Giorgio Vasari

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Giorgio Vasari (30 juillet 1511 à Arezzo - 27 juin 1574 à Florence) est peintre, architecte et écrivain italien. Son recueil biographique Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes, particulièrement sa seconde édition de 1568, est considéré comme une des publications fondatrices de l'histoire de l'art.

Biographie[modifier | modifier le code]

Tableau généalogique de Vasari publié dans l'édition de Gaetano Milanesi (it), 1878[1]

Né dans une famille modeste, sur la recommandation de son cousin Luca Signorelli, il devient l'élève de Guglielmo da Marsiglia, un peintre habile de vitrail.

À 16 ans, le cardinal Silvio Passerini l'envoie poursuivre ses études à Florence, près d'Andrea del Sarto et de ses élèves Rosso Fiorentino et Jacopo Pontormo.

Son éducation d'humaniste n'est pas négligée et il rencontre Michel-Ange dont le modèle de peinture l'a influencé.

En 1529, il visite Rome et étudie les travaux de Raphaël et d'autres artistes de la Haute-Renaissance romaine. Ses propres peintures maniéristes ont été davantage admirées pendant sa vie qu'après.

Il est employé par les maîtres des maisons de la famille Médicis à Florence et à Rome et il travaille aussi, entre autres, à Naples, à Arezzo.

Plusieurs de ses travaux existent encore, du plus important, les peintures des murs et du plafond dans la grande Salle de Cosme Ier du Palazzo Vecchio à Florence, datant de 1555, aux fresques inachevées à l'intérieur de la vaste coupole du Duomo, terminées par Federigo Zuccaro et avec l'aide de Giovanni Balducci.

Il organise la décoration du Studiolo de François Ier du Palazzo Vecchio, plutôt comme directeur des productions artistiques qui doivent y apparaître que comme artiste producteur d'œuvres.

Sa production architecturale est plus importante que celle de peintre. La loggia des Offices allant du Palazzo Vecchio et débouchant sur l'Arno ouvrant une vue au bout de sa longue cour étroite est un morceau unique d'urbanisme qui fonctionne comme une place publique, le piazzale des Offices, unique rue de la Renaissance avec un seul traitement architectural.

Il est, à partir de 1553, un proche des Médicis à Florence et fonde l'Académie de dessin de Florence en 1563, avec le grand-duc et Michel-Ange comme premiers directeurs de l'établissement et de trente-six artistes choisis comme membres.

En mars 1565, il écrit, pour le mariage de François de Médicis et de Jeanne d’Autriche, la Mascarade de la généalogie des dieux, dont il publie le livret.
La même année, il conçoit à Florence le Corridoio reliant le Palazzo Vecchio au Palais Pitti, le construit en cinq mois, commandité par Cosme Ier et inauguré pour le mariage de son fils François. Ce corridor permettra aux Médicis de circuler sans escorte et sans descendre dans la rue pour traverser l'Arno par le Ponte Vecchio, tout en admirant les nombreux tableaux qui l'ornent (beaucoup d'autoportraits depuis Léopold de Médicis) et la ville par ses fenêtres.

Il rénove également les églises médiévales Santa Maria Novella et Santa Croce, et transforme le jubé et la chaire dans le goût maniériste de son temps.

À Rome, Vasari travaille avec Giacomo Barozzi da Vignola et Bartolomeo Ammanati pour la Villa Giulia du pape Jules III.

Vasari apprécié pendant toute sa vie, a amassé une fortune considérable. En 1547, il se fait construire une maison à Arezzo (maintenant un musée qui lui est consacré), et consacre beaucoup de son temps et de son énergie à décorer les murs et les voûtes. Il est élu au conseil et priori municipal de sa ville natale, et est finalement élevé au titre suprême de gonfalonier.

Écrivain également, il est l'auteur du précieux recueil intitulé Les Vies des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes (Le Vite de' più eccellenti pittori, scultori e architettori) (1560-1570). Cet ouvrage est d'une importance majeure, car il pose les bases des premières approches méthodologiques de l'histoire de l'art - (approche historique et méthode biographique).

Citations à son propos[modifier | modifier le code]

« Ce fut un homme aimable, d'une belle figure, doué de quelques petits talents, de beaucoup d'adresse, et de persévérance, et d'une de ces âmes froides, très convenables pour faire son chemin dans le monde, et pour être un plat artiste. »

— Vasari vu par Stendhal dans Histoire de la peinture en Italie

« Vasari, le Georges à tout faire de Michel-Ange, quinze siècles après le ministre d'Auguste, est le Mécène de la renommée. Il a fait et défait les réputations. Peintre détestable, architecte sans goût, juge sans équité, Jules Romain de la critique et de la Toscane, Vasari n'en est pas moins un des plus précieux Italiens de la Renaissance, et son livre un des trésors que l'on doit à l'Italie. »

— André Suarès, Le Voyage du condottière, p. 362

Les Vies des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes[modifier | modifier le code]

Couverture de Le Vite
Article détaillé : Le Vite.

