Charles III de Savoie

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Charles II de Savoie
Charles II de Savoie par Jean Clouet
Charles II de Savoie par Jean Clouet

Titre duc de Savoie
prince de Piémont
(15041553)
Prédécesseur Philibert II de Savoie
Successeur Emmanuel-Philibert de Savoie (1528-1580)
Biographie
Dynastie Maison de Savoie
Naissance
Château de Chazey-sur-Ain
Décès
Vercelli
Père Philippe II de Savoie
Mère Claudine de Brosse
Conjoint Béatrice de Portugal
Enfants Adrien-Jean-Amédée
Louis
Emmanuel-Philibert
Catherine
Marie
Isabelle
Emmanuel
Emmanuel
Jean-Marie

Armoiries Savoie 1180.svg

Charles II de Savoie, appelé Charles III par certains auteurs[1], dit le Bon, né au Château de Chazey-sur-Ain le , mort à Verceil le , fut duc de Savoie et prince de Piémont de 1504 à 1553. Il était fils de Philippe II, duc de Savoie et prince de Piémont, et de Claudine de Brosse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avènement et mariage[modifier | modifier le code]

Né le 10 octobre 1486 au château de Chazey-en-Bugey, Charles est le premier fils du second mariage de son père Philippe II de Savoie. Fils cadet, il prend le titre de duc de Savoie, en 1504, au décès de son frère Philibert mort sans descendance[2].

Le 18 octobre 1516, Charles II est accordé en mariage à Jeanne, fille de Ferdinand Ier d'Aragon, roi de Naples et de Jeanne reine de Sicile. Ce mariage n'ayant pas été consommé, il épousa le 26 mars 1521 Béatrix de Portugal, fille d'Emmanuel roi de Portugal et des Algarves et de Marie reine de Castille[2].

Par ce mariage, il devient beau-frère de Charles Quint.

Les premières difficultés du règne[modifier | modifier le code]

Le nouveau duc trouve un État obéré de dettes et des domaines diminués par les concessions faites aux trois douairières: Blanche de Montferrat contrôle presque tout le Piémont, sa mère Claudine de Brosse possède le Bugey, Marguerite d'Autriche la veuve de son prédécesseur reçoit la Bresse le Faucigny et le Comté de Villars. Louise de Savoie fille de Janus de Savoie comte de Genève tient le Chablais et d'autres apanages.

Il doit commencer son règne par s'imposer face aux exigences de sa demi-sœur Louise de Savoie, qui voulait hériter le duché, de son frère bâtard René qui demandait des fiefs, et son frère Philippe qui soutenait Louise et René.

En 1518, il réforme profondément le vieil ordre savoyard du Collier qui devient l'Ordre suprême de la Très Sainte Annonciade.

La révolte de Genève[modifier | modifier le code]

Après la mort de Charles de Seyssel, le 13 avril 1513, Charles III tente d'imposer comme évêque à Genève avec l'appui du Pape Léon X mais contre l'élu du chapitre de Chanoines de la cathédrale, son parent Jean-François de Savoie, fils illégitime d'un précédent évêque, François de Savoie. Cette mainmise de la maison de Savoie provoque une forte réaction des genevois qui s'allient par un traité de combourgeoisie avec le canton de Fribourg et le canton de Berne.

La cité de Genève se révolte et le duc lui impose un blocus. Pour s'en dégager, la cité fait appel aux Bernois, qui après quelques tergiversations passent à l'attaque et conquièrent le Pays de Vaud. Charles III, incapable de réagir, brandit la menace de faire intervenir l'empereur Charles-Quint, dont il est le vassal, mais ce dernier est bloqué à Naples. Dans les territoires contrôlés par les Bernois, la conversion à la Réforme protestante est générale après la fuite de l'évêque de Genève en 1519, bien qu'en majeure partie contrainte, créant de ce fait un fossé cultuel désormais insurmontable

Dans le pays de Vaud et le Genevois, l'autorité du duc est mise à mal par un groupe de seigneurs ligueurs dénommé « Confrérie de la Cuiller » qui fait régner la terreur. En 1530, le duc fait enfermer au château de Chillon, François Bonivard, fils du seigneur de Lunes, qui croupira dans les sous-sols de la forteresse pendant six années.

Entre France et Espagne[modifier | modifier le code]

En 1515 en accord avec les cantons suisses, Charles II refuse le droit de passage par ses États au roi de France Francois Ier. La victoire de ce dernier lors de la bataille de Marignan marque un recul important de l'influence de la Savoie en Italie du Nord. Le duc perd également l'appui de Léon X après la mort de Julien de Médicis l'époux de sa sœur. Sans armée et sans grands moyens, Charles II ne réussit pas à mettre en place une politique extérieure cohérente. Il change régulièrement d'alliance, entre son neveu François Ier et son beau-frère Charles Quint. Finalement, comme Prince d'Empire il opte pour le second[3].

