Gibet de Montfaucon

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Le gibet de Montfaucon, d'après Viollet-le-Duc

Le gibet de Montfaucon à Paris, surnommé « Fourches de la grande justice », était le principal gibet des rois de France jusqu'à Louis XIII.

Sommaire

[modifier] Description

De type fourches patibulaires, le gibet était érigé sur une butte ayant appartenu jadis à un comte Falco ou Faucon d'où son nom « mont-faucon ». Il se situait au nord-est de Paris, dans un quadrilatère délimité de nos jours par le canal Saint-Martin, la rue des Écluses-Saint-Martin, la rue Louis-Blanc et la rue de la Grange-aux-Belles qui était à l'époque la route conduisant à Meaux. C'est de cette dernière que partait le sentier y conduisant.[1]

Le gibet était formé d'un parallèlogramme en pierre long de 12 à 14 mètres (6 à 7 toises), large de 10 à 12 mètres (5 à 6 toises) et haut de 4 à 6 mètres (2 à 3 toises) sur lequel une rampe permettait d'accéder. Sur cette base reposaient seize piliers de pierre d'une dizaine de mètres de haut (32 ou 33 pieds), 6 alignés dans la longueur, 5 sur chacune des 2 largeurs, reliés entre eux par des poutres en bois auxquelles s'accrochaient les chaînes qui supportaient les corps qu'on y laissait pourrir ou se dessécher. Il pouvait y en avoir cinquante simultanément[2]. Dans une espèce de cave, contenue dans la base même, étaient jetés les restes des suppliciés par une trappe centrale. Il arrivait que les cadavres provenant d'autres lieux d'exécution de Paris y soient également rassemblés. Si Viollet-le-Duc déduisit que l'édifice devait avoir 3 niveaux de poutres, de nombreuses gravures le représentent avec seulement 2. Quoi qu'il en soit, sa taille et son allure étaient particulièrement imposantes, et de nature à impressionner et à dissuader quiconque de commettre le moindre acte illégal.

Il fut construit probablement au XIIIe siècle en remplacement de gibets en bois, peut-être à la requête d'Enguerrand de Marigny qui devait lui-même y finir pendu. A plusieurs occasions, il dût être restauré, périodes pendant lesquelles les pendaisons et autres expositions de cadavres s'effectuaient sur des gibets provisoires dressés à proximité.

Les dernières exécutions eurent lieu vers 1629 et Montfaucon était quasi-abandonné dès le milieu du XVIIe siècle. Ses abords furent transformés en plâtrières, puis progressivement intégrés à l'expansion de peuplement de Paris. Il fut détruit en 1760 et reconstruit, comme simple symbole, sur le territoire de La Villette sous le nom de voirie de Montfaucon. Aucune exécution n'y était pratiquée mais les corps de suppliciés d'autres lieux de la capitale, comme ceux de la place de Grève, y étaient inhumés. Après le 21 janvier 1790[3], les piliers restants furent abattus. Aujourd'hui, aucune trace visible du gibet ne subsiste.


[modifier] Exécutions célèbres

Exécution d'Enguerrand de Marigny

L'Histoire a retenu les exécutions des personnages suivants :

[modifier] Notes et références

  1. Histoire secrète de Paris - Gilette Ziegler - Stock - 1967 p37
  2. Encyclopédie Larousse du XXe siècle, Paris, 1932
  3. L'emplacement a été ensuite transformé en fosse géante, d'après Roger-Henri Guerrand Les lieux, histoire des commodités, destinée à recevoir le contenu des fosses d'aisance de Paris avant que les excréments ne soient transformés en engrais agricole. Elle a été supprimée en 1849 (Voir Égouts de Paris).

[modifier] Bibliographie

[modifier] Voir aussi

[modifier] Lien externe

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