Louis II de La Trémoille

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Louis II de La Trémoille
Image illustrative de l'article Louis II de La Trémoille

Naissance 20 ou 29 septembre 1460
au château de Bommiers
Décès 24 février 1525 (à 64 ans)
Pavie
Mort au combat
Origine Français
Allégeance France (1364-1638)
Arme Chevalier
Grade Lieutenant général
Amiral de Bretagne et de Guyenne
Conflits Guerre folle
Guerre de Bretagne
Guerre de la Ligue de Cambrai
Guerres d'Italie
Faits d'armes Siège de Châteaubriant
Siège de Fougères
Bataille de Saint-Aubin-du-Cormier
Bataille d'Agnadel
Bataille de Fornoue
Bataille de Novare
Siège de Dijon
Bataille de Marignan
Bataille de Pavie
Autres fonctions Premier chambellan du roi
Gouverneur de Bourgogne
Famille Blason fam FRA la Trémoille.svg Maison de La Trémoille

Emblème

Louis II de la Trémoille[1], ou de La Trimouille, vicomte de Thouars, né à Bommiers (Indre) le 20 ou le 29 septembre 1460, mort à Pavie en 1525, est un homme d'État et un chef de guerre français de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance, qui a servi les rois Charles VIII, Louis XII et François Ier. C'est le fils de Louis Ier de la Trémoille et de Marguerite d'Amboise. Il est ainsi le petit-fils de Louis d'Amboise et de Marie de Rieux.

Titres[modifier | modifier le code]

Il est aussi seigneur de La Trémoille, de Sully, de l'Île de Ré et de Marans[2], de Châteauneuf-sur-Sarthe, du Buron, de Saint-Germain, de Briollay, de la Possonnière, de l'Isle-Bouchard ; comte de Benon[2], de Guînes; prince de Talmont ; baron de Mauléon et de Craon: 1481-1524.

Il va cumuler les titres : chambellan, puis premier chambellan du roi ; amiral de Bretagne et de Guyenne, gouverneur de Bourgogne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Appartenant à l'une des plus vieilles familles du Poitou, il passa son enfance au château de Bommiers (Berry), où son père, Louis Ier, et sa mère, Marguerite d'Amboise, vivaient dans un semi-exil. Vers l'âge de 14 ans, il fut envoyé comme page à la cour de Louis XI. Et son oncle, Georges II de La Trémoille, seigneur de Craon, le prit alors sous sa protection.

En mars 1468 Françoise d'Amboise sa tante, se fit religieuse carmélite et elle lui céda tous ses droits sur la vicomté de Thouars.

Mais en mai 1470, le roi Louis XI attribua la vicomté de Thouars à sa fille Anne qui était alors fiancée à Nicolas d'Anjou[3],[4]. La vicomté parait alors définitivement perdue pour la famille de la Trémoille, mais la mort de Nicolas d'Anjou le 27 juillet 1473 change la donne. Louis XI récupère la vicomté de Thouars le 27 octobre 1476[4], et après son trépas, le nouveau roi Charles VIII finit par engager son attribution à Louis de la Trémoille[4].

En 1483, son père et le roi moururent, et le jeune Louis II se retrouva chef du clan familial. Bien placé à la cour de France, il apparaît comme l'un des familiers de la régente Anne de Beaujeu. Il participe aux États Généraux de Tours, et en novembre 1484 entre au conseil royal. Le 28 juillet 1484, le contrat du mariage avec Gabrielle de Bourbon-Montpensier, proche parente du roi Charles VIII, fut signé au château de Thouars[5].

Lors des troubles de la Guerre folle et de la Guerre de Bretagne, il est un des chefs de l'armée royale, et en 1488, nommé lieutenant général, il remporte la victoire de Saint-Aubin-du-Cormier le 28 juillet 1488. L'armée bretonne est écrasée, et Louis d'Orléans est fait prisonnier. La guerre va cependant continuer en Bretagne dans les années suivantes, et c'est en 1491 que La Trémoille, à nouveau lieutenant général, occupe la quasi-totalité du duché. Seul Rennes tient encore, lorsque la duchesse Anne accepte enfin la paix : son mariage avec Charles VIII marque la fin des guerres de Bretagne, mais La Trémoille n'est pas invité…

Les guerres d'Italie[modifier | modifier le code]

En 1494-1495, Charles VIII se lance dans l'expédition de Naples, qui inaugure le cycle des guerres d'Italie. La Trémoille l'accompagne en tant que chambellan ; c'est lui qui obtient le passage de l'armée à Rome, et qui mène l'assaut de Monte San Giovanni, dont la prise rapide connaît un immense retentissement en Italie. Lors du voyage de retour, il s'illustre en arrivant à faire passer l'artillerie par les chemins escarpés des Apennins, et ce à dos d'homme. Quand il vient faire son rapport au roi, il lui apparaît « noir comme un More ! » Mais l'armée de la Ligue de Venise attend les Français au débouché des monts, et le 6 juillet 1495, s'engage la bataille décisive de Fornoue. La charge italienne menace un moment Charles VIII, mais elle est finalement repoussée, grâce à la bonne conduite de l'arrière-garde par La Trémoille.

