Thibert Ier

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Thibert Ier
Solidus frappé après 540 à Bonn. British Museum.
Solidus frappé après 540 à Bonn. British Museum.
Titre
4ème Roi des Francs de Metz
534548 (14 ans)
Prédécesseur Thierry Ier
Successeur Thibaut
Co-roi de Burgondie
534548
En tandem avec Clotaire Ier
Childebert Ier
Prédécesseur Godomar III
Successeur Thibaut
Biographie
Dynastie Mérovingiens
Date de naissance Vers 500
Date de décès 548 (à 48 ans)
Père Thierry Ier
Conjoint Deoteria
Wisigardis
X
Enfant(s) Thibaut
Berthora

Thibert Ier ou Théodebert Ier (Thiodoberkht[1], Brillant dans le peuple[2]), né vers 500 et mort en 548. Il est le roi des Francs régnant sur la partie orientale du royaume (future Austrasie). Sa capitale est Trèves.

Thibert est l'un des plus prestigieux des rois mérovingiens[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Bataille entre Francs et Danois en 515, Jean Fouquet, Grandes Chroniques de France, Paris, Bnf.

Origines et premières années[modifier | modifier le code]

Thibert Ier est le fils de Thierry Ier roi des Francs à Metz.

Vers 515, il défait l'armée du roi des Danois Chlochilaïc qui pille le nord du pays de son père[4]. Plus tard, en 533 il mène une campagne contre les Wisigoths en Septimanie. Il prend Rodez, Lodève, une partie du Biterrois, puis avance vers le Rhône, prend Uzès et assiège Arles[5].

Le roi[modifier | modifier le code]

Il devient roi de Metz en 534 à la mort de son père et doit interrompre rapidement le siège d'Arles pour faire prévaloir ses droits[6]. Ses oncles Childebert Ier et Clotaire Ier tentent de se partager son royaume, mais les grands s’y opposent et soutiennent Thibert, qui est finalement adopté par Childebert. Le deux hommes partent alors en guerre contre Clotaire, qui se réfugie dans une forêt. Tandis qu'il est assiégé, une tempête de grêle ravage le camp de ses ennemis, qui effrayés abandonnent le siège et concluent la paix[7].

Associé à son oncle Childebert Ier Thibert achève la conquête du royaume des Burgondes en 534.

En 536 les Ostrogoths, en conflit en Italie contre les Byzantins et dans l'incapacité de défendre la Provence, doivent la céder aux Francs qui essayent depuis de nombreuses années d'accéder à la mer. Au cours de l'hiver 536/537, Thibert et son oncle Childebert venu prendre possession de leur nouvelle acquisition, président à Arles des jeux à l'antique et y font frapper des monnaies à leurs effigies.

En vertu du traité passé avec Vitigès, Thibert envoie aux Ostrogoths une armée de 10 000 Burgondes. Mais au printemps 539 il entre en Italie avec une armée de 100 000 hommes, et attaque tour à tour les Goths et les Byzantins[8]. Vitigès étant assiégé dans Ravenne, il s’empare de la plus grande partie de la Vénétie et de la Ligurie. Il doit se retirer devant la maladie qui décime ses troupes, mais laisse un duc en Vénétie qu’il fera plus tard reconnaître par Totila[9]. À Bologne, il ose faire frapper une monnaie d'or à son effigie, prérogative exclusivement impériale[10] que même les rois ostrogoths n'osaient généralement pas usurper.

Il est tué par un bison lors d'une partie de chasse en 548[11]. Il laisse son royaume à son fils Thibaut qu'il avait eu de Deoteria.

Mariages et enfants[modifier | modifier le code]

Il épouse en premières noces vers 532-533 Deoteria[4], une gallo-romaine de Cabrières, près de Béziers[12]. Celle-ci donne naissance à :

Ayant répudié Deoteria, il prend ensuite comme épouse une princesse lombarde, Wisigardis, fille du roi Waccho[4]. Les fiançailles avaient eu lieu en 533, mais Thibert avait entretemps épousé Deoteria, et il n'épousa Wisigardis vers 540. Elle serait mère de[12],[13] :

  • Berthoara, qui n'est citée que par le poète Fortunat qui la dit encore vivante en 566. Il est possible, mais sans certitude, qu'elle soit identique à la princesse franque dont Procope dit qu'elle fut demandée en mariage par le roi ostrogoth Totila vers 547-550, mais ce projet n'aboutit pas à une noces[12].

