Amédée VIII de Savoie

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Amédée VIII de Savoie
Titre comte de Savoie puis duc de Savoie
(13911440)
Autre titre comte d’Aoste (1391-1439)
comte de Maurienne (1391-1439)
pape Félix V (1439-1449)
Prédécesseur Amédée VII de Savoie
Successeur Louis Ier de Savoie
Biographie
Dynastie Maison de Savoie
Naissance
Chambéry
Décès (à 67 ans)
château de Ripaille
Père Amédée VII de Savoie
Mère Bonne de Berry
Conjoint Marie de Bourgogne
Enfants Marguerite
Antoine
Antoine
Marie
Amédée
Louis Ier de Savoie
Bonne
Philippe
Marguerite de Savoie

Armoiries Savoie 1180.svg

Amédée VIII, né à Chambéry, le , et mort au château de Ripaille, le , est comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne (1391-1416), duc de Savoie (1416-1440), puis antipape sous le nom de Félix V (1439-1449). Il était fils d’Amédée VII le comte Rouge et de Bonne de Berry.

Biographie[modifier | modifier le code]

Amédée VIII fut le plus sédentaire des souverains de la maison de Savoie et parvint à ce que jamais sous son règne il n'y eut de combat en Savoie, en plein cœur de la guerre de cent ans, et alors que ses ancêtres étaient plutôt belliqueux. Cependant, il employa aussi la force à plusieurs reprises, ayant même créé en tant que duc une armée de vingt mille hommes, très souvent sollicitée. Ces soldats sont répartis en différents corps auxiliaires, que le duc envoie selon ses besoins en France, en Suisse, en Italie, en Allemagne, et même jusqu'en Orient. Mais cette grande puissance militaire ne lui a pas servi d'instrument de conquête. C'était un soutien à son activité diplomatique, qui fut particulièrement intense. Ses ambassadeurs et courriers sillonnaient pour lui toute l'Europe, de Londres à Budapest, Prague, Paris, Francfort, Naples…

Il est considéré comme l’un des principaux fondateurs de l’État de Savoie, grâce à l’érection du comté en duché le par l'empereur Sigismond en visite à Chambéry. Cette érection s'explique avant tout par l'aide apportée par la diplomatie de Savoie à l'empereur germanique pour résoudre le Grand Schisme d'Occident. Elle s'explique cependant aussi par l’acquisition par les État de Savoie du puissant comté indépendant de Genevois en 1401 (sans Genève, possession de l'évêque, mais avec Annecy, capitale politique et économique du comté). Amédée a su profiter de la mort du dernier comte de Genevois, en 1394, et des intérêts politiques de l'héritier légal du comté, récent gouverneur de Nice, et à l'époque en disgrâce auprès de la Savoie, Odon de Villars. Ce dernier a en effet vendu le Genevois à la Savoie pour 45 000 florins d'or et son retour en grâce. Sous le règne d'Amédée, la Savoie a aussi bénéficié du retour de la principauté du Piémont, en 1418. Elle était jusqu'ici possédée en apanage par la branche cadette de Savoie-Piémont, et quand la descendance mâle de cette branche s'est éteinte, le Piémont est revenu dans le domaine personnel du comte de Savoie.

La régence d'un comte-enfant[modifier | modifier le code]

Son père Amédée VII étant mort en 1391 dans des circonstances tragiques à Ripaille, le jeune Amédée devient comte alors qu'il n'a que huit ans. Le testament du comte désigne sa propre mère comme tuteur d'Amédée. Mais une lutte pour la régence oppose cependant rapidement la mère d'Amédée Bonne de Berry, et sa grand-mère Bonne de Bourbon, chacune ayant le soutien de sa propre famille. Le comte est confié, en 1393[1], à Aymon d'Apremont, jusqu'à la nomination d'un conseil de régence. Les Bourbons l'emportent et la grand-mère d'Amédée reste régente jusqu'en 1393. Rattrapée par les suites de la mort d'Amédée VII, la comtesse est alors forcée de quitter le pouvoir.

La régence du comté de Savoie est alors exercée par le duc Philippe II de Bourgogne, qui fiance immédiatement sa fille Marie au jeune Amédée. Le nouveau régent de Savoie ne fait qu'appliquer une décision négociée dans les années 1385 avec le comte Amédée VII lui-même. Ce n'est qu'en 1398 que la période de régence prend fin, et que le jeune Amédée commence son règne personnel. Bien qu'ils aient quitté la régence, sa grand-mère et son beau-père conservent une influence importante sur lui. Longtemps après la mort de Philippe II, quand Philippe III devint duc de Bourgogne, Amédée fait passer huit cent de ses soldats (sous le commandement du sire de Salenove) au service de la Bourgogne, et il saisit toutes les occasions de réconcilier le duc de Bourgogne avec le roi de France.

