Jacques-Joseph Champollion

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Jacques-Joseph Champollion
Égyptologue
Image illustrative de l'article Jacques-Joseph Champollion
Surnom Champollion-Figeac
Pays de naissance Drapeau de la France France
Naissance 5 octobre 1778
Figeac, Lot
Décès 9 mai 1867 (à 88 ans)
Fontainebleau
Nationalité française
Famille Jean-François Champollion (frère cadet)
Autres activités archéologue, professeur de paléographie, bibliothécaire

Jacques-Joseph Champollion, dit Champollion-Figeac (né le 5 octobre 1778 à Figeac dans le Lot et mort le 9 mai 1867 à Fontainebleau), est un archéologue français[1].

Origine[modifier | modifier le code]

Du côté paternel, Jacques-Joseph appartenait à une famille du Valbonnais[2] originaire de Valjouffrey (Isère)[3], village habité par des paysans qui parcouraient la région comme colporteurs durant l’hiver. Ses grands-parents, Barthélémy Champollion, né en 1694 à Valjouffrey[3] et Marie Géréoud ou Géroux, née en 1709 à Valbonnais[3], se marièrent à Valbonnais en 1727[3],[4]. Ils eurent cinq enfants dont Jacques, né le 10 février 1744 à La-Roche-des-Engelas (aujourd'hui hameau de Valbonnais)[3],[2], qui s’installa à Figeac en 1770. Il y épousa le 23 janvier 1773 Jeanne-Françoise Gualieu, d’une famille de bourgeois de cette ville ; il put acheter en 1772 une maison et en 1779 une boutique de libraire sur la place Basse ainsi qu’une nouvelle maison qui deviendra le musée Champollion. Il eut huit enfants de sa femme : Guillaume, mort à la naissance (octobre 1773), Thérèse née un an après, Pétronille en 1776, Jean-Baptiste mort à trois ans, Marie-Jeanne en 1782 et Jean-François le 23 décembre 1790[2],[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Après ses études, il est, du printemps 1794 à 1797, commis au bureau de la correspondance générale du district de Figeac. En 1798, il s'installe à Grenoble où ses cousins lui ont trouvé une place de commis dans leur affaire.

En 1802, il se lie d'amitié avec le mathématicien Joseph Fourier qui vient d'être nommé préfet du département de l'Isère et prend l'habitude d'accoler le nom de sa ville natale à son patronyme[5]. Jacques-Joseph devient membre de la Société des Arts et de Sciences de Grenoble en décembre 1803 et Fourrier l'associe à partir de 1804 aux travaux devant aboutir à la Description de l'Égypte. C'est à cette période qu'il révèle l'existence d'une crypte Saint Oyand du VIe siècle, au-dessous de l'église Saint Laurent de Grenoble. Le 1er juillet 1807, il épouse Zoé Berriat, fille du président du conseil des avoués de la ville et sœur d'un futur maire de Grenoble, Honoré-Hugues Berriat.

En 1813, il se retire à Valjouffrey dont il est élu maire[réf. nécessaire] et se voit nommé membre correspondant de l'Institut de France en 1814.

De douze ans l'aîné de Champollion le jeune, il est son précepteur et lui transmet son goût pour l'archéologie. Bien que grand érudit, il reste dans l'ombre pour mieux mettre en valeur son frère cadet. Après la mort prématurée de celui-ci, en 1832, il éditera ses travaux inachevés, auxquels il avait d'ailleurs contribué.

Il est enterré au cimetière de Fontainebleau.

Carrière[modifier | modifier le code]

  • Bibliothécaire-adjoint puis bibliothécaire à la bibliothèque municipale de Grenoble (1808-1815), il intègre les ouvrages des dépôts littéraires.
  • Examinateur pour les écoles militaires
  • Professeur de littérature grecque à la faculté des lettres de Grenoble, puis doyen de la faculté des Lettres (1810-1815)
  • Rédacteur du Journal de l'Isère durant les Cent-Jours à la demande de Napoléon Ier.
Sa tombe à Fontainebleau

Destitué de ses fonctions de bibliothécaire de Grenoble et de professeur à l'université (l'université de Grenoble est supprimée par la Restauration), il est également condamné à l'exil par un ordre en mars 1816. La rédaction des Annales des Lagides en 1819, lui permet un retour en grâce.

Destitué de ses fonctions lors de la révolution de 1848, il est toutefois nommé bibliothécaire du château de Fontainebleau à partir de 1849.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Antiquités de Grenoble ou Histoire ancienne de cette ville d'après ses monuments,‎ 1807 (lire en ligne) ;
  • Nouvelles recherches sur les patois ou idiomes vulgaires de la France et en particulier sur ceux du département de l'Isère,‎ 1809 (lire en ligne) ;
  • Annales des Lagides, ou chronologie des rois grecs d'Égypte successeurs d'Alexandre le Grand, Le Normant,‎ 1819, 2 tomes en un vol. in-8° p. ;
  • Nouvelles recherches sur la ville gauloise d'Uxellodunum, assiégée et prise par J. César, rédigées d'après l'examen des lieux et des fouilles récentes, et accompagnées de plans topographiques et de planches d'antiquités, Paris, imprimerie royale,‎ 1820 ;
  • L'Égypte ancienne,‎ 1839.
  • Archéologie : ou Traité des antiquités, monuments de l'art, etc., Paris (s.n.) (lire en ligne)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Alain Faure, Champollion: le savant déchiffré, Fayard, 2004
  • Marcel Vieux, Les Champollion. Généalogie d'une famille du Valjouffrey, dact., 1994, Bibliothèque municipale de Grenoble, cote : R.12590
  • Adolphe Rochas, Biographie du Dauphiné, contenant l'histoire des hommes nés dans cette province, qui se sont fait remarquer dans les lettres, les sciences, les arts, etc. ; avec le catalogue de leurs ouvrages et la description de leurs portraits, Charavay,‎ 1856-1860
  • Charles-Olivier Carbonell, L'autre Champollion. Jacques-Joseph Champollion,‎ 1984
    Cet ouvrage répertorie 93 numéros, ouvrages et articles confondus.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Geneanet : Famille Champollion
  2. a, b et c Alain Faure, Champollion: le savant déchiffré, Fayard, 2004
  3. a, b, c, d, e et f Marcel Vieux, Les Champollion. Généalogie d'une famille du Valjouffrey, dact., 1994, Bibliothèque municipale de Grenoble, cote : R.12590
  4. Voir aussi le relevé de leur acte de mariage par le Centre Généalogique du Dauphiné :
    • Code Insee : 38518
    • Commune: Angelas (Les) (Cne de Valbonnais)
    • Canton: Valbonnais
    • Jour : 22 Mois : 07 Année : 1727
    • Nom-époux : Champollion, prénom-époux: Barthélémy, décès père époux : †, Prénom père époux : Claude, Nom mère époux : Pélissier, décès mère époux : †, Prénom mère époux : Benoite, lieu (origine, habitation...) : Valjouffrey
    • Nom-épouse : Géréou, prénom-épouse : Marie, Prénom père épouse : Louis, Nom mère épouse : Rousset, Prénom mère épouse : Marianne, lieu (origine, habitation...) : La Roche
  5. Il s'agit alors d'une pratique assez courante permettant d'opérer un anoblissement du nom sans avoir recours à la particule de qui évoque l'Ancien Régime encore mal considéré en ces lendemains de la Révolution Française