Grégoire de Tours parle ensuite d'un veuvage rapide et d'un troisième mariage, mais il ne donne pas le nom de cette épouse[4],[12].

Monnayage[modifier | modifier le code]

Cuivre sous Thibert Ier

En 1887, l’historien et numismate Maximin Deloche étudie l’ensemble des monnaies de Thibert Ier. Il pense qu’elles sont issues d’un unique atelier et sont l’œuvre d’un seul monétaire. Il conclut qu’elles ont « un cachet tout romain. Il y en a même dont le style italien très accentué a été depuis longtemps signalé ». Elles seraient selon lui « l'œuvre d'un d'artisans italiens », que le roi « amena avec lui au retour de sa campagne victorieuse dans la péninsule et qu'il installa sans doute à Metz, résidence habituelle et centre d'action des souverains d'Austrasie »[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Roger-Xavier Lanteri, Brunehilde : la première reine de France, Perrin, Paris, 1995, page 24 :

    « Deux ou trois décennies avant ce mariage, le roi Thibert Ier [Thiodoberkht, Brillant dans le peuple], cousin et prédécesseur de Sighebert sur le trône de l'Est (534-548), avait dessiné, avec orgueil, dans une lettre à l'empereur de Byzance, les lisières de son royaume, et il avait énuméré les peuples qu'il avait « avec l'aide de Dieu » colonisés et soumis. Parmi les vaincus, le roi citait « les Gots qui habitaient la France », Wesigotis incolomes Franciae que le savant allemand Bruno Krusch a corrigé en Wisigotis qui incolebant... Cette lettre avait été écrite entre 534 et 539 [...]. »

  2. Roger-Xavier Lanteri, Brunehilde : la première reine de France, Perrin, Paris, 1995, page 345 :

    « « Peuple » s'écrivait « thiuda » en gotique et « thiod(a) » en vieux haut allemand. Il dérivera en « deutsch ». L'accent tonique était si fort que les Français n'ont retenu de Thiodoberkht que Thibert de Thiodorîkh que Thierry mais les scribes écrivent au VIe siècle. Teudoberctus et Theudoricus et le premier élément signifiant « peuple » sera confondu avec le grec theos, « dieu », d'où la forme Théodoric et Théodebert sur le calque fautif de Théodore. Nous les nommerons Thibert et Thierry. »

  3. Pierre Riché et Patrick Périn, Dictionnaire des Francs. Les temps mérovingiens, Christian de Bartillat, 1999, page 318.
  4. a, b, c, d et e Grégoire de Tours, Histoires, Livre 3.
  5. Claude de Vic, Joseph Vaisslete, Alexandre Du Mlege, Histoire générale de Languedoc, Volume 1, Paya,‎ 1840 (lire en ligne)
  6. Grégoire de Tours - Histoire des Francs
  7. Ferdinand Lot, Naissance de la France, Librairie Arthème Fayard,‎ 1948, 864 p. (lire en ligne)
  8. Henri Martin, Histoire de France, Volume 2, Furne,‎ 1858
  9. Henri Pirenne, Mahomet et Charlemagne, Paris, Presses Universitaires de France,‎ 1937 (lire en ligne)
  10. E. Cartier, L. de la Saussave, Revue numismatique, Volume 17, Blois, Dezair,‎ 1852 (lire en ligne)
  11. Agathias, Histoires, Livre I, chapitre 5 in Agathias - Histoires, Introduction, traduction et notes par Pierre Maraval, ed. Les Belles Lettres, ISBN 978-2-251-33950-4
  12. a, b, c, d et e Christian Settipani, La Préhistoire des Capétiens (Nouvelle histoire généalogique de l'auguste maison de France, vol. 1), éd. Patrick van Kerrebrouck,‎ 1993 (ISBN 2-9501509-3-4), p. 3-64
  13. Il n'y a pas de certitudes sur l'identité de la mère de Berthoara, certains auteurs la donnent également comme fille de Deoteria.
  14. Deloche Maximin, Du régime monétaire dans l'Austrasie primitive sous le règne de Théodebert Ier (partie 2) In Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 31e année, numéro 3, 1887. p. 334-335.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Grégoire de Tours (trad. Robert Latouche), Histoire des Francs, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Les Classiques de l'histoire de France au Moyen Âge »,‎ 1995 (ISBN 978-2-251-34047-0). Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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