L'action diplomatique[modifier | modifier le code]

En 1410, il envisage un pèlerinage à Jérusalem mais y renonce finalement, alors que deux galères sont affrétées. En effet, des émeutes agitent alors Paris, à la suite de l'opposition entre les partis ennemis, Armagnacs (auquel appartient le duc de Berry, oncle maternel d'Amédée) et Bourguignons (dirigés par le duc de Bourgogne, beau-frère d'Amédée). Le comte de Savoie préfère se rendre avec ses soldats dans son hôtel de Gentilly, au sud de Paris, et participe à la signature du traité de Bicêtre, qui ramène temporairement le calme dans la ville et en France.

En 1435, alors que le duc Philippe III de Bourgogne cherche à prendre ses distances avec ses alliés anglais, Amédée, son oncle, sert de médiateur entre Français, Anglais et Bourguignons, dans une conférence à laquelle participent quasiment tous les royaumes concernés par la guerre de Cent Ans (France et Angleterre, mais aussi Aragon, Castille, Portugal, Écosse, et même des pays d'Europe centrale et orientale, comme le Saint Empire romain germanique et la Pologne). Le traité d'Arras est signé à la suite de cette conférence, et marque un tournant dans la guerre, en isolant les Anglais et en mettant fin à la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons.

Les croisades[modifier | modifier le code]

En 1396, la chevalerie occidentale est appelée à la croisade par le pape Boniface IX, pour combattre contre les Turcs désormais installés dans les Balkans. L'obédience de la Savoie ne va pas à Boniface IX (voir le Grand Schisme d'Occident), et peu de Savoyards répondent donc à l'appel. Mais Humbert de Romont, demi-frère d'Amédée, mène les quelques hommes d'armes qui iront jusqu'en Bulgarie. Ils accompagnent de nombreux Français, surtout originaires de Bourgogne, et sont vaincus à la Bataille de Nicopolis. Le demi-frère d'Amédée est fait prisonnier par les Turcs, et sa rançon est payée par la Savoie.

Particulièrement pieux, Amédée VIII, peu de temps après son accession au titre ducal en 1416, émet le souhait de se rendre à Jérusalem sur le tombeau du Christ. Toutefois, les vicissitudes d'une existence tumultueuse, déchiré entre l'exercice du pouvoir et l'aspiration au recueillement divin, l'empêcheront de mener à bien ce projet.

En 1426, le sultan d’Égypte Jaqmaq, avec l'accord du sultan ottoman, décide d'envahir l'île de Chypre, alliée de la Savoie, et base de repli de tous les pirates chrétiens de la Méditerranée orientale. Amédée envoie donc son chambellan, Jehan de Compey et quelques soldats, pour venir en aide aux Chypriotes. L'armée chrétienne (Chypre, Petite Arménie, Rhodes, Savoie) est vaincue à la bataille de Chérodie.

Toujours en 1426, une armée savoyarde se joint aux troupes chrétiennes rassemblées par le pape Martin V et l'empereur Sigismond en vue de combattre les hérétiques hussites. Cette armée, composée de quelques milliers de chevaliers mais surtout d'une majorité de paysans inexpérimentés, retraite sur la Saxe quand les chevaliers sont vaincus à Aussig-sur-Elbe.

Le voisinage avec les Suisses[modifier | modifier le code]

Depuis quelque temps, la ville de Berne gagne en puissance. En 1401, elle signe un traité de combourgeoisie avec sa voisine, la ville de Gessenay. Or Gessenay est une ville alliée à la Savoie, et la combourgeoisie rompt cette alliance. Amédée ordonne alors à ses soldats d'aller châtier les habitants de Gessenay. Ces derniers font appel aux gens de Berne, qui prennent les armes. La guerre est sur le point d'éclater, quand l'évêque de Lausanne convainc Amédée de rappeler ses troupes et de laisser Gessenay et Berne s'allier. Amédée comprend l'avantage qu'il y a à être l'allié de Berne : il autorise la combourgeoisie entre les deux villes si elles s'allient toutes les deux avec lui, et la crise s'éteint. La même année, il achète le comté de Genève.