Le Vite de' più eccellenti pittori, scultori e architettori (1550-1568).
Édité une première fois en 1550, il fait l'objet d'une seconde édition en 1568. La première édition ne comportait, en réalité, que les vies des auteurs décédés durant l'écriture de son ouvrage. Pourtant une exception venait infirmer la règle, c'est celle de Michel-Ange qui y figurait déjà lors de la première édition. Giorgio Vasari y ordonne les artistes qui l'ont précédé ou qui lui sont contemporains dans une perspective historique. Il rassemble des données, tant sur les artistes que sur leurs œuvres (enquêtes biographiques, catalogues des œuvres, anecdotes et légendes). Il est le premier, dans Les Vies, à utiliser le terme Renaissance pour qualifier son époque (rinascimento de la bella maniera incarnée par Raphaël et Michel-Ange dont le but est l'imitation du travail des anciens et qui apparaît selon lui dans la seconde moitié du XIIe siècle). Cet ouvrage apparaît, aujourd'hui, comme un des éléments fondateurs de l'Histoire de l'art.
C'est de Vasari que viendrait le terme « gothique », comparant l'étrange architecture du Moyen Âge avec la barbarie du peuple des Goths.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Judith et Holofernes (vers 1554),
Musée d'art de Saint-Louis, Saint-Louis
  • Deposizione di Cristo (1532), huile sur panneau, 144 × 113 cm, Arezzo, Maison natale de Vasari.
  • Sainte Famille avec saint Jean Baptiste et saint François d'Assise[2], Musée des Beaux-Arts de Bordeaux.
  • Portrait de Laurent le magnifique (vers 1534), huile sur panneau, 90 × 72 cm, Galerie des Offices, Florence.
  • Ritratto di Alessandro de' Medici (vers 1534), huile sur panneau, 157 × 114 cm, Galerie des Offices, Florence.
  • Cristo in casa di Marta e Maria (1539-1540), huile sur panneau, 404 × 250,6 cm, Bologne, Pinacoteca Nazionale.
  • Deposizione dalla croce (1540 ca), huile sur toile, 311 × 210 cm, Camaldoli, Chiesa dei Santi Donato e Ilariano.
  • Cena di san Gregorio Magno (1540, huile sur panneau, 403 × 255 cm, Bologne, Pinacoteca Nazionale.
  • Allegoria dell'Immacolata Concezione (1541), huile sur panneau, 58 × 39 cm, Galerie des Offices, Florence.
  • La tentazione di san Gerolamo (vers 1541), huile sur panneau, 169 × 123 cm, Florence, Palais Pitti, Galerie Palatine.
  • Sacra Famiglia con santa Anna (1541-1547), Musée de Grenoble.
  • Sacra Famiglia con san Francesco (1542), huile sur toile, 184 × 125 cm, Los Angeles, County Museum of Art.
  • La Giustizia (1542), huile sur toile, Venise, Gallerie dell'Accademia.
  • Allegoria della Giustizia, della Verità e dei Vizi (1543), huile sur panneau, 353 × 252 cm, Naples, Museo di Capodimonte.
  • Venere e Cupido (vers 1543), huile sur panneau, 131 × 199 cm, Windsor, Royal Collection.
  • Papa Paolo III Farnese dirige la costruzione di San Pietro (1544 ca), fresque, Rome, Palazzo della Cancelleria.
  • Resurrezione di Cristo (1545), huile sur panneau, 117 × 73 cm, Musée Capodimonte de Naples.
  • Natività (1546 ca), huile sur toile, Rome, Galerie Borghèse.
  • Sacra Famiglia, sant'Anna e san Giovannino (vers 1546), huile sur toile, 82 × 60,5 cm, Vienne, Kunsthistorisches Museum.
  • La Déposition de la Croix (vers 1550), huile sur bois, 174 × 130 cm, musée de la Chartreuse de Douai
  • Giuditta decapita Oloferne (vers 1554), huile sur panneau, 108 × 79 cm, Musée d'art de Saint-Louis, Saint-Louis.
  • La toilette di Venere (1558), huile sur toile, Stuttgart, Staatsgalerie.
  • Lapidazione di santo Stefano (vers 1560), huile sur toile, 300 × 163 cm, Musées du Vatican, Pinacoteca Vaticana.
  • Les Quatre Éléments (vers 1560), Florence, Palazzo Vecchio.
  • Les Travaux d'Hercule (vers 1560), Florence, Palazzo Vecchio.
  • Fresques de la Sala del Cinquecento (1565), Florence, Palazzo Vecchio.
  • San Luca dipinge la Vergine (vers 1565), fresque, Florence, Chiesa della Santissima Annunziata.
  • Autoportrait (vers 1566-1568), huile sur panneau, 100,5 × 80 cm, galerie des autoportraits du Corridor de Vasari, musée des Offices, Florence.
  • Le Prophète Élisée, huile sur bois (1566), musée des Offices, Florence.
  • La Forge de Vulcain (1567-1568), musée des Offices, Florence.
  • Cristo nell'orto del Gestsemani (vers 1570), huile sur panneau, 143,5 × 127 cm, Tokyo, National Museum of Western Art.
  • Adorazione dei pastori (1570-1571), huile sur panneau, 131 × 69 cm, Chazen, Museum of Art.
  • Perseo e Andromeda (1570-1572), huile sur toile, 117 × 100 cm, Florence, Palazzo Vecchio.
  • Le Laboratoire de l'alchimiste (1570 ca), Florence, Palazzo Vecchio.
  • Couronnement de la Vierge nommée aussi Pala del Vasari, retable de 1571, 400 × 300 cm, chœur de l'église Sainte-Catherine de Livourne.
  • Incredulità di Tommaso (vers 1572), huile sur panneau, basilique Santa Croce de Florence
  • Le Jugement Dernier (1572-74), fresque, 4 000 m2, Florence, coupole de Santa Maria del Fiore.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]