Jacob Fugger

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Jacob Fugger

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Jacob Fugger par Albrecht Dürer, vers 1519.

Nom de naissance Jakob Fugger von der Lilie
Alias
Le Riche
Jakob II
Naissance 6 mars 1459
Augsbourg
(St-Empire romain germanique Banner of the Holy Roman Emperor with haloes (1400-1806).svg)
Décès 30 décembre 1525 (à 66 ans)
Augsbourg
(St-Empire romain germanique)
Profession Banquier
Ascendants
Jakob Fugger
Barbara Fugger-Bäsinger
Conjoint
Sibylle Artzt
Descendants
Anton Fugger (neveu)

Jacob Fugger dit le Riche (allemand : Jakob Fugger von der Lilie), né le 6 mars 1459 à Augsbourg, où il est mort le 30 décembre 1525, est le banquier le plus célèbre de la famille Fugger.

Du temps de son vivant, il devient l'homme le plus riche d'Europe[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Héritier, comme ses frères, du sens du commerce de son père Jacob Fugger l'Ancien, il étend l'entreprise familiale vers la mer Adriatique via le port de Venise où il apprend la comptabilité en partie double.

Jacob Fugger tient à contrôler son empire  : ses succursales ou factoreries sont gérées par des facteurs/employés de la famille Fugger (ou souvent des membres de la famille). Le siège d’Augsbourg correspond régulièrement avec les facteurs et contrôle de près la comptabilité des succursales qui doivent tenir un journal (avec les affaires effectuées et rapportées quotidiennement), un livre de créance et un livre de caisse récapitulant les dépenses et les rentrées d’argent. À la fin de chaque année, on arrête les comptes dans chaque factorerie et on envoie les livres à Augsbourg, où ils sont convertis en florins rhénans pour être épluchés par Fugger lui-même. Celui-ci voyage régulièrement dans ses succursales.

Jacob Fugger avec son comptable. Les dossiers derrière eux citent le nom des succursales de la maison Fugger, véritablement internationale : Rome, Venise, Cracovie, Lisbonne, Innsbruck, Nuremberg, etc.

Chaque succursale a un directeur, des comptables, des caissiers, des secrétaires… Ils sont employés par contrat pour une durée déterminée de 6 à 8 ans. Fugger déplace souvent ses directeurs pour les former et pour empêcher qu'ils ne nouent des liens personnels et professionnels dans une ville : ils n’ont pas le droit de faire des affaires pour leur propre compte.

Il met également sur pied un service régulier de renseignements, tellement efficace que l’empereur l’utilise pour acheminer son propre courrier. Ainsi, lors des négociations entre l'empereur Maximilien et le pape Jules II, en 1506, au sujet de son couronnement à Rome, leur correspondance passe par l’agent des Fugger à Innsbruck. À cette occasion, il passe commande auprès d'Albrecht Dürer du tableau commémoratif, La Vierge de la fête du rosaire. En 1509, le courrier entre l’empereur et le roi de France pendant les guerres d'Italie passe par la succursale de Milan.

Sous son influence, la famille amasse une fortune estimée à 5,1 millions de guldens (ce qui dépasse, en comparaison, le chiffre d'affaires cumulé des 30 compagnies listées de nos jours au DAX), soit 2 570 256 florins [réf. nécessaire] (à titre de comparaison, un ouvrier qualifié allemand gagne 33 florins par an, un manœuvre 15 florins par an).

Bien connu dans toute l´Europe, il utilise une partie de ses revenus pour octroyer des prêts et financer des armées de mercenaires. En particulier, lors du financement de solde du premier contingent de la Garde suisse pontificale envoyé par la Confédération helvétique à la demande du pape Jules II en 1506[3].
C’est lui qui fournira également à Charles Quint les sommes nécessaires à l’achat des votes des sept électeurs qui l´élisent empereur du Saint-Empire romain germanique en 1519. En récompense, sa famille est anoblie et reçoit des droits souverains sur ses terres, en particulier le droit de battre monnaie.

Jacob obtient également le droit de vendre des indulgences papales, ce qui augmente encore sa fortune. Cependant, cette pratique aura un effet négatif sur la population de la ville d´Augsbourg, qui accordera une large audience aux prêches protestantes de Martin Luther en 1517.

Peu de temps avant sa mort, il désigne Anton Fugger, un de ses neveux, comme successeur.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Léon Schick, Un grand homme d’affaires au début du XVIe siècle : Jacob Fugger, éd. S.E.V.P.E.N, Paris, 1957

Liens internes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La famille Fugger - Le monde selon Bill Sterling — www.ci.com
  2. Jacob Fugger "le Riche", banquier des Habsbourg — www.lemonde.fr
  3. « Les 500 ans de la Garde suisse » par Raymond Zoller