Thierry II (roi)

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Thierry II
Théodoric II
Scène de guerre entre Thierry II et son frère Theodobert en 612
Scène de guerre entre Thierry II et son frère Theodobert en 612
Titre
Roi des Francs d'Austrasie et des Burgondes
612613
Prédécesseur Thibert II (Unification des 2 Royaumes)
Successeur Sigebert II
Roi des Burgondes
595612
Prédécesseur Childebert II
Successeur lui-même (Unification des 2 Royaumes)
Biographie
Titre complet Roi des Francs d'Austrasie et des Burgondes
Dynastie Mérovingiens
Date de naissance 587
Date de décès 613
Père Childebert II
Mère Faileube
Conjoint Ermenberge
Enfant(s) Sigebert II
Chramn
Childebert
Mérovée

Thierry II ou Théodoric II, né en 587, mort en 613 à Metz, est un prince mérovingien, roi de Bourgogne (capitale : Chalon) de 595 à 613, roi d'Austrasie (capitale : Metz) de 612 à 613.

Sa grand-mère paternelle Brunehilde (Brunehaut) meurt peu de temps après lui, ce qui met fin de la longue période de guerres entre rois et reines francs commencée en 570.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille, mariage, descendance[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Childebert II, roi d'Austrasie de 575 à 595, roi de Burgondie (Chalon) de 592 à 595, fils de Brunehilde et de Sigebert Ier, roi d'Austrasie ; la mère de Thierry est la reine Faileube. À cette époque, le roi de Neustrie est un parent, Clotaire II, fils de Chilpéric Ier[1] (mort en 585) et de Frédégonde (morte en 597).

Élevé en Alsace[réf. nécessaire], Thierry devient roi de Burgondie à la mort de son père, tandis que son frère aîné Thibert II (585-612) devient roi d'Austrasie. La régence revient à la reine Brunehilde, qui s'installe d'abord à la cour d'Austrasie, mais elle en est chassée et il la reçoit à ses côtés en même temps que sa sœur Thidilane.

Thierry a eu des enfants de ses relations avec plusieurs concubines, notamment quatre fils :

  • Sigebert,
  • Chramn,
  • Childebert
  • Mérovée.

Cela lui vaut d'être blâmé par saint Colomban, qui refuse de bénir ses enfants sous le prétexte qu'ils sont "nés de prostituées"[réf. nécessaire].

Un mariage avec une fille du roi wisigoth d'Espagne Wittéric a été engagé en 607, mais a abouti à un échec (cf. infra).

De 595 au retour de Brunehilde[2][modifier | modifier le code]

En 600[3], Thibert et Thierry font alliance contre Clotaire et le vainquent à Dormelles, près de Montereau. Clotaire est privé de la plus grande partie de son royaume[4], qui est partagé entre les deux frères : Thierry reçoit les territoires entre Seine et Loire, contiguës à son royaume.

Vers 600[5], Brunehilde est chassée de la cour de Metz et se réfugie auprès de Thierry, accompagnée de Théodeline, sœur de Thierry.

Sous la tutelle de Brunehilde[modifier | modifier le code]

Le majorat de Protadius (603-605)[modifier | modifier le code]

De 603 à 605, le maire du palais de Burgondie est Protadius, un aristocrate d'origine gallo-romaine fidèle de Brunehilde. Leur politique de renforcement du pouvoir royal et d'accroissement de la pression fiscale est mal perçue par la plupart des grands. Protadius est éliminé en 605 au cours d'une campagne militaire.

Le mariage de Thierry et d'Ermenberge (607)[modifier | modifier le code]

En 607, est projeté le mariage de Thierry avec la princesse Ermenberge, fille du roi wisigoth Wittéric, dont le royaume est adjacent à celui de Thierry par la Septimanie (actuel Languedoc). Ce mariage prolongerait une tradition puisque Brunehilde est elle-même une Wisigothe, fille d'Athanagild, de même que sa sœur Galswinthe, mariée en 566 à Chilpéric, morte en 570, dans des conditions suspectes.

Thierry envoie à Tolède l'évêque de Lyon Arigius et le connétable Eborin, qui s'engagent au nom de Thierry à ce qu'Ermenberge ne sera jamais privée de son statut de reine (sans doute en référence à l'épisode de Galswinthe).

