Anne de Pisseleu

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Anne de Pisseleu
Anne de Pisseleu, par Jean Clouet. Chantilly, musée Condé.

Anne de Pisseleu, duchesse d'Étampes, née vers 1508, et morte après 1575, est la favorite de Francois Ier jusqu'à la mort du roi.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle était issue de la famille Pisseleu d'Heilly, famille pauvre mais de vieille et haute noblesse. Fille d'Anne Sanguin (v.1479-v.1518), et de Guillaume de Pisseleu (v.1470-v.1526-29), châtelain d'Heilly.

Elle était la nièce d'Antoine Sanguin de Meudon (1493-1559), cardinal, seigneur de Meudon qui lui lègue le château qu'il y a fait construire, les seigneuries de Meudon, Angervilliers et Bures. Elle est la petite fille d'Antoine Sanguin co-seigneur de Livry. Elle fut tout d'abord fille d'honneur de Louise de Savoie, mère de François Ier, avant de devenir la maîtresse de ce dernier.

Elle avait dix-huit ans lorsque le roi la connut, au retour de sa captivité madrilène[1]. Pour asseoir sa position à la cour, on lui fit épouser un grand seigneur ruiné, Jean IV de Brosse, qui reçut le comté d'Étampes, que Francois Ier érigea en duché en 1536. Mlle d'Heilly devint de cette façon duchesse d'Étampes.

En 1537, elle hérite de biens d'Antoine Dubois, évêque de Béziers. Elle donne à cette occasion une tapisserie brodée de fontaines et de prophètes à la cathédrale Saint-Nazaire de Béziers[2].

La duchesse, dont l'intelligence est louée par ses flatteurs pour qui elle est « la plus savante des belles et la plus belle des savantes », a une certaine influence sur le roi[3]. En 1541, elle pousse le roi à disgracier le connétable de Montmorency à la politique duquel son parti était opposé et en 1545, elle en fait de même envers l'artiste Benvenuto Cellini. Femme de tête, François Ier en souffre comme le montre la sentence qu'il grave à son attention sur une vitre du château de Chambord : « Souvent femme varie, et bien fol qui s'y fie »[4].

Elle est la favorite en titre de François Ier, qui lui fait construire un château à Angervilliers et va le rester jusqu'à la mort du roi, le 31 mars 1547. Elle tombe alors en disgrâce, et est poursuivie impitoyablement par la jalousie de Diane de Poitiers, qui avait subi ses années de pouvoir. Le coup de Jarnac est une des conséquences de cette jalousie. Anne de Pisseleu doit restituer les bijoux que François Ier lui a offerts et subir un procès en haute trahison pour ses relations avec Charles Quint avant d'être bannie de la cour.

Elle se retire sur ses terres auprès de son mari et embrasse le protestantisme, oubliée de tous, à un point tel qu'on ignore la date exacte de sa mort.

Littérature[modifier | modifier le code]

La duchesse d'Étampes est l'un des personnages du roman d'Alexandre Dumas, Ascanio ou l'Orfèvre du roi.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Généalogie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. . La légende raconte que le monarque et Anne de Pisseleu se rencontraient à Villepreux, au pied d'un orme qui a donné son nom à un lieu de cette charmante ville des Yvelines : l'Orme à la Blonde.
  2. Histoire de la ville et des évêques de Béziers – E. Sabatier - 1854
  3. Imbert de Saint-Amand, Catherine de Médicis et ses contemporaines à la Cour de France. Les Femmes de la Cour des derniers Valois, Frédérique Patat,‎ 2013, p. 41
  4. Baptiste-Honoré-Raymond Capefigue, François Ier et la Renaissance, Wouters,‎ 1845, p. 189

Source partielle[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Anne de Pisseleu » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • E. Desgardins, Les Favorites du roi, Anne de Pisseleu, duchesse d'Étampes, et François Ier, Paris, H. Champion, 1904. (ASIN B001CB07VS)
  • Maurice Heim, François Ier et les femmes, Paris, 1956. (ASIN B0000DVJ0C)
  • Sigrid Ruby, Mit Macht verbunden. Bilder der Favoritin im Frankreich der Renaissance, Freiburg i.Br. 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]