Profitant des difficultés du duc avec Genève, François Ier de France réclame l'héritage de sa mère, Louise de Savoie, sur la Bresse et le Faucigny. Il franchit la frontière et les français occupent Chambéry. Une série de défaites entre 1530 et 1536 devant les Suisses passés à la Réforme protestante et les Français le prive de la plupart des États de Savoie, ne lui laissant que le comté de Nice, la Vallée d'Aoste, qui négocie sa neutralité avec les français, et une petite partie du Piémont, pendant qu'un gouverneur français est installé à Turin, obligeant Charles II à se réfugier à Verceil en 1536.

En 1543, les franco-turcs assiègent Nice par terre et par mer. Le 7 septembre, une armée de secours, conduite par Charles II et le marquis Del Vasto incite les assiégeants à lever le siège. Les troupes ducales reprennent peu à peu le contrôle du comté de Nice. Une ferme répression s'abat sur les Niçois qui avaient choisi le camp français. La principale conséquence de ce siège sera de susciter, chez les ducs de Savoie, en particulier le successeur de Charles II, son fils Emmanuel-Philibert (1528-1580), une forte volonté de renforcer les défenses de la place de Nice. En 1541, Charles II avait installé un atelier monétaire à Nice.

Charles II meurt à Verceil, assiégé par les Français d'Henri II, le 16 septembre 1553, dans sa 67e année après un règne « malheureux » de 49 ans.

En 1559, après le traité du Cateau-Cambrésis et son mariage avec Marguerite de France, son fils Emmanuel-Philibert de Savoie recouvre son duché, à l'exception de quelques places fortes désormais occupées par des garnisons françaises. Après vingt-trois ans de guerre et de diplomatie, la Savoie reviendra sous l'autorité de son duc, mais amputée des territoires annexés par Berne et ses alliés de Fribourg et du Valais.

Descendance[modifier | modifier le code]

Il épousa à Villefranche-sur-Mer en 1521 l'Infante Béatrice de Portugal (1504-1538), fille de Manuel Ier, roi de Portugal, et de Marie d'Aragon. Par ce mariage, il devenait beau-frère de Charles Quint, qui avait épousé Isabelle de Portugal. Ils eurent :

  1. Adrien-Jean-Amédée (15221523)
  2. Louis (1523 † 1536)
  3. Emmanuel-Philibert (1528-1580), duc de Savoie et prince de Piémont
  4. Catherine (15291536)
  5. Marie (15301531)
  6. Isabelle (15321533)
  7. Emmanuel (1533 † jeune)
  8. Emmanuel (1534 † jeune)
  9. Jean-Marie (15371538)

Titres[modifier | modifier le code]

Charles II ou Charles III?[modifier | modifier le code]

Une tradition historiographique permanente et au moins tri séculaire opte pour la forme Charles III de Savoie , depuis le XVIIIe siècle [4], l'Art de Vérifier les dates [5] en passant par les historiens savoyards « classiques » du XIXe siècle comme Victor de Saint-Genis [6] ou Claude Genoux [7] ou modernes comme Henri Ménabréa[8] ou Jacques Lovie [9] et les ouvrages encylopédiques comme celui de Michel Mourre[10]. Cette dénomination est également celle qui est retenue par Marie-José de Belgique dans ses études sur la Maison de Savoie[11].

Toutefois, de nombreux historiens anciens comme Eugène Caïs de Pierlas[12] ou Georges Doublet[13], et modernes[14] utilisent le nom de Charles II pour dénommer ce prince, de même que les numismates[15], des archéologues[16] et des archivistes[17].

La titulature KAROLVS SECVNDVS (Charles le Second) ou CAROLVS II du duc qui apparaît sur ses monnaies émises tout au long de ses trente-neuf années de règne montre qu'il se fit constamment appeler Charles II et qu'il ne considéra pas le petit Charles Jean Amédée de Savoie, mort à l'âge de huit ans, comme son prédécesseur dans la lignée des Charles de Savoie Pour un exemple: écu d'or. Les monnaies frappées au nom du petit Charles-Jean-Amédée ne mentionnent pas Charles II mais KAROLVS IO AME DVX SABAUDIE ou encore K I A (Karolus Iohannes Amedeus en abrégé)[18].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Charles Dezobry et Théodore Bachelet, Dictionnaire de Biographie et d’Histoire, Paris,‎ 1863 [détail de l’édition].
  • Charles Gilliard (1879-1944) : La Conquête du Pays de Vaud par les Bernois, 1935, dans lequel il est raconté comment par excès d'ambition le duc perdit tout ce que lui avait laissé son prédécesseur.
  • Claude Genoux Histoire de Savoie Rééditions: La Fontaine de Siloé, Montmélian 1997, (ISBN 284206044X) « Charles III surnommé le Bon ou le Malheureux » p. 248-270.
  • Notice historico-topographique sur la Savoie: suivie d'une généalogie raisonnée de la Maison Royale de ce nom par Jean Lullin.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Précédé par Charles III de Savoie Suivi par
Philibert II
Armoiries Savoie 1180.svg
duc de Savoie
prince de Piémont
Emmanuel Philibert

Références[modifier | modifier le code]

