Bonne de Luxembourg

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Bonne de Luxembourg, (en latin: Bona; en allemand Jutta - ou Guta - von Luxemburg) née le 20 mai 1315, morte le 11 septembre 1349 à l'abbaye de Maubuisson, fille de Jean de Luxembourg, roi de Bohême, a été duchesse de Normandie par son mariage avec l'héritier du royaume de France, Jean de Valois dit le Bon, futur roi de France. Morte moins d'un an avant l'accession de son époux au trône, le 22 août 1350, elle ne devint jamais reine de France[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Écu de Bonne de Luxembourg dans son psautier

Bonne de Luxembourg est la fille de Jean Ier de Luxembourg, roi de Bohême et comte de Luxembourg et de sa première épouse, Élisabeth de Bohême. Elle est donc la sœur aînée de l'empereur Charles IV. Son nom Guta (Gut en allemand signifie bon) est francisé en Bonne.

La princesse Bonne de Luxembourg est plusieurs fois l'objet des projets matrimoniaux de son père pour renforcer sa dynastie. Elle est ainsi fiancée à l'âge de six ans à Frédéric, futur margrave de Misnie, mais son père rompt les fiançailles après que les Wettin se furent rangés du côté de Louis de Bavière. Frédéric de Misnie préfère d'ailleurs épouser Mathilde, la fille de Louis, ce qui sera conclu en 1328. Après des négociations avec Henri IV, duc de Bar, voisin du comté de Luxembourg, la préférence de Jean de Luxembourg se tourne bientôt vers le trône de France des Valois. De doubles fiançailles sont conclues entre son fils Charles et Blanche de Valois, ainsi qu'entre sa fille Bonne et Jean de Valois.

Jean de Luxembourg fait son entrée avec sa fille à Paris le 2 janvier 1332. Le mariage est célébré le 6 août 1332 à l'église Notre-Dame de Melun, en présence de six mille invités, suivi de festivités qui durent pendant deux mois, jusqu'à ce que Jean de Valois soit adoubé chevalier en la cathédrale Notre-Dame de Paris. Bonne a dix-sept ans et son époux quatorze ans. Il a reçu sa majorité avec le titre de duc de Normandie, comte d'Anjou et comte du Maine. La princesse, quant à elle, qui est d'une grande beauté séduit également son entourage par l'éducation qu'elle a reçue et la culture dont elle fait preuve. Le psautier qui porte son nom, composé par Jean le Noir, contribue à comprendre le raffinement qui donne le ton à sa Cour.

Bonne de Luxembourg apprécie Guillaume de Machaut qui fait partie de son entourage.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Bonne épouse Jean, fils aîné du roi de France, le 28 juillet 1332 à Melun. De cette union naquirent onze enfants :

  1. Blanche (1336-1336)
  2. Charles V (1337-1380), futur roi de France de 1364 à 1380.
  3. Catherine (1338-1338)
  4. Louis (1339-1384) duc d'Anjou épouse Marie de Blois (1345-1404)
  5. Jean (1340-1416) duc de Berry épouse en 1360 Jeanne d'Armagnac (?-1387)
  6. Philippe II le Hardi (1342-1404) duc de Bourgogne épouse en 1369 Marguerite III de Flandre (1350-1405)
  7. Jeanne (1343-1373) épouse en 1352 Charles II le Mauvais, roi de Navarre (1332-1387)
  8. Marie (1344-1404) épouse Robert Ier, duc de Bar.
  9. Agnès de Valois (1345-1349)
  10. Marguerite (1347-1352)
  11. Isabelle (1348-1372) épouse Jean-Galéas Visconti (1351-1402) duc de Milan

Décès[modifier | modifier le code]

La réapparition de la peste en Occident entraîna son décès à l'âge de trente-quatre ans, à l'abbaye de Maubuisson. Elle ne put ainsi jamais devenir reine de France[1]. Son époux se remarie moins de six mois plus tard avec Jeanne d'Auvergne.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Christiane Raynaud, « La reine dans les Grandes chroniques de France », dans Erik Kooper, éd. The Medieval Chronicle. Proceedings of the 1st International Conference on the Medieval Chronicle, Driebergen, Utrecht, 13-16 july 1996, Amsterdam, Rodopi (Costerus, New Series, 120), 1999, p. 226.