à Paris IV-Sorbonne dans son article "La cour devient le théâtre de sa majesté"
  17. Comprendre : « Car telle est ma volonté ». Cette formulation a été transformée au XIXe siècle en « Car tel est mon bon plaisir » pour condamner l'absolutisme, l'ancien régime étant qualifié par les républicains de « régime du bon plaisir » mais Napoléon, Louis XVIII et Charles IX se réattribuent la formule.
  18. Charles VI signe une ordonnance du 10 août 1381 par la formule « Car ainsi nous plaît-il être fait », Louis XI en 1461 par « Car ainsi le voulons et nous plaît-il être fait » et en 1464 par « Car tel est notre vouloir et franche volonté ». En 1472, la formule « Car tel est notre plaisir » est fixée.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Quid 2005 – François Ier
  2. Michelet, Renaissance et Réforme
  3. Vincent Hazemann, Louise de Savoie, mère de François Ier, L'Harmattan,‎ 2013, p. 72
  4. Jean Thenaud, Le triomphe des vertus, Librairie Droz,‎ 2007, p. 417
  5. Georges Bordonove, François Ier. Le Roi-Chevalier, Éditions Pygmalion,‎ 2006, p. 23
  6. René Guerdan, François Ier. Le roi de la Renaissance, Éditions J'ai lu,‎ 1988, p. 46
  7. Clarisse Coignet, Fin de la vieille France: François Ier, portraits et récits du seizième siècle, Plon,‎ 1885, p. 57
  8. journal de Louise de Savoie
  9. Auguste Bailly, François Ier: restaurateur des lettres et des arts, Livre club du librairie,‎ 1961, p. 5
  10. René Guerdan, op. cité, p. 59
  11. Auguste Bailly, op. cité, p. 9
  12. Guy de Tervarent, Attributs et symboles dans l'art profane, Librairie Droz,‎ 1997, p. 388
  13. Pierre Gringore, Les entrées royales à Paris de Marie d'Angleterre (1514) et Claude de France (1517), Librairie Droz,‎ 2005, p. 28
  14. Georges Bordonove, Les Rois qui ont fait la France, tome 4, p. 65 : « Et lui, percevant cette montée d'amour, saluait, souriait, jetait à poignée les piécettes »
  15. a et b Sébastien Nadot, Rompez les lances ! Chevaliers et tournois au Moyen Âge, éd. Autrement, Paris, 2010.
  16. A.M. Lecoq, François Ier imaginaire : symbolique et politique à l'aube de la Renaissance française, Paris, 1987, p. 229-231 et 426-427
  17. Dictionnaire Larousse de la Peinture ; Fontainebleau (école de).
  18. Jean-Michel Leniaud, Les archipels du passé. Le patrimoine et son histoire, Fayard,‎ 2002, p. 67
  19. « François Ier, mécène royal », Historia,‎ mai 2007 (lire en ligne)
  20. a et b Claude Dufresne, Historia, no 107.
  21. Michel Géoris, op. cité, p. 49
  22. L. Roersch: « Barthélemy Latomus, le premier professeur d'éloquence latine au Collège Royal de France ». in : Bulletins de l'Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique 3e s., 14, 1887, p. 132-76.
  23. Il existe à la Bibliothèque nationale de France un manuscrit des poésies de François Ier, provenant de la succession Chatre-Imbert de Cangé. On y remarque une lettre en prose et en vers que ce prince adressa de sa prison à l’une de ses maîtresses, une églogue intitulée Admetus, et un très grand nombre de petites pièces. Nous en extrayons quelques-unes :
    « 

    Le mal d’amour est plus grand que ne pense
    Celui qui l’a seulement ouï dire ;
    Ce qui nous semble ailleurs légère offense,
    Et amitié se répute martyre.
    Chacun se plaint, et gémit, et soupire.
    Mais s’il survient une seule heure d’aise,
    La douleur cesse, et le tourment s’apaise.

    Elle jura par ses yeux et mes yeux
    Ayant pitié de ma longue entreprise.
    Que mes malheurs se tourneraient en biens,
    Et pour cela me fut heure promise.
    Je crois que Dieu les femmes favorise,
    Car de quatre yeux qui furent parjures,
    Rouges les miens devinrent sans feintise,
    Les siens en sont plus beaux et azurés.

