Claude de France (1499-1524)

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Claude de France
Portrait de Claude de France réalisé trente ans après sa mort dans le Livre d'heures de Catherine de Médicis[1].
Portrait de Claude de France réalisé trente ans après sa mort dans le Livre d'heures de Catherine de Médicis[1].
Titre
Duchesse de Bretagne
9 janvier 151420 juillet 1524
(10 ans, 6 mois et 11 jours)
Prédécesseur Anne
Successeur François III
Reine consort de France
1er janvier 151520 juillet 1524
Monarque François Ier
Prédécesseur Marie d'Angleterre
Successeur Éléonore de Habsbourg
Biographie
Dynastie Maison de Valois-Orléans
Date de naissance 13 octobre 1499
Lieu de naissance Romorantin (France)
Date de décès 20 juillet 1524 (à 24 ans)
Lieu de décès Blois
Père Louis XII de France
Mère Anne de Bretagne
Conjoint François Ier de France
Enfant(s) Louise de France
Charlotte
François III Red crown.png
Henri II Red crown.png
Madeleine de France
Charles de France
Marguerite de France

Claude de France (1499-1524)
Ducs de Bretagne

Claude de France (Romorantin, 13 octobre 1499 - Blois, 20 juillet 1524), duchesse de Bretagne (1514) devint aussi reine consort de France (1515), en épousant François Ier, roi de France.

Elle est la fille du roi Louis XII de France et d'Anne de Bretagne. Elle meurt à 24 ans après avoir mis au monde sept enfants[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Claude naît le 13 octobre 1499 à Romorantin[3]. Elle est duchesse de Bretagne en 1514, reine de France en 1515, comtesse de Soissons, de Blois, de Coucy, d'Étampes, de Montfort, et duchesse de Milan.

Fille du roi Louis XII et de la duchesse Anne de Bretagne, elle reçoit son prénom en hommage à saint Claude que sa mère avait invoqué lors d'un pèlerinage afin qu'elle puisse donner le jour à un enfant viable. En effet, des quatorze enfants que celle-ci a eus, seuls deux lui survécurent.

Cependant, si elle peut succéder à sa mère sur le trône de Bretagne, elle ne peut comme fille succéder à son père sur le trône de France du fait de la loi salique.

Un argument diplomatique[modifier | modifier le code]

Héritière du duché de Bretagne, elle est fiancée au duc Charles de Luxembourg (le futur Charles Quint) petit-fils de l'empereur Maximilien (lui-même premier mari - par procuration - d'Anne de Bretagne). Ce sont sa propre mère, Anne de Bretagne, et le cardinal d'Amboise, qui promeuvent cette solution. Amboise cherche essentiellement à faire pièce au maréchal de Gié qui soutient au contraire le mariage de la jeune princesse avec le duc de Valois, tandis que la reine veut ménager la survie de ses États[4] et éviter que la Bretagne ne tombe entre les mains du jeune duc de Valois qu'elle détestait franchement. Louis XII s'y résout parce qu'il a besoin de l'alliance impériale dans la guerre qu'il mène en Italie et notamment pour recevoir l'investiture du duché de Milan[5].

Ce contrat de mariage est signé le 10 août 1501 à Lyon par François de Busleyden, archevêque de Besançon, Guillaume de Croÿ, Nicolas de Rutter et Pierre Lesseman, les ambassadeurs de Philippe le Beau, roi de Castille, archiduc d'Autriche et duc de Bourgogne, père du jeune duc de Luxembourg. Ces fiançailles auraient fait passer la Bretagne à la mort d'Anne dans les mains de ce prince, déjà appelé à hériter des Espagnes, de l'Autriche et des états bourguignons. En outre, les trois traités de Blois, précisant en 1504 le dispositif, donnaient à Claude une dot somptueuse en cas de défaut d'héritier mâle pour Louis XII : la Bretagne, déjà mentionnée, mais aussi les duchés de Milan et de Bourgogne, les comtés de Blois et d'Asti ainsi que le territoire de la république de Gênes, alors occupée par la France[6]. En un mot, toutes les causes de la rivalité à venir entre Charles-Quint et François Ier auraient été tranchées avant même l'avènement de ces deux princes.

En 1505, Louis XII, très malade, craignant pour sa vie et ne souhaitant pas obérer le règne de son seul héritier, fait annuler ces fiançailles par les États généraux de Tours, au profit du jeune duc de Valois, le futur François Ier. Il est vrai que Louise de Savoie avait arraché au roi la promesse secrète que Claude serait mariée à son propre fils[7]. Anne de Bretagne, furieuse de voir Gié triompher, déploya toute son influence pour obtenir sa condamnation en lèse-majesté devant le parlement de Paris[8].

Reine consort de France[modifier | modifier le code]

Claude épouse donc le 18 mai 1514 son cousin le comte d'Angoulême, le futur roi François Ier, lui assurant la Bretagne au moins, au cas où Louis XII et sa nouvelle reine, Marie d'Angleterre auraient conçu un dauphin. La duchesse Claude ne gouverna jamais la Bretagne et en céda l'usufruit à son mari, puis à titre perpétuel[réf. nécessaire] en 1515. Au contraire de sa sœur cadette Renée, elle semble ne s'être jamais intéressée à son héritage maternel et n'avoir montré aucune disposition à la politique, tandis qu'elle préférait se dévouer à la religion, sous l'influence, d'après certaines sources, de Cristoforo Numai, qui avait été le confesseur de Louise de Savoie, mère de François Ier... Gabriel Miron sera Chancelier de la Reine Claude et premier médecin; il écrivit un livre intitulé : de Regimine infantium tractatus tres[9],[10].