En 1406 la guerre éclate entre les confédérés des cantons d'Uri et d'Unterwald et leur voisin milanais. Les Suisses envahissent une vallée milanaise, et plutôt que de défendre sa frontière contre eux, le duc de Milan vend à Amédée la vallée voisine d'Ossola, sur laquelle la Savoie a des prétentions, et nécessaire aux confédérés pour envahir Milan. Les Suisses perdent alors l'envie de faire la guerre, et rentrent chez eux, laissant à Amédée les terres qu'ils ont envahies, en plus de celles qu'il avait déjà reçues de Milan. Il n'a pourtant pas vraiment pris les armes, mais sa puissance est connue, d'autant plus qu'il peut compter sur l'aide des cantons de Berne et de Fribourg.

En 1417, des troubles opposent les montagnards du Haut-Valais et l'évêque de Sion. L'évêque fait appel à Amédée, mais la situation dégénère. Amédée s'allie alors formellement avec Milan et envoie ses troupes, tandis que Milan envoie les siennes. Les confédérés, de leur côté, soutiennent les Haut-Valaisans et remportent les premiers succès. Mais quand Berne parvient à triompher de l'Autriche, elle se joint à la guerre aux côtés de Sion et de la Savoie. Les Haut-Valaisans sont écrasés, et les autres cantons acceptent de négocier. Amédée fait signer à tous les belligérants la paix d'Évian en 1420.

L'alliance militaire bourguignonne[modifier | modifier le code]

L'alliance contractée par Amédée avec la Bourgogne l'engage dans la guerre que le duc Jean Sans Peur fait contre les révoltés de la province de Liège. Ces révoltés avaient pris les armes en grand nombre, et en 1408 le duc de Bourgogne lui-même part attaquer les révoltés aux portes de Liège. À la bataille de Hashain, la Bourgogne et la Savoie laissèrent plus de vingt mille Liégeois morts sur le champ de bataille. Le capitaine du corps savoyard, Amédée de Viry, se comporta ce jour-là si bien que le duc de Bourgogne décida de l'employer directement, lui et tous ses soldats.

En 1412, Amédée et Jean de Bourgogne rassemblent à nouveau leurs soldats. Cette fois le dauphin de France envoie l'armée royale les soutenir contre leurs ennemis. Le parti des Armagnacs a en effet noué une alliance avec le roi Henri IV d’Angleterre pour affaiblir le parti des Bourguignons. L’Angleterre étant l'ennemi héréditaire, ses alliés sont automatiquement des ennemis de la France, et le vieux duc de Berry est donc assiégé dans sa ville de Bourges, jusque qu'à ce qu'Amédée convainque le dauphin que le duc de Bourgogne ne cherche qu'à affaiblir ses ennemis personnels en menant cette guerre, et que le bien du royaume demande de réintégrer les Armagnacs.

En 1430, Philippe III de Bourgogne et son allié Amédée font traverser le Rhône à leurs troupes et envahissent le Dauphiné avec leurs troupes. Bien qu'ils puissent compter sur les garnisons du prince d'Orange dans divers châteaux du Dauphiné, leur méconnaissance du pays les fait tomber à Anthon dans l'embuscade tendue par les troupes françaises, qui ont recruté pour l'occasion Rodrigue de Villandrando, un chef mercenaire surnommé l'empereur des brigands. Les Orangistes sont massacrés, et des dizaines de chevaliers bourguignons et savoyards sont fait prisonniers. Les ducs ne sont pas présents physiquement et le prince d'Orange, vicaire de l'empereur en Bourgogne, ancien capitaine de la reine de France Isabeau de Bavière, et membre éminent du parti des Bourguignons, parvient à fuir les Dauphinois en franchissant le Rhône.

En 1431, Antoine de Vaudémont, candidat malheureux à la couronne de Lorraine, envahit avec ses troupes les terres qu'il revendique. Il est soutenu par les troupes de Philippe de Bourgogne et par conséquent par celles d'Amédée de Savoie. Les alliés remportent sur le nouveau duc de Lorraine, René d'Anjou, une éclatante victoire à la bataille de Bulgnéville. Si elle ne suffit pas au comte de Vaudémont pour accéder lui-même à la couronne ducale, elle autorise son petit-fils à y accéder, trente ans plus tard. Les capitaines savoyards sont Humbert de Meximieux et François de la Palu.