     »

    Les vers qu’il fit sur Agnès Sorel sont plus connus. Le manuscrit dont nous avons parlé, les reproduit ainsi avec quelques variantes :

    « 

    Ici dessoubz des belles git l’eslite,
    Car de louanges sa beauté plus mérite,
    Estant cause de France recouvrer,
    Que tout cela que en cloître put ouvrer
    Clause nonnain, ou en désert hermite.

     »

    Source :

  24. Historia, no 107, p. 56
  25. Historia no 101, p. 64
  26. Robert-Jean Knecht, Un Prince de la Renaissance : François Ier et son royaume, Paris, Fayard, 1998, p. 75 et 77.
  27. Avec Charles, le jeune souverain des Pays-Bas et duc de Bourgogne, le traité de Paris (24 mars 1515), avec Henri VIII d'Angleterre, le traité de Londres (5 avril 1515). Robert-Jean Knecht, Un Prince de la Renaissance : François Ier et son royaume, Paris, Fayard, 1998, p. 77-78.
  28. .Louis XII avait dû reculer face aux attaques de la Sainte Ligue. Peu de temps avant le règne de François Ier, deux des éléments essentiels de cette ligue reviennent à de meilleurs sentiments envers le royaume de France : Henri VIII signe en 1514 le traité de paix et d’alliance de Tournai et le pape Léon X, élu en 1513, envisage des relations avec la France moins tumultueuses que celles de son prédécesseur Jules II. Le traité de Dijon n’ayant jamais été ratifié par Louis XII, François Ier ne s’estime pas tenu par les clauses prévoyant la renonciation des droits de sa famille sur le duché de Milan et passe une alliance avec la république de Venise. Du côté du Saint-Empire romain germanique, le futur Charles Quint est alors seigneur des Pays-Bas bourguignons et l’empereur Maximilien Ier est concentré sur sa diplomatie vers l’est (Bohême, Hongrie, Pologne et Lituanie)
  29. Wim Blockmans, « La position du comté de Flandre dans le royaume à la fin du XVe siècle », in La France du XVe siècle, renouveau et apogée, Paris, CNRS, 1985, p. 73 : « Il est clair qu'en 1477 Louis XI ne se soucia pas de la légitimité de ses actes, mais il ne se fia qu'aux rapports de force, son but étant le démantèlement complet de l'État bourguignon. »
  30. Voir par ex. Bertrand Schnerb, « La plus grande héritière du monde », dans Bruges à Beaune. Marie, l'héritage de Bourgogne, Paris, 2000, p. 21-37, ici 23.
  31. Dans le tome X de son Histoire de France, le père Daniel rapporte une lettre curieuse qu’il transcrit de l’original, écrite par François Ier à sa mère, lorsque les Impériaux lèvent le siège de Mézières. Le « Père des Lettres », comme on peut le voir, traite assez cavalièrement l’orthographe. Madame, tout asetheure (à cette heure), ynsy que je me vouoys mettre o lyt, est aryve Laval, leque m’a aporté la serteneté (la certitude) deu lèvement du siège de Mésyères. Je croy que nos anemys sont en grant pène, vu la honteuse retrète qu’yl ont fet: pour tout le jour de demayn, je soré le chemin qu’ys prandront. Et selon sela, il nous fodra gouverner. Et s’yl on joué le pasyon, nous jourons la vanganse. Vous suplyant vouloyr mander partout pour fère remercier Dieu : car sans poynt de foie, il a montré se coup qu’yl est bon François. Et fesant fyn à ma lettre, remettant le tout seur le porteur, pry à Dieu qu’il vous doynt très bonne vye et longue. Vostre très-humble et très-obéyant fyls. François.