  1. notamment par Henri Ménabréa Histoire de Savoie, 1933, La Fontaine de Siloé Édition : 6e édition (16 novembre 2006) Collection: « Les savoisiennes  »(ISBN 139782842063092). « Le règne malheureux de Charles III le Bon » p. 207 & sv
  2. a et b Notice historico-topographique sur la Savoie: suivie d'une généalogie raisonnée de la Maison Royale de ce nom par Jean Lullin p. 164.
  3. Jacques Lovie Les Ducs de Savoie (1416-1713) Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie p. 7.
  4. Histoire Universelle depuis le commencement du monde jusqu'à présent, Amsterdam 1776, Liv XXIV, Ch XIII p. 128-168
  5. Maur-François Dantine, Charles Clémencet (dom), Nicolas Viton de Saint-Allais, Ursin Durant, François Clément(dom), Mauristes. Volume XVII Arthus-Bertrand éditeur Paris 1819 « Charles III dit le Bon » p. 193-195
  6. Victor de Saint-Genis, Histoire de Savoie, d'après les documents originaux, Bonne, Conte-Grand & Cie éditeurs, Chambéry, 1869. (3 Vol.).
  7. Claude Genoux Histoire de Savoie réédition 1997 La Fontaine de Siloé (ISBN 284206044X) « Charles III » p. 248-270
  8. Opus.cit. « Le règne malheureux de Charles III le Bon (1504-1558) » p. 207-238
  9. Jacques Lovie, Professeur Honoraire à l'Université de Savoie, L'histoire en Savoie. Les Ducs de Savoie (1416-1713) publié par la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, Chambéry (ISSN 00467510) p. 7 & tableau généalogique p. 9
  10. Dictionnaire encyclopédique d'Histoire, 8 vol., nouvelle édition du Dictionnaire d'histoire universelle, Bordas / J.P. Delarge, Paris, 1978-1982. articles "Charles II" et "Charles III le Bon" Volume C p. 889 .
  11. La Maison de Savoie éditions Albin Michel Paris 1956 p. 114 note no 2.
  12. Eugène Caïs de Pierlas, L'Hôtel des Monnaies à Nice, Bull. de la Soc. niçoise des Sc. nat., hist. de Géogr., 1886, p. 6:
  13. Georges Doublet : Le mariage du duc Charles II et de l'infante Béatrice de Portugal, revue Nice historique no 195, p. 105 s.
  14. Nice et son comté (1200-1580), témoignages et mémoires, descriptions et chroniques médiévales. Ouvrage collectif publié par la Délégation patrimoine historique de la Ville de Nice, Mémoires millénaires éditions. 2010. Textes anciens sélectionnés par l'historien Hervé Barelli. Josiane Rieu (Université de Nice Sophia-Antipolis) étudie un texte de 1538 et mentionne "le duc de Savoie Charles II" dans sa communication "Le poète et le prince" (p. 139). Blythe Alice Raviola (Université de Turin) évoque "Charles II et son fils Emmanuel-Philibert" (p. 175).
  15. * Luigi Simonetti, Monete italiane medioevali et moderne, vol. 1, Casa Savoia, parte 1, Ravennne 1967: Carlo II (p. 212 à 218), * Elio Biaggi, Le antiche monete piemontesi, Éditrice Tipolito Melli, Borgone di Susa, 1978: Carlo II (p. 24) * Sergio Cudazzo, Monete italiane regionali, Casa Savoia, Ed. Numismatica Varesi, Pavie, 2005: "Carlo II il Buono, duca di Savoia (1504-1553)" (p. 188 à 253). * Jean Duplessy (ing. rech. hon. CNRS), Les monnaies françaises féodales, tome II. Ed. Platt, Paris, 2010
  16. Dans son étude "Nice au XVIe siècle ou la création d'une place-forte moderne" Marc Bouiron, archéologue de la Ville de Nice, évoque "le règne de Charles II (1504-1553)" (p. 11). Il en fait de même en p. 306 dans son étude "François de Belleforest, Comosgraphie universelle". Claude Salicis, président de l'IPAAM en fait de même in : Étude de deux lots de monnaies issues de fouilles anciennes effectuées sur la colline du Château à Nice, Mémoires de l'IPAAM, 2012, p. 379,
  17. Archives départementales des Alpes-Maritimes : "Charles II (1504-1553) entre France et Espagne". En sens contraire, les Archives municipales de Nice ont édité un Inventaire analytique des séries anciennes (1176-1792) où le nom Charles III est utilisé
  18. * Luigi Simonetti, Monete italiane medioevali et moderne, vol. 1, Casa Savoia, parte 1, Ravennne 1967: Carlo II (p. 212 à 218), * Elio Biaggi, Le antiche monete piemontesi, Éditrice Tipolito Melli, Borgone di Susa, 1978: Carlo II (p. 24) * Sergio Cudazzo, Monete italiane regionali, Casa Savoia, Ed. Numismatica Varesi, Pavie, 2005: "Carlo II il Buono, duca di Savoia (1504-1553)" (p. 188 à 253). * Jean Duplessy (ing. rech. hon. CNRS), Les monnaies françaises féodales, tome II. Ed. Platt, Paris, 2010.