Cependant, les choses ne se déroulent pas comme prévu : la cérémonie n'a pas lieu, Ermenberge est renvoyée à Tolède, mais Thierry conserve sa dot. Brunehilde et Théodeline auraient "monté Thierry contre Ermenberge". Cela provoque une réaction de Wittéric qui conclut une série de pactes avec plusieurs voisins de Thierry : Thibert II d'Austrasie, Clotaire II de Neustrie, et Agilulf, roi des Lombards. Il semble y avoir eu des combats entre Wisigoths et Francs aux limites de la Septimanie, mais apparemment sans grandes conséquences. Isidore de Séville, contemporain des évènements et auteur d'une histoire des Wisigoths (Historia Gothorum), n'en parle même pas. La Chronique de Frédégaire indique que "Thierry eut vent de leur alliance, mais la traita avec mépris."[6]

La guerre contre Thibert[modifier | modifier le code]

Les dernières années 610 sont marquées par la guerre entre les deux frères. L'enjeu est au départ la possession de l'Alsace[7], attribuée à Thierry en 595.

Thibert est vainqueur en 610[7] ; Thierry lui cède l'Alsace lors de l'entrevue de Seltz. Thierry fait alors alliance avec Clotaire II, en lui promettant la restitution de la partie de la Neustrie accaparée par Thibert. Au mois de mai 612, il remporte la victoire lors des batailles de Toul et de Tolbiac (actuelle Zülpich, près de Cologne).

Il s'attribue le royaume d'Austrasie, après l'élimination[8] de Thibert et de son fils Mérovée.

Roi de Burgondie et d'Austrasie[modifier | modifier le code]

Cette période est de courte durée : Thierry meurt en 613, soit empoisonné, soit de dysenterie[9], laissant son royaume à son fils aîné Sigebert II, qui ne règne guère puisqu'il est capturé avec son frère Chramn et exécuté avec lui sur ordre de Clotaire II, ainsi que la reine Brunehilde.

Mérovée, qui est le filleul de Clotaire II, échappe à la mort, mais est enfermé dans un monastère colombanien pour le restant de ses jours.

Le royaume franc se trouve alors réunifié par Clotaire II.

Postérité : le prince Childebert[modifier | modifier le code]

En ce qui concerne Childebert, le quatrième fils de Thierry, son sort n'est pas connu avec certitude. Il est peut-être mort en 645 et serait l'ancêtre de la Maison de Rochechouart, à laquelle appartient Madame de Montespan, favorite de Louis XIV[10].

Sources[modifier | modifier le code]

Parmi les ouvrages écrits à une date proche des événements, la principale est la Chronique de Frédégaire, mais certaines "Vies de Saints" sont utilisées, notamment la Vie de saint Colomban.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux sur le Haut Moyen Âge[modifier | modifier le code]

  • Noêlle Deflou-Leca, Alain Dubreucq (dir.), Sociétés en Europe mi VIè-fin IXè siècle, Atlande, coll. Clefs Concours, 2003, pages 406-411 (fiche biographique : « Brunehaut »)
  • Stéphane Lebecq , Les Origines franques, Points/Seuil, 1990, pages 105-119 (première partie, chapitre 5 : « La faide royale (561-603) »).

Biographies de Brunehilde/Brunehaut[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Les rois des Francs - LES MEROVINGIENS (481 - 639)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Chilpéric Ier est le frère de Sigebert Ier.
  2. Date à déterminer.
  3. Lebecq, page 117.
  4. Il conserve une douzaine de pagi entre la Seine et la Manche.
  5. La date de l'éviction de Brunehaut de la cour de Metz est entre 598 et 601 ; il serait nécessaire de la situer par rapport à l'épisode de Dormelles.
  6. Référence à une édition anglaise de Frédégaire : J. M. Wallace-Hadrill, translator, The Fourth Book of the Chronicle of Fredegar with its Continuations, Greenwood Press, Westport, 1960.
  7. a et b Lebecq, page 118.
  8. Selon Lebecq, page 118 : Théodebert a soit été tué, soit été placé dans un monastère.
  9. Les Mérovingiens
  10. Georges Martin, "Histoire et Généalogie de la maison de Rochechouart"