Charles III de Savoie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Charles II de Savoie
Charles II de Savoie par Jean Clouet
Charles II de Savoie par Jean Clouet

Titre duc de Savoie
prince de Piémont
(15041553)
Prédécesseur Philibert II de Savoie
Successeur Emmanuel-Philibert de Savoie (1528-1580)
Biographie
Dynastie Maison de Savoie
Naissance 10 octobre 1486
Chazey-sur-Ain
Décès 17 août 1553
Vercelli
Père Philippe II de Savoie
Mère Claudine de Brosse
Conjoint Béatrice de Portugal
Enfants Adrien-Jean-Amédée
Louis
Emmanuel-Philibert
Catherine
Marie
Isabelle
Emmanuel
Emmanuel
Jean-Marie

Armoiries Savoie 1180.svg

Charles II de Savoie, appelé parfois Charles III, dit le Bon, né à Chazey-sur-Ain le 10 octobre 1486, mort à Verceil le 17 août 1553, fut duc de Savoie et prince de Piémont de 1504 à 1553. Il était fils de Philippe II, duc de Savoie et prince de Piémont, et de Claudine de Brosse. La titulature KAROLVS SECVNDVS de ce prince qui apparaît sur ses monnaies montre qu'il se fit constamment appeler Charles II et qu'il ne considéra pas le petit Charles Jean Amédée de Savoie, mort à l'âge de huit ans, comme ayant régné[1].

Sommaire

Biographie [modifier]

Né le 10 octobre 1486 au château de Chazey-en-Bugey, Charles est le premier fils du second mariage de son père Philippe II de Savoie. Fils cadet, il prend le titre de duc de Savoie, en 1504, au décès de son frère Philibert mort sans descendance[2].

Le 18 octobre 1516, Charles II est accordé en mariage à Jeanne, fille de Ferdinand d'Aragon, roi de Naples et de Jeanne reine de Sicile. Ce mariage n'ayant pas été consommé, il épousa le 26 mars 1521 Béatrix de Portugal, fille d'Emmanuel roi de Portugal et des Algarves et de Marie reine de Castille[2].

Il dut commencer son règne par s'imposer face aux exigences de sa demi-sœur Louise de Savoie, qui voulait hériter le duché, de son frère bâtard René qui demandait des fiefs, et son frère Philippe qui soutenait Louise et René. Sans armée et sans grands moyens, Charles III ne réussit pas à avoir une politique extérieure. Il changea régulièrement d'alliance, entre son neveu François Ier et son beau-frère Charles Quint. Une série de défaites entre 1530 et 1536 le priva de la plupart de ses États, ne lui laissant que le comté de Nice et la Vallée d'Aoste.

Dans le pays de Vaud et le Genevois, l'autorité du duc est mise à mal par un groupe de seigneurs ligueurs qui se nomment « Confrérie de la Cuiller » et font régner la terreur. En 1530, le duc fit enfermer au château de Chillon, François Bonivard, fils du seigneur de Lunes, qui croupira dans les sous-sols pendant six années.
La cité de Genève se révolte et le duc lui impose un blocus; pour s'en dégager, la cité fait appel aux Bernois, qui après quelques tergiversations passent à l'attaque, et conquièrent le Pays de Vaud. Charles III, incapable de réagir, brandit la menace de faire intervenir l'empereur Charles-Quint dont il est le vassal, mais ce dernier est bloqué à Naples.
Profitant de la situation, le roi François Ier de France réclame l'héritage de sa mère, Louise de Savoie, sur la Bresse et le Faucigny. Il franchit la frontière ouest et ses troupes prennent les capitales, Chambéry, puis Turin, obligeant le duc à se réfugier à Verceil en 1536. Dans les territoires contrôlés par les Bernois, la conversion à la Réforme protestante est générale, bien qu'en majeure partie contrainte, créant de ce fait un fossé cultuel désormais insurmontable.
Après vingt-trois ans de guerre et de diplomatie, la Savoie reviendra sous l'autorité de son duc, mais amputée des territoires annexés par Berne et ses alliés de Fribourg et du Valais. En 1559, après le traité du Cateau-Cambrésis et son mariage avec Marguerite de France, son fils Emmanuel-Philibert de Savoie recouvre son duché, à l'exception de quelques places fortes désormais occupées par des garnisons françaises.

Il meurt à Verceil, le 16 septembre 1553, dans sa 67e année après un règne de 49 ans.

Titres [modifier]


Descendance [modifier]

Il épousa à Villefranche-sur-Mer en 1521 l'Infante Béatrice de Portugal (1504-1538), fille de Manuel Ier, roi de Portugal, et de Marie d'Aragon. Par ce mariage, il devenait beau-frère de Charles Quint, qui avait épousé Isabelle de Portugal. Ils eurent :

  1. Adrien-Jean-Amédée (15221523)
  2. Louis (1523 † 1536)
  3. Emmanuel-Philibert (1528-1580), duc de Savoie et prince de Piémont
  4. Catherine (15291536)
  5. Marie (15301531)
  6. Isabelle (15321533)
  7. Emmanuel (1533 † jeune)
  8. Emmanuel (1534 † jeune)
  9. Jean-Marie (15371538)

Notes et références [modifier]

  1. Difficile donc de lui attribuer un nom différent de celui qu'il portait.
  2. a et b Notice historico-topographique sur la Savoie: suivie d'une généalogie raisonnée de la Maison Royale de ce nom par Jean Lullin P164.

Bibliographie [modifier]

  • Louis Charles Dezobry et Théodore Bachelet, Dictionnaire de Biographie et d’Histoire, Paris, 1863  [détail de l’édition].
  • Charles Gilliard (1879-1944) : La Conquête du Pays de Vaud par les Bernois, 1935, dans lequel il est raconté comment par excès d'ambition le duc perdit tout ce que lui avait laissé son prédécesseur.
  • Notice historico-topographique sur la Savoie: suivie d'une généalogie raisonnée de la Maison Royale de ce nom par Jean Lullin.

Voir aussi [modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes [modifier]

Lien externe [modifier]

Précédé par Charles III de Savoie Suivi par
Philibert II
Armoiries Savoie 1180.svg
duc de Savoie
prince de Piémont
Emmanuel Philibert