Son fils aîné, le dauphin François, lui succéda sur le trône de Bretagne sous le nom de François III, son père le roi conservant l'usufruit du duché.

À propos de la reine Claude de France, Brantôme a écrit :

« Il faut parler de madame Claude de France, qui fust très bonne et très charitable, et fort douce à tout le monde, et ne fist jamais desplaisir ny mal à aucun de sa court ny de son royaume. Elle fust aussy fort aymée du roy Louys, et de la royne Anne, ses pere & mere, et estoit leur bonne fille et la bien-aymée, comme ilz luy monstrarent bien; car amprès que le roy fust paisible duc de Milan, ilz la firent déclarer et proclamer en sa court de parlement de Paris, à huys ouverts, duchesse des deux plus belles duchez de la chrestienté, qui estoient Milan et Bretaigne, l’une venant du pere et l’autre de la mere. Quelle heritiere! s’il vous plaist. Ces deux duchez joinctes ensemble eussent bien faict un beau royaume[11] »

Apparence[modifier | modifier le code]

Autant François était grand et athlétique, autant Claude était petite. Ses maternités successives la faisaient paraître continuellement bien en chair aux dires de la Cour, qui en faisait un sujet de moquerie. Les ambassadeurs étrangers notent sa « forte corpulence », sa claudication, le strabisme de son œil gauche, sa très petite taille, sa laideur et son effacement, pour ne souligner que ses qualités de cœur[12]. Elle fut peu aimée à la cour après la mort de ses parents. Brantôme témoignera :

« que le roy son mary luy donna la vérolle, qui lui advança ses jours. Et madame la régente (Louise de Savoie) la rudoyait fort […] . »

Le roi lui imposera l'omniprésence de sa maîtresse, Françoise de Foix.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Enfants[modifier | modifier le code]

Décès[modifier | modifier le code]

Tombeau de François Ier et de Claude de France dans la Basilique de Saint-Denis.

La reine Claude meurt en couches. Elle n'est plus que l'ombre d'elle-même, épuisée par ses grossesses successives, dont la première a été portée alors qu'elle n'a pas quinze ans, et affaiblie par une tuberculose osseuse (comme sa mère) et par la syphilis que lui a donnée son mari[13].

Postérité[modifier | modifier le code]

On a suggéré qu'elle était peut-être représentée sur la fameuse tapisserie de La Dame à la licorne[14].

La variété de prunes appelée Reine-Claude lui doit son nom.

Le livre de prières de Claude de France est un joyau d'enluminure manuscrit, de 49 sur 69 mm, qu'elle fit réaliser vers 1517, année de son couronnement. Le livre est un enchaînement continu de 132 riches illustrations des passages de la Bible et de la vie des saints. Toutes les pages sont encadrées par la Cordelière, à la mémoire de sa mère. Son blason apparaît sur trois folios différents. Ce manuscrit ainsi qu'un livre d'heures ont été enluminés par un artiste qui a reçu le nom de convention de Maître de Claude de France. Il a été remis à la Pierpont Morgan Library à New York en 2008 par Madame Alexandre Rosenberg Paul à la mémoire de son époux[15].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claude de France entourée de ses quatre filles, Louise et Charlotte au premier plan, Marguerite et Madeleine au deuxième plan, avec Éléonore de Habsbourg au dernier plan.
  2. Voir sur univ-lyon2.fr.
  3. Site de Romorantin.
  4. Joël Blanchard, Philippe de Commynes, Paris, Fayard, 2006, pp. 299-300.
  5. Jean Pierre Bois,La Paix, histoire politique et militaire, Paris, Perrin, 2012, p. 87-89.
  6. Yves Bottineau, Georges Ier d'Amboise (1460-1510): un prélat normand de la Renaissance, Rouen, PTC, p. 67-68.
  7. Philippe Tourault, Anne de Bretagne, Perrin, Paris, 1990, p. 255 : une déclaration datée du 30 avril 1501 à Lyon, et non publiée, déclarait nulle toute union de Claude de France avec un autre prince que le futur François Ier.
  8. Joël Blanchard, Philippe de Commynes, Paris, Fayard, 2006, p. 299.
  9. ,
  10. WICKERSHEIMER (Ernest, JACQUART (Danielle) Dictionnaire biographique des médecins en France au Moyen Âge (1979), t. 1) p. 161-162.
  11. Saisie empruntée au Corpus historique étampois.
  12. Michel Géoris, François Ier. Le Magnifique, Éditions France-Empire,‎ 1998, p. 20
  13. Francis Hackett, Francois Ier, Payot, 1984, p. 510.
  14. La thèse de M. André Arnaud, exposée dans la Revue de l'Art n° 209 d’octobre 1981, numéro spécial Magie de la tapisserie, soutient que la mystérieuse Dame de La Dame à la licorne du musée de Cluny serait Mary Tudor, troisième épouse de Louis XII et sœur d’Henry VIII, qui fut reine de France d’août à décembre 1514. Les tapisseries de La Dame à la licorne auraient été tissées pour Antoine Le Viste, peut-être à Bruxelles, Tournai ou Bruges. Elles pourraient être l’œuvre du peintre Jean Perréal, dit Jehan de Paris. La Suivante serait Claude de France, épouse de François 1er. Les six tapisseries actuellement visibles au Musée du Moyen Âge et des Thermes de Cluny à Paris, rescapées d’une série de huit tapisseries, raconteraient divers épisodes de la vie de Mary en France. Cette interprétation est développée et à discuter sur le site La Chasse à la licorne et La Dame à la licorne : deux œuvres de Jean Perréal ?
  15. Voir sur themorgan.org.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]