Il remporte de nombreux succès durant les guerres d'Italie dont la bataille de Fornoue en 1495. En 1500, Louis XII désigna La Trémoille comme son lieutenant-général en Milanais. Au siège de Novare, il réussit à défaire l'armée milanaise et à capturer Ludovic le More(10 avril), en juin 1500 Louis II estima qu'il avait rempli sa mission et il rentra en France, en déclinant les offres de Louis XII, qui lui proposait de devenir vice-roi ou gouverneur de la nouvelle province de Milan.

En mai 1503, l'armée française qui luttait depuis deux ans dans le royaume de Naples fut battue par les Espagnols de Gonzalve de Cordoue. Louis XII se hâta d'envoyer des secours, sous la conduite de son meilleur général, Louis de La Trémoille. Mais le 13 juillet, alors qu'il tenait un conseil de guerre à Parme, Louis II fut terrassé par une attaque de fièvre, probablement une atteinte de paludisme, et faillit en mourir.

En 1509, Louis II et son fils Charles (qui s'était déjà distingué à l'expédition de Gênes en 1507) accompagnèrent Louis XII dans son expédition contre Venise et combattirent vaillamment jusqu'à la victoire d'Agnadel en 1509.

Durant l'été 1512, les Français perdirent le Milanais, Louis XII envoya en Lombardie une nouvelle armée française avec La Trémoille. Mais Louis II de La Trémoille se fit sévèrement battre par les Suisses à Novare en 1513, où son armée de 10 000 hommes tomba dans une embuscade. Les Suisses préparèrent l'invasion de la Bourgogne. Louis II fut alors envoyé à Dijon et défendit la ville lorsque les Suisses y mirent le siège en septembre 1513. Il réussit à négocier le départ des assiégeants le 13 septembre, en leur promettant quatre cents mille écus.

Louis II se distingue encore à Marignan (1515) au côté de François Ier, mais il y perdit son fils unique. Le 24 février 1525, François Ier lança la bataille désastreuse de Pavie contre l'avis de ses vieux conseillers, dont Louis II. La chevalerie française allait être fauchée par le feu des arquebusiers espagnols et Louis II périt dans la bataille, tué d’un coup d’arquebuse à 64 ans.

Il est surnommé le chevalier « sans reproche », digne émule et compagnon d'armes de Bayard, le chevalier « sans peur ».

Mariages et Descendance[modifier | modifier le code]

Afin de mieux attacher Louis, Anne de Beaujeu lui proposa un mariage avec une de ses cousines, descendante de Saint Louis comme elle. Le contrat du mariage fut signé le 28 juillet 1484 au château de Thouars. En fait, Louis doutant un piège, tout comme celui de Jeanne de France et Louis d'Orléans organisé par Louis XI, s'en alla en Auvergne pour se présenter lui-même à sa future épouse. Vraiment charmé, il épouse Gabrielle de Bourbon (fille de Gabrielle de La Tour et de Louis I de Bourbon-Montpensier 1402-1486). En avril 1485, le roi Charles VIII accepta d'être le parrain de leur premier et enfin seul fils, qui s’appelait donc Charles[6]. Durant les trente années de son mariage, elle est le plus souvent seule pour représenter la toute-puissance des La Trémoille. Princesse d'un château dont la bibliothèque, la collection d'œuvres d'art, la chapelle qu'elle fait construire à Thouars, sont les marques d'une grandeur aristocratique et d'un idéal spirituel. Elle décède le 30 novembre 1516 et est inhumée dans la chapelle Notre-Dame de Thouars au côté de son fils unique. Leur fils :

  • Charles de La Trémoille (avril 1485-13 septembre 1515) qui épousa le 7 février 1501 Louise de Coëtivy (fille de Charles de Coëtivy, comte de Taillebourg et de Jeanne d'Angoulême). Ils eurent un fils en 1505 : François de la Trémoille qui suit,

En novembre 1516, Louis II chercha à se remarier et il jeta son dévolu sur la très jeune Louise de Valentinois(1500-1553), fille du défunt César Borgia et petite-fille d'Alexandre VI. Le mariage fut célébré en avril 1517 mais la grande différence d'âge des deux époux semble avoir fait scandale, comme en témoigne la correspondance des ambassadeurs italiens.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. À ne pas confondre avec Noirmoutier, un autre Louis II de la Trémoille né un siècle et demi plus tard
  2. a et b Lettres patentes de Louis XI, Plessis-du-Parc-lèz-Tours, septembre 1480, [lire en ligne]
  3. Bibliothèque nationale, Fr.20494, folio n°22 ; vérifié et publié par Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettre de Louis XI, tome III, p.173-174, note n°1, Société de l'histoire de France et Librairie Renouard, Paris 1887
  4. a, b et c http://books.google.fr/books?id=j3kUAQAAMAAJ&pg=PA208 Ordonnances des rois de France de la troisième race, tome XVIII
  5. Tables des Manuscrits de D. Fonteneau, conservés à la Bibliothèque de Poitiers, [lire en ligne]
  6. http://www.pays-thouarsais.com/article.php3?id_article=176

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Laurent Vissière :
    • Louis II de la Trémoille ou la découverte de l'Italie (1480-1525). Étude historique et édition de correspondance, École des chartes, thèse, 2000, [présentation en ligne].
    • Sans poinct sortir hors de l’orniere’. Louis II de La Trémoille (1460-1525), Paris, Honoré Champion, coll. « Études d’histoire médiévale », 2008, 613 p., [compte rendu en ligne].

Articles connexes[modifier | modifier le code]