Les interventions en Italie[modifier | modifier le code]

Déjà du temps du comte précédent, Amédée VII, la Savoie s'est opposée militairement au marquis Théodore II de Montferrat, descendant de l'empereur byzantin Andronic II Paléologue et allié (plus ou moins volontaire) du duc de Milan. En 1396, les troubles reprennent, à cause d'un problème de reconnaissance de frontière entre le Piémont savoyard et le Montferrat, qui est lui indépendant. La compagnie mercenaire du condottiere Facino Cane, au service de Théodore, envahit le Piémont. Louis de Savoie, cousin d'Amédée et héritier du Piémont, prend à sa solde, avec l'aide de la Savoie, des mercenaires français, et parvient à repousser Cane et à s'emparer de plusieurs villes du Montferrat. Ces villes sont laissées au Piémont dans le traité de paix, malgré la médiation des Milanais. Elles passent sous l'autorité directe d'Amédée VIII en 1418, quand Louis, qui est devenu seigneur du Piémont en 1403 et a épousé la sœur d'Amédée la même année, mais n'a pas de fils, lègue dans son testament l'intégralité de ses terres au duc de Savoie.

En 1427, alliée (notamment) à Venise et Florence pour empêcher Milan de contrôler toute l'Italie du Nord, la Savoie rassemble une grande armée (14000 hommes), et menace la capitale adverse. Le duc de Milan, Philippe-Marie Visconti, dont les troupes ont été repoussées par les Vénitiens, décide alors de faire sortir la Savoie de l'alliance formée contre lui, dans l'espoir de pouvoir plus facilement faire la paix ensuite avec les autres. Il accepte de donner des terres à Amédée (la province de Verceil, qui est située à l'exact mi-chemin entre Turin et Milan), et épouse la fille aînée d'Amédée, Marie.

En 1431, à la demande de l'empereur Sigismond et poussé par son nouveau gendre, Philippe-Marie, Amédée VIII envoie son fils aîné Amédée, héritier du duché de Savoie, combattre contre Venise. Venise ne faisait pas partie du Saint-Empire romain germanique, contrairement à Milan et à la Savoie, et l'empereur n'acceptait pas que des terres lui soient enlevées. De plus, Venise se sent assez puissante, grâce à la faiblesse de Milan, pour tenter de s'emparer de l'Italie du Nord. L'armée de l'empereur envahit le Frioul (partie est de la république de Venise), et les Milanais battent les Vénitiens sur le , capturant la quasi-totalité de la flotte vénitienne envoyée sur le fleuve. Les Vénitiens envoient cependant une autre flotte devant le port de Gênes et remportent cette fois la victoire. Le jeune Amédée participa aux combats sur le territoire de la république de Gênes, et il y trouva la mort. Cet événement suffit à ramener la Savoie dans une neutralité scrupuleuse.

En 1432, le marquisat de Montferrat accepte la suzeraineté d'Amédée de Savoie sur ses terres situées au Nord du Pô. C'est encore une des conséquences de la guerre entre Milan et Venise. Milan, soutenue désormais par l'empereur, et ami de la Savoie, a pu stopper les Vénitiens à l'est, et le condottiere Francesco Sforza a ensuite envahi le Montferrat, allié des Vénitiens. Après avoir perdu la plupart de ses possessions, le marquis Jean-Jacques de Montferrat (fils de Théodore II) se décide à demander l'aide de la Savoie, pour éviter la disparition complète du marquisat. En échange de cette suzeraineté offerte à Amédée, la Savoie intervient auprès des Milanais pour faire cesser le conflit. Milan restitue même au marquis les terres envahies, quand Venise et Milan font la paix à Ferrare l'année suivante.

La politique intérieure[modifier | modifier le code]

En 1408, Amédée et son épouse, qui sont à la fois pieux et musiciens, lancent la construction d'une nouvelle chapelle dans leur château de Chambéry. Cette chapelle prendra plus tard le nom de Sainte Chapelle de Chambéry.

En 1416, il fait confisquer les livres des Juifs pour qu'ils soient examinés par des censeurs chrétiens. Le , les livres sont brûlés et les Juifs doivent acheter au duc le droit de rester en Savoie.

En 1430, il promulgue les Statuta Sabaudiæ (statuts de Savoie) qui, bien plus qu’une codification administrative et judiciaire, se rapprochent d’une véritable constitution.

La retraite[modifier | modifier le code]

En 1434, il se retire au château de Ripaille, en confiant la lieutenance générale du duché à son fils Louis, afin qu'il se forme au gouvernement de l'État. Pour l'accompagner dans cette retraite, Amédée crée l’ordre de Saint-Maurice, les chevaliers étant les seuls à vivre avec lui à Ripaille. Deux jours par semaine les chevaliers s'occupent des affaires de la Savoie, et les cinq autres, ils se consacrent à une vie presque monacale. L'expression "faire ripaille" a été créée bien plus tard par Voltaire, pour se moquer de l'austérité de cette retraite.[réf. souhaitée]

Le fils aîné du duc, également prénommé Amédée, très prometteur aux dires des contemporains, était mort en 1431. Le nouvel héritier du duché, Louis, semblait à son père moins doué pour les affaires, et avait besoin d'être formé. Malgré sa retraite, Amédée a encadré son fils dans la direction du duché, en lui adressant régulièrement des consignes. Il n'a réellement quitté le pouvoir que six ans plus tard, lors de son abdication en 1440, à la suite de son élection en tant que pape par le concile de Bâle.