  32. a et b Charles de Bourbon avait épousé sa cousine Suzanne de Bourbon, fille d’Anne de Beaujeu. Il se trouve donc à la tête d’un des plus vastes ensembles de territoires non encore réunis à la couronne. Suzanne meurt en 1521, sans héritier. Les biens en apanage (Auvergne, Montpensier, Clermont-en-Beauvaisis) reviennent à la couronne et Louise de Savoie, cousine de Suzanne et petite-fille du duc Charles Ier de Bourbon, revendique le Bourbonnais et Chatellerault. De procès en confiscation puis en ordres d’arrestation, le connétable finit par s’enfuir, rejoint l’empereur et meurt à Rome sans récupérer ses fiefs qui sont définitivement rattachés à la couronne.
  33. Jean Rey, Histoire de la captivité de François Ier, Chez Techener,‎ 1837, 356 p.
  34. Le premier était Saint Louis à la Bataille de Mansourah, puis sont Jean le Bon à la bataille de Poitiers (1356), et Napoléon III à la bataille de Sedan
  35. Histoire de la ville et des évêques de Béziers, E. Sabatier, 1854.
  36. Pierre-Gilles Girault, François Ier, images d'un roi. De l'histoire à la légende, Somogy,‎ 2006, p. 15
  37. Historia no 700, p. 24-28
  38. qui deviendra l’actuel lycée Saint-Benoît
  39. Marcel Trudel, Histoire de la Nouvelle-France, I - Les vaines tentatives, 1524-1603, Montréal, Fides, 1963, p. 34-38 et 67
  40. Marcel Trudel, op. cit., p. 133-134
  41. Histoire du monde de 1492 à 1789, Larousse, p. 57.
  42. « Y a-t-il un état de la Renaissance », FR, Université Paris I.
  43. Charles du Moulin, Commentaire de la coutume de Paris,‎ 1539.
  44. Monique Chatenet et Pierre-Gilles Girault, Fastes de cour. Les enjeux d’un voyage princier à Blois en 1501, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2010, 175 pages.
  45. d’après l’article d’Historia de Liliane Crété, Historienne du protestantisme et auteur de Coligny (Fayard, 1995). Ce trait de caractère de François Ier est confirmé par Robert Knecht, professeur en histoire de France à l’université de Birmingham qui écrit : « En tant que roi "très chrétien", qui a juré le jour de son sacre de défendre l’église et de chasser toute hérésie de son royaume, il ne peut pas agir autrement. Mais est-il aussi pieux que sa sœur ? Aucune certitude à ce sujet mais tous les indices montrent que le roi se comporte en bon catholique ».
  46. Patrice Gueniffey, Les derniers jours des rois, Librairie Académique Perrin,‎ 2014, p. 87
  47. Jacques Delbauwe, De quoi sont-ils vraiment morts ?, Editions Flammarion,‎ 2013, p. 121
  48. Patrice Gueniffey, op. cité, p. 89
  49. Catherine Grodecki, Les travaux de Philibert Delorme pour Henri II et son entourage, J. Laget,‎ 2000, p. 102
  50. Alain Erlande-Brandenburg, Jean-Michel Leniaud, Xavier Dectot, Etudes d'histoire de l'art, Librairie Droz,‎ 2001, p. 132
  51. Quid 2005, p. 750.
  52. « Armure aux lions » attribuée à François Ier (1494-1547) - Musée de l'Armée
  53. Robert Knecht, article "Un souverain en toute intimité". Historia no 101.
  54. Niccolo Tommaseo, Relations des ambassadeurs vénitiens sur les affaires de France au XVIe siècle, t.1, Paris, Impr. royale, 1838
  55. Francis Hackett, Francois Ier, Payot, 1984, p. 510.
  56. René Guerdan, François Ier, p. 53.
  57. Ils sont venus à Mont-de-Marsan, Office de Tourisme
  58. Généalogie complète des rois de France, Jean-Charles Volkmann, p. 40
  59. Marie Holban : De la guivre des Visconti à la salamandre de François Ier. Extrait de la revue Archilevor, III, Bucarest.
  60. J.J. Boucher, Chambord, Fernand Lanore,‎ 1980, p. 75-76
  61. Encyclopaedia universalis, Volume 20, 1975, p. 1713
  62. Site de Vitry-le-François
  63. Jean-Paul Roig, Citations historiques expliquées. Des origines à nos jours, Éditions Eyrolles,‎ 2011 (lire en ligne), p. 63