L'antipape Félix V[modifier | modifier le code]

Félix V faisant allégeance à Nicolas V, par Martial d'Auvergne, enluminure issue de l'ouvrage Vigiles de Charles VII, Paris, France, XV°siècl e.

Sous le nom de Félix V, Amédée VIII de Savoie fut antipape au temps du concile de Bâle. Sa mitre est exposée dans le trésor de l’Abbaye de Saint-Maurice d’Agaune.

L’élection de Félix V résulte d’une lutte d’influence entre le pape Eugène IV et les membres du concile de Bâle. Après une série de conflits, Eugène IV décide de transférer le concile de Bâle à Ferrare en 1438. Seule une minorité accepte d’abord cette décision et le concile décide de continuer à siéger à Bâle. Le , s’appuyant de manière erronée sur le décret Haec sancta du concile de Constance, le "concile" resté à Bâle prétend déposer Eugène IV et élit à sa place Amédée VIII de Savoie, alors âgé de 56 ans, sous le nom de Félix V.

L’antipape Félix V est intronisé le dans la cathédrale de Lausanne. Il prend comme secrétaire Enea Silvio Piccolomini, futur pape Pie II, et qui prit rapidement ses distances avec Bâle.

Félix V se soumet en 1449 au successeur d’Eugène IV, le pape Nicolas V. Il est alors nommé évêque de Genève, légat pontifical et cardinal de Sainte-Sabine. Il est le dernier antipape officiellement reconnu comme tel par l’Église catholique.

Il se retira dans le prieuré créé par lui à Ripaille, où il meurt en 1451. Ses ossements, retrouvés après la profanation de son sépulcre pendant les guerres de religion, furent portés à Turin.

Les déplacements d'Amédée VIII[modifier | modifier le code]

Il vécut la plus grande partie de sa vie au château de Ripaille près de Thonon-les-Bains. Durant ses 43 ans de règne, en dehors de la Savoie, il ne s'aventura que sept fois sur ses terres du Piémont, en passant par la vallée d'Aoste, mais n'alla jamais plus loin que Turin et Ivrée. Il se rendit sur sa terre de Nice (1420) où il embarqua même jusqu'à Villefranche-sur-Mer, mais il n'allât jamais dans ses terres qu'il considérait trop lointaines de Rome, Milan, Venise et Florence.

Il n'aimait pas la haute montagne avec ses reliefs tourmentés, ses neiges, son dur climat, qu'il considérait comme une antichambre de l'enfer, aussi protégea-t'il particulièrement les hospices du col du Grand-Saint-Bernard et du col du Mont-Cenis qui étaient chargés d'héberger les voyageurs aidés dans leur traversée par les marrons (les guides). Il n'aimait pas beaucoup non plus s'aventurer sur le lac Léman, en 1403, il le traversa avec ses sœurs sur une galère d'apparat mue par 25 rameurs. L'été, par belle journée il acceptait de le traverser en barque pour aller à Morges, à Lausanne ou au château de Chillon, sinon il préférait le contourner par la route en chariot tiré par des mules plus calmes que les chevaux.

Il se rendit plusieurs fois à Dijon, ville de son épouse, mais une fois à Avignon (1395), trois fois à Paris (1398, 1401, 1410) mais il refusa d'y retourner. Il y possédait pourtant un bel hôtel résidentiel et aussi un château à Gentilly où son ancêtre Édouard le Libéral mourut en 1329. Il se rendit aussi une fois à Lyon (1415) en descendant le Rhône en barque depuis Seyssel en compagnie de l'empereur Venceslas. Il séjourne au château de Rumilly en 1419.

En Suisse, il se rendit plusieurs fois à Berne et à Fribourg mais refusa en 1414 de se rendre au Concile de Constance qui devait pourtant mettre fin au Grand schisme. En 1427, il passa l'été au château de Saint-Prex. En 1439, il vécut quelque temps à Bâle.

Mariage et enfants[modifier | modifier le code]

Il épousa le Marie de Bourgogne, fille de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne et de Marguerite III de Flandre, et eut 9 enfants :

Références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Chapier, Les châteaux Savoyards, La Découvrance, 2005 (ISBN 9782842653262), p. 199.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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